Aller au contenu principal
Pourquoi Meta s'est tourné vers le chinois Fourier pour son robot humanoïde
HumanoïdesTechNode 

Pourquoi Meta s'est tourné vers le chinois Fourier pour son robot humanoïde

1 source couvre ce sujet·Source originale ↗·
Résumé IASource uniqueImpact UE

Meta a présenté fin août à ses employés, lors d'un sommet interne de robotique, « Max », un humanoïde de 1,5 m et 48 kg développé avec la société shanghaïenne Fourier. Le robot embarque un module Nvidia Jetson Thor, affiche des expressions faciales et saisit des objets avec des mains à cinq doigts. Selon les informations rapportées, le prototype a été conçu en environ trois mois, et Li-Chen Miller, vice-présidente produit robotique chez Meta, a passé près de deux mois dans l'usine de Fourier à Shanghai. Les travaux sur Max 2 ont démarré en septembre. Le projet relève de la recherche et de l'expérimentation, sans commercialisation prévue. Aucun chiffre de charge utile, de degrés de liberté ou de coût n'a été communiqué, et Fourier s'est limité à indiquer à The Paper que de nouvelles informations passeraient par les canaux officiels. Les détails du cahier des charges viennent de The Information, pas d'une publication technique.

Pour Meta, qui cherche un « corps » à ses modèles d'IA, l'épisode montre qu'un prototype humanoïde orienté interaction peut sortir en un trimestre quand on s'appuie sur une plateforme matérielle existante et une chaîne d'approvisionnement mature. Meta reconnaît d'ailleurs la difficulté de sourcer certains composants aux États-Unis. Le cahier des charges portait sur l'interaction : reconnaître une voix à cinq mètres, interpréter des gestes à trois mètres, maintenir le contact visuel et signaler des états comme l'écoute ou l'incertitude. Ces critères relèvent de l'interface homme-robot plutôt que de la manipulation industrielle. Pour les intégrateurs, le signal est que la valeur se déplace vers la perception multimodale et le logiciel, tandis que le corps du robot tend à devenir un composant que l'on peut acheter auprès de partenaires.

Fondée en 2015 par Gu Jie, Fourier est partie de la rééducation (exosquelettes, systèmes d'entraînement hospitaliers), ce qui lui a donné de l'expérience en contrôle moteur et en retour d'effort. Son programme humanoïde, lancé en 2019, a vu un prototype marcher sans câble en 2022, puis le GR-1 en 2023, le GR-2 en 2024, et en 2025 le N1 open source et le GR-3, un robot de soin de 55 degrés de liberté. Nvidia l'avait cité en 2024 parmi les développeurs du projet GR00T. Côté financement, SoftBank Vision Fund 2 a mené une série D de 400 millions de RMB en 2022 avec Prosperity7 et IDG Capital, une série E d'environ 800 millions de RMB a suivi en janvier 2025, puis Runyang Technology a investi 300 millions de RMB sur une valorisation pré-money de 8 milliards de RMB. Omdia estime que Fourier a livré 300 humanoïdes en 2025, ce qui la place au sixième rang mondial. Face à des acteurs comme Tesla, Figure ou les chinois Unitree et AgiBot, Fourier se distingue par son positionnement soin et interaction. Reste à voir si Max 2 débouchera sur un produit ou restera un banc d'essai interne.

À lire aussi

Meta aurait conçu un prototype de robot humanoïde avec le chinois Fourier
1TechNode 

