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Vidéo du vendredi : donnez un coup de main aux robots

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La sélection vidéo hebdomadaire d'IEEE Spectrum du 28 juin 2026 regroupe une douzaine de démonstrations robotiques. Agility Robotics y présente son humanoïde Digit naviguant autour d'obstacles au sol : le robot détecte un objet en mouvement, recalcule le placement de chaque pied et maintient sa progression sans perdre l'équilibre, reproduisant les conditions réelles d'un entrepôt. Unitree commercialise son R1 à 4 900 dollars américains, niveau de prix jugé impressionnant pour ses capacités, mais dont le retour sur investissement concret reste à démontrer. Tangent Robotics dévoile une main robotique désincarnée capable de ramper sur une table, tandis que le MIT CSAIL présente "SoftMimic", une approche développée par Pulkit Agrawal, directeur de l'Improbable AI Lab, pour sécuriser les interactions robot-humain. DEEP Robotics montre un robot de lutte contre l'incendie aux comportements particulièrement offensifs. Le DARPA Lift Challenge sera ouvert au public du 6 au 9 août 2026 au National Museum of the US Air Force à Dayton, Ohio.

La démonstration de Digit est notable car elle illustre une navigation réactive hors laboratoire : planifier dynamiquement le placement des pas sans interrompre le déplacement est l'un des défis bipèdes les plus difficiles à résoudre en conditions réelles, et la distance entre une démo filmée en couloir stérile et un robot opérationnel sur un vrai sol d'entrepôt reste souvent sous-estimée. Sur le front tarifaire, le R1 à 4 900 dollars abaisse le seuil d'accès à la robotique humanoïde, mais l'absence de cas d'usage validé et de software stack éprouvé laisse ouverte la question du ROI pour les intégrateurs. L'approche SoftMimic répond quant à elle à un besoin identifié par les industriels : les cellules collaboratives exigent des comportements sécurisés au contact humain, pas seulement des cages de sécurité périphériques.

Agility Robotics, soutenu par Amazon depuis 2023, est l'un des rares humanoïdes à avoir atteint un déploiement industriel réel, aux côtés du Stretch de Boston Dynamics. Unitree, fabricant chinois connu pour ses quadrupèdes (Go1, Go2, B2) avant de pivoter vers les humanoïdes (H1, G1), applique au R1 la même stratégie de prix agressif qui lui a permis de dominer le marché low-cost des robots à pattes. Rodney Brooks, co-fondateur d'iRobot et inventeur du Roomba, aujourd'hui CTO de Robust.AI, revient dans une interview Forbes sur l'histoire de l'aspirateur autonome et les perspectives de la robotique collaborative industrielle. Harvard SEAS explore par ailleurs l'utilisation de robots guidés par IA pour décoder le comportement et potentiellement le langage des baleines, projet atypique illustrant l'extension du machine learning vers la biologie comportementale. Côté agenda sectoriel, les prochaines échéances incluent RSS 2026 (13-17 juillet, Sydney), Actuate 2026 (18-19 août, San Francisco) et IROS 2026 (27 septembre-1er octobre, Pittsburgh).

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Des robots humanoïdes défilent aux côtés de mannequins humains lors d'un show de mode futuriste à Séoul
1Interesting Engineering 

Des robots humanoïdes défilent aux côtés de mannequins humains lors d'un show de mode futuriste à Séoul

