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Humanoïdes — page 2

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Toute l'actualité des robots humanoïdes : Figure, Tesla Optimus, Apptronik Apollo, Agility Digit, Unitree, Boston Dynamics Atlas, Enchanted Tools, Pollen Reachy.

Nvidia, Unitree et Sharpa s'associent pour concevoir un robot humanoïde capable d'effectuer un travail réel
51SCMP Tech HumanoïdesOpinion

Nvidia, Unitree et Sharpa s'associent pour concevoir un robot humanoïde capable d'effectuer un travail réel

L'accès web n'est pas disponible. Je vais rédiger le résumé à partir du texte fourni et de mes connaissances sur cet écosystème. --- Nvidia, Unitree Robotics et Sharpa ont dévoilé H2+, un design de référence pour robot humanoïde destiné à accélérer le développement industriel à l'échelle mondiale. L'annonce a été faite par Jensen Huang, PDG de Nvidia. H2+ intègre la chaîne complète de développement robotique : collecte de données, entraînement de politiques de contrôle (policy training) et déploiement en conditions réelles. Unitree Robotics, spécialiste chinois des robots humanoïdes à bas coût (G1, H1), apporte l'architecture mécanique, tandis que Sharpa, fabricant singapourien de mains robotiques, contribue la préhension dextère. Nvidia fournit la couche logicielle et matérielle, vraisemblablement via Isaac Sim, OSMO et le modèle de fondation GR00T N2. L'intérêt d'un design de référence commun est de réduire le temps de mise en marché pour les intégrateurs en évitant la redondance dans la phase de prototypage. En unifiant la stack sim-to-real sous un seul écosystème Nvidia, H2+ vise à fermer le gap entre démonstrations en laboratoire et déploiements opérationnels, un obstacle persistant dans la commercialisation des humanoïdes. C'est aussi un signal que Nvidia consolide son rôle d'infrastructure centrale dans la course aux humanoïdes, face à des constructeurs comme Boston Dynamics, Figure ou Agility Robotics qui développent leurs propres pipelines propriétaires. La collaboration reflète une tendance de fond : les grandes plateformes technologiques cherchent à s'imposer comme couche commune là où les fabricants de hardware se fragmentent. Nvidia avait déjà lancé GR00T N2 début 2025 pour standardiser l'entraînement des humanoïdes. Unitree, dont le G1 est commercialisé autour de 16 000 dollars, mise sur le volume et l'accessibilité. Les suites concrètes de H2+, pilotes industriels, disponibilité du SDK, partenaires intégrateurs, n'ont pas encore été précisées dans les informations disponibles.

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SSR : locomotion humanoïde stable et symétrique étendue au monde ouvert
52arXiv cs.RO 

SSR : locomotion humanoïde stable et symétrique étendue au monde ouvert

Des chercheurs ont publié fin mai 2026 sur arXiv (preprint 2605.30770) un framework baptisé SSR, pour "Surefooted and Symmetric Robotics", destiné à la locomotion en environnement ouvert pour robots humanoïdes. L'approche est entièrement end-to-end et s'appuie sur la vision égocentrique (caméra embarquée sur le robot) pour guider le placement des pieds en temps réel sur des terrains hétérogènes. Le système a été validé expérimentalement sur escaliers à géométrie variable, plateformes surélevées, passages à larges écarts et parcours outdoor longue distance, des scénarios qui constituent précisément les points de rupture des pipelines classiques de locomotion bipedale. Aucune entreprise commerciale n'est mentionnée : il s'agit d'un travail académique, à ce stade sans déploiement industriel annoncé. SSR apporte trois contributions techniques distinctes. La première, "imagined foothold guidance", consiste à modéliser par anticipation les contacts futurs du pied en phase d'oscillation (swing phase) avant l'atterrissage, orientant le mouvement vers des zones de support stables et réduisant les glissades en bordure d'obstacle, un problème récurrent sur les robots qui réagissent uniquement au contact. La deuxième, une augmentation de symétrie dans l'espace latent par équivariance, force une coordination bilatérale cohérente (gauche-droite) même sous des observations visuelles haute dimension, ce que les méthodes classiques de data augmentation peinent à garantir. La troisième, des discriminateurs de mouvement spécialisés par type de terrain, pousse le robot vers des comportements anthropomorphes contextualisés plutôt qu'une démarche générique. Ces trois mécanismes adressent directement le "demo-to-reality gap" : la locomotion reste stable sans nécessiter de détection terrain explicite ni de carte métrique préétablie. Le problème de traversée en vision égocentrique pour humanoïdes a été abordé ces dernières années par plusieurs axes : les approches model-based (Boston Dynamics Atlas, avec planification explicite), les méthodes RL aveugles (Unitree H1, Agility Robotics Digit), et plus récemment les VLA (Vision-Language-Action) comme Pi-0 de Physical Intelligence ou GR00T N2 de NVIDIA, qui cherchent à généraliser via des fondations préentraînées. SSR se positionne dans une voie intermédiaire, apprentissage de bout en bout sans modèle de terrain, mais sans large fondation multimodale. L'absence de chiffres de cycle time, de payload ou de taux de succès quantifiés dans l'abstract invite à la prudence avant d'évaluer la portée réelle ; les résultats complets sont dans le papier. Les prochaines étapes naturelles seraient un benchmark comparatif standardisé (type parkour DARPA ou ANYmal) et un pilote sur plateforme commerciale existante.

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Hyundai présente les compétences footballistiques du robot humanoïde Atlas dans une série sur le thème de la Coupe du Monde
53Interesting Engineering 

Hyundai présente les compétences footballistiques du robot humanoïde Atlas dans une série sur le thème de la Coupe du Monde

A l'approche du Mondial FIFA 2026, Hyundai Motor a lancé "School of Football", une campagne publicitaire mondiale mettant en scène Atlas, le robot humanoïde de Boston Dynamics. Développée sous le label marketing "Next Starts Now", la série de films narratifs suit Atlas dans un apprentissage progressif du football : travail de pied, passes, tirs. Le clou de la démonstration est le "Ghost Rabona", un tir en croix de jambes dont la complexité biomécanique exige un équilibre dynamique dans des positions asymétriques, une coordination multi-membres, une adaptation en temps réel au transfert de poids et un contrôle moteur fin sous contraintes physiques. Hyundai insiste sur un point : toutes les séquences ont été tournées sans recours à la CGI, avec la version électrique de nouvelle génération d'Atlas. Pour exécuter le Ghost Rabona, le robot analyse des données de motion capture humaine, les injecte dans un environnement de simulation physique, puis affine ses performances par apprentissage par renforcement (essais-erreurs itératifs jusqu'à stabilisation). La campagne ne publie aucune spécification technique nouvelle, ni payload, ni degré de liberté (DOF), ni temps de cycle, ni tarif. Il s'agit avant tout d'une opération de communication grand public, et il faut la lire comme telle. Ce qui reste pertinent pour un intégrateur ou un ingénieur : l'absence de CGI constitue une preuve partielle de robustesse mécanique et de contrôle en monde réel, et le choix du football comme terrain de démonstration est délibérément difficile, car le sport impose des contacts, des déséquilibres et une variabilité de surface que les démos en laboratoire évitent. La capacité démontrée à enchaîner apprentissage par simulation et exécution physique sans retouche numérique confirme que la chaîne sim-to-real fonctionne sur des mouvements non triviaux, même si le contexte de prise de vue reste contrôlé et sélectif. Boston Dynamics a été acquis par Hyundai en 2021 pour environ 880 millions de dollars, et la version électrique d'Atlas a été présentée en avril 2024, remplaçant le modèle hydraulique. La stratégie de Hyundai consiste à utiliser la notoriété du Mondial pour ancrer Atlas dans l'imaginaire collectif avant toute mise en marché industrielle concrète, un positionnement qui tranche avec celui des concurrents directs : Figure (en cours de déploiement chez BMW avec le modèle Figure 02), Tesla (Optimus Gen 2 testé en usine à Fremont), Agility Robotics (Digit en production chez Amazon), et Unitree (G1 et H1 déjà disponibles à la vente). Aucun déploiement commercial d'Atlas n'a été annoncé à ce stade. Hyundai prévoit de diffuser des contenus making-of dans les semaines à venir, focalisés sur le pipeline de développement et d'entraînement du robot.

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Des robots humanoïdes défilent aux côtés de mannequins humains lors d'un show de mode futuriste à Séoul
54Interesting Engineering 

Des robots humanoïdes défilent aux côtés de mannequins humains lors d'un show de mode futuriste à Séoul

Des robots humanoïdes vêtus de tenues griffées ont défilé aux côtés de mannequins humains lors du "Mach33: Physical AI Fashion Show", organisé cette semaine à Seoul par la société sud-coréenne Galaxy Corporation. L'événement s'est tenu au Galaxy Robot Park, un complexe de divertissement dédié à la robotique et à l'IA inauguré récemment dans la capitale coréenne, mêlant robotique, intelligence artificielle, culture K-pop et attractions interactives. Les vidéos diffusées montrent des humanoïdes enchaînant des déplacements sur le catwalk, posant aux côtés de mannequins en tenues coordonnées et exécutant des séquences chorégraphiées synchronisées. Le concept affiché par les organisateurs était d'illustrer une cohabitation quotidienne entre humains et systèmes d'IA physique, les costumes assortis servant de métaphore visuelle à cette coexistence. Ce type d'événement marque un changement notable dans la manière dont la robotique humanoïde est présentée au public. Jusqu'ici cantonnés aux laboratoires de recherche, aux salons industriels ou aux démonstrations d'ingénierie, les humanoïdes sont progressivement mis en scène dans des contextes culturels et sociaux. Pour les intégrateurs et décideurs B2B, il convient cependant de distinguer ce que ce défilé montre réellement: des mouvements chorégraphiés et préenregistrés dans un environnement contrôlé, pas une interaction autonome avec l'environnement. Les défis techniques majeurs, préhension fine, perception contextuelle, interaction naturelle avec les humains, restent entiers. Ce que l'événement illustre concrètement, c'est l'amélioration des capacités de locomotion et d'équilibre des humanoïdes modernes, et la volonté croissante de repositionner ces machines comme participants culturels plutôt que comme simples outils industriels. Galaxy Corporation se définit elle-même comme une entreprise "enter-tech" combinant entertainment et technologies avancées; elle gère notamment la carrière du chanteur K-pop G-Dragon. La société annonce d'autres événements dans cette veine: concerts mettant en scène des robots, performances interactives et expériences culturelles centrées sur l'IA. Ce positionnement s'inscrit dans un contexte plus large: la Corée du Sud affiche l'une des plus fortes densités robotiques au monde, avec plus de 1 000 robots industriels pour 10 000 travailleurs, et investit massivement dans le développement domestique de robots humanoïdes via des collaborations entre entreprises technologiques, universités et programmes de recherche publics. À l'échelle mondiale, la course à l'humanoïde s'intensifie, avec des acteurs comme Figure AI, Boston Dynamics, Agility Robotics ou Tesla, dont l'Optimus cherche lui aussi à sortir des usines pour atteindre de nouveaux environnements. Le défilé de Seoul illustre cette tendance de fond, même si les défis restants en matière d'autonomie et de dextérité suggèrent que l'humanoïde culturellement intégré demeure, pour l'heure, davantage une vision projetée qu'un déploiement opérationnel.

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Vidéo : un humanoïde chinois à 13 000 dollars pour démocratiser la robotique avancée
55Interesting Engineering 

Vidéo : un humanoïde chinois à 13 000 dollars pour démocratiser la robotique avancée

Astribot, startup robotique de Shenzhen également connue sous le nom Stardust Intelligence, a ouvert les commandes de son humanoïde T1 à partir de 13 000 dollars, soit environ sept fois moins cher que son propre modèle phare S1 vendu près de 100 000 dollars. Le T1 est un humanoïde à base roulante de 155 cm pour 66 kg, doté de 23 degrés de liberté hors effecteurs, avec une capacité de charge de 5 kg par bras. Son architecture motrice repose sur des câbles tendus, la même approche que le S1, conçue pour produire des mouvements plus fluides qu'un entraînement par engrenages traditionnels. Il accepte des pinces robotiques standard et des mains à cinq doigts pour la manipulation fine, et cible des applications comme la cuisine, les opérations en laboratoire, le pliage du linge, le tri de pièces automobiles et la recharge de véhicules électriques. L'IA embarquée est entraînée principalement par démonstration humaine plutôt que par téléopération, une méthode d'imitation learning qui permet au robot d'apprendre des workflows en observant un opérateur humain. Le seuil des 13 000 dollars modifie le calcul économique pour les intégrateurs et les équipes qui souhaitent piloter l'humanoïde en environnement industriel. À titre de comparaison, le Unitree G1 reste l'une des rares références sous 20 000 dollars sur le marché mondial; les offres Figure 03, Agility Digit ou Boston Dynamics Electric Atlas se négocient bien au-delà. Si le T1 tient ses performances hors laboratoire, il pourrait abaisser la barrière d'entrée pour des secteurs à marges serrées comme la logistique légère ou l'assemblage à faible volume. Il convient cependant d'être prudent: Astribot liste des tâches réussies sans publier de métriques de cadence ni de données de robustesse en conditions industrielles réelles, et les vidéos de démonstration restent sélectionnées par l'entreprise. C'est une ouverture de commandes, pas un déploiement en volume documenté. Fondée en 2022 et basée à Shenzhen, Astribot s'est fait connaître à la World Robot Conference de Pékin en août 2024 avec le S1, humanoïde bimanuel de 170 cm et 90 kg aux 23 DOF (7 par bras, 4 pour le torse, 2 pour la tête, 3 pour la base omnidirectionnelle). Une publication arXiv de juillet 2025 détaillait la suite logicielle Astribot Suite, combinant collecte de données en réalité virtuelle, politiques d'imitation learning et optimisation de trajectoire en temps réel, avec des taux de réussite annoncés entre 80 et 100% sur tâches sélectionnées. La startup a levé environ 100 millions de dollars depuis 2024. Sur le segment prix du T1, les concurrents directs incluent le Unitree G1 et, dans une moindre mesure, les robots de recherche comme le GR00T N2 de NVIDIA. Aucun acteur européen ne se positionne encore clairement sur ce créneau accessible. La démonstration de robustesse en milieu non contrôlé et l'annonce de premiers clients industriels constitueront les prochaines étapes décisives pour valider l'ambition commerciale d'Astribot.

UELa démocratisation des prix sur ce segment pourrait inciter des intégrateurs européens à évaluer un pilote humanoïde, mais aucun déploiement ni partenariat européen n'est mentionné.

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La startup qui veut mettre un humanoïde dans chaque usine et peut-être dans chaque maison
56Robot Magazine FR 

La startup qui veut mettre un humanoïde dans chaque usine et peut-être dans chaque maison

Figure AI a bouclé en septembre 2025 une Série C supérieure à un milliard de dollars, portant sa valorisation à 39 milliards de dollars, soit davantage que tout autre fabricant de robots humanoïdes au monde et davantage que plusieurs constructeurs automobiles cotés en bourse. Fondée en 2022 par Brett Adcock, entrepreneur serial issu des secteurs de l'emploi tech (Vettery, cédée à Adecco) et de l'aviation électrique (Archer Aviation), la startup a franchi trois générations de robots en moins de quatre ans. Figure 01, prototype de 1,67 mètre pour 60 kg présenté fin 2022, a servi à lever une Série B de 675 millions de dollars en 2024 (valorisation 2,6 milliards) auprès de Microsoft, NVIDIA, l'OpenAI Startup Fund, Jeff Bezos via Bezos Expeditions, Intel Capital et ARK Invest. Figure 02 a été déployé en conditions réelles à l'usine BMW de Spartanburg, Caroline du Sud, où il a accumulé plus de 1 250 heures de fonctionnement sur des postes de dix heures, cinq jours par semaine, chargeant des pièces en tôle sur des gabarits de soudure, soit plus de 90 000 pièces et une contribution annoncée à la production de quelque 30 000 BMW X3. Figure 03, lancé en octobre 2025, cible simultanément l'industrie et le résidentiel, avec 44 degrés de liberté, un revêtement souple pour la sécurité au contact humain, une recharge sans fil et une interface audio repensée. Une nouvelle levée est anticipée pour 2026-2027. Le chiffre de 30 000 véhicules est l'élément central à retenir, parce qu'il est difficile à fabriquer de toutes pièces. Les démos de laboratoire sont monnaie courante dans la robotique humanoïde ; onze mois de production réelle sur une ligne BMW, avec des métriques de rendement vérifiables par l'OEM, c'est une autre catégorie de preuve. Pour un intégrateur ou un directeur industriel, cela démontre que le fossé simulation-réel est franchissable sur des tâches de manutention répétitive et que le déploiement n'exige pas de réaménager les lignes existantes, argument décisif pour les sites legacy. L'entrée au capital de Brookfield Asset Management et Macquarie Capital, deux gestionnaires d'actifs alternatifs qui traitent l'infrastructure comme une classe d'actifs, signale que Figure AI est désormais lue comme un opérateur d'infrastructure productive, pas comme un pari de recherche, ce qui a une incidence directe sur les conditions de financement de ses clients industriels. Figure AI s'inscrit dans une course à la commercialisation qui oppose désormais au moins cinq acteurs significatifs : Tesla avec Optimus Gen 3, en déploiement annoncé dans ses propres usines ; Agility Robotics, dont le robot Digit est déjà opérationnel dans des entrepôts Amazon ; Apptronik et son Apollo, en pilote chez Mercedes-Benz ; Physical Intelligence avec son modèle de contrôle Pi-0, orienté software-first ; et Boston Dynamics dont l'Atlas électrique commence à apparaître sur des sites industriels réels. En France et en Europe, aucun acteur ne joue encore dans cette catégorie de robots humanoïdes généralistes, bien qu'Enchanted Tools (Miroki, Île-de-France) et Wandercraft (exosquelette) occupent des niches adjacentes. La prochaine étape pour Figure est la montée en volume de Figure 03 sur le marché industriel et, plus spéculativement, l'entrée dans le résidentiel, segment où le chiffre d'affaires unitaire est inférieur mais le marché adressable potentiellement plus large, à condition de résoudre des contraintes de sécurité et de coût que les annonces actuelles n'abordent pas encore frontalement.

UEAucun déploiement européen annoncé, mais la maturité industrielle démontrée par Figure AI chez BMW creuse l'écart compétitif avec les acteurs européens (Enchanted Tools, Wandercraft) qui n'opèrent pas encore dans la catégorie des humanoïdes généralistes en production réelle.