Meta aurait conçu un prototype de robot humanoïde avec le chinois Fourier

Meta a développé avec le fabricant chinois Fourier un prototype de robot humanoïde et travaille déjà sur une deuxième version, selon un article de The Information daté du 31 octobre. La machine, baptisée Max en interne, mesure environ 1,50 m (cinq pieds). Elle intègre des haut-parleurs dans le torse, un visage capable d'imiter des expressions humaines et des mains à cinq doigts qui saisissent de petits objets. Les deux entreprises auraient construit ce premier prototype en trois mois. Aucune fiche technique n'a filtré: ni charge utile, ni nombre de degrés de liberté, ni autonomie, ni modèle d'IA de pilotage. Meta n'a pas confirmé publiquement ces informations. Le signal est stratégique plus que technique. Meta explore la robotique domestique, un segment où aucun acteur n'a encore livré de produit grand public fiable, et choisit d'accélérer par un partenariat plutôt que par un développement matériel interne. Un cycle de trois mois montre l'avantage de la chaîne d'approvisionnement chinoise pour le prototypage rapide. Le choix d'un partenaire chinois pour un groupe américain est aussi notable dans le contexte des tensions commerciales. Le prototype reste cependant un outil de recherche, sans date de lancement ni prix. Meta avance ainsi dans une course où Tesla (Optimus), Figure et 1X ciblent aussi, à des degrés divers, le foyer. Fourier, basé à Shanghai et connu pour ses humanoïdes de la série GR, y gagne une visibilité de premier plan. La suite dépendra de la deuxième version et d'une éventuelle annonce officielle, qui dira si Meta vise un robot complet ou une plateforme logicielle.

HumanoïdesActu
1 source
Meta conçoit un prototype de robot humanoïde de 48 kg pour explorer de futurs usages domestiques
2Interesting Engineering 

Meta conçoit un prototype de robot humanoïde de 48 kg pour explorer de futurs usages domestiques

Meta a conçu en trois mois un prototype de robot humanoïde baptisé en interne Max, en partenariat avec le constructeur chinois Fourier. D'après The Information, la machine mesure environ 1,50 m pour 48 kg et embarque la plateforme de calcul NVIDIA Jetson Thor. Elle repose sur du matériel dérivé des plateformes de Fourier, dont l'humanoïde GR-3, mais n'en est pas une simple variante. Les proportions du corps, la tête, l'écran et la disposition des caméras ont été modifiés, et des mains à cinq doigts doivent manipuler de petits objets comme des bouteilles ou des jouets. Des haut-parleurs sont logés dans le torse et le visage affiche des expressions. Le cahier des charges vise la reconnaissance de commandes vocales à environ 5 m, celle de gestes comme un signe de la main à environ 3 m, le maintien du contact visuel et la signalisation de l'état du robot (écoute, calcul, parole, incertitude). Une version Max 2, lancée en septembre, prévoit un torse redessiné, de meilleures mains, un projecteur et des capteurs supplémentaires pour franchir des escaliers. Meta recrute par ailleurs des ingénieurs à Shanghai et Shenzhen, avec des postes allant du prototypage à la préparation d'une fabrication en grande série. L'entreprise affirme que la collaboration reste limitée à la recherche interne. L'intérêt tient moins à la machine qu'à la méthode. En s'appuyant sur un fournisseur de matériel éprouvé, Meta court-circuite la phase la plus lente de la robotique humanoïde, la conception mécanique, et concentre ses efforts sur l'interaction homme-robot et l'IA embarquée. Les exigences annoncées portent sur la perception sociale plus que sur la manipulation ou la charge utile, ce qui indique un positionnement domestique et non industriel. Il faut toutefois rester prudent : ces critères sont des objectifs de développement, pas des performances démontrées, et aucune vidéo, mesure de fiabilité ni donnée de temps de cycle n'a été rendue publique. Le recrutement en vue d'une production de masse suggère néanmoins une ambition qui dépasse le simple laboratoire. L'ancrage chinois de la chaîne d'approvisionnement pose aussi une question d'exposition réglementaire et géopolitique pour un groupe américain. Ce projet s'inscrit dans la montée en puissance de Meta dans le physique, après le rachat d'Assured Robot Intelligence, spécialiste de l'apprentissage robotique, qui apporte des compétences en modèles permettant à un robot de comprendre son environnement et d'exécuter des tâches. L'entreprise cherche à relier ses modèles d'IA grand public à des machines. Elle rejoint un champ déjà occupé : Tesla avec Optimus, Figure avec le Figure 03 présenté comme un robot domestique, 1X avec Neo en précommande pour le foyer, et en Europe Enchanted Tools, dont le Mirokaï vise les environnements de service. Fourier, de son côté, gagne une vitrine de poids pour ses plateformes GR. Aucun calendrier de pilote, de prix ni de commercialisation n'a été annoncé, et Max reste un prototype de recherche, loin d'un produit livré ou d'un déploiement réel.

