Aller au contenu principal
La première entreprise chinoise de puces cérébrales pour robots lève des centaines de millions de yuans
Chine/Asie36Kr 

La première entreprise chinoise de puces cérébrales pour robots lève des centaines de millions de yuans

1 source couvre ce sujet·Source originale ↗·
Résumé IASource uniqueImpact UE

Beijing Weifan Intelligent Technology a levé plusieurs centaines de millions de yuans lors d'un tour de table seed, co-dirigé par Zhongguancun Capital et sa filiale Qihang Investment, avec la participation du Shanghai Future Industry Fund, Shixi Capital, Biwin Storage, Yanhuang Group et deux autres fonds. Fondée en mai 2025 et issue du laboratoire PAICORE Lab de l'Université de Pékin, spécialisé dans les puces neuromorphiques, la société développe une architecture de puce unifiée "grand cerveau / petit cerveau" pour robots humanoïdes et systèmes à intelligence incarnée. Son co-fondateur Yin Jilei regroupe plus de vingt ans d'expérience semiconducteur, avec des passages chez IBM, GlobalFoundries, MediaTek et VIA, puis comme COO de Zhicun Technology ; l'équipe compte également d'anciens ingénieurs de Huawei et Tencent. La puce centrale repose sur une architecture propriétaire baptisée BiGPU (Brain-Inspired GPU), qui fusionne dans un seul bloc matériel calcul neuromorphique par réseau de neurones impulsionnels (SNN, Spiking Neural Network) et GPU généraliste (ANN), sur un jeu d'instructions et une chaîne d'outils logiciels partagés. La mise en production est prévue pour le deuxième trimestre 2027, à l'issue d'un cycle de R&D de deux ans actuellement à mi-parcours.

L'enjeu principal est la réduction de la dépendance de la robotique chinoise envers la gamme Jetson de Nvidia, aujourd'hui quasi-incontournable pour l'inférence embarquée dans les robots humanoïdes, mais jugée trop coûteuse, peu localisée et exposée aux restrictions américaines à l'exportation. Aucune puce domestique ne propose encore d'alternative mature. La valeur ajoutée de BiGPU réside dans sa résolution du trilemme puissance de calcul / efficacité énergétique / coût : en convertissant les opérations de multiplication-accumulation matricielle (GEMM), qui représentent plus de 80 % du calcul dans les réseaux de neurones, en additions SNN à faible consommation, Weifan vise une réduction significative de la puissance dissipée sans sacrifier la compatibilité avec les frameworks existants. L'intégration isomorphe, c'est-à-dire un seul ISA partagé pour ANN et SNN plutôt que deux systèmes hétérogènes maintenus en parallèle, simplifie l'intégration côté équipementier. La prise en charge native des architectures Transformer, VLA (Vision-Language-Action) et des modèles du monde ancre BiGPU comme cible industrielle plutôt que démonstrateur académique.

Weifan est une spin-off directe du laboratoire PAICORE de l'Université de Pékin, ce qui lui confère une crédibilité technique solide mais aussi la trajectoire classique d'un acteur académique en phase de validation industrielle. La puce ne sera pas disponible avant le deuxième trimestre 2027, laissant une fenêtre ouverte à des concurrents déjà en production : Nvidia Jetson Thor pour les humanoïdes, Qualcomm RB-series côté international, et Cambricon côté chinois. La société annonce des discussions en cours avec plusieurs fabricants de robots humanoïdes de premier plan, certaines ayant dépassé la phase exploratoire, sans divulguer de noms. Les fonds levés sont destinés à finaliser l'architecture du jeu d'instructions, étoffer l'équipe R&D et structurer la définition produit. À ce stade, il s'agit d'un pari sur une architecture prometteuse et une équipe expérimentée, pas encore sur un produit livré.

Impact France/UE

À surveiller comme signal d'intelligence compétitive sur la stratégie d'indépendance semiconducteur de la Chine dans la robotique humanoïde, sans impact opérationnel direct pour les acteurs européens avant 2027 au plus tôt.

