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RegulationRobotics Business Review 

La FCC statue sur les robots, éclairage sur la politique américaine : comment l'IA nouvelle génération peut transformer l'entreposage

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Résumé IASource uniqueImpact UE

Derik Pridmore, cofondateur et PDG d'OSARO, est l'invité de l'épisode 255 du podcast The Robot Report, aux côtés d'un segment d'actualité consacré à une décision de la FCC limitant les importations aux États-Unis de nouveaux robots humanoïdes et mobiles, un sujet sur lequel plusieurs experts du secteur réagissent. OSARO, fondée en 2015, développe des logiciels d'IA pour l'automatisation industrielle, avec une offre intégrée de perception et de contrôle destinée aux déploiements robotiques à l'échelle industrielle, notamment en entrepôt. Pridmore apporte un profil atypique dans ce milieu très ingénierie : plus de dix ans d'expérience en investissement, notamment chez Founders Fund et Arda Capital Management, avec des paris passés sur DeepMind et Clarifai. Dans l'entretien, il retrace l'évolution de la robotique d'entrepôt, passée de systèmes de perception rigides et limités à une automatisation pilotée par IA capable de s'adapter à des environnements changeants.

L'intérêt de la discussion tient moins à une annonce produit qu'à une mise en garde adressée aux décideurs industriels et intégrateurs : Pridmore insiste sur le fait qu'une conception agnostique du matériel, un apprentissage continu et un monitoring réel en conditions d'exploitation comptent davantage que des démonstrations spectaculaires, souvent déconnectées des contraintes de fiabilité et de sécurité qu'exige un déploiement à grande échelle. C'est un rappel utile dans un secteur où l'écart entre vidéos de démonstration et robustesse opérationnelle reste un point de friction récurrent, y compris pour les systèmes vision-langage-action mis en avant par plusieurs acteurs de l'humanoïde. En parallèle, la décision de la FCC restreignant l'importation de robots humanoïdes et mobiles neufs aux États-Unis illustre un durcissement réglementaire qui pourrait peser sur les plans de déploiement de fabricants étrangers sur le marché américain, un signal à surveiller pour toute entreprise dépendant de matériel importé.

OSARO s'inscrit dans un marché de la perception et de la manipulation robotique en entrepôt occupé par des acteurs comme Covariant ou Dexterity, où la bataille se joue autant sur la capacité à généraliser d'un type de préhenseur ou de convoyeur à un autre que sur la performance brute des modèles. Le parcours de Pridmore, entre capital-risque et direction opérationnelle, éclaire aussi une dynamique plus large : des investisseurs technologiques historiques qui basculent vers l'exécution industrielle directe. Quant au volet réglementaire évoqué dans l'épisode, il s'inscrit dans une série de mesures américaines de contrôle des importations technologiques, dont les contours précis et les prochaines étapes restent à préciser au fil des réactions du secteur.

