
LiberAI présente Liber-0, un modèle d'action du monde qui ancre l'expérience humaine dans l'action des robots
LiberAI, une startup basée à Pékin, présente Liber-0, un modèle d'action du monde (world action model, WAM) préentraîné sur plus de 2,2 millions d'heures d'expérience humaine. Il prédit conjointement les images vidéo futures et les actions, ce qui lui permet d'apprendre à la fois de vidéos ordinaires sans étiquettes d'action et d'enregistrements avec mouvements mesurés. Ces derniers viennent du gant LiberSense Glove, qui capte directement les mouvements de la main, et de la plateforme robotique de l'entreprise, dont les caméras, la main, le poignet et la taille imitent la cinématique humaine. Une représentation unifiée de l'incarnation (Unified Embodiment Representation) renseigne le modèle sur la morphologie et les articulations du corps qui exécute l'action. Pour tester la généralisation, LiberAI a évalué le modèle sur 60 tâches proposées par GPT-6, distinctes de ses benchmarks internes: 20 tâches de pick-and-place, 20 de manipulation hors pick-and-place et 20 tâches difficiles ou à long horizon. Sur 600 essais, le taux de réussite global est de 36,0%: 63,5% en pick-and-place, 34,0% en manipulation hors pick-and-place et 10,5% sur les tâches difficiles. « Zero-shot » signifie ici que le checkpoint n'a pas vu de démonstrations robot propres à ces tâches, mais le préentraînement incluait bien des données robot.
L'enjeu est celui du goulot d'étranglement des données. La téléopération reste le standard, avec des données fidèles au déploiement mais lentes et coûteuses à produire à chaque nouvelle tâche ou plateforme. Une expérience d'ablation donne un signal intéressant: avec des démonstrations robot limitées au pick-and-place, le score de progression (0 à 100) sur six tâches hors pick-and-place est de 2,2. Ajouter des enregistrements gant de gestes comme plier, appuyer ou ouvrir le porte à 47,5, puis à 54,6 avec du pick-and-place gant, proche d'un score de référence de 56,3. Cela suggère que le gant peut transmettre des comportements absents des données robot. Il faut toutefois relativiser: le chiffre de 36% est un agrégat auto-rapporté, la suite de tâches est choisie par l'éditeur, et 10,5% sur le long horizon montre que l'enchaînement reste loin d'une fiabilité industrielle.
Liber-0 s'inscrit dans la course aux modèles fondation pour la manipulation, où des acteurs comme Physical Intelligence (Pi-0), Nvidia (GR00T) ou Figure (Helix) s'appuient surtout sur des données robot téléopérées, tandis que les approches fondées sur la vidéo humaine cherchent à contourner ce coût. Le pari de LiberAI est de rapprocher la cinématique du robot de celle de l'humain pour réduire l'écart d'incarnation, avec sa plateforme LEO. Il s'agit d'une publication de recherche: aucun prix, volume de déploiement, client pilote ni calendrier commercial n'est annoncé, et aucun acteur européen n'est mentionné. La suite à surveiller sera une validation indépendante des résultats, des évaluations sur d'autres robots que LEO et une montée en échelle de la collecte par gants.
Pas d\'impact direct sur la France/UE
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