HumanoïdesActu
1 source
La soudure navale est-elle le bon premier emploi pour les robots humanoïdes ?
3IEEE Spectrum Robotics 

La soudure navale est-elle le bon premier emploi pour les robots humanoïdes ?

Persona AI, fondée par Nic Radford et Jerry Pratt, développe un robot humanoïde dédié au soudage dans la construction navale. Radford a dirigé le programme Valkyrie au centre spatial Johnson de la NASA et fondé Nauticus Robotics ; Pratt a mené l'équipe de l'IHMC lors du DARPA Robotics Challenge avant de passer deux ans comme directeur technique chez Figure. Interrogée par IEEE Spectrum il y a deux ans, peu après sa création, Persona AI n'avait pas encore arrêté son marché cible et évoquait l'entrepôt, l'automobile ou même le domicile. L'entreprise a depuis choisi le soudage naval : son robot doit réaliser de longs cordons de soudure linéaires, une tâche jugée peu complexe mais requise sur des centaines de kilomètres par navire. Persona AI revendique deux partenariats publics en Corée du Sud, avec HD Hyundai, premier constructeur naval mondial, et POSCO, troisième producteur d'acier mondial. L'entreprise vise des clients capables de déployer des « centaines » de robots par site, sans communiquer de calendrier ni de prix. Techniquement, la vitesse de soudage est bridée par la fonte du métal, autour d'un centimètre par seconde, avec des mouvements répétés à l'échelle du millimètre sur de longues durées, un registre où la robotique surpasse traditionnellement l'humain sujet à la fatigue. Le choix de Persona AI rompt avec la stratégie dominante du secteur, qui cible le travail non qualifié (logistique, manutention) sans avoir encore démontré de déploiement rentable à grande échelle, malgré une multiplication des démonstrations vidéo. Radford revendique un « avantage du dernier arrivé » : avoir observé les échecs commerciaux des concurrents avant de se positionner sur un métier qualifié et mieux rémunéré, où la pénurie de main-d'œuvre est structurelle et où la pénibilité physique justifie économiquement l'automatisation. C'est un test important pour la filière humanoïde : si l'usage d'outils manuels comme un poste à souder, plus complexe qu'une simple préhension d'objets, peut être industrialisé sur un cas d'usage étroit et répétitif, cela validerait une approche de niche plutôt que la polyvalence généraliste vantée par des concurrents comme Figure ou Tesla avec Optimus. Cela reste toutefois à ce stade une annonce de partenariats et une orientation stratégique, pas un déploiement en production chiffré ; Persona AI n'a communiqué ni volume de robots livrés, ni taux de réussite mesuré sur site. Le pari s'appuie sur la génétique de ses fondateurs, issus de programmes robotiques exigeants (NASA, DARPA) plutôt que du seul monde de l'IA générative, et sur un choix délibéré d'éviter la course aux tâches domestiques ou d'entrepôt déjà disputée par une dizaine d'acteurs. La concurrence positionnée sur les compétences physiques qualifiées reste rare, ce qui donne à Persona AI un créneau relativement dégagé face à des rivaux généralistes mieux financés. Les prochaines étapes attendues concernent la montée en cadence chez HD Hyundai et POSCO, la démonstration d'une qualité de soudure comparable à celle d'un opérateur humain, et l'élargissement éventuel à d'autres tâches de soudage plus complexes une fois le cas d'usage linéaire maîtrisé.

HumanoïdesOpinion
1 source
Digit 5, le premier robot humanoïde vraiment sûr pour travailler ?
4IEEE Spectrum Robotics 

Digit 5, le premier robot humanoïde vraiment sûr pour travailler ?

