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L'art de traverser le gouffre : quand une startup est-elle prête pour l'adoption par les entreprises ?
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L'art de traverser le gouffre : quand une startup est-elle prête pour l'adoption par les entreprises ?

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Résumé IASource uniqueImpact UE

Figure AI a annoncé avoir atteint un rythme de production d'un robot humanoïde par heure dans son usine BotQ, située dans la baie de San Francisco, soit une multiplication par 24 du débit en moins de 120 jours. La société revendique la livraison de plus de 350 unités de troisième génération (Figure 03), la fabrication de plus de 9 000 actionneurs et 500 packs batterie, avec 150 postes de travail en réseau et plus de 50 stations de contrôle qualité en ligne de production. En parallèle, Flex -- fabricant texan de composants électroniques -- a annoncé le déploiement de robots de Teradyne Robotics dans l'ensemble de ses sites de production mondiaux, en combinant les cobots Universal Robots (UR) et les AMR (robots mobiles autonomes) de Mobile Industrial Robot (MiR), deux filiales de Teradyne. Celle-ci a par ailleurs publié ses résultats du premier trimestre 2026 : 91 millions de dollars de chiffre d'affaires, quatrième trimestre consécutif de croissance après deux vagues de licenciements liées à des baisses de revenus en 2023 et 2024. Du côté des distinctions, l'association A3 a remis les prix Engelberger 2026 à Hiroshi Fujiwara, directeur exécutif de la Japan Robot Association (JARA) depuis 2009, et à Robert Little, cofondateur d'ATI Industrial Automation en 1989, qui a fait passer la société de 1 million à plus de 100 millions de dollars de revenus en devenant un acteur mondial des changeurs d'outils robotiques et des capteurs force/couple.

Le chiffre de 24x de gain de débit chez Figure AI est spectaculaire, mais il convient de le lire avec précaution : la société communique sur des volumes de production, non sur des déploiements clients ou des contrats signés -- la distinction entre "fabriqué" et "opérationnel chez un client" reste floue dans ce communiqué. Cela dit, atteindre un robot par heure constitue un vrai seuil industriel si les données sont vérifiées, car la plupart des concurrents humanoïdes fonctionnent encore à l'échelle des dizaines d'unités annuelles. Le partenariat Flex/Teradyne est lui plus concret : Flex étant déjà fournisseur de composants pour UR, ce déploiement interne représente un signal fort de maturité opérationnelle des cobots et AMR dans des environnements de production à haute variabilité. C'est précisément la question que pose Neal Hansch, managing partner de Silicon Foundry et invité de l'épisode 242 du Robot Report Podcast : à quel moment un startup robotique est-il réellement prêt pour l'adoption entreprise, au-delà des démonstrations ?

Figure AI a lancé ses premiers prototypes publics en 2023 et son Figure 02 en 2024, avec un financement total dépassant le milliard de dollars. Ses principaux concurrents sur le segment humanoïde incluent Tesla (Optimus Gen 3), Agility Robotics déployé chez Amazon, 1X Technologies, Apptronik, et Physical Intelligence (Pi-0, axé VLA), sans oublier Unitree et Fourier Intelligence côté asiatique. Teradyne, de son côté, cherche à repositionner UR et MiR comme infrastructure de "physical AI" face à la montée des solutions intégrées proposées par des acteurs comme Boston Dynamics (désormais sous Hyundai). La trajectoire de Robert Little chez ATI -- 40 ans d'expérience, croissance organique de 100x sur les end-effectors -- rappelle que les composants critiques de la chaîne robotique peuvent générer une valeur durable bien au-delà des intégrateurs systèmes.

Impact France/UE

Le déploiement global de Universal Robots (UR) et MiR par Flex valide la maturité opérationnelle de ces deux marques danoises (filiales Teradyne) dans des environnements industriels à haute variabilité, renforçant leur position concurrentielle sur le marché européen des cobots et AMR face aux solutions intégrées émergentes.