Des robots humanoïdes vêtus de tenues griffées ont défilé aux côtés de mannequins humains lors du "Mach33: Physical AI Fashion Show", organisé cette semaine à Seoul par la société sud-coréenne Galaxy Corporation. L'événement s'est tenu au Galaxy Robot Park, un complexe de divertissement dédié à la robotique et à l'IA inauguré récemment dans la capitale coréenne, mêlant robotique, intelligence artificielle, culture K-pop et attractions interactives. Les vidéos diffusées montrent des humanoïdes enchaînant des déplacements sur le catwalk, posant aux côtés de mannequins en tenues coordonnées et exécutant des séquences chorégraphiées synchronisées. Le concept affiché par les organisateurs était d'illustrer une cohabitation quotidienne entre humains et systèmes d'IA physique, les costumes assortis servant de métaphore visuelle à cette coexistence. Ce type d'événement marque un changement notable dans la manière dont la robotique humanoïde est présentée au public. Jusqu'ici cantonnés aux laboratoires de recherche, aux salons industriels ou aux démonstrations d'ingénierie, les humanoïdes sont progressivement mis en scène dans des contextes culturels et sociaux. Pour les intégrateurs et décideurs B2B, il convient cependant de distinguer ce que ce défilé montre réellement: des mouvements chorégraphiés et préenregistrés dans un environnement contrôlé, pas une interaction autonome avec l'environnement. Les défis techniques majeurs, préhension fine, perception contextuelle, interaction naturelle avec les humains, restent entiers. Ce que l'événement illustre concrètement, c'est l'amélioration des capacités de locomotion et d'équilibre des humanoïdes modernes, et la volonté croissante de repositionner ces machines comme participants culturels plutôt que comme simples outils industriels. Galaxy Corporation se définit elle-même comme une entreprise "enter-tech" combinant entertainment et technologies avancées; elle gère notamment la carrière du chanteur K-pop G-Dragon. La société annonce d'autres événements dans cette veine: concerts mettant en scène des robots, performances interactives et expériences culturelles centrées sur l'IA. Ce positionnement s'inscrit dans un contexte plus large: la Corée du Sud affiche l'une des plus fortes densités robotiques au monde, avec plus de 1 000 robots industriels pour 10 000 travailleurs, et investit massivement dans le développement domestique de robots humanoïdes via des collaborations entre entreprises technologiques, universités et programmes de recherche publics. À l'échelle mondiale, la course à l'humanoïde s'intensifie, avec des acteurs comme Figure AI, Boston Dynamics, Agility Robotics ou Tesla, dont l'Optimus cherche lui aussi à sortir des usines pour atteindre de nouveaux environnements. Le défilé de Seoul illustre cette tendance de fond, même si les défis restants en matière d'autonomie et de dextérité suggèrent que l'humanoïde culturellement intégré demeure, pour l'heure, davantage une vision projetée qu'un déploiement opérationnel.

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Vidéo : un humanoïde chinois à 13 000 dollars pour démocratiser la robotique avancée
2Interesting Engineering 

Vidéo : un humanoïde chinois à 13 000 dollars pour démocratiser la robotique avancée

