
Vidéo : ce robot humanoïde compact facilite la création de compétences robotiques personnalisées
La société chinoise Zeroth, fondée en 2024 et basée à Suzhou, a lancé Bridge, un robot humanoïde compact, ainsi qu'OpenBridge, un écosystème open source destiné au développement de compétences robotiques. Bridge mesure 88 centimètres pour environ 13 kilogrammes, avec des bras de 30 à 40 centimètres et des pinces à deux doigts, un format pensé pour un usage de bureau. Il intègre des actionneurs propriétaires à couple élevé, une marche bipède, de l'évitement d'obstacles et une bibliothèque de mouvements chorégraphiés ; une vidéo de démonstration le montre capable de backflips et de téléopération intégrale du corps. La première série, baptisée Bridge Geek Edition, est ouverte à la précommande mondiale, avec accès à des kits de développement (SDK), des API ouvertes de contrôle moteur et des outils de capture de mouvement et de réalité virtuelle. Le programme Bridge Builder présélectionnera 500 développeurs pour un défi de co-création : 200 recevront un Bridge gratuit pour contribuer à OpenBridge, et 300 obtiendront un accès prioritaire à l'achat, au SDK et aux futures phases du programme. L'objectif affiché par Zeroth est de déplacer la valeur du robot vers le logiciel plutôt que vers le matériel seul : au lieu de séquences pré-programmées figées, Bridge repose sur une architecture dite « AI-native » censée permettre des comportements adaptatifs, complétée par un Skill Hub communautaire où les compétences créées par un développeur deviennent réutilisables par d'autres. Pour les intégrateurs et équipes R&D, cette logique de plateforme ouverte et peu coûteuse à l'entrée pourrait faciliter l'expérimentation en IA physique en dehors des grands laboratoires, dans la lignée de ce que des modèles vision-langage-action comme Pi-0 ou GR00T N2 tentent de généraliser pour le contrôle robotique. La formule « premier robot incarné AI-native au monde » relève toutefois du discours marketing et reste à valider ; les démonstrations de backflips ou de téléopération diffusées en vidéo, sans métrique vérifiable de fiabilité ou de temps de cycle, sont probablement issues de prises sélectionnées. Le lancement en est au stade de la précommande et du recrutement de développeurs, pas d'un déploiement industriel. Zeroth s'inscrit dans une vague de jeunes pousses chinoises de robotique humanoïde, aux côtés d'acteurs comme Unitree, AgiBot ou Galbot, qui cherchent à capter les développeurs avant les acteurs établis en misant sur des plateformes compactes et accessibles. Cette ouverture fait écho aux stratégies engagées ailleurs dans le secteur, qu'il s'agisse des modèles fondation robotique de NVIDIA (GR00T) et de Physical Intelligence (Pi-0), ou des plateformes propriétaires de Figure (Helix) et Tesla (Optimus), qui investissent elles aussi le contrôle par IA plutôt que la programmation fixe. Contrairement à ces derniers, orientés vers des déploiements industriels en usine ou en logistique, Zeroth cible d'abord chercheurs et développeurs avec un robot de bureau à faible coût d'entrée. La suite dépendra de la participation réelle au Bridge Builder Program et de l'activité du Skill Hub ; aucun acteur français ou européen n'est associé à ce lancement, pour l'instant circonscrit au marché chinois et à une précommande mondiale.

















