À lire aussi

Unitree devient la première entreprise de robots humanoïdes à entrer en bourse en Chine
1TechNode 

Unitree devient la première entreprise de robots humanoïdes à entrer en bourse en Chine

Unitree Robotics a fait ses débuts mercredi sur le STAR Market de la Bourse de Shanghai sous le ticker 688836.SH, le même jour que l'ouverture de la World Robot Conference 2026 à Pékin. L'entreprise, fondée en 2016 par Wang Xingxing, a fixé le prix de son introduction en bourse à 150,80 yuans (22,41 dollars) par action, émettant 40 446 434 actions A nouvelles pour lever environ 6,099 milliards de yuans (910 millions de dollars). Unitree n'a pas commencé avec les humanoïdes : ses premiers produits commerciaux ont été des robots quadrupèdes, les séries Go, A et B, déployés dans la recherche, l'éducation et l'inspection industrielle. Ce segment a généré 92,82 millions de yuans (13,79 millions de dollars) de revenus en 2022, montant à 698 millions de yuans (103,72 millions de dollars) en 2025. La bascule est venue des humanoïdes : leurs revenus n'étaient que de 2,96 millions de yuans (440 000 dollars) en 2023, moins de 2 % du chiffre d'affaires total, avant de bondir à 868 millions de yuans (128,98 millions de dollars) en 2025, soit plus de 51 % des revenus, portés par les modèles H1 et G1. Au total, Unitree a affiché 1,699 milliard de yuans (250 millions de dollars) de chiffre d'affaires et 278 millions de yuans (41,31 millions de dollars) de bénéfice net en 2025. Cette entrée en bourse fait d'Unitree la première entreprise de robots humanoïdes cotée en Chine, un jalon symbolique alors que le secteur cherche à passer des démonstrations en laboratoire ou en salon à une phase de production et de vente réelles. Au moment où la plupart des acteurs du humanoïde opèrent encore à perte, la rentabilité affichée par Unitree offre aux investisseurs un point de référence concret pour évaluer un marché encore largement spéculatif. Mais cette réussite commerciale ne garantit pas un avantage durable : la force de l'entreprise reste concentrée sur la conception mécanique, les moteurs et le contrôle de mouvement, des domaines qu'elle maîtrise depuis dix ans. La bataille se déplace désormais vers l'intelligence embarquée, soit la capacité des robots à percevoir leur environnement, prendre des décisions et exécuter des tâches non programmées à l'avance, un terrain où le matériel seul ne suffit plus. L'histoire d'Unitree explique cette position hybride : en quittant un laboratoire universitaire en 2016, Wang Xingxing a misé sur les quadrupèdes, plus simples à industrialiser que les humanoïdes à l'époque, pour construire une base de revenus avant l'explosion de la tendance humanoïde. Cette stratégie progressive contraste avec des concurrents qui ont visé directement l'humanoïde sans revenus récurrents établis en amont. L'IPO coïncide avec l'ouverture de la World Robot Conference 2026 à Pékin, où constructeurs automobiles, entreprises de robotique et acteurs de l'IA présentent leurs efforts vers la production de masse et le déploiement réel. Pour Unitree, l'étape suivante consistera à transformer son avance matérielle en capacités logicielles et cognitives comparables à celles des modèles développés par ses concurrents, une compétition qui ne fait que commencer.

Chine/AsieOpinion
1 source
Tang Mu, ex-cadre de Xiaomi, lève des centaines de millions pour sa start-up de robots à café, avec Lin Bin, Li Wanqiang
236Kr 

Tang Mu, ex-cadre de Xiaomi, lève des centaines de millions pour sa start-up de robots à café, avec Lin Bin, Li Wanqiang