Agility Robotics a dévoilé Digit 5, la dernière génération de son robot humanoïde industriel, en misant sur un compromis inédit entre puissance, sécurité et autonomie énergétique. L'engin mesure 1,8 mètre pour 129 kg, peut soulever une charge de 23 kg jusqu'à 2,1 mètres de hauteur, et fonctionne plus de 20 heures par jour sans immobilisation prolongée pour recharge. Sa principale nouveauté tient à sa gestion de la sécurité : au lieu de s'appuyer sur des barrières physiques comme la quasi-totalité des humanoïdes commerciaux actuels, Digit 5 est conçu pour ne jamais pouvoir tomber sur quelqu'un. Quand un humain s'approche, le robot dépose ce qu'il transporte puis s'assoit au sol de façon stable si nécessaire, selon le communiqué d'Agility. Le robot abandonne aussi les jambes inversées, en forme de patte d'oiseau, qui caractérisaient Cassie puis les précédentes générations de Digit et qu'avait théorisées le cofondateur Jonathan Hurst dans un article de 2019 pour IEEE Spectrum : ces jambes optimisées pour la locomotion dynamique se prêtaient mal au levage et à la position accroupie, d'où le passage à une configuration plus proche de la jambe humaine. D'après le dossier déposé par Agility auprès de la SEC en juin, en vue d'une entrée en Bourse prévue avant fin 2026, le coût des composants (BOM) de Digit 5 devrait se situer entre 150 000 et 200 000 dollars au lancement, avec un objectif de moins de 50 000 dollars à un volume de 10 000 unités par an. Le service en formule robot-as-a-service serait facturé autour de 8 500 dollars par mois, une estimation qu'Agility qualifie elle-même de purement illustrative. Cette approche répond à une question que la plupart des fabricants de humanoïdes évitent : que se passe-t-il si un robot bipède intrinsèquement instable tombe sur un employé, un enfant ou un animal ? En rendant cette chute impossible par construction plutôt que par promesse marketing, Agility propose une réponse vérifiable là où la concurrence reste largement silencieuse sur le sujet, ce qui pourrait débloquer des déploiements en usine sans cages de sécurité, un frein connu à l'adoption industrielle des humanoïdes. Sur le plan économique, en croisant les 20 heures d'activité quotidienne annoncées avec un coût horaire de main-d'œuvre estimé à 30,50 dollars, Agility avance une économie potentielle de 100 000 dollars par an et par robot pour ses clients, un chiffre présenté comme purement indicatif et donc à prendre avec prudence, comme toute projection émanant du fabricant avant commercialisation à grande échelle. Si ces ordres de grandeur se confirment en conditions réelles, ils constitueraient l'un des premiers cas concrets où l'équation coûts/bénéfices d'un humanoïde tiendrait la route face au scepticisme sur l'écart entre démonstrations spectaculaires et utilité économique réelle en production. Agility Robotics construit sur l'héritage de Cassie, son premier robot bipède, puis des générations précédentes de Digit, dont les jambes inversées avaient été conçues par Jonathan Hurst comme une optimisation biomécanique de la locomotion dynamique plutôt que par souci esthétique, ainsi qu'il l'expliquait déjà en 2019. Le passage à une architecture de jambes plus proche de l'humain marque une bascule assumée vers l'utilité au sol, levage et position accroupie, au détriment de l'agilité dynamique. La société a par ailleurs confirmé, via son dépôt SEC de juin, viser une introduction en Bourse d'ici fin 2026, ce qui explique la précision inhabituelle des chiffres de coûts et de rentabilité rendus publics avant même la commercialisation effective de Digit 5. Le robot arrive dans un paysage humanoïde de plus en plus encombré, où de nombreux concurrents continuent de communiquer surtout par vidéos de démonstration ; l'insistance d'Agility sur un mécanisme de sécurité vérifiable et sur des données de coûts de production réelles, plutôt que sur des projections marketing, tranche avec cette tendance. Les prochaines étapes attendues sont les premiers retours de déploiements clients à grande échelle, qui permettront de vérifier si les promesses de 20 heures de fonctionnement quotidien et d'économies annuelles de 100 000 dollars par robot se confirment sur le terrain, à mesure qu'Agility se rapproche de l'échéance boursière visée pour fin 2026.

HumanoïdesOpinion
1 source