Astribot, startup robotique de Shenzhen également connue sous le nom Stardust Intelligence, a ouvert les commandes de son humanoïde T1 à partir de 13 000 dollars, soit environ sept fois moins cher que son propre modèle phare S1 vendu près de 100 000 dollars. Le T1 est un humanoïde à base roulante de 155 cm pour 66 kg, doté de 23 degrés de liberté hors effecteurs, avec une capacité de charge de 5 kg par bras. Son architecture motrice repose sur des câbles tendus, la même approche que le S1, conçue pour produire des mouvements plus fluides qu'un entraînement par engrenages traditionnels. Il accepte des pinces robotiques standard et des mains à cinq doigts pour la manipulation fine, et cible des applications comme la cuisine, les opérations en laboratoire, le pliage du linge, le tri de pièces automobiles et la recharge de véhicules électriques. L'IA embarquée est entraînée principalement par démonstration humaine plutôt que par téléopération, une méthode d'imitation learning qui permet au robot d'apprendre des workflows en observant un opérateur humain. Le seuil des 13 000 dollars modifie le calcul économique pour les intégrateurs et les équipes qui souhaitent piloter l'humanoïde en environnement industriel. À titre de comparaison, le Unitree G1 reste l'une des rares références sous 20 000 dollars sur le marché mondial; les offres Figure 03, Agility Digit ou Boston Dynamics Electric Atlas se négocient bien au-delà. Si le T1 tient ses performances hors laboratoire, il pourrait abaisser la barrière d'entrée pour des secteurs à marges serrées comme la logistique légère ou l'assemblage à faible volume. Il convient cependant d'être prudent: Astribot liste des tâches réussies sans publier de métriques de cadence ni de données de robustesse en conditions industrielles réelles, et les vidéos de démonstration restent sélectionnées par l'entreprise. C'est une ouverture de commandes, pas un déploiement en volume documenté. Fondée en 2022 et basée à Shenzhen, Astribot s'est fait connaître à la World Robot Conference de Pékin en août 2024 avec le S1, humanoïde bimanuel de 170 cm et 90 kg aux 23 DOF (7 par bras, 4 pour le torse, 2 pour la tête, 3 pour la base omnidirectionnelle). Une publication arXiv de juillet 2025 détaillait la suite logicielle Astribot Suite, combinant collecte de données en réalité virtuelle, politiques d'imitation learning et optimisation de trajectoire en temps réel, avec des taux de réussite annoncés entre 80 et 100% sur tâches sélectionnées. La startup a levé environ 100 millions de dollars depuis 2024. Sur le segment prix du T1, les concurrents directs incluent le Unitree G1 et, dans une moindre mesure, les robots de recherche comme le GR00T N2 de NVIDIA. Aucun acteur européen ne se positionne encore clairement sur ce créneau accessible. La démonstration de robustesse en milieu non contrôlé et l'annonce de premiers clients industriels constitueront les prochaines étapes décisives pour valider l'ambition commerciale d'Astribot.

UELa démocratisation des prix sur ce segment pourrait inciter des intégrateurs européens à évaluer un pilote humanoïde, mais aucun déploiement ni partenariat européen n'est mentionné.

HumanoïdesOpinion
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Un robot humanoïde coréen exécute une danse K-POP virale apprise en regardant des vidéos
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Un robot humanoïde coréen exécute une danse K-POP virale apprise en regardant des vidéos

ROBOTIS, fabricant coréen de composants et plateformes robotiques, a publié début juin 2026 une démonstration de son humanoïde AI Sapiens reproduisant le "CORTIS REDRED Challenge", une chorégraphie K-POP virale, à partir d'une unique vidéo captée sur smartphone. La chaîne de traitement repose sur quatre étapes enchaînées : capture de mouvement vidéo, retargeting cinématique vers la morphologie du robot, entraînement par apprentissage par renforcement en simulation, puis transfert Sim2Real vers le matériel physique. Aucun système de motion capture professionnel (OptiTrack, Vicon) n'a été utilisé. AI Sapiens mesure 1,3 mètre pour 34 kilogrammes, dispose de 23 degrés de liberté assurés par 23 actionneurs DYNAMIXEL-Q quasi-direct-drive (14 QM-060 et 9 QM-080), et embarque un NVIDIA Jetson Orin NX 16 Go offrant jusqu'à 100 TOPS de puissance de calcul. L'alimentation est assurée par une batterie 46,8 V, 9 000 mAh. ROBOTIS prévoit de publier l'intégralité du pipeline en open-source, incluant les fichiers CAD, le code source, les assets de simulation et les tutoriels. Ce qui mérite attention, ce n'est pas la danse en elle-même -- les vidéos de robots qui dansent sont devenues un genre communicationnel à part entière -- mais la suppression du goulot d'étranglement de la collecte de données de mouvement. Jusqu'ici, entraîner un humanoïde sur des mouvements complexes requérait des studios de capture équipés et des techniciens spécialisés, coûts prohibitifs pour les équipes de recherche et les PME industrielles. Substituer cela à une vidéo smartphone abaisse drastiquement la barrière d'entrée pour la production de comportements moteurs variés. La démonstration valide aussi partiellement le pipeline Sim2Real comme suffisamment robuste pour des mouvements dynamiques à corps entier -- un point que beaucoup d'équipes considéraient encore fragile hors de contextes très contraints. Reste que la vidéo présente un mouvement expressif non critique : il faudra des preuves comparables sur des tâches à charge utile ou à contact riche pour juger de la généralisation réelle de la méthode. ROBOTIS est une entreprise coréenne historiquement centrée sur les actionneurs Dynamixel, composants de référence dans la robotique académique mondiale depuis les années 2000. AI Sapiens constitue sa montée en gamme vers les plateformes humanoides complètes, en compétition directe avec des systèmes comme Unitree H1/G1 (Chine), Agility Robotics Digit (USA) ou Sanctuary AI Phoenix (Canada), tous également positionnés sur l'open-source partiel ou la recherche collaborative. Dans le paysage européen, des acteurs comme Enchanted Tools (Mirokaï, France) ou Wandercraft (exosquelette, Paris) restent sur des segments plus spécialisés. La publication open-source annoncée par ROBOTIS est un pari sur l'effet de communauté : si le pipeline se diffuse dans les labos universitaires, ROBOTIS consolide son écosystème Dynamixel comme standard de facto pour la prochaine génération d'humanoides de recherche. Aucune date de release précise n'a été communiquée à ce stade.