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Atlas de Boston Dynamics montrerait des signes d'intelligence générale pour le travail en usine
1Interesting Engineering 

Atlas de Boston Dynamics montrerait des signes d'intelligence générale pour le travail en usine

Selon un rapport publié par KB Securities, l'humanoïde Atlas de Boston Dynamics franchit un seuil décisif vers le déploiement industriel. L'analyste Kang Sung-jin y documente des progrès significatifs dans ce que le secteur appelle l'«intelligence générale robotique», soit la capacité à s'adapter à des environnements inconnus et à accomplir des tâches variées sans instructions exclusivement préprogrammées. Le facteur technique central : un pipeline d'entraînement accéléré permettant de simuler l'équivalent de millions d'heures de formation robotique en une seule journée, puis de transférer les comportements appris sur le robot physique en environ une heure. Lors de démonstrations récentes, Atlas a déplacé un réfrigérateur de plus de 45 kg alors qu'il avait été entraîné sur des charges de 23 à 32 kg, illustrant une capacité de généralisation au-delà des conditions d'entraînement initiales. La filiale robotique du groupe Hyundai Motor a également montré Atlas exécutant des mouvements de frappe dynamiques nécessitant équilibre, agilité et contrôle moteur précis. Ces avancées reposent sur des partenariats stratégiques avec Google DeepMind, qui contribue son expertise en systèmes d'apprentissage, et Nvidia, qui fournit l'infrastructure de calcul haute performance nécessaire aux simulations à grande échelle. La réduction du «sim-to-real gap», l'écart historiquement problématique entre performances simulées et comportement réel, constitue l'argument technique le plus solide mis en avant par Boston Dynamics. La société l'attribue à une architecture matérielle délibérément simplifiée : Atlas n'utilise que deux types d'actionneurs sur l'ensemble de son corps, avec bras et jambes symétriques. Cette homogénéité facilite la création de simulations fidèles et accélère le transfert des compétences. La suppression des câbles traversant les articulations permet en outre une rotation continue des joints et réduit les exigences de maintenance. Pour les intégrateurs industriels et les décideurs B2B, ces caractéristiques signifient concrètement que les cycles de qualification de nouvelles tâches pourraient passer de plusieurs mois à quelques semaines. KB Securities projette que Boston Dynamics pourrait capturer 15 % du marché mondial des humanoïdes d'ici 2035 et jusqu'à 60 % du segment premium industriel, des estimations ambitieuses à considérer avec précaution sur un marché encore naissant. Boston Dynamics, fondée en 1992 au MIT et acquise par Hyundai Motor Group en 2021 pour 1,1 milliard de dollars, présente avec cet Atlas une rupture architecturale par rapport à ses générations précédentes, entièrement hydrauliques. Sur le terrain concurrentiel, la société fait face à Figure (accords industriels avec BMW et son robot 02), Tesla (Optimus Gen 3), Physical Intelligence (Pi-0, approche VLA), et Agility Robotics (Digit, déployé dans des entrepôts Amazon). En Europe, Enchanted Tools avec son Mirokaï et Wandercraft avec l'Atalante ciblent des niches spécifiques mais restent loin de la polyvalence industrielle visée par Atlas. Les prochains déploiements pilotes annoncés concernent des installations du groupe Hyundai, sans calendrier précis communiqué à ce stade.

UELes acteurs européens Enchanted Tools et Wandercraft accusent un retard marqué sur la polyvalence industrielle visée par Atlas, accentuant la pression concurrentielle sur l'écosystème humanoïde FR/EU avant même les premiers déploiements pilotes Hyundai.

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Adoptez une vision systémique pour le déploiement à grande échelle des humanoïdes au Robotics Summit
2Robotics Business Review 

Adoptez une vision systémique pour le déploiement à grande échelle des humanoïdes au Robotics Summit