La startup chinoise Yingzhi XBOT, fondée en 2022 par Tang Mu, ancien cadre de Xiaomi, a levé plusieurs centaines de millions de yuans sur deux tours : 200 millions en tour A menés par le fonds hongkongais GPTX, puis 300 à 500 millions en tour B auprès de fonds publics chinois et d'investisseurs en dollars, avec plus tôt un tour d'amorçage réunissant Zhang Xiaolong (Tencent) et plusieurs cofondateurs de Xiaomi. Plutôt que l'humanoïde domestique, l'entreprise construit des robots de restauration pour centres commerciaux, sur une architecture « un cerveau, plusieurs corps » baptisée XOS 3.0. Son robot à café C3 (bras 6 axes, précision ±0,02 mm) produit 80 tasses par heure pour 219 000 yuans ; le I3 fabrique des glaces à plus de 60 unités par heure pour 179 000 yuans. Un humanoïde à double bras 7 axes, le X1, doit entrer en production fin 2026. Fin 2025, la société revendiquait plus de 1000 robots dans plus de 100 villes, 4 millions de tasses produites, plus de 100 millions de yuans de chiffre d'affaires annuel et un carnet de commandes 2026 estimé entre 300 et 500 millions de yuans. Ce choix tranche avec la course à l'humanoïde généraliste qui domine le secteur. Tang Mu revendique avoir écarté le foyer, jugé trop imprévisible, et l'usine, où les bras industriels classiques restent plus efficaces, pour concentrer l'effort sur un usage commercial fréquent et standardisé : le café. En limitant le périmètre d'action, l'entreprise affirme contourner la principale faiblesse reconnue des modèles VLA, leur difficulté à généraliser entre tâches différentes, en ne les sollicitant qu'en secours lors d'anomalies. Elle avance aussi une économie unitaire vérifiée : dans un centre commercial de Yiwu, un robot vendu environ 100 000 yuans générait 200 tasses par jour pour un panier moyen de 20 yuans, soit plus de 60 000 yuans de chiffre d'affaires mensuel et plus de 30 000 yuans de profit net, un retour sur investissement en 6 à 8 mois pour une durée de vie annoncée de 5 ans. La société facture un abonnement mensuel plutôt qu'une location, modèle RaaS rendu possible par sa licence nationale d'exploitation alimentaire, une exclusivité qu'elle revendique dans le secteur. Avant de fonder Yingzhi XBOT, Tang Mu a cumulé 25 ans dans le design produit, chez Kingsoft puis au centre d'expérience utilisateur de Tencent, avant de diriger l'écosystème produit de Xiaomi et de lancer des best-sellers comme le routeur Xiaomi ou l'enceinte Xiao Ai. L'équipe technique est dirigée par Wang Jiali, docteur en mécatronique de Harbin, passé par CASIC, Sany et Siasun, tandis que l'exploitation s'appuie sur des cadres issus de Luckin Coffee. L'entreprise dispose de sites à Nankin, Yueyang, Shanghai et Pékin pour une capacité annuelle de 20 000 unités, et fournit déjà JD Seven Fresh Coffee ou la chaîne FICO Coffee, tout en explorant les marchés étrangers avec une chaîne de café asiatique de plus de 4000 points de vente. Un chariot robotisé, le CUBE, reste sans date de lancement, tandis que Tang Mu parie sur une coexistence durable entre bras spécialisés et humanoïdes généralistes selon les usages.

Chine/AsieActu
1 source
Usine de robots soudeurs : « Shengshi Weisheng » lève plusieurs centaines de millions de yuans en série B avec son modèle d'IA incarnée pour le soudage
336Kr 

Usine de robots soudeurs : « Shengshi Weisheng » lève plusieurs centaines de millions de yuans en série B avec son modèle d'IA incarnée pour le soudage

