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Le boom des robots humanoïdes en Chine (partie II) : les startups passent des salons aux vrais emplois
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Le boom des robots humanoïdes en Chine (partie II) : les startups passent des salons aux vrais emplois

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La cote chinoise de la robotique humanoïde a franchi une étape symbolique en août 2026 avec l'introduction en bourse d'Unitree sur le STAR Market de Shanghai : le titre a ouvert à 1 100 RMB, soit 629 % au-dessus du prix d'offre de 150,80 RMB, valorisant brièvement l'entreprise à 444,9 milliards de RMB avant de perdre plus de la moitié de sa valeur deux semaines plus tard. Le fondateur Wang Xingxing peut néanmoins s'appuyer sur des fondamentaux solides : 1,15 milliard de RMB de chiffre d'affaires au premier semestre (+48,5 % sur un an) et environ 18 000 robots humanoïdes bipèdes produits à ce jour, un intérêt relayé côté investisseurs via l'ETF KOID de KraneShares et un ETF concurrent lancé par Defiance. À côté de ce cas emblématique, d'autres acteurs avancent sur des usages plus concrets. Zerith, startup de Hefei fondée en 2025 par des membres de la communauté IA et robotique de Tsinghua, commercialise depuis le deuxième trimestre 2026 son robot à roues H1 à 199 000 RMB (29 000 dollars), déjà déployé à l'aéroport international de Hefei Xinqiao, dans des supermarchés Olé à Shenzhen et Hefei, et dans trois magasins pilotes à Shanghai ; l'entreprise a levé plus de 100 millions de RMB en avril 2026 pour un carnet de commandes dépassant ce même montant. RobotEra, basée à Pékin et fondée en 2023 par le professeur assistant de Tsinghua Chen Jianyu et Xi Yue, développe des mains dextres à cinq doigts et équipe plus de dix centres logistiques de China Post et SF Express, pour des commandes supérieures à 500 millions de RMB ; elle a levé un milliard de RMB en mars 2026 (valorisation supérieure à 10 milliards de RMB), plus de 200 millions de dollars menés par SF Group, puis un nouveau milliard de RMB en juillet mené par Chengtong Fund. Dans l'hôtellerie, huit robots Keenon opèrent à l'hôtel Shangri-La de Shanghai pour l'accueil, les bagages et le service en chambre, avec une réduction revendiquée d'environ 30 % de la demande en tâches répétitives et 35 % des temps d'attente clients, des chiffres communiqués par l'entreprise sans audit indépendant.

Ce panorama illustre un basculement du secteur, des vitrines spectaculaires vers des déploiements payants et récurrents en logistique, retail et hôtellerie, un signal suivi de près par les intégrateurs et décideurs industriels qui cherchent des preuves de fiabilité au-delà des démonstrations. La question qui reste ouverte pour chacun de ces acteurs est celle de la répétabilité commerciale : transformer des pilotes et des commandes ponctuelles en revenus récurrents justifiant les valorisations déjà atteintes.

Cette diversification s'inscrit dans la continuité de l'essor de Unitree, devenu la vitrine internationale de la robotique chinoise grâce à ses démonstrations de robots quadrupèdes et humanoïdes, et qui a ouvert la voie à un écosystème plus large adossé aux laboratoires universitaires, notamment Tsinghua, dont sont issus les fondateurs de Zerith et RobotEra. La compétition s'organise désormais sur des segments d'usage distincts, la préhension généralisée pour Zerith, la manipulation fine et la logistique pour RobotEra, le service à la clientèle pour Keenon, avec des tours de financement rapprochés qui traduisent un afflux de capital chinois et international vers ce secteur.