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Le robot humanoïde XPeng IRON entre en production en série accélérée, attendu en showroom en 2027
57Pandaily 

Le robot humanoïde XPeng IRON entre en production en série accélérée, attendu en showroom en 2027

Le constructeur automobile chinois XPeng a officiellement lancé la phase de sprint vers la production de masse de son robot humanoïde IRON, avec un objectif de production en série d'ici fin 2026 et un déploiement commercial dès le premier trimestre 2027. Selon des sources sectorielles, IRON sera d'abord déployé dans les propres showrooms de XPeng, où il assurera des missions d'accueil, d'accompagnement client et de présentation des véhicules. La plateforme mesure moins de 1,70 mètre et embarque trois puces IA Turing, le système de vision XNGP AI Hawk Eye déjà utilisé dans les voitures XPeng, et un réseau de radars 4D à ondes millimétriques pour la perception temps réel de l'environnement. La capacité de production visée est de l'ordre de plusieurs milliers d'unités par mois, ce qui placerait IRON parmi les premiers robots humanoïdes chinois à atteindre un volume industriellement significatif. Le robot avait été présenté lors d'un événement produit antérieur, où sa démarche naturaliste avait suscité des doutes quant à son authenticité, certains spectateurs soupçonnant un humain déguisé. Le choix de déployer IRON dans des environnements commerciaux contrôlés plutôt qu'en usine ou à domicile est une décision stratégique révélatrice de l'état réel du secteur. He Xiaopeng, PDG de XPeng, l'a lui-même reconnu publiquement : les robots humanoïdes actuels ne sont pas encore capables de répondre aux exigences de précision des lignes de fabrication ni à l'imprévisibilité des environnements domestiques. Cette honnêteté tranche avec le discours marketing dominant dans le secteur. En se limitant à des scénarios à tâches répétables et cadre structuré, XPeng optimise les chances de succès opérationnel tout en utilisant ses propres points de vente comme terrain de collecte de données réelles, une boucle de feedback qui alimentera les itérations suivantes du modèle. Pour les intégrateurs et les décideurs industriels, cela confirme une règle empirique du moment : le "sim-to-real gap" reste le principal frein, et les déploiements réussis passent d'abord par des verticales à faible variabilité. XPeng, connu pour ses véhicules électriques et ses systèmes ADAS avancés, capitalise ici sur sa maîtrise de la perception embarquée pour accélérer le développement robotique. Dans le paysage concurrentiel, IRON se positionne face à des acteurs comme Unitree (G1, H1), Fourier Intelligence ou encore Agibot en Chine, et à l'international contre Figure (Figure 02), Agility Robotics (Digit, déployé chez Amazon) et Boston Dynamics (Atlas). Tesla reste un point de comparaison incontournable avec Optimus, dont la production est également annoncée pour 2025-2026 sans déploiement commercial confirmé à grande échelle. La prochaine étape décisive pour IRON sera la démonstration de fiabilité opérationnelle sur plusieurs mois en condition réelle, seul indicateur qui permettra de distinguer un déploiement commercial effectif d'une vitrine technologique.

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Atlas apprend des compétences de football en regardant des images de Coupe du monde
58Interesting Engineering 

Atlas apprend des compétences de football en regardant des images de Coupe du monde

À quelques semaines de la Coupe du Monde 2026, Boston Dynamics a publié une vidéo montrant son robot humanoïde Atlas observer des séquences de matchs passés diffusées sur un grand écran, puis reproduire les gestes des joueurs dans une zone d'entraînement adjacente. Dans les séquences présentées, Atlas déplace son centre de gravité, balance la jambe vers l'avant et guide un ballon au sol avec un contact contrôlé. Le robot enchaîne ensuite une série d'exercices inspirés du football -- passes, pivots, contrôles de balle -- conçus pour travailler l'équilibre, la coordination et le timing des mouvements. La vidéo montre également Atlas lever les bras en signe de célébration après un exercice réussi, puis s'agenouiller pour simuler la réaction à une blessure sur le terrain, des gestes que Hyundai, maison mère de Boston Dynamics, présente comme copiés directement depuis les images de match visionnées. La société a baptisé l'initiative "School of Football" et évoque l'intention de déployer Atlas et le robot quadrupède Spot lors du Mondial 2026, sans préciser leur rôle exact. Cette démonstration s'inscrit dans une séquence de communications rapprochées destinées à montrer qu'Atlas peut acquérir des comportements moteurs complexes sans programmation mouvement-par-mouvement. Techniquement, le pipeline ne repose pas sur une "observation" au sens perceptif : Atlas est entraîné par reinforcement learning en simulation massivement parallèle sur GPU, à partir de trajectoires de référence issues d'animations ou de démonstrations téléopérées. Le robot accumule ce que Boston Dynamics décrit comme des millions d'heures de pratique simulée, en apprenant à maintenir équilibre et prise pendant que des perturbations externes sont introduites. Ce qui distingue Atlas des systèmes vision-only est son recours à la proprioception -- perception interne de la position du corps, de la charge et de l'équilibre -- pour s'adapter en temps réel à des objets instables, comme l'avait illustré une démonstration récente où le robot portait un réfrigérateur de 45 kg tout en conservant l'équilibre. Ces résultats indiquent une progression réelle vers des comportements adaptatifs, même si les conditions des démonstrations restent soigneusement sélectionnées et contrôlées. Boston Dynamics, fondée en 1992 au MIT et rachetée par Hyundai en 2021, a dévoilé la version entièrement électrique d'Atlas en avril 2024, après avoir mis fin au modèle hydraulique. La filiale positionne désormais Atlas comme un "outil polyvalent pour le travail physique", ciblant explicitement les usines, entrepôts et chantiers plutôt que les démonstrations spectaculaires. Dans la course aux humanoïdes industriels, elle fait face à des concurrents directs : Figure AI avec le Figure 03, Tesla avec l'Optimus Gen 3, Physical Intelligence avec Pi-0, NVIDIA avec GR00T N2, et Agility Robotics avec Digit. L'initiative "School of Football" et l'association au Mondial 2026 ressemblent davantage à une opération de visibilité grand public qu'à une annonce produit structurée -- aucun déploiement commercial, aucun partenaire client, aucune timeline n'ont été communiqués. Les jalons à surveiller restent les annonces de pilotes industriels, l'évolution du partenariat avec Hyundai sur les chaînes de fabrication automobile, et la publication éventuelle de métriques de performance en conditions réelles.

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Guide du premier jour du Robotics Summit & Expo 2026
59Robotics Business Review 

Guide du premier jour du Robotics Summit & Expo 2026

Le Robotics Summit & Expo 2026 a ouvert ses portes le 27 mai au Thomas M. Menino Convention & Exhibition Center de Boston, réunissant plus de 5 000 développeurs issus de l'aérospatiale et défense, de la santé, de la logistique et de l'industrie manufacturière. La journée a débuté à 9h00 ET avec deux keynotes consécutives en salle 253 ABC. La première, intitulée "Building the Next Era of Robot Autonomy", a réuni Aaron Parness (directeur des sciences appliquées chez Amazon Robotics), Anders Beck (vice-président produits IA et robotique chez Universal Robots), Hamid Montazeri (SVP software et IA chez Locus Robotics) et John Wall (président de QNX). La seconde, "The State of Humanoids", démarrée à 10h00, a mis en scène Alberto Rodriguez (directeur du comportement robotique pour Atlas chez Boston Dynamics) et Pras Velagapudi (CTO d'Agility), aux côtés de représentants de Schaeffler, RealSense et ASTM International. Le show floor a également ouvert à 10h00, avec MassRobotics animant son Startup Alley, son Form & Function Challenge et son Physical AI Accelerator. L'agenda des sessions de la journée révèle les trois tensions structurantes du secteur en 2026 : le fossé sim-to-real (maxon, session 1h45), la commercialisation post-démo (TITAN Robotics, RedZone Robotics, Symbotic avec Teddy Ort en SVP robotics software), et la constitution de data flywheels pour robots AI-natifs (Agtonomy, Semaphor Surgical, Roboto AI, Cambridge Consultants). Deux sessions méritent l'attention des intégrateurs B2B : "Building Warehouse Robots People Actually Want to Work With" par Anthony Jules, co-fondateur de Robust AI, qui adresse frontalement les problèmes d'adoption terrain, et "The Robot MCP Ecosystem" par Contoro Robotics, qui explore les standards ouverts entre IA et robotique. La présence de Conor Walsh (Harvard SEAS) sur la robotique souple portable signal que le marché médical reste une verticale stratégique distincte des humanoïdes. Le Robotics Summit & Expo est l'un des principaux événements industriels robotiques en Amérique du Nord, historiquement centré sur les applications pratiques plutôt que sur la recherche fondamentale, ce qui explique la dominance des profils commerciaux et d'intégration dans le line-up. Cette édition 2026 reflète un marché en transition : après plusieurs années de démos médiatisées, le discours dominant se déplace vers la scalabilité, la fiabilité opérationnelle et la rentabilité. Boston Dynamics (Atlas), Agility (Digit) et Locus Robotics représentent trois approches distinctes de la commercialisation humanoïde et AMR, et leur coprésence sur scène illustre l'absence de standard dominant à ce stade. Les sessions de l'après-midi, plus techniques, s'adressent aux équipes d'ingénierie qui doivent livrer des systèmes en production dans les 12 à 24 prochains mois.

UELa présence de Universal Robots (danois, leader EU du cobot) en keynote principale confirme la compétitivité européenne, mais l'événement se tient à Boston sans déploiement ni initiative directement applicable au marché français ou européen.

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Figure accélère la production de robots humanoïdes à une vitesse sans précédent
60Robotics & Automation News 

Figure accélère la production de robots humanoïdes à une vitesse sans précédent

Figure AI revendique avoir franchi un seuil critique dans la fabrication en série de son robot humanoïde Figure 02, après des années de prototypes soigneusement mis en scène. La société californienne affirme produire des centaines d'unités de manière fiable et répétable, une étape que peu d'acteurs humanoïdes ont atteinte. Déployé dans l'usine BMW de Spartanburg (Caroline du Sud) depuis 2024, le Figure 02 effectue des tâches de manutention en environnement industriel réel, aux côtés d'opérateurs humains, et la cadence de production annoncée marque un tournant net par rapport aux démonstrations contrôlées qui ont longtemps dominé le secteur. Cette montée en cadence répond à la question centrale du secteur : la transition de la démonstration au déploiement industriel à grande échelle. Si Figure confirme ses chiffres, cela valide un modèle économique difficile à atteindre, celui d'un humanoïde viable non plus comme exploit isolé, mais comme produit industriel reproductible. Pour les intégrateurs et les décideurs B2B, c'est un signal concret que la fenêtre de déploiement s'ouvre, même si les métriques précises de cadence restent à vérifier indépendamment des communications de la société. Fondée en 2022 par Brett Adcock, Figure AI a levé 675 millions de dollars en février 2024, avec Microsoft, OpenAI, NVIDIA et Intel comme investisseurs. Le partenariat BMW reste le déploiement de référence du secteur. La concurrence est dense : Tesla (Optimus), Physical Intelligence (Pi-0), Agility Robotics et Apptronik avancent sur leurs propres feuilles de route, tandis que Figure préparerait l'élargissement de ses contrats industriels au-delà de son partenaire automobile.

UEBMW étant l'adopteur industriel de référence et acteur européen central, une montée en cadence confirmée de Figure AI pourrait accélérer les décisions de déploiement pilote dans les usines automobiles européennes à horizon 2026-2027.

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Figure s'associe à Catalyst Brands pour déployer des robots humanoïdes dans la logistique
61Robotics & Automation News 

Figure s'associe à Catalyst Brands pour déployer des robots humanoïdes dans la logistique

Figure AI a conclu un accord commercial avec Catalyst Brands pour déployer ses robots humanoïdes dans le réseau logistique du distributeur américain. Le déploiement débutera dans le centre de distribution de Catalyst Brands à Reno, Nevada, où les robots de Figure seront chargés d'automatiser des tâches physiquement pénibles de la chaîne d'approvisionnement. Catalyst Brands regroupe plusieurs enseignes de distribution grand public, positionnant ce pilote comme une première incursion de Figure dans la logistique multi-enseignes. L'article source ne précise pas le modèle déployé (Figure 02 ou une itération ultérieure), ni les volumes d'unités engagées ou les métriques de cadence, des données absentes qui limitent l'évaluation concrète du déploiement. Ce partenariat illustre le pivot de Figure vers des contrats commerciaux réels après une phase de démo intensive. La logistique de distribution reste le terrain d'atterrissage privilégié des humanoïdes : tâches répétitives, environnements semi-structurés, pénurie de main-d'œuvre documentée. Si Reno devient un déploiement opérationnel stable plutôt qu'un pilote contrôlé, cela constituerait une preuve de maturité sim-to-real pour Figure, un point que le secteur surveille attentivement face au fossé persistant entre démonstrations en laboratoire et performance en entrepôt réel. Figure AI, fondée par Brett Adcock, avait déjà signé un accord avec BMW pour des tâches de fabrication automobile, puis levé environ 675 millions de dollars en 2024 pour accélérer son développement. Dans un paysage concurrentiel où Agility Robotics (Digit) est déjà déployé chez Amazon, et où Tesla pousse Optimus vers ses propres usines, Figure cherche à ancrer des références clients dans la grande distribution. Le site de Reno sera à suivre comme indicateur de passage à l'échelle.

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IntBot et Certis Group s'associent pour déployer l'IA physique en entreprise à Singapour
62Robotics Business Review 

IntBot et Certis Group s'associent pour déployer l'IA physique en entreprise à Singapour

IntBot, startup californienne fondée à San Jose, et Certis, opérateur de sécurité et de services aux entreprises coté à la Bourse de Singapour, ont annoncé en mai 2026 un partenariat stratégique visant à développer des applications robotiques dites "socialement intelligentes" pour des environnements à forte affluence publique à Singapour. L'accord prévoit d'intégrer la technologie General Social Intelligence d'IntBot, un système de perception multimodale en temps réel couplé à une boucle d'interaction fermée, aux capacités opérationnelles de Certis dans la gestion de missions critiques. Les cas d'usage ciblés sont les robots concierges et assistants dans des environnements comme les hôtels, les centres de conférence et les campus. IntBot avait présenté son humanoïde de service Nylo au CES 2026, et affirme être déjà déployé dans le secteur de l'hôtellerie, sans fournir de chiffres précis sur l'échelle de ces déploiements ni de spécifications techniques (charge utile, degrés de liberté, temps de cycle). L'annonce reste à ce stade un accord d'exploration : aucun calendrier de déploiement ni volume contractuel n'est communiqué. Ce partenariat illustre un glissement progressif dans la robotique humanoïde commerciale : la manipulation physique des tâches cède progressivement sa place à l'interaction humaine comme principal verrou technologique. Lei Yang, cofondateur et PDG d'IntBot, l'articule explicitement : selon lui, avec la maturité des modèles multimodaux, le bottleneck décisif pour l'IA incarnée se déplace de la manipulation vers l'interaction sociale. Pour les intégrateurs et les décideurs B2B, l'enjeu est concret : un robot humanoïde en espace public doit interpréter les intentions des usagers, gérer un contexte social dynamique et maintenir une fiabilité opérationnelle compatible avec des environnements en exploitation réelle, sans cage de sécurité. L'approche de Certis, qui conçoit la sécurité, la gestion des installations et des effectifs comme un modèle opérationnel unifié, vise à fournir ce que la plupart des startups robotiques peinent à livrer seules : des workflows structurés et une intégration dans des opérations existantes à contraintes élevées. IntBot s'inscrit dans un champ concurrentiel dense, dominé par des acteurs disposant de ressources bien supérieures : Figure AI avec le Figure 03, Tesla avec l'Optimus Gen 3, Boston Dynamics avec l'Atlas, Physical Intelligence avec Pi-0, et Agility Robotics avec Digit, ainsi que Sanctuary AI et 1X pour le volet interaction sociale. Le choix de Singapour comme marché d'entrée est stratégique : la cité-État dispose d'une infrastructure smart-city avancée et d'un cadre réglementaire favorable à l'expérimentation robotique en milieu public. Certis, ancré institutionnellement en Asie-Pacifique, apporte une crédibilité opérationnelle que les startups ne peuvent pas construire seules. La prochaine étape attendue sera la définition concrète des cas d'usage par Certis avant tout déploiement à l'échelle, une phase qui, dans le secteur, prend historiquement bien plus longtemps que les communiqués de presse ne le laissent entendre.

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MIND : contrôle de robot humanoïde par diffusion d'intention multi-échelle guidée par le texte
63arXiv cs.RO 

MIND : contrôle de robot humanoïde par diffusion d'intention multi-échelle guidée par le texte

Des chercheurs ont publié fin mai 2026 sur arXiv (2605.26006) MIND, un cadre de contrôle d'humanoïdes simulés piloté par commandes textuelles. Le système traduit une instruction en langage naturel en actions moteur de bas niveau via un mécanisme de diffusion multi-échelle. Deux composants cohabitent : un prédicteur d'intention globale, qui capture la dynamique générale du mouvement, et un prédicteur d'intention immédiate, qui raffine le geste à chaque itération du processus de diffusion. Clé du dispositif : les états internes de l'humanoïde sont encodés dans un espace latent et servent de pont sémantique entre le texte et les commandes moteur. Le code source sera mis en accès ouvert pour faciliter la reproductibilité. L'apport de MIND est de contourner deux limitations structurelles bien documentées dans la littérature. Les pipelines en deux étapes, génération cinématique puis suivi physique, souffrent d'un décalage de domaine entre les deux modules, ce qui dégrade la qualité des comportements générés. Les approches bout-en-bout par imitation directe texte-vers-actions buttent sur l'écart sémantique entre langage naturel et signaux de bas niveau. En positionnant les états internes de l'humanoïde comme médiateur, sémantiquement plus proches du texte que les couples articulaires bruts, MIND réduit ce double handicap. Les benchmarks expérimentaux montrent des gains en cohérence physique et en alignement sémantique face aux méthodes de référence, bien que ces évaluations restent en environnement simulé, sans validation sur hardware réel. Le contrôle d'humanoïdes par langage naturel se situe à l'intersection du reinforcement learning, de l'animation physique et des grands modèles de langage. Des travaux antérieurs comme PHC ou les modèles de diffusion de mouvement (MDM, MotionDiffuse) ont établi les bases cinématiques que MIND cherche à dépasser sur le plan de la plausibilité physique. Côté industriel, Figure AI, Boston Dynamics et Unitree Robotics explorent des pipelines texte-vers-mouvement pour leurs plateformes hardware, mais la majorité des démos publiées restent en simulation ou sur des tâches très contraintes. MIND s'inscrit dans la recherche fondamentale sans annoncer de déploiement concret ; son impact réel dépendra de sa capacité à franchir le sim-to-real gap, défi central non résolu pour le contrôle de corps entier.