Le Robotics Summit & Expo se tiendra les 27 et 28 mai 2026 à Boston, et l'un de ses temps forts techniques sera la session intitulée "Humanoids That Scale: A Systems and Semiconductor Perspective", programmée le second jour à 14h30 ET. L'intervenant principal sera Giovanni Campanella, directeur général du segment robotique chez Texas Instruments, ingénieur diplômé de l'Université de Bologne et du Politecnico di Torino. Sa présentation s'appuiera sur des architectures de référence et des cas de conception réels pour adresser quatre verrous techniques centraux dans le développement des humanoïdes : la fusion de capteurs à haute bande passante, le traitement IA embarqué en temps réel, le contrôle moteur de précision, et la fiabilité des communications entre sous-systèmes distribués. L'événement accueillera plus de 70 intervenants confirmés, issus notamment de Tesla, Toyota Research Institute, PickNik Robotics, Robust AI, Harmonic Drive et Fictiv, répartis sur plus de 50 sessions couvrant l'IA, le design, les technologies habilitantes, la santé et la logistique. La valeur de cette session tient à son niveau d'abstraction : alors que la plupart des annonces dans le secteur humanoïde portent sur les modèles de fondation, les VLA (Vision-Language-Action models) ou les benchmarks de locomotion, Campanella aborde la question par le bas de la pile, au niveau des chaînes de signal analogiques, de la gestion de puissance et du traitement embarqué. Pour un intégrateur ou un directeur technique qui doit concevoir un système déployable, c'est précisément là que se jouent les compromis décisifs : latence bout-en-bout, consommation énergétique par cycle de tâche, et fiabilité des communications dans un environnement industriel bruité. Le message implicite de Texas Instruments est que le "scaling" des humanoïdes n'est pas uniquement un problème logiciel, et que les semi-conducteurs restent un goulot d'étranglement sous-estimé dans la course à la commercialisation. Il faut noter que cet article est avant tout un communiqué promotionnel pour le sommet, sans métriques de déploiement ni annonce produit. Sur le fond, le Robotics Summit est produit par The Robot Report et WTWH Media, et constitue l'un des principaux rendez-vous techniques pour les développeurs de robotique commerciale aux États-Unis. Il est colocalisé cette année avec DeviceTalks Boston, dédié aux dispositifs médicaux. Dans le contexte plus large, la session TI s'inscrit dans une phase où les acteurs humanoïdes majeurs (Figure avec son robot 03, Tesla avec Optimus Gen 3, Physical Intelligence avec Pi-0, NVIDIA avec GR00T N2) ont tous publié des démonstrations convaincantes mais où les déploiements industriels à l'échelle restent rares. La question de savoir si l'infrastructure semiconducteur est prête à suivre la cadence des ambitions logicielles sera au coeur des échanges à Boston fin mai.

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Figure affirme produire un robot humanoïde par heure, soit une multiplication par 24 en quatre mois
3Interesting Engineering 

Figure affirme produire un robot humanoïde par heure, soit une multiplication par 24 en quatre mois

Figure, la startup californienne spécialisée en robotique humanoïde, a annoncé avoir atteint un rythme de production d'un robot Figure 03 par heure dans son usine BotQ, située en Californie. Ce chiffre représente une multiplication par 24 du cadence de fabrication en moins de quatre mois, partant d'un robot par jour début 2026. Plus de 350 unités ont été livrées à ce jour, plus de 500 batteries expédiées, et plus de 9 000 actionneurs produits. La ligne de fabrication s'appuie sur un logiciel propriétaire déployé sur plus de 150 postes de travail en réseau, avec plus de 50 points d'inspection intermédiaires. Le taux de réussite en fin de ligne (first-pass yield) dépasse 80 %, et le rendement de production des batteries atteint 99,3 %. Chaque unité subit plus de 80 tests fonctionnels incluant des exercices de stress mécanique (squats, jogging) avant expédition. L'objectif affiché reste de 12 000 robots par an à pleine capacité. Ce passage du stade prototype à la production industrielle est significatif dans la course aux humanoïdes, où la majorité des acteurs restent encore dans des phases de démonstrateur ou de déploiement pilote très limité. Un taux de rendement end-of-line supérieur à 80 % sur un produit mécatronique aussi complexe est un indicateur industriel crédible, bien que Figure ne précise pas la définition exacte de ce seuil ni les conditions de test. En parallèle, Figure a publié une mise à jour majeure de son modèle d'IA Helix, baptisée System 0 (S0). L'ancienne version reposait uniquement sur la proprioception (états articulaires, posture). S0 intègre désormais des caméras stéréo embarquées qui génèrent une représentation 3D de l'environnement, permettant au robot de naviguer des escaliers et des terrains variés avec une stabilité décrite comme comparable à celle d'un humain. Le système est entraîné par renforcement en simulation sur des terrains aléatoires, et les comportements appris se transfèrent directement au monde réel sans recalibration, ce qui constitue une avancée notable sur le classique problème du sim-to-real gap. Figure a été fondée en 2022 par Brett Adcock et a levé plus de 675 millions de dollars, dont une ronde notable en 2024 avec des participations de Microsoft, Nvidia, OpenAI et Samsung. Le Figure 03 est la troisième génération de son robot humanoïde, succédant au Figure 01 et 02. Dans un secteur extrêmement concurrentiel, Figure se positionne face à Tesla (Optimus Gen 2), Boston Dynamics (Atlas électrique), Agility Robotics (Digit, déployé chez Amazon), Physical Intelligence (Pi-0) et Unitree. La montée en volume de BotQ est aussi une course aux données : plus de robots déployés signifie davantage de données réelles pour entraîner Helix. Figure indique viser des déploiements dans les secteurs de la recherche, du commercial et de l'usage domestique, sans préciser de calendrier client ni de prix public pour le Figure 03.