La société chinoise 3Srobotics (昇视唯盛), spécialisée dans les robots industriels à intelligence incarnée pour le soudage, a bouclé un tour de série B de plusieurs centaines de millions de yuans (数亿元), mené par Shanghai Semiconductor Industry Investment et le Jinqiao Fund, avec la participation de Zero1 Ventures, Xinding Capital, Zhongguancun Dinghua et de son investisseur historique Weiguang Capital. Fondée en 2020, certifiée entreprise de haute technologie en 2023 puis reconnue entreprise pionnière "spécialisée, précise et innovante" et entreprise robotique de référence à Shanghai en 2024, la société en est à sa troisième génération de robots soudeurs. Son architecture repose sur un modèle "cerveau" multimodal entraîné sur des dizaines de millions de données de production réelles, couplé à un "cervelet" de contrôle moteur temps réel développé par sa filiale Harbin Institute of Technology Modern (哈工现代). Selon le fondateur Wang Dezhao, un robot 3Srobotics remplace en moyenne 1,5 à 2 soudeurs humains, avec un retour sur investissement de 1 à 1,5 an ; l'entreprise vise plusieurs centaines de millions de yuans de chiffre d'affaires en 2026. Le pari de 3Srobotics illustre une bascule stratégique du secteur robotique chinois : passer d'une automatisation générique, programmée à l'avance et incapable de s'adapter à des pièces non standard, vers des systèmes capables de percevoir en 3D, de raisonner sur une géométrie de soudure inconnue et d'ajuster en temps réel courant, tension et vitesse de déplacement, y compris sans plan technique fourni au préalable. C'est un signal pour les intégrateurs industriels et les décideurs B2B occidentaux : la Chine revendique une pénurie de plusieurs millions de soudeurs qualifiés d'ici 2025, sur un bassin d'environ dix millions de soudeurs enregistrés dont l'âge moyen dépasse 45 ans, et anticipe un marché du soudage intelligent dépassant les 100 milliards de yuans sur dix ans. Reste que les chiffres avancés, notamment ce ratio de remplacement de 1,5 à 2 soudeurs ou le gain d'efficacité de 2,88 fois annoncé pour son offre de "main-d'œuvre robotique" facturée au mètre soudé, proviennent uniquement de la société elle-même et méritent d'être vérifiés en conditions réelles indépendantes. L'entreprise, initialement positionnée sur la robotique industrielle généraliste, s'est recentrée sur le soudage en misant sur un modèle intégré combinant corps robotique, IA et procédé de soudage, avec une usine de fabrication propre garantissant une capacité de production et une chaîne d'approvisionnement maîtrisées, contrairement aux fournisseurs purement logiciels. Sa distribution passe majoritairement par des revendeurs et intégrateurs (les clients finaux directs ne pèsent que 10 à 20 % du chiffre d'affaires), sur des marchés comme la construction métallique, les ponts, le naval, le ferroviaire, les équipements électriques et, dans une moindre mesure, l'aérospatial et les nouvelles énergies. Les fonds levés serviront à faire évoluer les modèles "cerveau" et "cervelet", augmenter la capacité de son usine et étendre les équipes R&D et commerciales, avant une diversification annoncée vers le meulage, la découpe, l'assemblage et la manutention.

Chine/AsieActu
1 source
Mieux capter les données pour de meilleurs robots, selon l'entreprise chinoise 51World
4SCMP Tech 

Mieux capter les données pour de meilleurs robots, selon l'entreprise chinoise 51World

La société pékinoise 51World, spécialiste des jumeaux numériques et de la simulation, a dévoilé mardi une nouvelle gamme d'outils de capture de données pour entraîner l'IA incarnée, ces modèles qui aident les robots à percevoir, raisonner et agir dans le monde physique. L'annonce vise la pénurie de données de qualité, identifiée comme le principal frein au développement des robots humanoïdes. Le communiqué reste vague sur les spécifications : ni charge utile, ni temps de cycle, ni volume de déploiement chiffrés, signe d'un positionnement stratégique plus que d'un lancement produit documenté. Cette annonce illustre un constat partagé par l'industrie : la course aux humanoïdes se joue désormais autant sur les données que sur le matériel, les modèles vision-langage-action ayant besoin de jeux de données massifs pour généraliser hors laboratoire. Ce goulot d'étranglement touche des acteurs comme Figure AI, Physical Intelligence ou NVIDIA, dont les modèles Helix, Pi-0 ou GR00T dépendent de données coûteuses à collecter. Pour les intégrateurs, une capture de données industrialisée et bon marché pourrait accélérer le passage des démonstrations scénarisées à des déploiements robustes en usine. 51World s'est bâti une expertise dans la simulation 3D et les jumeaux numériques appliqués aux villes intelligentes et à l'industrie, avant d'orienter cette technologie vers l'IA incarnée, un pivot cohérent avec l'essor des humanoïdes chinois porté par Unitree, UBTech ou AgiBot. Elle se positionne ainsi face à des acteurs occidentaux comme Tesla avec Optimus, Figure AI ou NVIDIA, qui investissent aussi dans les pipelines de données synthétiques et réelles. Aucun calendrier de déploiement pilote ni partenariat client n'a été précisé, l'annonce relevant pour l'instant d'un positionnement sur le marché naissant des infrastructures de données pour l'IA physique.

Chine/AsieActu
1 source