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Agility présente six recommandations pour les politiques américaines sur les robots humanoïdes
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Basé sur ces déclarations, la robotique humanoïde industrielle s'invite dans le débat réglementaire américain. Peggy Johnson, directrice générale d'Agility Robotics (constructeur du robot Digit, déployé notamment chez GXO et Schaeffler), a présenté dans une récente vidéo six recommandations destinées aux décideurs politiques américains. Premier point : réduire la dépendance aux composants importés, en particulier les aimants permanents pour moteurs, dont la Chine contrôle 90% de la capacité de production mondiale selon un rapport de McKinsey. Deuxième axe : adopter une stratégie nationale coordonnée entre agences fédérales et industriels, en réponse à l'objectif chinois affiché dès 2023 de production de masse d'humanoïdes pour 2025. Johnson appelle aussi à privilégier des normes volontaires et des cadres de sécurité pilotés par l'industrie, en s'appuyant sur les travaux déjà en cours à l'ISO, au NIST et à l'ASTM, plutôt qu'une réglementation contraignante. Les trois derniers piliers concernent le soutien fédéral à la formation des techniciens et aux partenariats avec les établissements d'enseignement, ainsi que des incitations financières pour abaisser le coût d'entrée à l'automatisation pour les petits fabricants. Cette prise de position illustre la bascule d'un secteur encore largement expérimental vers une phase de lobbying industriel classique, signe que les humanoïdes commencent à peser économiquement aux yeux de leurs fabricants. Pour les intégrateurs et décideurs industriels américains, l'argument central de Johnson est celui d'un risque de dépendance stratégique : sans intervention publique, la chaîne d'approvisionnement en composants critiques (aimants, actionneurs) resterait sous contrôle chinois, fragilisant à terme la base industrielle domestique. C'est aussi une manière pour Agility de peser dans la définition des normes de sécurité avant qu'elles ne soient figées par la réglementation, un enjeu direct pour la commercialisation de robots amenés à travailler aux côtés d'humains en entrepôt. La référence à la recherche montrant que les robots complètent plutôt qu'ils ne remplacent la main-d'œuvre vise aussi à désamorcer par avance l'opposition syndicale. Ces recommandations s'inscrivent dans un contexte de concurrence sino-américaine déjà bien documentée sur les semi-conducteurs et les batteries, désormais étendue à la robotique humanoïde. Le communiqué mentionne explicitement AGIBOT et son robot G2 comme illustration de l'avance industrielle chinoise en volume de déploiement. Agility Robotics, qui a déjà noué des partenariats commerciaux concrets avec des logisticiens américains pour son robot Digit, n'est pas un acteur neutre dans ce débat : ses recommandations servent aussi ses propres intérêts commerciaux en cherchant à sécuriser un accès facilité aux composants et un cadre réglementaire favorable avant que des concurrents chinois ou d'autres humanoïdes américains (Figure, Tesla Optimus, Apptronik) ne s'implantent davantage sur le marché domestique. Aucun calendrier législatif concret n'est pour l'instant associé à ces six propositions, qui restent à ce stade des recommandations et non des mesures adoptées.

UELa dépendance aux aimants permanents chinois évoquée par Agility concerne aussi la chaîne d'approvisionnement robotique européenne, mais ces recommandations visent exclusivement le cadre réglementaire américain, sans acteur ni institution française ou européenne impliqués.

RegulationReglementation
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La sécurité des robots domestiques repose avant tout sur la relation humain-machine
2IEEE Spectrum Robotics 

La sécurité des robots domestiques repose avant tout sur la relation humain-machine

L'Organisation internationale de normalisation (ISO) révise ISO 13482, sa norme de sécurité pour les robots de soin personnel, vieille de douze ans. La mise à jour est actuellement en phase d'approbation finale. Elle couvre l'identification des dangers, l'évaluation des risques et différents scénarios d'utilisation, mais n'établit ni seuils contraignants, ni méthodes de test, ni mécanismes d'application pour les risques liés à l'interaction humain-robot. C'est précisément ce manque que dénonce Jae-Seong Lee, chercheur en politique technologique à l'Electronics and Telecommunications Research Institute de Daejeon (Corée du Sud), dans une interview accordée à IEEE Spectrum. La norme entre en phase finale au moment où les fabricants d'humanoïdes domestiques basculent des prototypes de laboratoire vers des produits destinés à de vraies maisons, de vrais aidants et de vraies familles. Le problème central identifié par Lee est autant conceptuel que technique : la sécurité d'un robot domestique n'est pas une propriété fixe de la machine, elle émerge de la relation entre le robot et l'humain. L'interaction est bidirectionnelle, le robot modifie le comportement de l'humain, et l'humain modifie ce que le robot perçoit et décide ensuite. Les normes industrielles classiques peuvent borner la tâche, l'espace de travail et la population concernée. Dans un domicile, le robot doit s'adapter à des personnes âgées, des enfants, des visiteurs, des animaux, du désordre et des espaces confinés. Ce ne sont pas des cas marginaux : c'est le cadre opérationnel de base. Contraindre l'enveloppe d'un humanoïde domestique pour la rapprocher d'un robot industriel reviendrait à annuler son utilité. Par ailleurs, les entreprises qui constituent les jeux de données d'entraînement envoient déjà des travailleurs salariés filmer leurs tâches quotidiennes dans des logements ordinaires à travers le monde, ancrant la variabilité réelle du terrain dans les modèles. Le problème de sécurité se situe donc au niveau du système humain-robot complet, pas d'un composant isolé. ISO 13482 avait été publiée en 2014, dans un contexte où les robots de soin se limitaient à des assistants de mobilité et des plateformes relativement simples. Douze ans plus tard, des acteurs comme Figure AI, Boston Dynamics, 1X ou Agility Robotics positionnent des humanoïdes polyvalents comme prochaine étape du travail domestique et du maintien à domicile. En Europe, des entreprises comme Enchanted Tools avec son Mirokaï ou Wandercraft évoluent dans des environnements réglementaires similaires, ce qui leur confère une exposition directe à ce vide normatif. Le déficit identifié par Lee est avant tout un déficit de gouvernance : la communauté technique comprend le couplage bidirectionnel, le cadre normatif reconnaît les dangers associés, mais aucune norme ne traduit aujourd'hui cette compréhension en règles applicables pour l'autonomie domestique. Une question reste aussi ouverte : qui décide quel comportement humain est "normal" ? Quelle démarche sert de référence, et quel seuil de risque est acceptable pour une personne âgée à mobilité réduite par rapport à un adulte valide ? Sans réponse à ces questions, la prochaine génération de robots domestiques arrivera sur le marché sans cadre de sécurité adapté à sa réalité opérationnelle.