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LimX Intelligence lance LimX Luna : un robot humanoïde pleine taille à 298 000 RMB
64Pandaily 

LimX Intelligence lance LimX Luna : un robot humanoïde pleine taille à 298 000 RMB

LimX Intelligence, une licorne spécialisée dans l'IA incarnée basée à Shenzhen, a commercialisé le 26 mai 2026 son robot humanoïde LimX Luna à destination du marché domestique chinois, au prix de 298 000 RMB (environ 41 000 dollars). La machine mesure 160 cm, dispose de 27 degrés de liberté corporels (hors effecteurs terminaux) et intègre des capacités de perception environnementale en temps réel couplées à un système de planification de mouvement dynamique. LimX positionne Luna non pas comme un démonstrateur de laboratoire, mais comme un candidat au déploiement opérationnel dans la logistique, la fabrication et les services. La différenciation technique repose sur des modèles vision-langage-action (VLA) propriétaires permettant au robot d'interpréter des commandes en langage naturel, de reconnaître objets et environnements, et d'adapter sa stratégie de mouvement sans chorégraphie préprogrammée. L'accès au marché international est annoncé pour 2027, après obtention des certifications et mise en place de partenariats de distribution. Le lancement de Luna illustre un glissement structurel dans la compétition humanoïde : l'avantage concurrentiel ne se joue plus sur la mécanique, mais sur la couche d'intelligence embarquée. Un robot capable de généraliser ses comportements à travers des tâches variées, sans reprogrammation manuelle, représente un saut qualitatif pour les intégrateurs industriels qui peinent à justifier le coût de déploiement face à des bras robotisés fixes bien plus matures. Le tarif de 298 000 RMB place Luna dans le segment intermédiaire du marché chinois, ce qui signale une ambition commerciale sérieuse, mais le manque de données indépendantes sur les performances réelles en environnement non structuré invite à la prudence : les vidéos de lancement restent sélectionnées, et le gap entre démonstration et déploiement à l'échelle demeure le principal angle mort du secteur. LimX Intelligence évolue dans un écosystème chinois saturé depuis 18 mois : Fourier Intelligence, Unitree et Xiaomi (avec le successeur annoncé du CyberOne) occupent des segments proches, tandis qu'au niveau mondial, Figure (Figure 03), Boston Dynamics, Physical Intelligence (Pi-0) et 1X Technologies maintiennent une pression technologique constante. LimX se distingue par son accent sur les VLA propriétaires plutôt que sur le partenariat avec des fondations de modèles tierces, un pari risqué mais cohérent avec la stratégie de verticalisation observée chez d'autres acteurs chinois. La prochaine étape critique sera la validation en conditions réelles chez des clients pilotes, dont LimX n'a pas encore communiqué les noms ni les calendriers, et l'obtention des certifications CE et UL nécessaires pour l'expansion internationale prévue en 2027.

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Les robots humanoïdes de Figure atteignent 200 heures de travail et 250 000 colis traités sans défaillance
65Interesting Engineering 

Les robots humanoïdes de Figure atteignent 200 heures de travail et 250 000 colis traités sans défaillance

Figure AI, startup californienne valorisée 39 milliards de dollars, a mené à son terme un test d'endurance de 200 heures consécutives avec trois de ses robots humanoïdes Figure 03, pilotés par son système d'IA Helix-02. Lancée le 14 mai 2026 depuis le siège de Sunnyvale en Californie, l'opération a permis de trier 249 560 colis sur des tapis roulants, sans défaillance matérielle majeure constatée sur aucune des trois unités, baptisées Bob, Jim et Rose par les spectateurs du livestream. Le test avait été initié en réponse à un défi de 8 heures formulé par le Dr Scott Walter, vétéran de l'automatisation industrielle, avant d'être prolongé sans limite préétablie. Les robots utilisaient des caméras embarquées et un raisonnement IA pour détecter les codes-barres, saisir les colis et les déposer face code-barres vers le bas sur les convoyeurs. La cadence atteinte approche les trois secondes par colis, soit la parité estimée avec un opérateur humain. La rotation de flotte était entièrement autonome : lorsque la batterie d'un robot (autonomie d'environ quatre heures) atteignait un seuil critique, une unité de relève prenait automatiquement sa place pendant que le robot déchargé rejoignait une station de recharge sans fil intégrée à la plante de ses pieds. Des erreurs de manipulation ont néanmoins été observées, colis tombés ou mal orientés, que Figure AI distingue explicitement des pannes système. Ce test de 200 heures constitue un signal concret pour les intégrateurs et les décideurs industriels : une flotte d'humanoïdes peut enchaîner plusieurs jours d'opération continue sans intervention humaine corrective, à condition de disposer d'un système de rotation et de remplacement automatisé. La capacité d'auto-éviction est particulièrement notable : si un robot détecte une anomalie matérielle ou logicielle, il navigue de façon autonome vers une zone de service pendant qu'un autre prend le relais sans interruption du flux. Helix-02 est décrit par Figure AI comme un réseau de neurones unifié intégrant vision, toucher, proprioception et contrôle du corps entier dans un seul modèle, à l'opposé des architectures modulaires classiques qui séparent locomotion et manipulation. Ce choix d'architecture VLA (Vision-Language-Action) montre des résultats à l'échelle des 200 heures, mais le test s'est déroulé dans les locaux contrôlés de Figure AI et non chez un client en production, ce qui atténue la portée des conclusions. Figure AI avait déjà conduit des validations en environnement industriel réel, notamment dans les usines BMW de Caroline du Sud. La société concourt directement face à Tesla (Optimus), Agility Robotics (Digit, déployé chez Amazon) et Apptronik (Apollo, partenaire de NASA et Mercedes-Benz), tous engagés dans la commercialisation d'humanoïdes pour la logistique et la production manufacturière. En Europe, des acteurs comme Enchanted Tools (Mirokaï) et Wandercraft restent positionnés sur des segments différents, retail hospitalier et rééducation médicale, loin des volumes logistiques visés par les acteurs américains. La prochaine étape structurante pour Figure AI sera de reproduire ces métriques hors de ses propres installations, dans des environnements clients réels, seul véritable test du passage de la démonstration au déploiement industriel.

UELa démonstration amplifie l'écart technologique entre les acteurs américains et les acteurs européens sur le segment logistique humanoïde, sans impact opérationnel direct sur la France ou l'UE à court terme.

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Atlas affronte un réfrigérateur
66IEEE Spectrum Robotics 

Atlas affronte un réfrigérateur

La semaine robotique a été dominée par une vidéo de Boston Dynamics montrant Atlas déplacer un mini-réfrigérateur, quelques mois seulement après le dévoilement public de la plateforme. La démonstration ne se limite pas à un exercice de force brute : le robot mobilise l'intégralité de son corps pour gérer la masse et l'inertie de l'objet, en compensant dynamiquement avec son buste et ses membres inférieurs plutôt qu'en s'appuyant uniquement sur ses préhenseurs. C'est le contrôle corps-entier (whole-body control) couplé à de l'apprentissage par renforcement qui permet à Atlas de maintenir l'équilibre avec une amplitude de mouvement décrite comme suprahumaine. La même séquence vidéo révèle à 4 min 10 un comportement inattendu dont la nature précise n'est pas détaillée dans le communiqué, signe que la plateforme continue de surprendre ses propres ingénieurs. En parallèle, Unitree a publié une vidéo de son G1 commandé en temps réel par voix, enregistrée en une seule prise avec son audio d'origine. Dusty Robotics a officiellement retraité son FieldPrinter 1, remplacé par le FieldPrinter 2, plus rapide et plus compact, après avoir imprimé des millions de pieds carrés de gabarits sur des milliers de chantiers de construction. DEEP Robotics présente le Lynx S10, un robot tout-terrain de moins de 20 kg ciblant l'industrie. JSK Robotics Laboratory soumet à l'ICRA 2026 ses travaux sur WiXus, un robot hybride roues-jambes affranchissant les membres de leur rôle locomoteur grâce à un support corporel externe. La progression d'Atlas illustre un saut qualitatif dans la capacité des humanoïdes à opérer en environnement industriel non structuré. Le whole-body control sur un objet lourd et asymétrique comme un réfrigérateur est un test pratique bien plus représentatif que les démonstrations gymniques habituelles : il exige une modélisation en ligne de la masse portée, une compensation dynamique en temps réel, et une tolérance aux perturbations imprévues. Que Boston Dynamics s'appuie sur l'apprentissage par renforcement plutôt que sur une planification de mouvement entièrement analytique confirme une tendance de fond : les pipelines RL et sim-to-real arrivent progressivement à maturité pour des tâches de manutention réelle. Il convient néanmoins de préciser qu'il s'agit d'une démonstration contrôlée, pas d'un bilan de déploiement en production, ce que le communiqué ne distingue pas clairement. Boston Dynamics a lancé la version électrique d'Atlas en avril 2024, succédant à la plateforme hydraulique qui avait fait la notoriété de la société depuis sa fondation en 1992, spin-off du MIT. Depuis son acquisition par Hyundai en 2021, l'entreprise affiche une orientation commerciale plus explicite, ciblant en priorité l'automobile et la logistique lourde. Sur le terrain concurrentiel, Unitree positionne le G1 comme solution d'entrée de gamme à partir de 16 000 dollars, Figure AI prépare le déploiement de Figure 02 chez BMW, et Tesla pousse Optimus vers une production en série. Le SpikerBot de Backyard Brains, kit à 219 dollars déjà financé sur Kickstarter, occupe un créneau radicalement différent, celui de la robotique éducative à programmation neuronale directe, rappelant que l'innovation sectorielle ne se joue pas uniquement dans les entrepôts.

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Les robots humanoïdes entrent dans l'industrie manufacturière : vers de nouvelles forces productives
6736Kr 

Les robots humanoïdes entrent dans l'industrie manufacturière : vers de nouvelles forces productives

UBTECH (优必选), fabricant chinois de robots humanoïdes fondé il y a 14 ans, a franchi en 2025 un jalon industriel concret : l'entreprise affirme avoir été la première au monde à atteindre la production en série et la livraison de plus de 1 000 unités de robots humanoïdes pleine taille, avec sa gamme Walker S. L'objectif annoncé pour 2026 est de 10 000 unités produites, ce qui, selon Tan Min, Chief Brand Officer de l'entreprise, représenterait encore une fraction infime du besoin réel. Le ministère chinois des Ressources humaines, celui de l'Education et celui de l'Industrie ont publié en 2025 un chiffre commun : le déficit de main-d'oeuvre dans le secteur de la fabrication intelligente dépasse 30 millions de postes en Chine. Le Walker S2, troisième génération de la plateforme, intègre une technologie de remplacement de batterie en 3 minutes sans arrêt de production, présentée par l'entreprise comme une première mondiale, sans comparatif tiers disponible pour l'instant. UBTECH travaille avec des partenaires industriels incluant Texas Instruments (États-Unis), Airbus (Europe), Honda Trading (Japon) et BYD (Chine), avec plus de 24 mois de POC (proof of concept) accumulés sur ces sites. L'argument central d'UBTECH n'est pas la performance technique brute mais l'adéquation au besoin opérationnel : des tâches répétitives, à faible complexité sensorimotrice, dans des espaces restreints, sans opération de précision. Le segment ciblé correspond exactement aux postes les plus difficiles à pourvoir dans les usines chinoises, ce qui rend l'argument commercial plus solide que celui de la substitution généralisée. Le fait qu'une entreprise atteigne le seuil de 1 000 unités livrées en conditions industrielles réelles, et non en démo contrôlée, est significatif dans un secteur où la plupart des concurrents en sont encore aux phases pilotes ou aux vidéos de laboratoire. Cela ne résout pas la question du "sim-to-real gap" à grande échelle, mais c'est un point de référence mesurable que le marché attendait. UBTECH existe depuis 2012 et a longtemps dû justifier l'existence même de la catégorie "robot humanoïde industriel". La compétition sur ce segment s'est considérablement intensifiée : Figure (Figure 02/03), Boston Dynamics (Atlas électrique), Tesla (Optimus Gen 2/3), Agility Robotics (Digit, déployé chez Amazon), 1X Technologies, ainsi qu'une centaine d'autres entreprises chinoises. La Chine a inscrit les robots humanoïdes dans son 15e plan quinquennal (2026-2030) comme priorité nationale, et plusieurs villes dont Pékin et Shanghai y consacrent des budgets dédiés. UBTECH se positionne aujourd'hui à la quatrième année d'un plan quinquennal interne, avec pour objectif d'atteindre une vraie industrialisation à grande échelle d'ici 2027-2028 et une présence en environnements commerciaux puis domestiques dans un second temps.

UEAirbus est cité comme partenaire actif d'UBTECH avec plus de 24 mois de POC, indiquant que des humanoïdes industriels chinois sont déjà testés dans l'écosystème aéronautique franco-européen.

Apprendre à évoluer : champs interactifs multimodaux pour la navigation humanoïde robuste en environnements dynamiques
68arXiv cs.RO 

Apprendre à évoluer : champs interactifs multimodaux pour la navigation humanoïde robuste en environnements dynamiques

Des chercheurs ont publié sur arXiv (2605.21935, mai 2026) un système de cartographie dynamique baptisé MIF (Multi-modal Interactive Field), conçu pour permettre aux robots humanoïdes de naviguer et de manipuler des objets dans des environnements réels en constante évolution. Testé sur un Unitree G1, le système améliore le taux de relocalisation dans un bureau non-statique de 12 % à 94 %, tout en réduisant l'empreinte mémoire sémantique de 91,4 % grâce à la distillation de features. MIF repose sur trois composantes couplées : un champ d'apparence basé sur le 3D Gaussian Splatting (3DGS) conscient de l'incertitude pour atténuer le flou induit par la marche bipède, un champ spatial maintenant une mémoire topologique de la scène, et un champ géométrique qui calcule une pose d'interaction sûre (Interaction Pose Safety, IPS) avant chaque manipulation. Un score de détection de discordance distingue les fausses alarmes dues aux oscillations du robot des changements persistants réels, et ne met à jour que les zones localement incohérentes. L'enjeu pratique est direct : les systèmes de cartographie sémantique existants (semantic maps, scene graphs) supposent généralement des trajectoires caméra stables et des environnements statiques, deux hypothèses qu'un humanoïde en mouvement viole en permanence. Passer de 12 % à 94 % de succès en relocalisation sur un robot réel dans un bureau avec personnes en mouvement constitue un résultat concret, pas une démo en laboratoire contrôlé. Pour un intégrateur ou un COO industriel évaluant des humanoïdes pour des tâches de pick-and-place, la capacité à maintenir une carte cohérente sous perturbation locomotrice est un prérequis opérationnel non négociable que la plupart des démos actuelles ne valident pas. Le contexte de ce travail s'inscrit dans l'essor du 3DGS comme alternative aux NeRF pour la représentation de scènes en temps réel, une technique popularisée en 2023 et dont l'adaptation à la robotique mobile reste un sujet de recherche actif. L'Unitree G1 est l'une des plateformes humanoïdes commerciales les plus accessibles du marché (autour de 16 000 dollars), ce qui rend ce type de validation plus reproductible que sur des robots propriétaires comme l'Atlas de Boston Dynamics ou le Figure 02. Le code et la page projet sont publiés (ziya-jiang.github.io/MIF-homepage), signal d'une recherche ouverte à la reproduction. Les prochaines étapes naturelles seraient une validation à plus grande échelle et une intégration dans des pipelines de manipulation end-to-end, terrain sur lequel Physical Intelligence (Pi-0) et les équipes GR00T de NVIDIA travaillent en parallèle.

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Vidéo : Helios, robot humanoïde à quatre bras pour les missions en orbite
69Interesting Engineering 

Vidéo : Helios, robot humanoïde à quatre bras pour les missions en orbite

La startup canadienne Orbit Robotics a dévoilé HELIOS, un robot humanoïde à quatre bras conçu pour des missions en orbite basse, dans une vidéo teaser publiée sur YouTube. Le robot présente un châssis noir allégé suspendu dans un banc de test, avec un système mécanique à câbles et poulies tendineux, en rupture nette avec les actionneurs rigides industriels classiques. Les moteurs sont positionnés près des articulations d'épaule afin de réduire la masse en mouvement, tandis que la force est transmise via des câbles et des bobines vers les articulations des bras. L'articulation du coude intègre un joint à contact roulant offrant un mouvement fluide à faible friction, alliant rigidité et compliance. HELIOS ne dispose pas de jambes : Orbit considère la locomotion bipède comme peu pertinente en micropesanteur, où la mobilité repose sur la préhension de surfaces et la stabilisation corporelle. Le robot cible des tâches telles que la gestion de fret, la maintenance répétitive et les opérations de construction orbitale. Les chiffres avancés pour justifier le besoin sont substantiels : les astronautes consacreraient environ 35 % de leur temps à des tâches de maintenance, un cycle de déchargement de fret mobiliserait près de 50 heures d'équipage, et le coût horaire d'un astronaute est estimé à 140 000 dollars. L'architecture à quatre bras d'HELIOS constitue une proposition de conception distincte du courant dominant de la robotique humanoïde terrestre. En ciblant la manipulation multimodale dans un environnement sans gravité, Orbit adresse un segment de niche mais à fort potentiel économique : les stations orbitales commerciales prévues pour cette décennie. L'utilisation d'une transmission par câbles plutôt que d'actionneurs rigides ou hydrauliques est cohérente avec les contraintes spatiales (masse, compliance, robustesse aux vibrations), et rappelle les principes des bras Canadarm ou des robots Astrobee de la NASA, bien que la robotique humanoïde autonome en orbite reste à un stade très expérimental. Il faut souligner que la présentation se limite à un teaser vidéo : aucun test en conditions de micropesanteur réelle n'est documenté à ce stade, et les métriques de performance concrètes (charge utile, degrés de liberté, temps de cycle) ne sont pas encore publiées. Orbit Robotics est une jeune entreprise canadienne en phase précoce ; HELIOS est décrit comme le résultat de deux semestres de développement. En parallèle, la société développe IKARUS, sa première plateforme opérationnelle bimanuelle, construite en deux mois et utilisée comme banc d'essai pour la téléopération, l'apprentissage par imitation et l'itération matérielle rapide. Sur le plan concurrentiel, le segment de la robotique spatiale autonome inclut des acteurs comme Gitai (Japon) ou les programmes ESA dédiés aux robots de service orbital. Aucun calendrier de déploiement ni partenariat avec des agences (NASA, ESA, JAXA) ou des opérateurs de stations commerciales tels qu'Axiom Space ou Vast n'a été annoncé. Les prochaines étapes logiques impliqueraient des essais en flottabilité neutre ou en vol parabolique, avant toute perspective d'intégration sur une infrastructure orbitale réelle.

