
BYD entre dans la course aux robots humanoïdes avec un lancement en août
BYD, le numéro un mondial de la voiture électrique et principal rival de Tesla, a confirmé au South China Morning Post qu'il dévoilera ses premiers robots humanoïdes en août, dans son showroom Di Space. L'entreprise précise que les machines seront fonctionnelles et que les visiteurs pourront interagir directement avec elles lors d'une exposition immersive, et non assister à une simple vidéo promotionnelle. Cette annonce fait suite aux rumeurs apparues en 2025 sur les ambitions de BYD en robotique embarquée, puis à la confirmation en juin par Stella Li, vice-présidente exécutive du groupe, d'un investissement significatif dans l'intelligence artificielle. BYD, né comme fabricant de batteries avant de devenir un constructeur automobile intégrant lui-même la production de ses semi-conducteurs et de ses cellules énergétiques, applique désormais cette logique de verticalisation industrielle à l'humanoïde, misant sur son échelle de fabrication plutôt que sur une promesse logicielle comme le fait Tesla avec Optimus.
L'enjeu dépassse la simple démonstration technologique: BYD cible d'abord l'automatisation de ses propres usines, où les robots pourraient déplacer des pièces, assembler des composants, inspecter des produits et manipuler des matériaux, avant une éventuelle commercialisation vers d'autres industriels. Ce positionnement lui permettrait de tester ses machines en interne avant de les vendre, un avantage que peu de concurrents peuvent revendiquer à cette échelle. Ding Haifeng, consultant chez Integrity à Shanghai, souligne que le marché scrutera surtout la capacité de production réelle et les prix annoncés, deux inconnues qui détermineront si l'initiative dépasse le stade de la vitrine. Stella Li estime pour sa part que la Chine sera le premier marché à voir une commercialisation complète des humanoïdes, une prédiction à prendre avec prudence tant qu'aucun calendrier de production ferme n'est communiqué.
Le contexte reste celui d'une course sino-américaine déjà engagée: cinq des principales entreprises mondiales de robotique humanoïde sont chinoises, Pékin ayant classé le secteur comme industrie stratégique pour sa croissance future. Xpeng a pour sa part annoncé le déploiement de 1 000 robots d'ici 2027, tandis que Tesla n'a toujours pas commercialisé Optimus à grande échelle, une faiblesse reconnue par Allan Wang Hao, président de Tesla Chine, qui envisage lui-même une éventuelle fabrication locale de robots. Elon Musk anticipe désormais un affrontement direct entre Tesla et les constructeurs chinois sur ce terrain. Certains analystes évoquent un marché pouvant atteindre mille milliards de dollars à terme, mais cette estimation demeure spéculative et ne repose sur aucun chiffre de production ou de vente confirmé à ce stade.