UEEnchanted Tools (Mirokaï) et Wandercraft sont explicitement cités comme directement exposés au vide normatif d'ISO 13482, qui n'impose aucun seuil contraignant ni méthode de test pour l'autonomie domestique.

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Les experts réagissent aux restrictions de la FCC sur les importations de robots humanoïdes et mobiles aux États-Unis
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Les experts réagissent aux restrictions de la FCC sur les importations de robots humanoïdes et mobiles aux États-Unis

La Federal Communications Commission (FCC) a annoncé cette semaine, sur mandat d'un organe interagences convoqué par la Maison-Blanche, la restriction des importations aux États-Unis de certains robots mobiles fabriqués à l'étranger, notamment les humanoïdes et les quadrupèdes, ainsi que des onduleurs de puissance connectés utilisés dans leurs articulations. La commission juge que ces "dispositifs robotiques avancés" présentent des "risques inacceptables pour la sécurité nationale", en raison de vulnérabilités de chaîne d'approvisionnement et de cybersécurité pouvant affecter les infrastructures critiques américaines. Une exemption existe toutefois pour les robots et onduleurs ayant reçu une approbation conditionnelle du Département de la Guerre ou du Département de la Sécurité intérieure. La mesure ne s'applique ni aux appareils déjà acquis, ni aux modèles ayant déjà obtenu une autorisation FCC, ni aux achats fédéraux ; les mises à jour logicielles de systèmes étrangers restent possibles via une dérogation. La FCC s'appuie sur le précédent des restrictions déjà imposées aux drones et à leurs composants critiques, secteur où les États-Unis tentent de reconstruire une capacité de production perdue face à la Chine il y a une dizaine d'années. Cette décision marque, selon Evan Beard, PDG de Standard Bots, "l'une des actions de sécurité technologique les plus fortes de l'histoire américaine récente" : elle signale que la robotique est un domaine que les États-Unis entendent dominer sans laisser des robots subventionnés par des États étrangers écraser la concurrence, comme cela s'est produit dans le solaire. Standard Bots (Glen Cove, New York), qui a levé 200 millions de dollars en série C le mois dernier pour étendre sa production américaine, avait plaidé pour ce type de mesure auprès de la Maison-Blanche et du Congrès, tout comme le fabricant d'humanoïdes Agility Robotics (Salem, Oregon). Pour les intégrateurs et décideurs industriels, le signal est clair : la course aux humanoïdes ne se limite plus à la performance technique, elle devient un enjeu de politique industrielle et de cybersécurité, avec un risque réel de fragmentation de l'offre entre fournisseurs américains et chinois. L'inquiétude sécuritaire n'est pas nouvelle : Robert Little, ancien responsable de la stratégie robotique chez Novanta et lauréat 2026 des Joseph F. Engelberger Robotics Awards, rappelle que des chercheurs avaient découvert une porte dérobée dans des robots Unitree, certains modèles transmettant des données vers des serveurs en Chine à l'insu de leurs propriétaires. Unitree a déposé en mars une demande d'introduction en bourse en Chine évaluée à 610 millions de dollars. Selon Little, l'administration américaine considère que le risque dépasse une entreprise isolée, du fait de l'autorité exercée par le gouvernement chinois sur les sociétés opérant sur son sol, en plus des subventions massives faussant la concurrence. La FCC présente sa règle comme neutre en matière de pays d'origine, tandis que le Département du Commerce étudie en parallèle des tarifs douaniers sur la robotique importée, les machines industrielles et les équipements de protection.