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Pourquoi Tesla mise des milliards sur Optimus
70Robot Magazine FR 

Pourquoi Tesla mise des milliards sur Optimus

Tesla a engagé un pivot stratégique majeur vers la robotique humanoïde avec son robot Optimus, présenté pour la première fois en 2021 et progressivement monté en priorité interne. Selon des déclarations publiques répétées d'Elon Musk courant 2024-2025, le groupe recrute massivement des ingénieurs en vision par ordinateur, robotique et IA, sans que des chiffres précis d'investissement ou de volumes de production n'aient été officiellement communiqués. Musk a qualifié Optimus de "produit le plus important de Tesla", positionnant le robot comme une plateforme capable d'intervenir dans les usines, entrepôts, logistique et services grand public. À date, Tesla a publié des démonstrations vidéo d'Optimus réalisant des tâches manuelles en environnement contrôlé. Il n'existe pas encore de déploiement industriel à l'échelle documenté ni de prix catalogue annoncé pour des tiers. L'intérêt stratégique d'Optimus repose sur une hypothèse structurelle : le marché des robots humanoïdes polyvalents pourrait dépasser celui de l'automobile à long terme. Pour les décideurs industriels, la promesse est réelle, les humanoïdes pourraient théoriquement remplacer des postes de travail répétitifs sans reconfigurer entièrement les lignes de production, contrairement aux bras industriels fixes. Mais l'écart entre démonstration et déploiement opérationnel reste considérable. Le "demo-to-reality gap" n'est pas comblé : aucun constructeur, ni Tesla, ni Figure AI, ni Boston Dynamics, n'a prouvé une fiabilité suffisante en conditions réelles non supervisées à grande échelle. Ce que le pivot Tesla prouve, c'est que la narration "constructeur automobile" ne suffit plus à soutenir une valorisation boursière qui restait, début 2025, un multiple très élevé par rapport aux revenus automobiles nets. Tesla arrive sur un marché humanoïde déjà encombré. Figure AI (Figure 03, en partenariat avec BMW) a annoncé des déploiements en usine. Agility Robotics (Digit) est en production chez Amazon. Physical Intelligence (pi-0) et 1X Technologies progressent sur les modèles fondationnels robotiques. Boston Dynamics positionne Atlas sur les environnements industriels difficiles. NVIDIA soutient l'écosystème via GR00T et la plateforme Isaac. La Chine industrialise rapidement avec Unitree et Fourier Intelligence. Tesla dispose d'un avantage potentiel : l'accès à d'immenses volumes de données réelles via ses véhicules et ses usines, et une chaîne de fabrication à bas coût. Mais la pression concurrentielle sur l'automobile, notamment de BYD, Xiaomi et Xpeng, comprime les marges et renforce l'urgence de diversifier les revenus. Une éventuelle IPO de SpaceX constitue un risque de dilution d'attention capitalistique supplémentaire pour Tesla. Les prochaines étapes à surveiller : un déploiement interne dans les Gigafactories, et une éventuelle communication sur les métriques de fiabilité opérationnelle.

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La robotique connaîtra-t-elle son moment ChatGPT ?
71IEEE Spectrum Robotics 

La robotique connaîtra-t-elle son moment ChatGPT ?

En 2025, les investissements dans les entreprises de robotique ont atteint un record de 40,7 milliards de dollars, soit 9 % de l'ensemble du capital-risque mondial. C'est dans ce contexte que Jonathan Hurst, professeur en robotique à l'Oregon State University et cofondateur d'Agility Robotics, et Wendy Tan White, ancienne CEO du projet Everyday Robots chez Google X, publient une analyse à contre-courant. Leur thèse : la robotique ne connaîtra pas de "moment ChatGPT" unique, mais progressera grâce à l'application coordonnée de plusieurs systèmes d'IA complémentaires. Ils articulent leur démonstration autour de cinq vérités difficiles, dont la première est le "YouTube-to-Reality Gap". La prestation des robots humanoïdes Unitree au gala du Nouvel An chinois 2026, où des machines exécutaient des figures d'arts martiaux avec des enfants, illustre parfaitement ce fossé : techniquement impressionnante, la séquence était entièrement chorégraphiée, relevant du même niveau d'autonomie qu'un bras industriel en usine automobile, et non d'un système capable de s'adapter à l'imprévu. L'enjeu est décisif pour les intégrateurs et décideurs industriels. Si les robots maîtrisent le backflip et le kung-fu, pourquoi sont-ils absents des chaînes de production généralistes et des cuisines domestiques ? L'IA mobilisée dans ces démonstrations ne sert que le contrôle moteur de bas niveau, sans capacité de raisonnement ni d'adaptation à des environnements non structurés. La rupture introduite par l'IA est réelle : les robots apprennent désormais au lieu d'être programmés, et peuvent, avec suffisamment de données, percevoir, raisonner et agir de façon fiable. Mais ce saut exige des systèmes d'IA coordonnés et rigoureusement intégrés, et non un modèle fondateur unique. La promesse de robots polyvalents vivant aux côtés des humains alimente la science-fiction depuis des décennies, et les déceptions accumulées ont rendu le secteur prudent face aux annonces. Agility Robotics déploie son humanoïde Digit dans des entrepôts Amazon depuis 2023, l'une des rares preuves de déploiement industriel réel à l'échelle. La concurrence s'est toutefois densifiée : Figure AI, Tesla Optimus, 1X et Apptronik côté produits, Physical Intelligence (Pi-0) et NVIDIA (GR00T N2) côté recherche. Hurst et White, forts d'une décennie de terrain, ne disqualifient pas l'optimisme ambiant, mais rappellent l'obligation de distinguer ce qui est opérationnel de ce qui reste un prototype filmé sous son meilleur angle.

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Première américaine : le robot humanoïde de Gatsby réalise un service de nettoyage à domicile pour un client
72Interesting Engineering 

Première américaine : le robot humanoïde de Gatsby réalise un service de nettoyage à domicile pour un client

Le 14 mai 2026, la startup américaine Gatsby a envoyé un robot humanoïde autonome effectuer un nettoyage résidentiel complet chez un particulier à San Francisco, une première déclarée aux États-Unis pour ce type de service à domicile livré à un consommateur final. Le client a été sélectionné aléatoirement sur une liste d'attente, et la réservation s'est faite via l'application iOS de l'entreprise. Le service est facturé 150 dollars par intervention, quel que soit la superficie du logement, ce qui le positionne dans la fourchette basse du marché local où les prestations humaines oscillent entre 150 et 300 dollars selon la taille de l'appartement. La vidéo de l'intervention n'a pas été publiée en détail, et Gatsby n'a pas divulgué le modèle de robot utilisé ni les métriques opérationnelles (temps de cycle, taux de complétion, surfaces traitées), ce qui rend difficile toute évaluation technique indépendante de la performance réelle. Ce que Gatsby tente de prouver n'est pas tant la supériorité d'un hardware spécifique que la viabilité d'un modèle de distribution à la demande pour la robotique humanoïde à usage domestique. Là où Tesla, 1X et d'autres misent sur la vente directe de plateformes à plus de 20 000 dollars l'unité, Gatsby positionne une couche logicielle hardware-agnostique : navigation, interface utilisateur, orchestration de service. Le pari est que le goulot d'étranglement n'est pas le robot lui-même, mais la distribution et l'expérience utilisateur. Si ce modèle tient à l'échelle, il représente un vecteur de commercialisation radicalement différent de celui que suivent les grandes équipes humanoïdes actuelles, et pourrait intéresser des intégrateurs cherchant à déployer des flottes sans s'engager sur un seul fournisseur hardware. C'est aussi une hypothèse implicite sur le sim-to-real : que les tâches ménagères standardisées sont désormais suffisamment maîtrisées pour sortir du laboratoire vers des environnements non contrôlés. Gatsby a été fondée en janvier 2026 par Aron Frishberg, ancien étudiant de l'Université de Chicago, sous la société mère West Egg Labs. La startup est soutenue par NVIDIA Inception et le programme d'accélération Entrepreneurs First. Le choix du nettoyage comme marché d'entrée est délibéré : secteur à forte dépense consommateur, peu innovant depuis des décennies, et socialement universel. L'entreprise se présente comme un Uber de la robotique humanoïde, agnostique au matériel, capable de substituer un robot par un autre selon les évolutions du marché hardware. La demande affichée sur liste d'attente couvre la Bay Area et s'étend au reste du pays, selon la communication de l'entreprise, mais aucun chiffre précis n'a été communiqué. La prochaine étape logique serait une montée en volume de déploiements documentés, avec des métriques de performance publiées, pour confirmer que ce premier service n'était pas un événement isolé à forte valeur médiatique.

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Xynova dévoile une main dextérique hybride de deuxième génération pour robots humanoïdes
73Pandaily 

Xynova dévoile une main dextérique hybride de deuxième génération pour robots humanoïdes

La startup Xynova a présenté sa main dextère hybride de deuxième génération (Gen-2), destinée aux plateformes de robots humanoïdes. L'architecture combine des actionneurs rigides, qui garantissent précision et force, avec des éléments à compliance douce inspirés de la soft robotics, capables de s'adapter à des objets de formes, textures et rigidités variables. L'ensemble constitue un système d'actionnement hybride qui vise à dépasser les limites des préhenseurs industriels standards, inaptes à la manipulation fine. À noter : Xynova n'a divulgué aucun chiffre technique concret, ni nombre de degrés de liberté (DOF), ni charge utile nominale, ni temps de cycle, ni tarification. Ce dévoilement s'apparente davantage à un teaser produit qu'à un lancement commercial. La qualité des effecteurs terminaux constitue aujourd'hui l'un des principaux goulots d'étranglement dans la commercialisation des robots humanoïdes. La transition entre démonstrations en laboratoire et déploiements industriels réels exige une manipulation adaptative que les mains rigides actuelles ne permettent pas encore. L'approche hybride de Xynova, si elle tient ses promesses en conditions réelles, pourrait résoudre partiellement le "manipulation gap" qui freine l'adoption par les intégrateurs et les industriels. Pour un COO de logistique ou un intégrateur AMR, la capacité à traiter des articles non standardisés sans reprogrammation est un prérequis commercial. C'est précisément ce marché que cible Xynova, même si l'absence de benchmarks indépendants et de vidéos de manipulation complexe limite toute évaluation objective à ce stade. L'annonce s'inscrit dans une accélération visible du marché des mains dextères pour humanoïdes. Tesla (Optimus Gen 3), Figure (Figure 03) et un nombre croissant d'acteurs chinois investissent massivement dans la fermeture du gap de manipulation, reconnu comme le principal verrou technique avant une industrialisation à grande échelle. Des acteurs comme Sanctuary AI, Shadow Robot ou le projet open-source LEAP Hand ont déjà proposé des architectures concurrentes sur ce segment. Xynova se positionne comme fournisseur de composants pour écosystème humanoïde plutôt que comme constructeur de plateforme complète, un modèle qui pourrait séduire les intégrateurs cherchant à upgrader des plateformes existantes. Aucune date de disponibilité commerciale ni partenariat de déploiement n'ont été annoncés.

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Hyundai étend sa stratégie robotique aux États-Unis avec un déploiement de 25 000 robots humanoïdes Atlas
74Interesting Engineering 

Hyundai étend sa stratégie robotique aux États-Unis avec un déploiement de 25 000 robots humanoïdes Atlas

Hyundai Motor Group prévoit de déployer plus de 25 000 robots humanoïdes Atlas, développés par sa filiale Boston Dynamics, dans les usines de Hyundai Motor et Kia aux États-Unis. L'annonce a été faite lors d'une session organisée par JPMorgan Chase. Le groupe vise une capacité de production annuelle de 30 000 unités Atlas d'ici 2028, avec la fabrication locale de plus de 300 000 actionneurs par an, les composants qui font office d'articulations mécaniques. Le PDG de Kia Corporation, Song Ho-sung, a précisé lors de road shows que les premiers Atlas devraient entrer en service au Hyundai Motor Group Metaplant America en Géorgie en 2028, puis à l'usine Kia de Géorgie en 2029. Aucun calendrier détaillé par site ni liste de factories prioritaires n'a été communiqué. En parallèle, Boston Dynamics a publié un billet technique détaillant comment Atlas manipule des objets industriels lourds : le robot pivote son torse à 180 degrés, s'accroupit pour saisir un mini-réfrigérateur et le transporte en compensant dynamiquement les déplacements de masse interne. Cette capacité a été développée en quelques semaines via apprentissage par renforcement sur des millions d'heures de simulation GPU en parallèle. Ces chiffres représentent le déploiement humanoïde annoncé le plus ambitieux dans l'industrie automobile à ce jour. La production d'actionneurs en volume suggère une intégration verticale qui pourrait compresser les coûts unitaires sur le long terme. Sur le plan technique, l'approche de Boston Dynamics repose principalement sur la proprioception, c'est-à-dire la conscience interne du mouvement et des forces corporelles, plutôt que sur des systèmes de vision dominants, ce qui diverge des architectures VLA (Vision-Language-Action) adoptées par des concurrents comme Physical Intelligence avec son modèle pi-0 ou Figure AI. L'entreprise affirme avoir réduit le "sim-to-real gap" via une architecture simplifiée à deux types d'actionneurs seulement et des membres symétriques, améliorant la fidélité entre simulation et comportement physique réel. Si cette réduction se confirme en production, cela constituera un argument technique fort face à des plateformes plus complexes comme Tesla Optimus Gen 3 ou Apptronik Apollo. Boston Dynamics a présenté la version entièrement électrique d'Atlas en avril 2024, mettant fin à la plateforme hydraulique exploitée depuis 2013. Hyundai avait racheté l'entreprise à SoftBank en 2021 pour environ 1,1 milliard de dollars. L'annonce intervient dans une course industrielle intense : Tesla vise une production de masse d'Optimus, Figure AI a levé 675 millions de dollars pour son robot Figure 02, et Agility Robotics, propriété d'Amazon, déploie son Digit dans des entrepôts logistiques. En Europe, les acteurs restent à des stades plus précoces : Enchanted Tools à Paris développe Miroki pour la logistique hospitalière, tandis que Wandercraft se concentre sur les exosquelettes médicaux. Les prochaines étapes pour HMG incluent la confirmation des sites pilotes et le démarrage effectif des lignes de production d'actionneurs aux États-Unis, deux éléments qui permettront de distinguer l'annonce commerciale du déploiement réel.

UEL'annonce renforce la pression concurrentielle sur les acteurs européens comme Enchanted Tools et Wandercraft, qui restent à des stades de développement bien antérieurs à ce déploiement industriel à grande échelle.

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Boston Dynamics révèle comment Atlas soulève des charges industrielles de 45 kg en production
75Interesting Engineering 

Boston Dynamics révèle comment Atlas soulève des charges industrielles de 45 kg en production

Boston Dynamics a publié début 2025 un billet technique détaillant comment son robot humanoïde Atlas a appris à manipuler des charges industrielles lourdes grâce au reinforcement learning et à la simulation à grande échelle. La démonstration montre Atlas effectuer une rotation du torse à 180 degrés, se baisser pour saisir un mini-réfrigérateur, puis le transporter sur plusieurs mètres en compensant le déplacement du poids interne de l'objet. La charge nominale d'entraînement se situe entre 23 et 32 kg (50-70 lb), mais le robot a réussi à déplacer un réfrigérateur dépassant les 45 kg (100 lb) lors des tests. Pour percevoir le poids, l'équilibre et la résistance, Atlas s'appuie principalement sur la proprioception, c'est-à-dire la conscience interne de son propre corps, plutôt que sur la vision seule. L'entraînement repose sur des millions d'heures de simulation parallèle sur GPU, où l'on fait varier le poids de l'objet, le frottement au sol, la force de préhension et la position initiale de la charge pour forcer le robot à généraliser ses comportements. Ce que cette publication révèle, au-delà de la performance brute, c'est une avancée méthodologique sur le problème dit du "sim-to-real gap" : l'écart historique entre les comportements appris en simulation et leur transposition sur le robot physique. Boston Dynamics affirme l'avoir réduit grâce à une architecture matérielle délibérément simplifiée : Atlas n'utilise que deux types d'actionneurs sur l'ensemble du corps, les bras et les jambes sont symétriques, et les câbles ont été éliminés au niveau des articulations, autorisant une rotation continue des joints et réduisant les sources d'usure et de latence. Pour les intégrateurs industriels et les décideurs B2B, cela signifie que la simulation devient un outil de développement comportemental fiable, raccourcissant potentiellement les cycles de mise en production. Le fait que le comportement de levage ait été développé en quelques semaines seulement après le lancement public d'Atlas est un signal fort sur la scalabilité du pipeline d'entraînement. Il faut toutefois noter que la démonstration reste une vidéo sélectionnée en laboratoire : aucun déploiement terrain ni données de fiabilité sur durée longue ne sont communiqués. Boston Dynamics, rachetée par Hyundai en 2021 pour 1,1 milliard de dollars, a rebooté Atlas en version entièrement électrique début 2024, abandonnant la plateforme hydraulique utilisée depuis 2013. Ce nouvel Atlas se positionne explicitement comme un "outil polyvalent pour le travail physique", en concurrence directe avec Figure (Figure 02 et 03 annoncés), Tesla (Optimus Gen 3), Physical Intelligence (Pi-0), Agility Robotics (Digit), et NVIDIA dans l'écosystème GR00T N2. La décision de lier les démonstrations athlétiques d'Atlas, dont des figures au sol et des backflips, à des cas d'usage industriels est une communication stratégique visant à montrer que l'agilité n'est pas une fin en soi mais un proxy pour la robustesse en environnement difficile. Les prochaines étapes annoncées concernent des pilotes en environnement industriel réel, notamment avec BMW, sans calendrier précis communiqué.

UEUn pilote industriel avec BMW (groupe allemand) est évoqué sans calendrier précis, signal pertinent pour les intégrateurs européens qui évaluent les humanoides en environnement de production.

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Robot humanoïde abordable à 15 000 dollars : un kit pour démocratiser la robotique avancée
76Interesting Engineering 

Robot humanoïde abordable à 15 000 dollars : un kit pour démocratiser la robotique avancée

Menlo Research, une startup basée à Singapour, a lancé un kit de construction pour son robot humanoïde open-source Asimov, vendu environ 15 000 dollars, soit un prix proche du coût réel de ses composants selon la liste publiée sur GitHub. Le robot mesure 1,20 mètre, pèse 35 kilogrammes et dispose de plus de 25 degrés de liberté. Livré entièrement démonté, avec manuels et vidéos de montage, il cible chercheurs, développeurs et hobbyistes avancés. L'architecture est entièrement modulaire : jambes, bras, torse et tête s'interconnectent via des fixations moteur universelles, permettant le remplacement ou la mise à niveau de composants sans refonte globale. La cheville utilise un mécanisme parallèle RSU (Revolute-Spherical-Universal) à deux degrés de liberté (roulis et tangage), améliorant la distribution du couple sur terrain irrégulier. Les orteils sont passifs (non actionnés), simplifiant la transition appui-poussée et réduisant la charge calculatoire. Les pièces structurelles sont optimisées pour l'impression 3D Multi Jet Fusion (MJF), éliminant le recours à l'usinage CNC coûteux. Côté logiciel, l'entraînement repose sur une approche "Processor-in-the-Loop" (PIL) qui injecte délibérément des imperfections réalistes : latences CANBus simulées jusqu'à 9 millisecondes et bruit de capteurs via une couche d'émulation I2C. Un framework Asymmetric Actor-Critic sépare le "critic" (accès aux données de simulation exactes) de l'"actor" (signaux bruités et retardés comme en conditions matérielles réelles), aboutissant à un transfert sim-to-real en zéro-shot : marche avant et arrière, récupération après poussées externes, sans calibration supplémentaire sur le robot physique. Ce positionnement tarifaire est notable dans un secteur où les plateformes humanoïdes commerciales de référence restent fermées ou inaccessibles aux équipes indépendantes. Le zero-shot sim-to-real représente l'un des verrous historiques de la locomotion humanoïde ; l'approche PIL, qui force le modèle à apprendre sous latence et bruit réalistes dès la phase simulation, constitue une réponse directe au problème classique du sim-to-real gap que rencontrent des projets comme Pi-0 de Physical Intelligence ou GR00T N2 de NVIDIA lors du passage à l'échelle. Pour un laboratoire de recherche ou un intégrateur, cela représente un cycle de développement potentiellement plus court entre simulation et déploiement terrain, sans nécessiter de fine-tuning sur matériel physique coûteux. Menlo Research s'inscrit dans la tendance d'open-sourcing de la robotique humanoïde, aux côtés de l'Open Dynamic Robot Initiative et du Unitree H1 (environ 20 000 dollars, firmware partiellement ouvert). Asimov ne rivalise pas directement avec Figure 03, Tesla Optimus Gen 3 ou Agility Digit pour les déploiements industriels à grande échelle : il cible le segment recherche et éducation, aujourd'hui peu couvert par des plateformes réellement capables de locomotion autonome. La publication du bill-of-materials complet sur GitHub renforce la crédibilité de la démarche, même si 15 000 dollars reste hors portée du grand public et que les performances annoncées n'ont pas encore été validées de manière indépendante. Les prochaines étapes annoncées portent sur l'amélioration de la stack logicielle et l'élargissement de la communauté open-source autour du projet.

