
Les robots dans la société, l'entreprise et la culture : août 2026

En août 2026, The Information a rapporté que des fondateurs, investisseurs et startups américains achètent servomoteurs, capteurs, contrôleurs et gimbals à Shenzhen, et que des robots complets d'Unitree et de Zhiyuan y sont acquis puis démontés pour en rapporter les pièces aux Etats-Unis en valise. Fin août, TechCrunch a révélé qu'un laboratoire du Department of Energy américain, financé par des acteurs du véhicule électrique et autonome, enquête sur les risques de sécurité posés par les capteurs LiDAR chinois en cas de déploiement massif aux Etats-Unis. Des ingénieurs de Princeton ont par ailleurs dévoilé un robot sans moteur inspiré de l'origami, qui roule, rampe et change de forme grâce à un contrôle magnétique et à une géométrie multistable, son responsable Glaucio Paulino y voyant "le véritable actionneur". Selon l'Association for Advancing Automation, les entreprises nord-américaines ont commandé 8 940 robots pour 622 millions de dollars au deuxième trimestre 2026, en hausse de 4,3% en unités et de 21,3% en chiffre d'affaires sur un an. Une étude de l'université Drexel publiée dans Science Robotics, menée sur 50 hommes, montre que les participants s'attachaient davantage à un robot Pepper expressif qu'à une version statique, mais que ses erreurs déclenchaient une réaction cérébrale de transgression sociale et une hausse d'ocytocine, interprétée comme un signal d'alerte plutôt qu'un lien de confiance.
Ces informations illustrent une tension persistante entre les préoccupations de sécurité américaines et la dépendance continue de l'industrie robotique locale au matériel chinois, y compris chez les startups les mieux financées, qui s'approvisionnent directement à Shenzhen. Pour les intégrateurs et décideurs B2B, les chiffres de l'A3 confirment une diversification réelle de la demande robotique au-delà de l'automobile, secteur historique dont la part continue de reculer, ce qui élargit le marché adressable. L'étude Drexel apporte, elle, une donnée concrète à un débat souvent spéculatif sur l'anthropomorphisme des humanoïdes : plus un robot paraît social et expressif, plus ses erreurs sont vécues comme des transgressions plutôt que comme de simples pannes techniques, un signal d'alerte pour les entreprises qui misent sur l'expressivité pour favoriser l'adoption en environnement humain.
Ce panorama s'inscrit dans une nouvelle série mensuelle d'IEEE Spectrum signée Emmet Cole, qui documente le basculement de la robotique de la machine industrielle spécialisée vers un phénomène social visible. Le sourcing à Shenzhen et l'enquête du Department of Energy sur les LiDAR chinois font écho aux restrictions déjà appliquées aux drones et véhicules connectés chinois aux Etats-Unis, et pourraient annoncer un examen réglementaire étendu aux capteurs robotiques. Le robot origami de Princeton reste un prototype de laboratoire sans calendrier de commercialisation, tandis qu'aucun acteur français ou européen n'apparaît dans ce tour d'horizon, dominé par les dynamiques américano-chinoises et les résultats trimestriels compilés par l'Association for Advancing Automation.
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