UELes laboratoires de recherche européens utilisant des actionneurs Dynamixel (standard académique mondial) pourront potentiellement bénéficier de la publication open-source du pipeline vidéo-vers-mouvement, réduisant le coût d'entrée pour l'entraînement de comportements moteurs complexes sans équipement de capture de mouvement professionnel.

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Construction et test d'un actionneur robotique DIY
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Construction et test d'un actionneur robotique DIY

Brandon Lai, maker indépendant, a publié les résultats de sa deuxième version d'actionneur rotatif, conçu pour son projet personnel de robot humanoïde. Les spécifications visées : 40 à 60 tr/min pour un couple de 20 Nm en sortie, avec une heure de fonctionnement continu. La conception s'inspire d'un article de recherche du MIT, avec une substitution structurelle majeure : réducteur cycloïdal en lieu et place du planétaire d'origine, dans l'espoir d'une meilleure densité de couple et d'un jeu mécanique réduit (backlash). Le moteur repose sur un stator bobiné à la main autour d'un noyau standard du commerce, complété par des pièces usinées CNC et des composants imprimés en 3D pour le carter. Les tests ont mis en évidence deux limitations concrètes : seulement 7 Nm de couple en sortie, bridé par la source d'alimentation de laboratoire incapable de fournir le courant nécessaire, et un backlash excessif dans le réducteur cycloïdal, attribué à des tolérances de fabrication insuffisantes. Coût total : 400 dollars, largement au-dessus du budget initial. L'écart de facteur 3 entre le couple mesuré et l'objectif illustre une tension bien connue des développeurs d'actionneurs : les performances annoncées sur papier dépendent autant de la chaîne d'alimentation que de la mécanique elle-même. Plus significatif pour la communauté robotique, le réducteur cycloïdal, réputé supérieur au planétaire pour la réduction du backlash, a produit l'effet inverse ici, rappelant que le choix d'architecture ne remplace pas la précision de fabrication. Pour les intégrateurs et ingénieurs en robotique, ce retour d'expérience chiffré, avec tolérances insuffisantes et dépassement budgétaire inclus, a plus de valeur informative que les vidéos de démonstration sélectionnées habituellement diffusées par les équipes commerciales. Lai prévoit une prochaine révision pour corriger ces points, et les fichiers CAD sont accessibles publiquement. Ce projet illustre la difficulté de répliquer en amateur des actionneurs que des acteurs comme Figure AI (Figure 02 et 03), Agility Robotics (Digit) ou 1X Technologies développent avec des équipes spécialisées et des budgets de plusieurs dizaines de millions de dollars. La publication ouverte de données techniques incluant les itérations ratées reste une contribution utile à l'écosystème DIY humanoïde, même si les performances actuelles restent très loin des seuils nécessaires à une application industrielle réelle.

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