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Le robot humanoïde Tinnie devient apprenti dans un projet de rénovation, une première mondiale
77Interesting Engineering 

Le robot humanoïde Tinnie devient apprenti dans un projet de rénovation, une première mondiale

Un robot humanoide d'Unitree Robotics, baptisé "Tinnie", s'apprête à intégrer un chantier de rénovation résidentielle en Australie dans le cadre d'un projet intitulé "The Farmhouse". La propriété couvre 8,3 acres à Mulgoa, à quelques minutes du nouvel aéroport international de l'ouest de Sydney. Le site présente un indice BAL 29 (Bushfire Attack Level), correspondant à une exposition élevée aux attaques par braises et chaleur rayonnante, et héberge une faune reptilienne ajoutant une contrainte de sécurité supplémentaire. L'initiative est portée par Cherie Barber, animatrice de télévision surnommée "la Reine de la Rénovation" en Australie, et son partenaire Matt Hume, qui ont coordonné le projet avec Unitree Robotics pendant six mois, incluant un déplacement en Chine pour observer le robot en action. Le nom "Tinnie" est un double clin d'oeil à l'Homme de Fer-blanc du Magicien d'Oz et au slang australien désignant une bière en canette. La mission du robot ne comprend aucune tâche physique: il accueillera les équipes sur site, conduira les inductions de sécurité, consultera les codes du bâtiment, vérifiera les spécifications produits et conseillera sur les décisions de conception. Le projet sera documenté dans une série télévisée nationale australienne et en épisodes bimensuels sur la chaîne YouTube de Cherie Barber. Ce déploiement se distingue nettement des démonstrations industrielles récentes d'humanoïdes: Tinnie ne manipule ni outils ni matériaux, et son rôle reste strictement informationnel. Pour les intégrateurs et décideurs B2B du secteur du bâtiment, la question légitime est de savoir si la forme humanoïde apporte une valeur ajoutée réelle par rapport à une tablette ou un assistant vocal embarqué sur chantier. La communication officielle ne cite aucune métrique de performance: pas de taux d'adoption par les ouvriers, pas de réduction du temps de cycle, aucun indicateur de productivité mesurable. La revendication de "première mondiale" mérite donc d'être tempérée: il s'agit davantage d'une expérience sociale médiatisée que d'un pilote industriel formalisé. Ce qui reste potentiellement instructif pour le secteur, c'est l'exposition du robot à un environnement de chantier actif soumis à des contraintes réglementaires et environnementales réelles, loin des conditions contrôlées de laboratoire. Unitree Robotics est un fabricant chinois positionné sur le segment accessible des robots humanoïdes et quadrupèdes, dont le H1 et le G1 sont commercialisés bien en dessous des tarifs pratiqués par Figure AI ou Boston Dynamics. L'entreprise cherche à multiplier les déploiements visibles à l'international pour crédibiliser ses plateformes face à une concurrence qui progresse sur des cas d'usage plus opérationnels: Boston Dynamics déploie Spot en inspection de chantier, Built Robotics opère des engins autonomes en génie civil, et en Europe, Enchanted Tools (France) développe des approches robotiques collaboratives en environnement de travail mixte. Le projet "The Farmhouse" intègre également un volet de vie autonome, avec serre maraîchère, verger, ruches et poulailler, ce qui renforce l'impression d'une opération de contenu lifestyle plutôt que d'une validation technologique rigoureuse. Les prochaines étapes annoncées se limitent à la production audiovisuelle, sans timeline de déploiement à plus grande échelle ni partenariats industriels communiqués.

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Apprentissage par renforcement guidé par référence pour la navigation autonome de robots humanoïdes en terrain variable
78arXiv cs.RO 

Apprentissage par renforcement guidé par référence pour la navigation autonome de robots humanoïdes en terrain variable

Une équipe de recherche publie sur arXiv (référence 2605.15517) une méthode d'entraînement de politiques de locomotion par apprentissage par renforcement (RL) pour robots humanoïdes, dans laquelle les trajectoires de référence sont adaptées dynamiquement à la géométrie du terrain pendant l'entraînement. Concrètement, le système génère en boucle des trajectoires de référence contrôlables en SE(2), l'espace de déplacement planaire, en projetant les appuis de pied sur des zones d'appui valides et en ajustant les trajectoires du pied oscillant et du centre de masse selon le relief. L'interface exposée est un vecteur de vitesse SE(2) standard, directement compatible avec les planificateurs de navigation autonome existants. Côté hardware, les chercheurs ont intégré cette politique avec un planificateur MPC (Model Predictive Control) couplé à des fonctions de barrière de contrôle (CBF), et démontré une navigation autonome en boucle fermée sur plus de 70 mètres en extérieur sur le robot Unitree G1, incluant des terrains accidentés et des escaliers consécutifs, avec l'ensemble du calcul et de la perception embarqués. Ce résultat est notable parce qu'il attaque directement le problème du "reality gap" dans la locomotion humanoïde sur terrain non structuré : en conditionnant les trajectoires de référence au terrain dès la phase de simulation, la politique apprend des comportements footholds-aware plutôt que des mouvements génériques dégradés au contact du sol réel. L'exposition d'une interface SE(2) propre signifie que cette politique s'insère sans friction dans un stack de navigation autonome standard, celui qu'utilisent déjà les AMR (autonomous mobile robots) industriels, sans couche d'adaptation supplémentaire. Pour un intégrateur ou un équipementier, c'est une architecture qui réduit la dette de middlewares entre planification de chemin et exécution de locomotion. Le Unitree G1 est un humanoïde à faible coût (environ 16 000 dollars) dont Unitree, fabricant chinois, a multiplié les variantes depuis 2024. Le domaine de la locomotion humanoïde guidée par trajectoires de référence est aussi exploré par des laboratoires comme CMU, ETH Zurich (ANYbotics, Legged Gym), et des équipes comme celles de Boston Dynamics ou Agility Robotics, qui privilégient des approches similaires sim-to-real. Ce travail reste une démonstration académique, parcours sélectionnés, conditions contrôlées, et n'est pas associé à une annonce de déploiement commercial. Les prochaines étapes logiques incluent des tests à plus grande échelle de variabilité de terrain et l'intégration avec des planificateurs 3D.

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Asimov : un robot humanoïde open source accessible à tous
79Hackaday Robots Hacks 

Asimov : un robot humanoïde open source accessible à tous

Le projet Asimov v1 est un robot humanoïde open source en kit, proposé à un prix cible de 15 000 dollars, avec la nomenclature complète publiée sur GitHub pour permettre aux équipes de sourcer leurs propres composants. Doté de 25 degrés de liberté au total, il embarque un calculateur basé sur un Raspberry Pi 5 et un module Radxa CM5, deux références grand public faciles à approvisionner. Les performances physiques déclarées restent modestes : 5 kg en squat et 18 kg en tirage unilatéral à un bras, ce qui le positionne clairement dans la catégorie expérimentale. Tout le code est libre, laissant aux développeurs la latitude d'implémenter leurs propres couches de contrôle. À 15 000 dollars avec du matériel sur étagère, Asimov v1 représente une rupture de prix notable dans un secteur longtemps réservé aux géants industriels. Les démonstrations emblématiques de Honda (Asimo, programme lancé dans les années 1980) et les investissements massifs de Tesla pour Optimus ont durablement ancré l'image d'un marché inaccessible aux laboratoires ou aux startups. L'open source change la donne : une équipe universitaire ou un intégrateur peut désormais disposer d'une base matérielle documentée pour tester des modèles de contrôle visuomoteur ou des politiques d'apprentissage par renforcement sans dépendre d'un fournisseur propriétaire. Il convient toutefois de rester prudent sur les métriques publiées, présentées sans protocole de test standardisé et sans vidéo en conditions réelles. Asimov v1 s'inscrit dans une tendance de démocratisation du hardware robotique comparable à ce que l'open source a réalisé dans les drones avec ArduPilot ou PX4 dans les années 2010. Sur le segment accessible, il se distingue du Unitree G1 (environ 16 000 dollars, non open source) par sa transparence architecturale complète. Il reste très éloigné des plateformes industrielles comme Figure 03, Agility Robotics Digit ou Apptronik Apollo, qui ciblent la logistique avec des financements de plusieurs centaines de millions de dollars et des déploiements confirmés chez des partenaires industriels. Fédérer une communauté active de contributeurs sera la prochaine étape critique pour faire progresser les performances mécaniques et logicielles du projet.

UELes laboratoires universitaires et startups robotique français et européens disposent d'une base matérielle open source documentée à 15 000 $ pour prototyper des algorithmes de contrôle visuomoteur sans dépendre d'un fournisseur propriétaire.

HumanoïdesOpinion
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Un robot humanoïde utilise la vision et la mémoire pour trier des objets avec dextérité
80Interesting Engineering 

Un robot humanoïde utilise la vision et la mémoire pour trier des objets avec dextérité

Lors d'un événement baptisé "Dexterity Night" organisé par la startup sud-coréenne RLWRLD à l'Exploratorium de San Francisco, un robot humanoïde du japonais Enactic a exécuté un tri de chaussettes noires sur tapis roulant, parmi un flux mélangé de chaussettes noires et blanches. Le robot identifiait la couleur de chaque chaussette par caméra embarquée, saisissait l'objet avec des mains antropomorphes, puis le déposait dans le bon bac, tout en conservant en mémoire les couleurs précédemment détectées pour enchaîner les décisions sans recalibrage. D'autres robots étaient présents, WIRobotics (Corée du Sud) et Origami Robotics (États-Unis), tous pilotés par le même modèle de fondation RLDX-1 développé par RLWRLD. En parallèle, RLWRLD accélère la collecte de données réelles en filmant des travailleurs qualifiés (hôtellerie, logistique, commerce de proximité) via caméras et capteurs, pour constituer des datasets couvrant des gestes de pliage, préhension et organisation en conditions réelles. L'intérêt de la démonstration réside moins dans le tri de chaussettes en lui-même que dans l'architecture technique sous-jacente. RLDX-1 repose sur un Multi-Stream Action Transformer (MSAT) qui traite en flux parallèles les signaux visuels, de mouvement, de mémoire et de couple avant de les fusionner pour générer des actions coordonnées. Un module de cognition compresse les entrées perceptuelles en tokens mémoire, ce qui permet un suivi de tâche sur un horizon long, un point de friction récurrent dans les modèles de fondation robotiques actuels, que RLWRLD identifie explicitement comme sa cible. Pour enrichir la diversité d'apprentissage, le système combine motion capture de mains humaines et un moteur de données synthétiques. Les benchmarks annoncés sont décrits comme "state-of-the-art" en simulation et en conditions réelles, affirmation usuelle dans les communiqués de ce secteur, et qu'il faudra vérifier sur des déploiements documentés en production. RLWRLD s'inscrit dans une dynamique coréenne qui cherche à se différencier d'un marché humanoïde dominé à deux extrêmes: les États-Unis sur les modèles d'IA haute performance (Figure, Physical Intelligence avec Pi-0, Boston Dynamics, Tesla avec Optimus Gen 3), la Chine sur la compétitivité hardware. La stratégie coréenne misait sur la manipulation fine et la dextérité des doigts: Robotis développe des mains à entraînement direct (moteur relié directement aux articulations, sans câbles ni engrenages) et aurait reçu des précommandes de Google et Apple; Edin Robotics travaille sur des capteurs reproduisant la sensation tactile du bout des doigts. RLWRLD accélère désormais le déploiement de RLDX-1 sur plusieurs sites réels simultanément, une étape qui distingue un produit en test d'un produit opérationnel. La prochaine question concrète pour les intégrateurs industriels sera de connaître les taux de succès en conditions non contrôlées, les temps de cycle réels, et les coûts de déploiement.

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Les robots humanoïdes Figure AI atteignent un jalon de 24h/7 de travail continu en conditions réelles
81Interesting Engineering 

Les robots humanoïdes Figure AI atteignent un jalon de 24h/7 de travail continu en conditions réelles

Trois robots humanoïdes de Figure AI ont dépassé 24 heures de fonctionnement autonome continu le 14 mai 2026, sur une tâche de tri de colis dans un entrepôt dont la localisation exacte n'a pas été précisée. L'opération, initialement prévue comme un test de 8 heures, a été prolongée sans interruption après une première journée sans incident signalé. Brett Adcock, fondateur et PDG de la startup californienne, a diffusé l'opération en direct sur internet, où les internautes ont surnommé les trois machines "Bob", "Frank" et "Gary". Les robots, pilotés par le système embarqué Helix-02, ont trié plus de 28 000 colis pendant l'opération, à raison d'environ 3 secondes par colis, soit la parité annoncée avec un opérateur humain. La tâche consiste à détecter les codes-barres par caméra, saisir les paquets et les déposer face vers le bas sur des tapis roulants, sans aucune télé-opération. Helix-02 est décrit comme un réseau de neurones unifié intégrant vision, toucher, proprioception et contrôle du corps entier, fonctionnant entièrement en embarqué. Figure AI affirme également que si un robot se retrouve hors de sa distribution d'entraînement, Helix-02 déclenche une réinitialisation autonome, et que les machines peuvent quitter la zone de travail d'elles-mêmes en cas de problème matériel, pendant qu'un congénère prend le relais. Ce résultat constitue une réponse directe au reproche chronique du secteur : le "demo-to-reality gap", l'écart entre démonstrations de quelques minutes en conditions maîtrisées et déploiements industriels réels. Une opération de 24 heures sur une tâche répétitive à cadence humaine dépasse ce que la majorité des concurrents a rendu public à ce jour, et change structurellement l'argumentaire commercial : un intégrateur ou un COO logistique peut commencer à modéliser un ROI sur des shifts complets plutôt que sur des pilotes vitrines. L'architecture à modèle unique de Helix-02, qui fusionne déplacement, manipulation et coordination dans un seul réseau, s'inscrit dans la tendance VLA (Vision-Language-Action) et contraste avec les approches modulaires classiques de la robotique industrielle. Il convient néanmoins de noter que les métriques présentées sont autodéclarées par Figure AI, dans un environnement filmé et contrôlé par l'entreprise ; la diversité réelle des colis, les conditions ambiantes et le taux d'échec détaillé restent insuffisamment documentés pour une validation rigoureuse. Figure AI a été fondée en 2022 à Sunnyvale et avait précédemment testé ses humanoïdes sur les lignes de BMW en Caroline du Sud, une référence industrielle qui lui a apporté visibilité et crédibilité. La startup se positionne sur le même segment que Tesla avec Optimus Gen 3, Agility Robotics (filiale d'Amazon) avec Digit, et Apptronik avec Apollo, tous en lice pour les marchés de la logistique entrepôt et de l'assemblage industriel. L'annonce intervient dans un contexte de course à la preuve opérationnelle, avant les premiers déploiements commerciaux à l'échelle, dont Figure AI n'a pas encore communiqué de dates ni de volumes précis. En Europe, des acteurs comme Enchanted Tools avec Mirokaï ou Wandercraft progressent sur des segments adjacents, mais aucun n'a publié de métriques d'endurance comparables à ce stade.

UELe jalon de 24h de Figure AI fixe un nouveau benchmark opérationnel que les acteurs européens comme Enchanted Tools et Wandercraft n'ont pas encore atteint, renforçant la pression concurrentielle sur l'écosystème humanoïde européen.

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Adoptez une vision systémique pour le déploiement à grande échelle des humanoïdes au Robotics Summit
82Robotics Business Review 

Adoptez une vision systémique pour le déploiement à grande échelle des humanoïdes au Robotics Summit

Le Robotics Summit & Expo se tiendra les 27 et 28 mai 2026 à Boston, et l'un de ses temps forts techniques sera la session intitulée "Humanoids That Scale: A Systems and Semiconductor Perspective", programmée le second jour à 14h30 ET. L'intervenant principal sera Giovanni Campanella, directeur général du segment robotique chez Texas Instruments, ingénieur diplômé de l'Université de Bologne et du Politecnico di Torino. Sa présentation s'appuiera sur des architectures de référence et des cas de conception réels pour adresser quatre verrous techniques centraux dans le développement des humanoïdes : la fusion de capteurs à haute bande passante, le traitement IA embarqué en temps réel, le contrôle moteur de précision, et la fiabilité des communications entre sous-systèmes distribués. L'événement accueillera plus de 70 intervenants confirmés, issus notamment de Tesla, Toyota Research Institute, PickNik Robotics, Robust AI, Harmonic Drive et Fictiv, répartis sur plus de 50 sessions couvrant l'IA, le design, les technologies habilitantes, la santé et la logistique. La valeur de cette session tient à son niveau d'abstraction : alors que la plupart des annonces dans le secteur humanoïde portent sur les modèles de fondation, les VLA (Vision-Language-Action models) ou les benchmarks de locomotion, Campanella aborde la question par le bas de la pile, au niveau des chaînes de signal analogiques, de la gestion de puissance et du traitement embarqué. Pour un intégrateur ou un directeur technique qui doit concevoir un système déployable, c'est précisément là que se jouent les compromis décisifs : latence bout-en-bout, consommation énergétique par cycle de tâche, et fiabilité des communications dans un environnement industriel bruité. Le message implicite de Texas Instruments est que le "scaling" des humanoïdes n'est pas uniquement un problème logiciel, et que les semi-conducteurs restent un goulot d'étranglement sous-estimé dans la course à la commercialisation. Il faut noter que cet article est avant tout un communiqué promotionnel pour le sommet, sans métriques de déploiement ni annonce produit. Sur le fond, le Robotics Summit est produit par The Robot Report et WTWH Media, et constitue l'un des principaux rendez-vous techniques pour les développeurs de robotique commerciale aux États-Unis. Il est colocalisé cette année avec DeviceTalks Boston, dédié aux dispositifs médicaux. Dans le contexte plus large, la session TI s'inscrit dans une phase où les acteurs humanoïdes majeurs (Figure avec son robot 03, Tesla avec Optimus Gen 3, Physical Intelligence avec Pi-0, NVIDIA avec GR00T N2) ont tous publié des démonstrations convaincantes mais où les déploiements industriels à l'échelle restent rares. La question de savoir si l'infrastructure semiconducteur est prête à suivre la cadence des ambitions logicielles sera au coeur des échanges à Boston fin mai.

