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RegulationRobotics & Automation News 

Une nouvelle norme ASTM vise à évaluer les performances des robots en conditions réelles

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Le comité robotique F45 d'ASTM International prépare un projet de norme, référencé WK100792, destiné à mesurer la performance de tâche des manipulateurs et des manipulateurs mobiles lorsque le signal optique est volontairement dégradé de façon contrôlée. La méthode vise à quantifier dans quelle mesure une perte d'information visuelle (caméras, capteurs optiques) pèse sur la réussite d'une tâche. Selon Aarati Noronha, membre d'ASTM International, les conditions réelles peuvent altérer cette information. Il s'agit à ce stade d'un document en cours d'élaboration : aucun seuil chiffré, protocole détaillé ni calendrier d'adoption n'est communiqué, et aucun produit ou déploiement n'est concerné.

L'enjeu est le fossé entre démonstration et réalité. Les vidéos de laboratoire se tournent dans un éclairage maîtrisé, alors qu'un entrepôt ou une usine impose reflets, poussière, contre-jour ou faible luminosité. Ce sont des situations où les politiques de perception, y compris les modèles vision-langage-action (VLA), peuvent se dégrader brutalement. Une méthode d'essai normalisée donnerait aux intégrateurs et aux responsables d'exploitation un langage commun pour comparer des robots sur la robustesse, et non plus sur le seul temps de cycle annoncé dans des conditions favorables. Elle pourrait aussi alimenter les cahiers des charges et les audits de sécurité.

Ce travail s'inscrit dans l'effort de normalisation du comité F45, qui couvre la robotique, l'automatisation et les systèmes autonomes, alors que les fabricants de manipulateurs et d'humanoïdes multiplient les annonces de performance sans référentiel partagé. Il reste à voir comment le projet passera par le vote des membres ASTM, quels niveaux de dégradation seront retenus et si les acteurs européens y contribueront. La valeur de la norme dépendra de l'adoption par les industriels et de la reproductibilité des essais.

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Derik Pridmore, cofondateur et PDG d'OSARO, est l'invité de l'épisode 255 du podcast The Robot Report, aux côtés d'un segment d'actualité consacré à une décision de la FCC limitant les importations aux États-Unis de nouveaux robots humanoïdes et mobiles, un sujet sur lequel plusieurs experts du secteur réagissent. OSARO, fondée en 2015, développe des logiciels d'IA pour l'automatisation industrielle, avec une offre intégrée de perception et de contrôle destinée aux déploiements robotiques à l'échelle industrielle, notamment en entrepôt. Pridmore apporte un profil atypique dans ce milieu très ingénierie : plus de dix ans d'expérience en investissement, notamment chez Founders Fund et Arda Capital Management, avec des paris passés sur DeepMind et Clarifai. Dans l'entretien, il retrace l'évolution de la robotique d'entrepôt, passée de systèmes de perception rigides et limités à une automatisation pilotée par IA capable de s'adapter à des environnements changeants. L'intérêt de la discussion tient moins à une annonce produit qu'à une mise en garde adressée aux décideurs industriels et intégrateurs : Pridmore insiste sur le fait qu'une conception agnostique du matériel, un apprentissage continu et un monitoring réel en conditions d'exploitation comptent davantage que des démonstrations spectaculaires, souvent déconnectées des contraintes de fiabilité et de sécurité qu'exige un déploiement à grande échelle. C'est un rappel utile dans un secteur où l'écart entre vidéos de démonstration et robustesse opérationnelle reste un point de friction récurrent, y compris pour les systèmes vision-langage-action mis en avant par plusieurs acteurs de l'humanoïde. En parallèle, la décision de la FCC restreignant l'importation de robots humanoïdes et mobiles neufs aux États-Unis illustre un durcissement réglementaire qui pourrait peser sur les plans de déploiement de fabricants étrangers sur le marché américain, un signal à surveiller pour toute entreprise dépendant de matériel importé. OSARO s'inscrit dans un marché de la perception et de la manipulation robotique en entrepôt occupé par des acteurs comme Covariant ou Dexterity, où la bataille se joue autant sur la capacité à généraliser d'un type de préhenseur ou de convoyeur à un autre que sur la performance brute des modèles. Le parcours de Pridmore, entre capital-risque et direction opérationnelle, éclaire aussi une dynamique plus large : des investisseurs technologiques historiques qui basculent vers l'exécution industrielle directe. Quant au volet réglementaire évoqué dans l'épisode, il s'inscrit dans une série de mesures américaines de contrôle des importations technologiques, dont les contours précis et les prochaines étapes restent à préciser au fil des réactions du secteur.