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Le boom des robots humanoïdes en Chine, partie I : dépasser le stade des salons
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Le boom des robots humanoïdes en Chine, partie I : dépasser le stade des salons

À Pékin, la World Robot Conference (WRC) 2026 s'est tenue du 19 au 23 août sous le thème "symbiose humain-robot, convergence production-demande", réunissant 373 entreprises et plus de 3000 produits, dont 311 présentés pour la première fois. Galaxea AI y a dévoilé plusieurs modèles, dont le Galbot ET1, le G1 et le S1 : dans un décor domestique simulé, le G1 a préparé un petit-déjeuner (pain grillé, boissons versées), et lorsque la tasse a été déplacée en cours de versement, il a redressé la carafe, repositionné la tasse et repris l'opération sans renverser de liquide. CASBOT a présenté un groupe de rock composé de quatre robots (guitare électrique, basse, clavier, batterie) interprétant des titres chinois populaires comme "Glorious Years" de Beyond, avant de jouer un morceau original intitulé "Heat Dissipation". Li-Gong a fait travailler deux robots LiDian F1 en binôme sur une chaîne industrielle complète : démontage, tri, transport, puis réassemblage. Chez Unitree, des robots G1 se sont affrontés en kickboxing ; en finale de la catégorie 40 kg, une équipe de l'Université North China Electric Power a piloté à distance un G1 pour battre celui de l'équipe Unitree elle-même. Enfin, lors des World Humanoid Robot Games organisés la même semaine, le Tiangong Omni (1,35 m) a remporté le 400 mètres de sa catégorie en 45,66 secondes, avec une foulée inhabituelle, bras repliés près du visage, une posture non prévue à l'origine mais justifiée après coup par Han Gang, expert en algorithmes de contrôle moteur au Beijing Humanoid Robot Innovation Center, comme un moyen de limiter la charge sur les épaules et l'échauffement sur la distance. Ces démonstrations, aussi spectaculaires soient-elles, méritent d'être lues avec prudence : le combat de kickboxing était télé-opéré et non autonome, ce qui relativise ce qu'il prouve réellement sur l'intelligence embarquée des humanoïdes en situation de contact physique. La récupération du G1 de Galaxea AI face à une perturbation est en revanche un signal plus concret de robustesse en manipulation, sous réserve qu'il s'agisse d'un cas représentatif et non d'une séquence sélectionnée. Le vrai enjeu, souligné par les organisateurs eux-mêmes, est le passage des vitrines de salon et des essais à petite échelle vers un déploiement fiable et massif, ce qui reste largement à démontrer pour l'ensemble du secteur. Cette édition de la WRC illustre l'ampleur de l'écosystème chinois de la robotique humanoïde, porté par une politique industrielle nationale et une concurrence dense entre acteurs comme UBTECH, Unitree, Galaxea AI, Noetix Robotics, AheadForm et HokMind sur le segment biomimétique. Cet article constitue la première partie d'une série de TechNode consacrée à ce boom, la suite devant se pencher sur la manière dont ces entreprises comptent effectivement industrialiser leurs machines au-delà des démonstrations scéniques.

Chine/AsieOpinion
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La chirurgie orthopédique des robots humanoïdes crée en Chine un emploi à 6 000 yuans par mois
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La chirurgie orthopédique des robots humanoïdes crée en Chine un emploi à 6 000 yuans par mois