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TeleGate : téléopération corps entier d'un humanoïde par sélection d'experts avec prior de mouvement
83arXiv cs.RO 

TeleGate : téléopération corps entier d'un humanoïde par sélection d'experts avec prior de mouvement

Des chercheurs ont publié TeleGate (arXiv:2602.09628, preprint non encore revu par les pairs), un cadre de télé-opération corps entier pour robots humanoïdes, déployé sur le Unitree G1. Le système permet le contrôle à distance en temps réel de l'ensemble du corps du robot - membres supérieurs, inférieurs et tronc - sur un spectre de mouvements dynamiques complexes: course, récupération après chute et saut. L'entraînement n'a nécessité que 2,5 heures de données de capture de mouvement (mocap), un volume faible comparé aux approches concurrentes. L'architecture repose sur deux composants: un réseau de sélection (gating network) léger qui active dynamiquement des politiques expertes spécialisées en fonction des états proprioceptifs du robot et des trajectoires de référence, et un module de prior de mouvement basé sur un VAE (variational autoencoder) qui infère l'intention de mouvement future à partir des observations historiques, assurant un contrôle anticipatif pour les gestes nécessitant de la prédiction. L'enjeu que TeleGate cherche à résoudre est central dans la robotique humanoïde actuelle: les approches classiques fusionnent plusieurs politiques expertes en une politique générale par distillation de connaissances, ce qui entraîne une dégradation des performances sur les mouvements très dynamiques. TeleGate contourne ce compromis en préservant les politiques expertes spécialisées intactes, le réseau de sélection se contentant d'arbitrer entre elles en temps réel. Les résultats rapportés, en simulation et sur robot réel, indiquent une précision de suivi et un taux de succès supérieurs aux méthodes de référence, sans que les auteurs ne fournissent de métriques chiffrées détaillées dans l'abstract. Pour les intégrateurs, cela suggère qu'une architecture de sélection d'experts est préférable à la distillation lorsque le portefeuille de comportements est hétérogène et inclut des gestes physiquement contrastés. Unitree Robotics, fabricant chinois dont le G1 est commercialisé aux alentours de 16 000 USD, s'est imposé comme la plateforme de référence des publications académiques en télé-opération humanoïde grâce à son accessibilité tarifaire. TeleGate s'inscrit dans une effervescence de travaux publiés en 2024-2025 autour de ce thème, en parallèle d'approches comme ACT, UMI, ou les systèmes développés par Figure AI et 1X Technologies. La prochaine étape naturelle pour ce type de framework est la collecte de démonstrations de haute qualité pour l'apprentissage par imitation, goulot d'étranglement majeur sur le chemin vers l'autonomie humanoïde.

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Helix-02 assure désormais des quarts de 8 heures en usine sans intervention humaine
84Interesting Engineering 

Helix-02 assure désormais des quarts de 8 heures en usine sans intervention humaine

Figure AI a annoncé le 13 mai 2026 que ses robots humanoïdes sont désormais capables d'assurer des postes de travail complets de huit heures de façon entièrement autonome, grâce à son système d'IA Helix-02. La startup californienne a publié une vidéo sur X montrant une équipe de robots opérant "à des niveaux de performance humaine" sans intervention humaine. Helix-02 est un réseau de neurones unifié qui fusionne la vision (caméras en tête et dans les paumes), le toucher (capteurs tactiles au bout des doigts), la proprioception et le contrôle du corps entier en un seul système d'apprentissage, remplaçant les architectures traditionnelles qui séparent contrôleurs de mouvement et de manipulation. La société a également présenté "System 0", un contrôleur neuronal corporel entraîné sur plus de 1 000 heures de données de mouvement humain, qui remplace plus de 109 000 lignes de code C++ artisanal. Les robots ont démontré des tâches à motricité fine incluant le dévissage de bouchons, l'extraction de médicaments depuis des organiseurs, le dosage précis de seringues et le tri de pièces métalliques dans des bacs encombrés. En mode multi-robots, deux humanoïdes ont réinitialisé une chambre entière en moins de deux minutes, sans contrôleur centralisé. Si les affirmations de continuité opérationnelle se confirment à l'échelle, ce passage de démonstrations de quelques minutes à des postes de huit heures représente un seuil industriel significatif pour les intégrateurs et les décideurs B2B. La fusion vision-toucher-proprioception dans un seul modèle neuronal constitue une architecture distincte des AMR actuels et adresse directement le "sim-to-real gap" que la plupart des VLA peinent encore à combler dans des environnements non contrôlés. La capacité de coordination inter-robots sans orchestrateur central est également notable pour les scénarios d'entrepôt et de montage à forte densité humaine. Il convient toutefois de souligner que les vidéos publiées sont sélectionnées par l'entreprise, et qu'aucune donnée indépendante sur les taux d'erreur, les interruptions non filmées ou la variabilité des tâches n'est disponible à ce stade. Figure AI s'appuie sur un déploiement réel déjà documenté chez BMW Group Plant Spartanburg, en Caroline du Sud, où ses robots Figure 02 (70 kg, 170 cm, charge utile 20 kg) auraient accompli des postes de 10 heures, contribué au déplacement de plus de 90 000 pièces et soutenu la production d'environ 30 000 véhicules. La société se positionne directement face à Tesla (Optimus), Agility Robotics (Digit) et Apptronik (Apollo), tous engagés dans une course à la commercialisation de robots humanoïdes polyvalents pour l'industrie. La prochaine étape pour Figure AI sera d'étendre ces déploiements au-delà du secteur automobile et de fournir des métriques vérifiables par des tiers, condition sine qua non pour convaincre les intégrateurs industriels d'aller au-delà du pilote.

UEImpact indirect : BMW Group (constructeur européen) est déjà partenaire de déploiement aux États-Unis, mais une extension aux usines européennes de BMW (Leipzig, Regensburg) constituerait le prochain seuil à surveiller pour les intégrateurs industriels FR/UE.

HumanoïdesOpinion
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Comment les humanoïdes apprennent à interpréter leur environnement
85Robotics Business Review 

Comment les humanoïdes apprennent à interpréter leur environnement

Intégrer un robot humanoïde dans un environnement partagé avec des humains exige une capacité perceptive quasi-instantanée sur plusieurs canaux simultanés. Analog Devices Inc. (ADI) détaille dans une publication récente les contraintes techniques concrètes de cette perception multi-sensorielle, à travers le regard de Geir Ostrem, Fellow ADI au sein de la division Automotive. La vision constitue le premier pilier : des capteurs RGB associés à des modules de profondeur (temps de vol, lumière structurée ou stéréovision) permettent à un humanoïde de cartographier son environnement en continu. Le défi n'est pas tant la capture d'image que le transport et le traitement de ces données en temps réel. Les capteurs étant éloignés du processeur central, le câblage représente une contrainte mécanique non négligeable. ADI y répond avec sa technologie GMSL (Gigabit Multimedia Serial Link), empruntée à l'automobile, capable de transporter plusieurs gigabits par seconde sur un flux unique, tout en permettant un traitement local embarqué plutôt qu'un envoi vers le cloud. L'audio constitue le deuxième pilier : microphones MEMS, beamforming et détection d'événements acoustiques permettent à un robot d'identifier une chute d'objet derrière lui ou d'engager une conversation en langage naturel, réduisant la friction opérationnelle avec les équipes humaines. Ce que cet article met en évidence, c'est que le vrai goulot d'étranglement dans le déploiement d'humanoïdes en milieu industriel n'est pas le mouvement ni la force, mais la latence perceptive et la confiance. Un robot qui réagit avec 200 ms de retard à un opérateur qui traverse son couloir reste dangereux, quelle que soit la sophistication de son bras. La répartition du traitement entre un processeur central et des unités dédiées proches des actionneurs, pattern déjà éprouvé en automotive et en robotique AMR, devient donc une question d'architecture système autant que de composants. Pour les intégrateurs industriels et les décideurs B2B, cela signifie que l'évaluation d'un humanoïde ne peut plus se limiter au payload ou aux degrés de liberté : il faut auditer la chaîne complète vision-audio-force et ses latences bout-en-bout. ADI occupe une position historiquement forte sur les capteurs inertiels (famille ADIS d'IMU), les convertisseurs analogique-numérique haute précision et, plus récemment, sur la transmission vidéo embarquée via GMSL, technologie aujourd'hui omniprésente dans les ADAS automobiles. La transposition de cette stack vers la robotique humanoïde s'inscrit dans une tendance plus large où les fournisseurs de composants automotive cherchent de nouveaux marchés à mesure que le design automobile se stabilise. Il convient de noter que cet article est une publication de contenu éditorial produit par ADI, non une analyse indépendante, ce qui colore naturellement le positionnement technologique présenté. Les concurrents directs sur ces briques (Texas Instruments sur les ToF et GMSL-équivalents, Sony sur les capteurs CMOS, Bosch et STMicroelectronics sur les MEMS audio et inertiels) ne sont pas mentionnés. Les prochaines étapes annoncées restent floues : aucun déploiement client nommé, aucune timeline précise, ce qui positionne ce contenu davantage comme une feuille de route technologique que comme l'annonce d'un produit shipé.

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Japon : premier laboratoire pharmaceutique au monde entièrement automatisé avec humanoïdes, sans humains
86Interesting Engineering 

Japon : premier laboratoire pharmaceutique au monde entièrement automatisé avec humanoïdes, sans humains

L'Institute of Science Tokyo a inauguré sur son campus de Yushima le Robotics Innovation Center, un laboratoire de recherche médicale entièrement automatisé où aucun chercheur humain n'est présent en permanence. La structure mobilise actuellement dix robots, dont le Maholo LabDroid, un robot humanoïde à deux bras capable d'exécuter des opérations de précision telles que le transfert de réactifs en volumes contrôlés, la manipulation d'équipements à température régulée et la conduite autonome de protocoles de culture cellulaire. Le système réduit ainsi l'intervention manuelle dans les tâches expérimentales répétitives. Maholo est d'ores et déjà opérationnel dans un hôpital ophtalmologique de Kobe, où il soutient des travaux en cellules souches pluripotentes induites (iPSC). L'objectif annoncé est d'atteindre environ 2 000 robots sur le site à l'horizon 2040, avec une ambition explicite d'automatiser l'intégralité du cycle de recherche, de la génération d'hypothèses à la vérification expérimentale. L'université de Hokkaido a par ailleurs publié ce mois-ci FLUID, un robot open-source imprimé en 3D destiné à la synthèse de matériaux en laboratoire. Ce déploiement illustre un tournant structurel dans la recherche biomédicale : l'automatisation cesse d'être un outil d'appoint pour devenir l'ossature du laboratoire. Le levier principal n'est pas la performance brute du robot pris isolément, mais la capacité à substituer un flux continu de travail qualifié face à des pénuries de main-d'oeuvre croissantes dans les instituts de recherche. Pour les intégrateurs et les décideurs B2B, le cas Kobe-iPSC est instructif : il démontre qu'un humanoïde de laboratoire peut être déployé dans un environnement clinique réel, pas seulement en conditions contrôlées. En revanche, les projections à 2 000 robots d'ici 2040 méritent d'être lues avec prudence : elles correspondent davantage à une feuille de route institutionnelle qu'à un plan industriel chiffré avec jalons intermédiaires vérifiables. La dynamique est internationale. Aux Etats-Unis, la biotech Insilico Medicine a introduit en 2025 un robot humanoïde bipède baptisé Supervisor dans son laboratoire de découverte de médicaments assistée par IA, avec un rôle initial de supervision, télé-présence et assistance opératoire, prélude à des tâches plus complexes comme le pipetage et la gestion de réactifs. Le point de friction commun à ces deux initiatives reste le même : l'essentiel du parc d'équipements de laboratoire existant est conçu pour des mains humaines. Les robots humanoïdes sont précisément positionnés pour absorber cette contrainte sans imposer une refonte complète de l'infrastructure, là où les AMR (véhicules autonomes guidés) conventionnels ne peuvent intervenir. La convergence entre IA agentique et bras manipulateurs polyvalents dessine un nouveau périmètre de compétition, encore largement ouvert pour les acteurs européens du secteur.

UEAucune entreprise européenne n'est directement impliquée, mais la convergence IA agentique / manipulateurs humanoïdes ouvre une fenêtre de compétition encore largement disponible pour les intégrateurs et fabricants européens de robots de laboratoire.

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Vidéo : les robots humanoïdes de Figure rangent une pièce, accrochent des vêtements et font le lit seuls
87Interesting Engineering 

Vidéo : les robots humanoïdes de Figure rangent une pièce, accrochent des vêtements et font le lit seuls

Figure AI a publié en mai 2026 une vidéo montrant deux robots humanoïdes Helix-02 réinitialiser une chambre à coucher de façon autonome en moins de deux minutes. Les robots ouvrent une porte, accrochent un manteau, ferment un ordinateur portable, rangent un casque, repositionnent des meubles, gèrent une poubelle, et confectionnent ensemble le lit en lissant la couette. L'ensemble de la séquence repose sur un unique modèle Vision-Language-Action (VLA) partagé, le système Helix développé en interne. Aucun planificateur central, aucun contrôleur partagé, aucune communication directe entre les deux unités : chaque robot n'utilise que ses caméras embarquées et sa politique apprise pour inférer les intentions de son partenaire via le mouvement observé. En parallèle, Figure a annoncé que son usine BotQ en Californie produit désormais un robot Figure 03 par heure, contre un par jour quatre mois plus tôt, une cadence de production qui change la discussion sur la scalabilité industrielle des humanoïdes. Ce que cette démonstration prouve, avec les réserves habituelles sur les vidéos sélectionnées, c'est que la coordination multi-robot sans communication explicite devient opérationnelle dans des environnements non structurés. Le défi de la couette est illustratif : un objet déformable sans géométrie stable ni point de préhension prédéfini, tenu simultanément par deux agents qui doivent anticiper les mouvements l'un de l'autre en temps réel. C'est précisément le type de tâche que les approches par script ou par planification centralisée échouent à généraliser. L'intégration du whole-body control, locomotion dynamique sur un seul appui, utilisation de pédales, manipulation d'objets articulés, dans le même modèle VLA suggère que le gap sim-to-real se réduit concrètement : Figure affirme que les comportements entraînés en simulation par reinforcement learning se transfèrent sans calibration supplémentaire sur le robot physique, une affirmation qui mérite confirmation sur des volumes de déploiement plus larges. Figure AI, fondée en 2022 et ayant levé plus d'un milliard de dollars auprès d'investisseurs dont OpenAI, Microsoft et NVIDIA, positionne Helix comme une alternative aux approches modulaires de Boston Dynamics (Atlas), Tesla (Optimus Gen 3) et Physical Intelligence (Pi-0). Agility Robotics (Digit) et Apptronik (Apollo) ciblent davantage la logistique en entrepôt, tandis que Figure et 1X Technologies visent explicitement le domicile et les environnements non structurés. La mise à jour récente de Helix ajoute des caméras stéréo RGB pour une compréhension 3D temps réel via le modèle S0, combinant perception visuelle et proprioception là où les versions précédentes ne s'appuyaient que sur cette dernière. Aucun déploiement commercial en milieu résidentiel n'a encore été annoncé, mais le rythme de production de BotQ et les jalons techniques publiés positionnent un pilote industriel en environnement semi-contrôlé comme horizon réaliste à 12-18 mois.

UELa montée en cadence industrielle de Figure AI (1 robot/heure chez BotQ) et la coordination multi-robot sans communication explicite fixent un étalon technique que les acteurs européens de l'humanoïde comme Enchanted Tools devront intégrer dans leurs feuilles de route concurrentielles.

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Parkour humanoïde perceptif : enchaînement de compétences dynamiques par correspondance de mouvement
88arXiv cs.RO 

Parkour humanoïde perceptif : enchaînement de compétences dynamiques par correspondance de mouvement

Des chercheurs ont publié sur arXiv (arxiv:2502.15827, version révisée en mai 2026) une architecture modulaire baptisée Perceptive Humanoid Parkour (PHP), qui permet à un robot humanoïde d'enchaîner des séquences de parkour autonomes sur des parcours d'obstacles variés. Le système a été validé sur un robot Unitree G1 en conditions réelles : il peut franchir des obstacles atteignant 1,25 mètre de hauteur, soit 96 % de la taille du robot, et choisit dynamiquement entre quatre primitives de mouvement (enjamber, grimper, sauter par-dessus, rouler en descente) selon la géométrie détectée. La seule entrée sensorielle utilisée est une caméra de profondeur embarquée couplée à une commande de vitesse discrète en 2D, sans GPS ni cartographie externe. Ce qui distingue PHP des approches précédentes est la combinaison de deux techniques jusqu'ici rarement couplées à cette échelle : le motion matching, qui assemble des primitives gestuelles humaines retargetées via une recherche par plus proche voisin dans un espace de features, et la distillation de politiques RL multi-compétences via DAgger. Le résultat concret est un robot capable de décision contextuelle en boucle fermée sur des obstacles dont la position change en temps réel, sans recalcul de trajectoire globale. Pour les intégrateurs industriels et les décideurs robotique, cela valide empiriquement que la composition de skills à horizon long dans un environnement non contrôlé n'est plus seulement une démonstration en laboratoire, mais un comportement reproductible sur matériel standard. Le Unitree G1 est un humanoïde de série à environ 16 000 dollars, ce qui donne à ces résultats une portée plus large que des travaux réalisés sur des plateformes propriétaires. La recherche sur la locomotion humanoïde agile s'est intensifiée depuis les travaux pionniers de Boston Dynamics sur Atlas et les démonstrations de parkour d'Agility Robotics ; côté apprentissage automatique, des équipes comme Physical Intelligence (Pi-0) ou NVIDIA (GR00T N2) travaillent sur des politiques généralisées, mais avec un focus manipulation plus que locomotion acrobatique. PHP s'inscrit dans une tendance académique distincte, orientée expressivité du mouvement humain plutôt que productivité industrielle. La prochaine étape naturelle sera de tester la robustesse sur des obstacles non vus à l'entraînement et de mesurer les taux d'échec sur des runs prolongés, deux métriques absentes du papier actuel.