UECette restriction américaine sur les robots mobiles fabriques a l'étranger (notamment chinois) pourrait indirectement redistribuer les cartes du marche mondial de la robotique au profit de fabricants européens, mais aucune entreprise ou réglementation française/européenne n'est directement concernée par la mesure elle-même.

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Des avancées au Congrès pour créer une Commission nationale sur la robotique
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Des avancées au Congrès pour créer une Commission nationale sur la robotique

Quatre sénateurs américains bipartisans, Dave McCormick (R-Pennsylvanie), John Hickenlooper (D-Colorado), Todd Young (R-Indiana) et Martin Heinrich (D-Nouveau-Mexique), ont déposé la semaine dernière un projet de loi visant à créer une Commission nationale indépendante sur la robotique. Cette initiative fait écho à la loi H.R. 7334 introduite en février à la Chambre des représentants par Jay Obernolte (R-Californie), Jennifer McClellan (D-Virginie) et Bob Latta (R-Ohio), tous membres du Congressional Robotics Caucus récemment relancé. La commission aurait pour mandat d'évaluer la compétitivité américaine dans le secteur, les risques de la chaîne d'approvisionnement, les politiques étrangères en matière de robotique, les partenariats stratégiques public-privé-académique, et les dispositifs d'attraction des talents STEM. Elle formulerait également des recommandations sur la densité robotique, soit le nombre de robots pour 10 000 employés, indicateur en hausse en Amérique du Nord depuis 2024 selon l'IFR (International Federation of Robotics) et l'A3 (Association for Advancing Automation). L'enjeu principal est la pression concurrentielle exercée par la Chine, qui aurait déployé plus de robots que le reste du monde combiné. Les États-Unis disposent de capacités industrielles, universitaires et entrepreneuriales solides, mais l'absence de stratégie fédérale coordonnée freine leur positionnement. Robert Little, directeur de la stratégie robotique chez Novanta Inc. et lauréat 2026 du Prix Joseph F. Engelberger, formule le diagnostic clairement : reconstruire des usines aux États-Unis sans maîtriser les technologies robotiques qui les font fonctionner revient à reconstituer une dépendance sous une autre forme. Aaron Prather, directeur du programme Robotics & Autonomous Systems chez ASTM International, souligne de son côté que la robotique est en train de devenir une infrastructure critique et que les États-Unis gagneraient à aligner recherche, formation, normalisation et déploiement dans un cadre cohérent, comme l'ont fait d'autres nations industrialisées. Sur le plan historique, les États-Unis n'ont jamais disposé d'une politique robotique fédérale unifiée, contrairement à la Corée du Sud, au Japon ou à l'Allemagne, qui ont mis en place des stratégies nationales depuis plus d'une décennie. Pittsburgh, pôle historique de la robotique américaine via Carnegie Mellon et des acteurs comme Agility Robotics, dont la PDG Peggy Johnson cite explicitement le sénateur McCormick comme soutien clé, illustre ce que peut produire une concentration de talents sans cadre national. La prochaine étape sera l'examen du texte en commission au Sénat ; aucun calendrier de vote n'a été annoncé. Si la commission est créée, ses recommandations n'auraient pas de force contraignante, mais pourraient constituer le socle d'une législation plus structurante sur la politique industrielle robotique américaine.

UESi adoptée, cette commission américaine pourrait accélérer la structuration d'une politique industrielle robotique fédérale aux États-Unis, augmentant la pression concurrentielle sur les acteurs européens dans les segments humanoïdes et industriels où l'UE reste en retrait malgré les stratégies nationales de l'Allemagne, la France 2030 et le plan robotique européen.

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