RegulationReglementation
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Are les fournisseurs prêts pour les nouvelles normes de sécurité des robots ?
2Robotics Business Review 

Are les fournisseurs prêts pour les nouvelles normes de sécurité des robots ?

KUKA, l'un des plus grands fournisseurs de robotique industrielle pour l'automobile, illustre les enjeux d'une transition réglementaire majeure qui s'annonce pour le secteur. La norme ISO 10218:2025, version actualisée du référentiel de sécurité pour les robots industriels, doit devenir obligatoire pour le marquage CE en Europe dans le cadre du nouveau règlement Machines UE 2023/1230, qui remplacera la directive Machines 2006/42/CE le 20 janvier 2027. Reste une étape critique en suspens mi-2026 : l'inscription officielle de la norme au Journal officiel de l'Union européenne, préalable indispensable à son entrée en vigueur légale. Lors de la précédente révision de 2011, ce processus d'harmonisation avait pris plus d'un an, ce qui laisse craindre un calendrier très serré, voire un dépassement de l'échéance de 2027, d'autant que la demande manufacturière européenne reste faible et que les PME subissent des pressions de coûts. Aux États-Unis, l'Association for Advancing Automation et l'ANSI ont publié en septembre 2025 leur propre mise à jour, la norme R15.06-2025, alignée sur les standards ISO mais purement volontaire. Cette différence de statut juridique ne doit pas masquer un enjeu commercial commun : les grands équipementiers, déjà largement prêts pour cette transition, devraient voir leur position concurrentielle renforcée, tandis que les fournisseurs de taille moyenne ou émergents, souvent moins avancés dans leur mise en conformité, risquent de perdre l'accès à certains marchés. En Europe, l'investissement nécessaire pour se conformer à la norme pèsera à court terme sur des vendeurs déjà fragilisés par la contraction du marché entre 2023 et 2025, mais ceux qui absorberont cette transition seront mieux placés pour capter une demande industrielle de plus en plus sensible aux questions de sécurité. Aux États-Unis, bien que la norme reste non contraignante sur le plan légal, les grands donneurs d'ordre et intégrateurs l'exigent fréquemment dans leurs cahiers des charges, et l'OSHA peut s'y référer comme benchmark en cas d'accident, rendant la conformité de facto incontournable pour qui vise ce marché. Le contexte plus large est celui d'un marché américain en reprise depuis le second semestre 2025, mais toujours fragilisé par les tensions géopolitiques et la hausse des prix du pétrole, pendant qu'en Europe le calage précis entre le calendrier réglementaire et la publication au Journal officiel reste la grande inconnue. Pour les fournisseurs, la marge de manœuvre se réduit : anticiper la mise en conformité devient un facteur de différenciation avant même l'entrée en vigueur formelle du texte.

UELe règlement Machines UE 2023/1230, qui rendra la norme ISO 10218:2025 obligatoire pour le marquage CE des robots industriels en Europe à partir du 20 janvier 2027, impactera directement tous les fournisseurs vendant sur le marché européen, en particulier les PME et fournisseurs émergents moins avancés dans leur mise en conformité.

RegulationReglementation
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Robots humanoïdes : Comment assurer leur conformité en Europe en 2027 ?
3Robot Magazine FR 

Robots humanoïdes : Comment assurer leur conformité en Europe en 2027 ?