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Le robot humanoïde reçoit une tête avec écran OLED incurvé pour améliorer son efficacité
89Interesting Engineering 

Le robot humanoïde reçoit une tête avec écran OLED incurvé pour améliorer son efficacité

LG Display a présenté au SID Display Week 2026 de Los Angeles un écran P-OLED de 7,2 pouces conçu spécifiquement pour les robots humanoïdes, marquant la première démonstration publique d'un tel composant par l'entreprise coréenne. Le panneau repose sur la troisième génération de la plateforme Tandem OLED de LG, rebaptisée "Tandem OLED" pour les usages robotiques, et utilise un substrat plastique en polyimide plutôt que du verre, ce qui lui confère une flexibilité suffisante pour épouser les surfaces courbes d'un visage mécanique. L'interface affiche des informations fonctionnelles, niveau de batterie, météo, mode veille, calendrier, salutations, tandis que la majorité de l'écran reste éteinte lors des démonstrations, exploitant le principe OLED où chaque pixel s'éteint indépendamment. Résultat : la troisième génération Tandem réduit la consommation énergétique de 18 % par rapport à la génération précédente, limitant la dissipation thermique dans un châssis où les composants électroniques sont sensibles à la chaleur. Le panneau atteint 1 000 nits de luminosité, opère entre -30 °C et 85 °C, et est qualifié pour plus de 15 000 heures de fonctionnement, des spécifications empruntées à la filière OLED automobile du groupe. L'enjeu industriel de cette annonce va au-delà de l'esthétique : un écran facial n'est pas qu'un gadget de communication HRI (human-robot interaction), c'est un composant thermique, énergétique et mécanique à part entière. Pour les intégrateurs de robots de service, la capacité à afficher un statut opérationnel sans drain notable sur la batterie, tout en résistant aux contraintes thermiques d'un environnement industriel ou domestique, représente un critère de sélection concret. La flexibilité du substrat ouvre par ailleurs la voie à des designs de carrosserie moins contraints par la géométrie plane des dalles rigides. Il est toutefois utile de noter que LG Display parle pour l'instant d'un prototype présenté en salon : aucun engagement de production en série ni de fenêtre de disponibilité commerciale n'a été communiqué. Ce dévoilement s'inscrit dans la stratégie plus large de LG Electronics, qui a lancé le robot humanoïde LG CLOiD en janvier 2026 au CES de Las Vegas. CLOiD embarque deux bras articulés à 7 degrés de liberté chacun, cinq doigts à actionnement indépendant, une base mobile autonome et une tête-hub équipée de caméras, capteurs et d'une interface IA reposant sur des modèles VLM (Vision Language Model) et VLA (Vision Language Action), entraînés sur plusieurs dizaines de milliers d'heures de données de tâches domestiques. LG a également annoncé LG Actuator AXIUM, une plateforme d'actionneurs modulaires destinée aux robots de service et aux appareils électroménagers intelligents. Sur ce segment, LG se positionne en concurrent direct de Samsung Robotics, Boston Dynamics (Spot/Atlas chez Hyundai) et des acteurs spécialisés comme Enchanted Tools en France, qui développe Miroki pour des usages hospitaliers et de services.

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CANIKMAN : le premier robot humanoïde de Turquie assiste à une réunion du gouvernement local
90Interesting Engineering 

CANIKMAN : le premier robot humanoïde de Turquie assiste à une réunion du gouvernement local

Le 5 mai 2026, CANIKMAN, présenté comme le premier robot humanoïde officiellement enregistré dans les registres de population turcs, a participé à la séance d'ouverture de mai du conseil municipal de Canik, dans la ville de Samsun. Selon le maire İbrahim Sandıkçı, l'humanoïde a suivi les débats, interagi avec les élus et répondu à leurs questions durant la séance, consacrée aux investissements du district, aux projets d'infrastructure et aux initiatives éducatives. Des images diffusées sur le compte X du maire montrent le robot debout face aux conseillers, traversant la salle du conseil et assis aux côtés d'élus lors des votes. Parallèlement à cette apparition institutionnelle, la municipalité a annoncé un accord pour étendre l'accès à la fibre optique à environ 20 000 foyers du district. CANIKMAN est par ailleurs déployé dans des ateliers science et technologie à destination des scolaires, notamment au campus Canik Ozdemir Bayraktar, où des formations STEM gratuites sont proposées aux enfants et jeunes adultes. Il convient de replacer cet événement dans sa juste mesure: la participation de CANIKMAN au conseil relève davantage de la démonstration symbolique que d'une intégration fonctionnelle dans un processus décisionnel. L'article source ne précise ni les spécifications techniques du robot (degrés de liberté, payload, vitesse de déplacement), ni le niveau réel d'autonomie de ses réponses, ni si celles-ci reposaient sur un contrôle téléopéré ou un système d'IA embarqué. Sur le plan de l'impact sectoriel, l'usage principal revendiqué reste l'éducation STEM, un cas d'usage bien établi pour les humanoïdes d'entrée de gamme. La valeur médiatique de l'événement -- un robot siégeant dans une instance publique élue -- est réelle pour la visibilité de la filière robotique turque, mais ne constitue pas en soi un saut technologique documenté. La Turquie investit depuis plusieurs années dans une filière robotique et défense nationale. La société AKINROBOTICS, basée à Konya, a ouvert en 2017 ce qui était alors présenté comme la première usine mondiale dédiée à la production de robots humanoïdes, destinés aux secteurs de la santé, de l'hôtellerie et de l'éducation. Dans un contexte plus large, Haluk Görgün, secrétaire de la présidence turque des industries de défense, a récemment annoncé que les exportations turques dans la défense et l'aérospatial ont atteint 10,5 milliards de dollars vers 185 pays, avec un objectif déclaré de dépasser les 11 milliards et d'intégrer le top 10 mondial. CANIKMAN s'inscrit donc dans une stratégie de communication nationale autour de la souveraineté technologique, au même titre que les drones Bayraktar. Aucun déploiement industriel ou commercial à grande échelle n'est annoncé pour cet humanoïde; les prochaines étapes semblent se concentrer sur l'élargissement des programmes STEM dans les établissements du district de Canik.

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1X lance la production de ses humanoïdes NEO dans son usine californienne
91Robotics Business Review 

1X lance la production de ses humanoïdes NEO dans son usine californienne

1X Technologies AS a lancé cette semaine la production en série de son robot humanoïde NEO dans une nouvelle usine de 5 388 m² (58 000 pieds carrés) à Hayward, en Californie. Conçu pour évoluer dans des espaces domestiques à un niveau sonore inférieur à celui d'un réfrigérateur moderne, NEO est animé par le processeur NVIDIA Jetson Thor via une architecture baptisée NEO Cortex. La chaîne de production s'articule autour de plusieurs zones spécialisées : enroulement automatisé de bobines de cuivre pour les moteurs personnalisés, assemblage des actionneurs à tendons et des membres amortis par une structure en treillis 3D, et un laboratoire de fiabilité chargé de faire passer chaque composant sous plus de 20 millions de cycles de contrainte avant expédition. Les robots sont livrés en combinaison en nylon lavable en machine, disponible en trois coloris. Les premières unités NEO sont déjà déployées sur le plancher de l'usine elle-même, assurant la logistique interne et la gestion des pièces, tout en collectant des données réelles pour affiner les modèles d'inférence embarqués. Les livraisons grand public sont annoncées pour 2026, après que le quota de production de la première année a été vendu en cinq jours lors du lancement commercial d'octobre 2025. Ce démarrage de production constitue un signal concret dans un secteur encore dominé par les démonstrations contrôlées : 1X passe du prototype au flux industriel, avec une intégration verticale complète gérée par un système propriétaire baptisé "factory OS". Cette approche, fabrication des moteurs, assemblage mécanique et tests de fiabilité sous un même toit, tranche avec le modèle standard qui sous-traite les composants à des fournisseurs internationaux. Pour les décideurs B2B et les intégrateurs, l'enjeu n'est pas seulement technique : c'est la démonstration qu'un acteur non-asiatique peut atteindre un volume de production crédible sur un humanoïde à vocation résidentielle. Le partenariat avec NVIDIA, via la plateforme Isaac pour l'entraînement en simulation et Jetson Thor pour l'inférence embarquée, suggère une architecture sim-to-real dont la robustesse sera éprouvée par les données terrain collectées par les unités en service interne. 1X Technologies, fondée par Bernt Børnich et dont le siège est à Palo Alto, a levé des fonds significatifs ces dernières années avec un positionnement orienté vers le marché résidentiel, là où la plupart des concurrents ciblent l'industrie lourde. Face à Figure AI et son robot 02 déployé chez BMW, à Tesla Optimus Gen 3 encore en phase de test interne, et à Boston Dynamics qui consolide son Atlas sur des applications industrielles, 1X occupe une niche distincte : l'assistance à domicile. L'usine de Hayward sert pour l'instant principalement aux programmes de R&D et de test en conditions réelles, et les chiffres de production effective restent non communiqués. La prochaine étape sera de valider si le comportement en environnement domestique non contrôlé tient les promesses affichées lors des démonstrations en laboratoire.

UE1X Technologies AS est une entreprise norvégienne (EEE) qui entre en production série avec NEO, confirmant qu'un acteur de l'écosystème européen peut atteindre un volume industriel crédible face aux concurrents américains et asiatiques dans la course aux humanoïdes résidentiels.

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Atlas de Boston Dynamics épate avec un appui tendu renversé parfait
92Interesting Engineering 

Atlas de Boston Dynamics épate avec un appui tendu renversé parfait

Boston Dynamics a publié de nouvelles séquences de test montrant son robot humanoïde Atlas enchaîner une série de figures acrobatiques avancées : passage d'une posture debout vers un équilibre sur une jambe, descente des mains au sol, puis montée en poirier complet avec rotation des jambes à 180 degrés grâce à des épaules à mobilité étendue, maintien en L-sit pendant plusieurs secondes, et retour fluide en position verticale. Ces capacités reposent sur un système de contrôle corps entier entraîné par apprentissage par renforcement en simulation, conçu pour un transfert dit "zero-shot" : les politiques apprises en simulation sont déployées directement sur le matériel sans recalibration spécifique à la tâche. La version de production de l'Atlas dispose de 56 degrés de liberté et d'un préhenseur à quatre doigts avec retour haptique. Hyundai Motor Group, maison-mère de Boston Dynamics, a confirmé un déploiement sur le site Hyundai Motor Group Metaplant America d'ici 2028, d'abord pour le séquençage de pièces, puis pour l'assemblage complet de composants à l'horizon 2030. Ce que ces démonstrations valident avant tout, c'est la robustesse du sim-to-real sur des comportements hautement dynamiques : le fait qu'une politique unique gouverne à la fois la locomotion, la manipulation et la récupération après instabilité contredit les architectures traditionnelles en pipeline séparé. Pour les intégrateurs industriels et les décideurs B2B, le signal important n'est pas le poirier en lui-même, mais ce qu'il teste : la capacité du stack logiciel à gérer des forces de contact imprévisibles, des transitions posturales rapides et des corrections de couple articulaire en temps réel. C'est exactement ce que requièrent les environnements d'assemblage contraints, où un robot doit adapter sa posture à des espaces réduits et manipuler des pièces à géométrie variable. Cela dit, la prudence s'impose : les vidéos publiées sont sélectionnées et ne renseignent pas sur les taux d'échec, le temps de cycle moyen, ni les conditions environnementales réelles. Boston Dynamics développe Atlas depuis plus d'une décennie, le robot ayant progressivement évolué d'une plateforme hydraulique à un système entièrement électrique présenté en 2024. Cette phase de validation acrobatique, menée en collaboration avec le Robotics & AI Institute, s'inscrit dans la transition explicite de la recherche vers la production industrielle. Sur le marché humanoïde, l'entreprise se positionne face à Figure (Figure 03), Tesla (Optimus Gen 3), Physical Intelligence (pi0), et NVIDIA/GR00T N2 comme backbone de contrôle, ainsi que 1X, Agility Robotics ou Apptronik pour les applications logistiques. L'ancrage dans l'écosystème Hyundai lui confère un débouché industriel direct que peu de concurrents peuvent revendiquer aujourd'hui. Les prochaines étapes annoncées pointent vers des pilotes terrain chez Hyundai en 2026-2027 avant le déploiement confirmé à grande échelle en 2028.

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À Silicon Valley, des entreprises d'IA incarnée chinoises et américaines échangent sur 4 problèmes clés
9336Kr 

À Silicon Valley, des entreprises d'IA incarnée chinoises et américaines échangent sur 4 problèmes clés

Le 28 avril 2026, MagicLab a tenu à San José sa Global Embodied Intelligence Summit (GEIS), en présence de représentants d'Adobe, TikTok et IBM. La société a présenté trois nouveaux produits : le modèle-monde Magic-Mix, construit sur deux moteurs, Magic-WAM pour la compréhension du monde réel et Magic-Creator pour la génération de données synthétiques en boucle fermée ; la main dextre MagicHand H01, 20 DOF et 44 capteurs tactiles 3D haute résolution ; le robot humanoïde MagicBot X1, 180 cm, 70 kg, 31 DOF actifs, couple articulaire maximal de 450 N·m, fonctionnement continu 24h/7j via double batterie. Ces annonces s'accompagnent d'un objectif commercial de 14 milliards de dollars de revenus d'ici 2036, un chiffre que la société ne détaille pas. La conférence s'inscrit dans une accélération visible du secteur : Zhiyuan Robotics a annoncé sa 10 000e unité en à peine trois mois (de 5 000 à 10 000 robots) ; Unitree affiche dans son prospectus d'IPO 1,707 milliard de RMB de chiffre d'affaires 2025, plus de 5 500 unités expédiées, et plus de 50 % du revenu réalisé à l'international. La GEIS a structuré quatre débats techniques majeurs pour le secteur. Sur la donnée d'entraînement, la stratégie dominante est le mix : MagicLab collecte environ 16 000 trajectoires réelles par jour et les amplifie d'un facteur 10 000 par synthèse, ciblant l'assemblage automobile électrique comme gisement prioritaire (60 à 70 % de processus encore manuels). Zhengyi Luo du NVIDIA GEAR Lab détaille la répartition de son équipe : 50 % données simulées, 15 % motion capture, 25 % vidéos internet, 10 % données réelles haute qualité. Haozhi Qi, chercheur à l'Amazon Frontier AI and Robotics, pose la limite de la synthèse : elle fonctionne pour les compétences élémentaires, pas pour les tâches à horizon long comme préparer un repas. Sur les architectures VLA (vision-langage-action), Qi explique leur dominance actuelle par la maturité des capteurs visuels face aux capteurs tactiles encore embryonnaires, VLA compensant ainsi le déficit sensoriel par la modalité visuelle. Sur les mains dextres, Evan Tao de Chestnut Robotics, ancien membre clé de l'équipe Tesla Optimus, défend une architecture hybride tendons plus IA, recherchant l'équilibre entre manipulation fine et robustesse industrielle. Sur la mise à l'échelle, Jan Liphardt, cofondateur d'OpenMind et professeur associé à Stanford en bioingénierie, recommande un déploiement terrain le plus précoce possible : laboratoires et simulations ne reproduisent pas lumière intense, sols humides ou charnières oxydées, conditions qui révèlent les défaillances systémiques des robots. La tenue de la GEIS en Californie traduit un repositionnement stratégique des acteurs robotiques chinois vers les marchés industriels occidentaux. MagicLab affronte Figure AI, Agility Robotics et Boston Dynamics sur le segment humanoïde industriel, tout en concurrençant Unitree et Zhiyuan sur son marché domestique. La présence de PrismaX, OpenMind et XGSynBot confirme que la commercialisation de la robotique humanoïde est désormais transatlantique. Les déploiements pilotes annoncés visent des usines d'assemblage et des environnements publics, aéroports, écoles, lieux de soins, avec pour objectif explicite d'accumuler des données d'interaction que les simulations les plus sophistiquées ne peuvent pas générer.

UEL'expansion transatlantique des constructeurs chinois (MagicLab, Unitree, Zhiyuan) vers les marchés industriels occidentaux intensifie la pression concurrentielle sur les intégrateurs et fabricants robotiques européens, sans déploiement explicite en Europe annoncé à ce stade.

💬 Zhiyuan passe de 5 000 à 10 000 robots en trois mois, Unitree fait déjà plus de la moitié de son CA à l'export. C'est ça la vraie info, pas les 14 milliards de revenus d'ici 2036 (ça, ça sent la slide investisseur non étayée). Le truc que je retiens de Liphardt : ni labo ni simulation ne reproduisent une charnière oxydée, donc déploie en usine le plus tôt possible.

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L'art de traverser le gouffre : quand une startup est-elle prête pour l'adoption par les entreprises ?
94Robotics Business Review 

L'art de traverser le gouffre : quand une startup est-elle prête pour l'adoption par les entreprises ?

Figure AI a annoncé avoir atteint un rythme de production d'un robot humanoïde par heure dans son usine BotQ, située dans la baie de San Francisco, soit une multiplication par 24 du débit en moins de 120 jours. La société revendique la livraison de plus de 350 unités de troisième génération (Figure 03), la fabrication de plus de 9 000 actionneurs et 500 packs batterie, avec 150 postes de travail en réseau et plus de 50 stations de contrôle qualité en ligne de production. En parallèle, Flex -- fabricant texan de composants électroniques -- a annoncé le déploiement de robots de Teradyne Robotics dans l'ensemble de ses sites de production mondiaux, en combinant les cobots Universal Robots (UR) et les AMR (robots mobiles autonomes) de Mobile Industrial Robot (MiR), deux filiales de Teradyne. Celle-ci a par ailleurs publié ses résultats du premier trimestre 2026 : 91 millions de dollars de chiffre d'affaires, quatrième trimestre consécutif de croissance après deux vagues de licenciements liées à des baisses de revenus en 2023 et 2024. Du côté des distinctions, l'association A3 a remis les prix Engelberger 2026 à Hiroshi Fujiwara, directeur exécutif de la Japan Robot Association (JARA) depuis 2009, et à Robert Little, cofondateur d'ATI Industrial Automation en 1989, qui a fait passer la société de 1 million à plus de 100 millions de dollars de revenus en devenant un acteur mondial des changeurs d'outils robotiques et des capteurs force/couple. Le chiffre de 24x de gain de débit chez Figure AI est spectaculaire, mais il convient de le lire avec précaution : la société communique sur des volumes de production, non sur des déploiements clients ou des contrats signés -- la distinction entre "fabriqué" et "opérationnel chez un client" reste floue dans ce communiqué. Cela dit, atteindre un robot par heure constitue un vrai seuil industriel si les données sont vérifiées, car la plupart des concurrents humanoïdes fonctionnent encore à l'échelle des dizaines d'unités annuelles. Le partenariat Flex/Teradyne est lui plus concret : Flex étant déjà fournisseur de composants pour UR, ce déploiement interne représente un signal fort de maturité opérationnelle des cobots et AMR dans des environnements de production à haute variabilité. C'est précisément la question que pose Neal Hansch, managing partner de Silicon Foundry et invité de l'épisode 242 du Robot Report Podcast : à quel moment un startup robotique est-il réellement prêt pour l'adoption entreprise, au-delà des démonstrations ? Figure AI a lancé ses premiers prototypes publics en 2023 et son Figure 02 en 2024, avec un financement total dépassant le milliard de dollars. Ses principaux concurrents sur le segment humanoïde incluent Tesla (Optimus Gen 3), Agility Robotics déployé chez Amazon, 1X Technologies, Apptronik, et Physical Intelligence (Pi-0, axé VLA), sans oublier Unitree et Fourier Intelligence côté asiatique. Teradyne, de son côté, cherche à repositionner UR et MiR comme infrastructure de "physical AI" face à la montée des solutions intégrées proposées par des acteurs comme Boston Dynamics (désormais sous Hyundai). La trajectoire de Robert Little chez ATI -- 40 ans d'expérience, croissance organique de 100x sur les end-effectors -- rappelle que les composants critiques de la chaîne robotique peuvent générer une valeur durable bien au-delà des intégrateurs systèmes.

UELe déploiement global de Universal Robots (UR) et MiR par Flex valide la maturité opérationnelle de ces deux marques danoises (filiales Teradyne) dans des environnements industriels à haute variabilité, renforçant leur position concurrentielle sur le marché européen des cobots et AMR face aux solutions intégrées émergentes.