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IntBot et Certis Group s'associent pour déployer l'IA physique en entreprise à Singapour
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IntBot et Certis Group s'associent pour déployer l'IA physique en entreprise à Singapour

IntBot, startup californienne fondée à San Jose, et Certis, opérateur de sécurité et de services aux entreprises coté à la Bourse de Singapour, ont annoncé en mai 2026 un partenariat stratégique visant à développer des applications robotiques dites "socialement intelligentes" pour des environnements à forte affluence publique à Singapour. L'accord prévoit d'intégrer la technologie General Social Intelligence d'IntBot, un système de perception multimodale en temps réel couplé à une boucle d'interaction fermée, aux capacités opérationnelles de Certis dans la gestion de missions critiques. Les cas d'usage ciblés sont les robots concierges et assistants dans des environnements comme les hôtels, les centres de conférence et les campus. IntBot avait présenté son humanoïde de service Nylo au CES 2026, et affirme être déjà déployé dans le secteur de l'hôtellerie, sans fournir de chiffres précis sur l'échelle de ces déploiements ni de spécifications techniques (charge utile, degrés de liberté, temps de cycle). L'annonce reste à ce stade un accord d'exploration : aucun calendrier de déploiement ni volume contractuel n'est communiqué. Ce partenariat illustre un glissement progressif dans la robotique humanoïde commerciale : la manipulation physique des tâches cède progressivement sa place à l'interaction humaine comme principal verrou technologique. Lei Yang, cofondateur et PDG d'IntBot, l'articule explicitement : selon lui, avec la maturité des modèles multimodaux, le bottleneck décisif pour l'IA incarnée se déplace de la manipulation vers l'interaction sociale. Pour les intégrateurs et les décideurs B2B, l'enjeu est concret : un robot humanoïde en espace public doit interpréter les intentions des usagers, gérer un contexte social dynamique et maintenir une fiabilité opérationnelle compatible avec des environnements en exploitation réelle, sans cage de sécurité. L'approche de Certis, qui conçoit la sécurité, la gestion des installations et des effectifs comme un modèle opérationnel unifié, vise à fournir ce que la plupart des startups robotiques peinent à livrer seules : des workflows structurés et une intégration dans des opérations existantes à contraintes élevées. IntBot s'inscrit dans un champ concurrentiel dense, dominé par des acteurs disposant de ressources bien supérieures : Figure AI avec le Figure 03, Tesla avec l'Optimus Gen 3, Boston Dynamics avec l'Atlas, Physical Intelligence avec Pi-0, et Agility Robotics avec Digit, ainsi que Sanctuary AI et 1X pour le volet interaction sociale. Le choix de Singapour comme marché d'entrée est stratégique : la cité-État dispose d'une infrastructure smart-city avancée et d'un cadre réglementaire favorable à l'expérimentation robotique en milieu public. Certis, ancré institutionnellement en Asie-Pacifique, apporte une crédibilité opérationnelle que les startups ne peuvent pas construire seules. La prochaine étape attendue sera la définition concrète des cas d'usage par Certis avant tout déploiement à l'échelle, une phase qui, dans le secteur, prend historiquement bien plus longtemps que les communiqués de presse ne le laissent entendre.

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