Le Règlement Machines (UE) 2023/1230 entrera en application en Europe le 20 janvier 2027, échéance que les ajustements de calendrier touchant par ailleurs l'AI Act ne repoussent pas. Jusqu'au 19 janvier 2027 inclus, l'ancienne directive Machines reste en vigueur ; le nouveau règlement prend ensuite le relais. Un guide préparé pour Robot Magazine a passé en revue cinq textes ISO censés encadrer la sécurité des robots humanoïdes et mobiles à pattes : aucun n'était publié au moment de sa rédaction. C'est le cas d'ISO 25785-1, consacré à la sécurité des robots mobiles industriels à stabilité activement contrôlée, catégorie qui inclut les robots bipèdes, identifié comme le texte le plus susceptible de couvrir un humanoïde marchant en usine, mais sans date de publication annoncée. La nouvelle édition d'ISO 13482, dédiée aux robots de service, en était elle aussi au stade final d'approbation, non publiée. Le cadre réglementaire avance donc plus vite que le corpus normatif technique censé permettre aux fabricants de démontrer la conformité de leurs machines. Pour les directeurs industriels, responsables HSE, intégrateurs et directions techniques qui envisagent d'acquérir des robots humanoïdes, ce décalage a des conséquences immédiates : tout projet d'achat ou de déploiement prévu pour 2027 doit déjà intégrer cette échéance, alors qu'aucune norme harmonisée ne décrit encore complètement la sécurité d'un humanoïde marchant. Ce constat nuance le récit dominant du secteur, où les démonstrations en usine ou en entrepôt laissent souvent entendre que la technologie est prête à s'industrialiser sans friction. Autre point structurant pour les acheteurs : la conformité d'un robot ne dépend pas de son apparence ou de sa technologie, mais de son usage réel. Un même humanoïde affecté à une ligne de production ou utilisé comme robot de service peut relever de cadres normatifs distincts. Avant toute discussion avec un constructeur, l'entreprise doit donc définir précisément où le robot travaillera, ce qu'il fera, avec qui il interagira et dans quelles conditions, sous peine de choisir un référentiel inadapté. Cette situation découle de la structure du cadre réglementaire européen des machines, qui succède à une directive antérieure tout en coexistant avec d'autres textes numériques comme l'AI Act, source de confusion sur les calendriers. Le guide rappelle aussi que la conformité machine ne couvre qu'une partie du problème : certaines obligations liées à l'utilisation effective du robot, une fois déployé, dépendent d'autres facteurs que la seule mise sur le marché conforme. L'article ne cite aucun constructeur ni intégrateur engagé dans un projet précis ; l'enjeu concerne l'ensemble des acteurs européens qui envisagent d'introduire des humanoïdes en environnement professionnel d'ici 2027, alors que les textes ISO spécifiques, dont ceux sur la locomotion à jambes et les données des robots humanoïdes, restent en préparation plutôt que publiés.

UELe Règlement Machines (UE) 2023/1230 entre en application le 20 janvier 2027 pour tous les fabricants et acheteurs de robots humanoïdes en Europe, sans que les normes ISO harmonisées correspondantes soient encore publiées.

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IA incarnée multi-agents : la dégradation du consentement en chaîne, un pont entre gouvernance des agents et éthique robotique
4arXiv cs.RO 

IA incarnée multi-agents : la dégradation du consentement en chaîne, un pont entre gouvernance des agents et éthique robotique

Un article académique publié sur arXiv (référence 2605.16300) formule un problème de gouvernance que les cadres réglementaires actuels n'adressent pas : lorsqu'un robot physique délègue une tâche à un autre robot qui en délègue une partie à un troisième, le consentement initial donné par l'humain se dilue à chaque maillon de la chaîne. Les auteurs nomment ce phénomène "Consent Chain Degradation" (CCD) et proposent un cadre conceptuel pour le quantifier, accompagné d'une architecture de supervision en trois couches baptisée CoRVE (Consent Runtime Verification Framework for Embodied Agents). CoRVE intègre un modèle de portée du consentement, un suivi des chaînes de délégation et une évaluation de l'irréversibilité physique des actions. Trois scénarios illustrent le mécanisme : robotique médicale, assistance à domicile et environnement industriel, dont un exemple numérique détaillé. L'enjeu dépasse la théorie. Dans un atelier où un AMR (robot mobile autonome) confie une tâche de manipulation à un bras collaboratif, lui-même supervisé par un système de vision tiers, le consentement opérateur formulé en amont peut ne plus couvrir les actions finales, notamment si elles sont physiquement irréversibles (déplacement d'un patient, coupe d'un matériau, accès à un espace privé). Les auteurs montrent que ni la communauté de l'éthique de l'IA (centrée sur les agents logiciels) ni la communauté HRI (Human-Robot Interaction, focalisée sur les interactions dyadiques humain-robot) n'ont produit de cadre adapté aux écosystèmes multi-robots physiques. C'est un angle mort documenté pour la première fois de façon structurée. L'analyse réglementaire conduite dans le papier révèle que quatre textes européens majeurs, l'AI Act, le RGPD, le Règlement Machines révisé et la Directive révisée sur la responsabilité du fait des produits, laissent tous la dimension CCD sans réponse. Aucun n'impose de traçabilité de la délégation inter-robots ni de vérification dynamique du périmètre de consentement. Ce constat arrive alors que des déploiements multi-agents incarnés commencent à sortir du laboratoire, entrepôts Amazon Robotics, hôpitaux pilotes avec Diligent Robotics, sites industriels Exotec. La prochaine étape naturelle serait une implémentation de référence de CoRVE et une proposition d'amendement aux textes européens, que les auteurs n'ont pas encore publiée.

UELes quatre textes réglementaires européens analysés (AI Act, RGPD, Règlement Machines révisé, Directive responsabilité produits) ne couvrent aucun le phénomène de dégradation du consentement inter-robots, un vide juridique qui affectera directement les déploiements multi-agents incarnés en Europe, y compris chez des acteurs français comme Exotec.

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