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Figure et 1X accélèrent la production de robots humanoïdes
95IEEE Spectrum Robotics 

Figure et 1X accélèrent la production de robots humanoïdes

Figure atteint désormais une cadence de production de 55 robots humanoïdes par semaine, selon une annonce publiée fin avril 2026. Ces unités sont, selon la startup américaine, destinées aux équipes internes de R&D, à la collecte de données, au développement de tâches domestiques de bout en bout et à des "cas d'usage commerciaux en développement", une formulation qui interroge sur la destination réelle de cette production alors que les déploiements commerciaux restent à maturité. En parallèle, 1X Technologies a officiellement ouvert la NEO Factory à Hayward, en Californie : une usine de 58 000 pieds carrés (environ 5 400 m²) employant plus de 200 personnes, avec une chaîne entièrement intégrée couvrant moteurs, batteries, transmissions, capteurs, structures et assemblage final. Les premières unités NEO sortent déjà des lignes de production, avec des livraisons grand public annoncées pour 2026. Sur le plan technique, Agility Robotics a publié des tests d'équilibre dynamique sur une seule jambe pour son robot Digit, et une équipe de recherche a présenté HTD (Humanoid Transformer with Touch Dreaming), un système de manipulation humanoïde combinant téleopération VR, apprentissage par renforcement pour le bas du corps et capteurs tactiles distribués. La montée en cadence simultanée de Figure et 1X marque un glissement du secteur humanoïde vers la production industrielle, mais chaque annonce appelle une lecture critique. Produire 55 unités par semaine sans contrats commerciaux confirmés suggère soit une stratégie de collecte de données à grande échelle, ressource clé pour l'entraînement des politiques VLA (Vision-Language-Action), soit une anticipation agressive de la demande avant une prochaine levée de fonds. L'intégration verticale revendiquée par 1X, inspirée du modèle Tesla, offre une flexibilité d'itération et réduit la dépendance aux fournisseurs, mais mobilise des capitaux considérables. Les travaux d'Agility sur l'équilibre dynamique illustrent par ailleurs que le gap sim-to-real reste un verrou technique central : la moindre divergence entre modèle simulé et robot réel peut provoquer une instabilité en conditions réelles, limitant directement la fiabilité en milieu industriel. Figure, fondée en 2022 par Brett Adcock, a levé plus de 750 millions de dollars avec BMW, Microsoft et Amazon comme partenaires, et opère un pilote chez BMW Manufacturing en Caroline du Sud depuis 2024, bien que les vidéos publiées restent en conditions contrôlées. 1X, société norvégienne soutenue par OpenAI et Tiger Global, se positionne sur le marché résidentiel face à Tesla Optimus (déployé progressivement dans les usines Tesla), aux robots Agility Digit (opérés chez Amazon) et aux fabricants chinois comme Unitree (G1, H1) qui exercent une pression tarifaire croissante. Aucun acteur européen, ni Wandercraft, ni Enchanted Tools, ni Pollen Robotics, n'annonce de production à ce volume pour l'instant. Les prochains trimestres détermineront si ces cadences correspondent à des commandes fermes ou à une stratégie de positionnement avant financement.

UELa montée en cadence de Figure et 1X exerce une pression concurrentielle sur les acteurs européens (Wandercraft, Enchanted Tools, Pollen Robotics), qui n'annoncent pas de volumes de production comparables à ce stade.

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La première usine intégrée de robots humanoïdes aux États-Unis vise 100 000 NEO d'ici 2027
96Interesting Engineering 

La première usine intégrée de robots humanoïdes aux États-Unis vise 100 000 NEO d'ici 2027

1X, entreprise de robotique dont le siège est à Hayward en Californie, a lancé la production en série de son robot humanoïde NEO dans une usine de 5 400 m² ouverte dans la même ville. La structure emploie actuellement plus de 200 personnes et affiche une capacité de production de 10 000 unités par an, avec l'ambition de dépasser 100 000 robots annuels d'ici 2027. Conçu pour un usage résidentiel (assistance à la mobilité, tâches ménagères légères, interaction quotidienne), le NEO sera proposé à 20 000 dollars à l'achat ou 499 dollars par mois en abonnement. Les premières livraisons aux clients sont prévues pour 2026, via un programme d'accès anticipé. Selon l'entreprise, la totalité de la première année de production, soit plus de 10 000 unités, aurait été réservée en cinq jours lors de l'ouverture des commandes en octobre dernier, un chiffre non corroboré par une source tierce. La démarche de 1X se distingue par une intégration verticale quasi complète : moteurs, batteries, capteurs, structures mécaniques et systèmes de transmission sont conçus et fabriqués en interne, y compris des lignes automatisées de bobinage de cuivre pour les actionneurs. Cette stratégie vise à réduire la dépendance aux fournisseurs externes, accélérer les cycles d'itération matérielle et améliorer la fiabilité, un enjeu critique pour des robots destinés à évoluer dans des environnements domestiques imprévisibles. Chaque NEO embarque la plateforme de calcul NVIDIA Jetson Thor, qui assure l'inférence IA en temps réel à bord (perception, raisonnement, navigation) sans dépendre de l'infrastructure cloud, réduisant ainsi la latence opérationnelle. L'entraînement des comportements passe par les outils de simulation NVIDIA Isaac, permettant un apprentissage par renforcement à grande échelle avant tout déploiement physique, une approche sim-to-real dont la robustesse dans des foyers réels reste à valider. 1X Technologies, anciennement connue sous le nom de Halodi Robotics et d'origine norvégienne, s'est implantée aux États-Unis pour accélérer sa commercialisation. Elle se positionne sur un segment très disputé : Boston Dynamics (Atlas électrique), Figure AI (Figure 03, en partenariat avec BMW), Apptronik (Apollo), Agility Robotics (Digit, déployé chez Amazon) et Tesla (Optimus) se disputent tous une place dans les environnements logistiques et résidentiels. La particularité de 1X est de cibler explicitement le marché grand public plutôt que l'industrie lourde, un positionnement plus risqué à court terme mais potentiellement adressable à bien plus grand volume. Les prochaines étapes déclarées incluent la montée en cadence de l'usine de Hayward, le début des livraisons clients en 2026 et la validation des comportements IA dans des foyers réels, étape déterminante pour savoir si l'humanoïde domestique peut tenir ses promesses face à la complexité du quotidien.

UE1X est issue de Halodi Robotics (Norvège), ce qui confère à son montée en puissance industrielle aux États-Unis une pression concurrentielle indirecte sur les acteurs européens de l'humanoïde ; aucun déploiement ni partenariat EU annoncé à ce stade.

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Figure affirme produire un robot humanoïde par heure, soit une multiplication par 24 en quatre mois
97Interesting Engineering 

Figure affirme produire un robot humanoïde par heure, soit une multiplication par 24 en quatre mois

Figure, la startup californienne spécialisée en robotique humanoïde, a annoncé avoir atteint un rythme de production d'un robot Figure 03 par heure dans son usine BotQ, située en Californie. Ce chiffre représente une multiplication par 24 du cadence de fabrication en moins de quatre mois, partant d'un robot par jour début 2026. Plus de 350 unités ont été livrées à ce jour, plus de 500 batteries expédiées, et plus de 9 000 actionneurs produits. La ligne de fabrication s'appuie sur un logiciel propriétaire déployé sur plus de 150 postes de travail en réseau, avec plus de 50 points d'inspection intermédiaires. Le taux de réussite en fin de ligne (first-pass yield) dépasse 80 %, et le rendement de production des batteries atteint 99,3 %. Chaque unité subit plus de 80 tests fonctionnels incluant des exercices de stress mécanique (squats, jogging) avant expédition. L'objectif affiché reste de 12 000 robots par an à pleine capacité. Ce passage du stade prototype à la production industrielle est significatif dans la course aux humanoïdes, où la majorité des acteurs restent encore dans des phases de démonstrateur ou de déploiement pilote très limité. Un taux de rendement end-of-line supérieur à 80 % sur un produit mécatronique aussi complexe est un indicateur industriel crédible, bien que Figure ne précise pas la définition exacte de ce seuil ni les conditions de test. En parallèle, Figure a publié une mise à jour majeure de son modèle d'IA Helix, baptisée System 0 (S0). L'ancienne version reposait uniquement sur la proprioception (états articulaires, posture). S0 intègre désormais des caméras stéréo embarquées qui génèrent une représentation 3D de l'environnement, permettant au robot de naviguer des escaliers et des terrains variés avec une stabilité décrite comme comparable à celle d'un humain. Le système est entraîné par renforcement en simulation sur des terrains aléatoires, et les comportements appris se transfèrent directement au monde réel sans recalibration, ce qui constitue une avancée notable sur le classique problème du sim-to-real gap. Figure a été fondée en 2022 par Brett Adcock et a levé plus de 675 millions de dollars, dont une ronde notable en 2024 avec des participations de Microsoft, Nvidia, OpenAI et Samsung. Le Figure 03 est la troisième génération de son robot humanoïde, succédant au Figure 01 et 02. Dans un secteur extrêmement concurrentiel, Figure se positionne face à Tesla (Optimus Gen 2), Boston Dynamics (Atlas électrique), Agility Robotics (Digit, déployé chez Amazon), Physical Intelligence (Pi-0) et Unitree. La montée en volume de BotQ est aussi une course aux données : plus de robots déployés signifie davantage de données réelles pour entraîner Helix. Figure indique viser des déploiements dans les secteurs de la recherche, du commercial et de l'usage domestique, sans préciser de calendrier client ni de prix public pour le Figure 03.

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De la science-fiction à la réalité : l'avenir de l'IA physique selon le Dr Jan Liphardt
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De la science-fiction à la réalité : l'avenir de l'IA physique selon le Dr Jan Liphardt

Lors de son appel aux résultats du premier trimestre 2026, Tesla a annoncé des ambitions de production pour son robot humanoïde Optimus qui redessinent l'échelle de l'industrie. À Fremont, en Californie, l'entreprise prévoit dès le deuxième trimestre 2026 une première ligne à grande échelle, avec une capacité cible d'un million d'unités par an, en remplacement des lignes Model S et Model X existantes. À la Gigafactory du Texas, une ligne de seconde génération vise à terme 10 millions de robots par an, et la préparation du site est déjà en cours. Tesla développe en parallèle le processeur d'inférence AI5, conçu pour répondre aux besoins en calcul des programmes Optimus et robotaxi. Par ailleurs, le tribunal régional de Hambourg a prononcé une injonction préliminaire contre Elite Robots Deutschland GmbH, filiale allemande du fabricant chinois, sur action en contrefaçon logicielle initiée par Teradyne Robotics, maison mère d'Universal Robots. Enfin, HII (Huntington Ingalls Industries), Path Robotics et GrayMatter Robotics ont annoncé conjointement le programme HYPR (High-Yield Production Robotics), destiné à accélérer la construction navale américaine via la soudure mobile robotisée. Les chiffres Tesla méritent d'être lus avec prudence : aucun calendrier de livraison client ni spécification technique n'ont été communiqués, et la distinction entre capacité de production annoncée et déploiement réel reste entière. Un objectif de 10 millions d'unités annuelles positionnerait néanmoins Tesla à un ordre de grandeur au-dessus de tout acteur actuel du marché humanoïde, forçant Figure, Agility, 1X ou Boston Dynamics à reconsidérer leur stratégie de montée en volume. Sur le plan juridique, l'injonction hambourgeoise contre Elite Robots confirme que la concurrence sur les cobots low-cost se joue désormais aussi sur la propriété intellectuelle logicielle. David Brandt, CTO d'Universal Robots, a précisé que l'analyse du code embarqué d'Elite révélait des similitudes marquées avec le logiciel propriétaire d'UR. Après l'affaire Ocado/BrightPick à LogiMAT le mois dernier, ce second cas illustre pourquoi l'Allemagne reste un terrain judiciaire à haut risque pour les exposants en situation de tension brevétaire. Tesla a présenté Optimus en concept en 2021, dévoilé un prototype en 2022 et conduit des démonstrations d'usine en 2024-2025. Le remplacement des lignes Model S/X à Fremont signale un pari industriel fort : sacrifier une capacité automobile établie pour pivoter vers la robotique humanoïde. Universal Robots, fondé au Danemark en 2005 et acquis par Teradyne en 2015, est le leader mondial des cobots avec une base installée de plusieurs centaines de milliers d'unités ; Elite Robots est l'un des fabricants chinois apparus ces dernières années avec des produits fonctionnellement proches à prix sensiblement inférieur. Le programme HYPR, dont les détails techniques restent à préciser, représente une application sectorielle concrète de la robotique mobile de soudage, domaine où Path Robotics et GrayMatter avaient déjà collaboré avec des acteurs de la défense américaine.

UEL'injonction préliminaire du tribunal de Hambourg contre Elite Robots Deutschland, obtenue par Teradyne/Universal Robots (entreprise danoise, leader européen des cobots), crée un précédent juridique sur la propriété intellectuelle logicielle qui expose directement les importateurs et distributeurs de cobots chinois low-cost opérant sur le marché européen.

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Melody : un robot humanoïde maîtrise 39 degrés de liberté pour une présence quasi humaine
99Interesting Engineering 

Melody : un robot humanoïde maîtrise 39 degrés de liberté pour une présence quasi humaine

Realbotix, entreprise canadienne spécialisée dans la robotique humanoïde, déploie son robot Melody dans un rôle d'accueil lors de la conférence Bitcoin 2026 au Venetian Resort de Las Vegas, du 27 au 29 avril 2026. Melody appartient à la gamme M-Series, une plateforme modulaire à corps entier dotée de 39 degrés de liberté concentrés dans la partie supérieure du corps, la partie inférieure restant fixe. Le robot est disponible en configurations masculine, féminine ou sur-mesure, et peut être installé en position assise, debout ou de bureau. Alimenté par prise électrique standard sans contrainte de batterie, il tourne en continu sur une journée complète. Sur site, Melody accueille les participants, les aide à localiser les stands et répond aux questions générales grâce à un système d'IA conversationnelle propriétaire développé par Realbotix. La plateforme est proposée à partir de 95 000 dollars, ce qui la positionne clairement dans le segment haut de gamme des interfaces physiques d'accueil. Ce qui est notable ici n'est pas tant la prouesse technique brute que le positionnement commercial : Realbotix cible explicitement les environnements à fort trafic humain où les bornes interactives classiques montrent leurs limites en termes d'engagement. Avec 39 DDL en partie supérieure, Melody peut produire des expressions faciales, des gestes et un contact visuel suffisamment fluides pour réduire l'effet "vallée dérangeante" qui a longtemps freiné l'adoption des robots humanoïdes en contexte public. La modularité des visages et panneaux de carrosserie ouvre la voie à des déploiements multi-marques ou multi-contextes sans changer de plateforme matérielle. Pour un intégrateur ou un décideur B2B, le modèle économique est celui d'un remplacement de kiosque à ROI mesurable sur la qualité d'interaction, non sur la productivité opérationnelle. Il faut cependant noter que cette présentation à Las Vegas reste une démonstration publique contrôlée, pas un déploiement commercial à grande échelle, et qu'aucune donnée de performance terrain n'a été publiée à ce stade. Realbotix opère dans un segment en pleine ébullition, celui des humanoïdes orientés "présence" plutôt que manipulation industrielle. La startup chinoise AheadForm pousse des concepts similaires avec ses séries Origin F1 et Elf, combinant IA auto-supervisée et mouvements bioniques avec synchronisation labiale précise. Ces acteurs se distinguent des approches Boston Dynamics ou Figure AI, qui visent la manutention et la logistique. Andrew Kiguel, PDG de Realbotix, positionne explicitement la M-Series comme une "interface physique pour l'IA" dans les secteurs de service, une thèse que plusieurs grandes chaînes hôtelières et aéroports testent discrètement depuis 2024. La suite logique serait des pilotes dans des environnements comme les hôtels, les banques ou les aéroports, mais Realbotix n'a pas annoncé de partenariats commerciaux formels au-delà de cette démonstration.

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Vidéo : le robot humanoïde Unitree G1 épate avec des sauts acrobatiques et pirouettes sur patins
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Vidéo : le robot humanoïde Unitree G1 épate avec des sauts acrobatiques et pirouettes sur patins

Unitree Robotics a publié le 23 avril une vidéo montrant son robot humanoïde G1 exécuter des figures sur rollers et patins à glace : virages à 360 degrés, rotations sur une jambe, et frontflips, le tout en maintenant l'équilibre via un contrôle coordonné des roues et des membres articulés. La plateforme G1 est un hybride roues-jambes lancé en novembre 2025 sous la désignation G1-D, disponible en deux versions. La version Standard, stationnaire, embarque 17 degrés de liberté ; la version Flagship, motorisée par une base à entraînement différentiel capable de 1,5 m/s, monte à 19 DOF. Les deux variantes mesurent entre 126 et 168 cm pour un poids maximal de 80 kg. Chaque bras offre 7 DOF et supporte une charge utile de 3 kg. L'articulation de taille permet 155° de rotation sur l'axe Z et une plage de -2,5° à 135° sur l'axe Y, couvrant une enveloppe de travail verticale de 2 mètres. La perception repose sur une caméra binoculaire en tête et des caméras poignet pour la vision rapprochée. La version Flagship tourne sur un module Nvidia Jetson Orin NX délivrant jusqu'à 100 TOPS, avec une autonomie annoncée de six heures. Cette démonstration illustre une tendance de fond : la mobilité humanoïde sort du strict bipédisme pour intégrer la locomotion hybride. L'association roues et jambes avait été largement laissée de côté au profit du seul marcheur anthropomorphe, considéré comme la voie vers les environnements humains. Unitree repose la question en montrant qu'un humanoïde peut gagner en efficacité énergétique et en polyvalence terrain sans sacrifier l'adaptabilité des membres. Sur le fond, la vidéo reste une démonstration contrôlée, pas un déploiement industriel, et les conditions de tournage ne sont pas précisées. Ce type de footage sélectif est courant dans le secteur et ne documente pas les taux d'échec ni les conditions réelles d'opération. Ce qui est lisible, néanmoins, c'est la maturité des algorithmes de contrôle temps réel et l'apport de l'entraînement en simulation pour des mouvements dynamiques complexes. Unitree, fondée en Chine et connue pour ses quadrupèdes Go1 et B2, a accéléré son virage humanoïde avec le G1 commercialisé à partir de 16 000 dollars en 2024, un prix agressif qui le positionne directement contre les plateformes de recherche d'Agility Robotics (Digit), Figure (Figure 02) et Boston Dynamics (Atlas). Le G1-D intègre un stack logiciel complet couvrant l'annotation de données, la simulation et l'entraînement distribué, ce qui signale une ambition au-delà du hardware : se positionner comme plateforme de développement de modèles d'action (VLA). La prochaine étape attendue du secteur est le passage de ces démos en conditions contrôlées à des déploiements industriels répétables, un saut que ni Unitree ni ses concurrents n'ont encore documenté publiquement à grande échelle.

UELa démonstration Unitree G1-D accentue la pression concurrentielle sur les acteurs européens du secteur humanoïde, en confirmant la capacité des fabricants chinois à proposer des plateformes polyvalentes à prix agressif sans déploiement industriel documenté à ce stade.

HumanoïdesOpinion
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