La Chine met en consultation publique des codes d'identification pour toutes les catégories de robots
La Chine ouvre à consultation publique un projet de mesures provisoires visant à attribuer un code d'identification unique à chaque robot, toutes catégories confondues. Le ministère de l'Industrie et des Technologies de l'information (MIIT) a publié l'avis le 6 novembre, avec une période de commentaires qui court jusqu'au 5 décembre. L'objectif affiché est de bâtir un système d'identité unifié, d'harmoniser la production et de soutenir la gouvernance de la sécurité. Selon le compte rendu d'IT Home, le code proposé comprendrait quatre blocs: un code fabricant, un code de description du produit, un code de séquence produit et d'autres codes. L'attribution suivrait la norme nationale citée dans le projet sous la référence GB/T 48541-2026, elle-même encore au stade de la consultation. Le périmètre couvre les robots industriels, de service et à usage spécial, donc bien au-delà des seuls humanoïdes visés par une initiative antérieure.
Il s'agit d'un texte en projet, pas d'une règle en vigueur, et la référence à une norme elle-même non finalisée interdit d'y voir un régime de codage national déjà opérationnel. Les exigences définitives dépendront des mesures adoptées et de la norme applicable. Pour les fabricants et intégrateurs, l'enjeu est concret: un robot serait identifiable individuellement tout au long de son cycle de vie, de la fabrication à la circulation, à l'usage, puis à la mise au rebut ou au recyclage, et non plus seulement par un nom de modèle partagé par des milliers d'unités. Pour les exploitants et les décideurs industriels, cela annonce de possibles obligations de traçabilité, de marquage en usine et de gestion de parc, avec des effets sur les exportateurs, qui devront probablement se conformer à ce schéma pour vendre sur le marché chinois. Pour les acteurs européens présents en Chine, il faudra suivre de près le texte final.
Le dispositif prolonge un travail déjà engagé sur les humanoïdes. En mai, une plateforme de gestion du cycle de vie des robots humanoïdes a été lancée dans le cadre des travaux de normalisation du ministère sur la robotique humanoïde et l'intelligence incarnée. Elle reposait sur un identifiant de 29 caractères en quatre parties (pays, entreprise, produit, numéro de série). D'après IT Home, plus de 100 entreprises et plus de 28 000 robots humanoïdes y étaient couverts en mai. Ces chiffres décrivent la plateforme existante, pas l'adoption des nouvelles mesures. La consultation doit aussi être distinguée du registre d'identité des agents d'IA dévoilé cette semaine à Wuzhen, qui concerne l'identité et l'interopérabilité d'agents logiciels. Les deux initiatives relèvent de la traçabilité, mais portent sur des objets différents. La suite dépendra de la clôture des commentaires le 5 décembre, puis de la publication des mesures définitives et de la norme associée, dont le calendrier n'est pas précisé.
Les fabricants et intégrateurs européens qui vendent ou exploitent des robots en Chine devront probablement se conformer à ce schéma d'identification une fois le texte final adopté.