L'essor des robots humanoïdes en Chine a fait émerger un nouveau métier ouvrier concret : technicien réparateur tiers, surnommé familièrement "médecin orthopédiste" des robots. La formation dure un mois, le salaire mensuel avoisine 6 000 yuans, et le patient le plus fréquent est le robot quadrupède Unitree Go2. Selon IDC, les livraisons mondiales de robots humanoïdes ont atteint 18 000 unités en 2025. Le ministère chinois de l'Industrie et des Technologies de l'information prévoit que la Chine seule en produira plus de 100 000 en 2026. Wang Xingxing, fondateur de Unitree, affirme que les quadrupèdes de son entreprise détiennent 60 à 70% des parts de marché mondiales, tandis qu'AgiBot a franchi fin juin le cap des 15 000 robots à corps général produits de manière cumulée. Sur le terrain, réparer une jambe de robot revient à intervenir sur un empilement de modules articulaires (moteur, réducteur planétaire, encodeur, carte de commande, roulement), dont les pannes se diagnostiquent souvent au bruit : grincement sableux pour une articulation sèche, clic pour un engrenage cassé, sifflement pour un court-circuit. La plupart des interventions consistent à remplacer des pièces plutôt qu'à les réparer. Cette professionnalisation révèle où se situe réellement le goulot d'étranglement du secteur : la disponibilité des pièces détachées, pas celle des techniciens. Les revendeurs agréés n'obtiennent des pièces qu'avec des restrictions géographiques et d'usage, ce qui alimente un marché parallèle de pièces récupérées sur des appareils démontés. Les composants ne sont pas interchangeables d'une marque à l'autre, les schémas électroniques ne sont pas publiés, et certains fabricants poncent les marquages des puces avant expédition, rendant la réparation tierce plus dépendante des relations que du seul savoir-faire technique. Signe de cette tension, une paire de pieds de rechange coûte 400 yuans, plus de six fois le prix d'une paire de chaussures humaines comparable, preuve que le passage à l'échelle des flottes de robots bute autant sur l'écosystème de service après-vente que sur la technologie embarquée. Cette économie de maintenance se structure alors que la Chine consolide sa domination matérielle, portée par Unitree sur les quadrupèdes et AgiBot sur les humanoïdes généralistes. Des opérateurs spécialisés comme la société nankinoise Kaogong Yunji étendent leur réseau à cinq points de maintenance à l'échelle du pays, et une hiérarchie professionnelle s'est déjà formée : technicien stagiaire, technicien de terrain, partenaire certifié par la marque, puis formateur. Un marché de la formation se développe en parallèle, de qualité inégale, certains programmes étant rigoureux et d'autres relevant surtout du marketing de contenu. Contrairement aux vagues précédentes de matériel grand public, l'écosystème humanoïde chinois dispose désormais d'un marché du travail qui croît avec le parc installé de robots, et non plus seulement avec les budgets marketing des fabricants.

Chine/AsieActu
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La Chine et les robots humanoïdes en 2026 : le boom de la production face à la réalité du déploiement, AgiBot et Unitree en tête
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La Chine et les robots humanoïdes en 2026 : le boom de la production face à la réalité du déploiement, AgiBot et Unitree en tête

Lors de la conférence de presse du World Artificial Intelligence Conference (WAIC), en juillet 2026, Gan Xiaobin, directeur adjoint du département Science et Technologie du ministère chinois de l'Industrie (MIIT), a annoncé que la production chinoise de robots humanoïdes devrait dépasser 100 000 unités sur l'année, contre environ 20 000 en 2025, un bond par cinq que le vice-ministre Ke Jixin présente comme le passage d'une phase exploratoire à un développement standardisé et à grande échelle. Selon MIR Databank, AgiBot et Unitree forment un duopole net : AgiBot a annoncé 15 000 unités sorties d'usine début juin, Unitree environ 11 000 fin mars, avec des déploiements couvrant sept usages, du chargement en ligne de production au nettoyage commercial, en passant par la manutention, le tri logistique, l'accueil, le commerce et la surveillance. Unitree vise un doublement des livraisons par rapport aux 6 500 unités de 2025 et porte sa capacité à 30 000 unités par an, mais plus de 70% de son chiffre d'affaires humanoïde provenait, à fin septembre 2025, de clients recherche et éducation, contre seulement 9% pour l'industriel. UBTech, troisième en production mais quatrième en livraisons, signe typique d'un stock qui s'accumule, a lancé le 30 juin son U1 (169 800 yuans en version Pro, plus de 13 361 commandes), un produit grand public non comptabilisé dans les statistiques industrielles. Cet écart entre production et livraisons révèle la tension centrale du secteur : la capacité de fabrication est là, mais la demande réelle et des boucles commerciales durables restent à construire. Pour les intégrateurs et décideurs industriels, le chiffre brut de 100 000 unités ne dit rien du taux d'usage réel en usine, comme le montre le cas Unitree où l'essentiel des ventes va encore à la recherche et à l'éducation plutôt qu'à la production. Cela confirme un scepticisme déjà présent dans le secteur sur l'écart entre démonstration et réalité opérationnelle : produire en série ne signifie pas que l'autonomie des robots tient la cadence d'une chaîne industrielle. Le recul relatif d'UBTech en livraisons, malgré une production élevée, illustre que la course chinoise aux humanoïdes se joue désormais autant sur l'écoulement commercial que sur la capacité industrielle brute. Au-delà du duopole AgiBot-Unitree, cinq autres exposants du WAIC 2026 illustrent des trajectoires bien différentes. Le Centre national-local d'innovation en robots humanoïdes mise sur des usages pragmatiques : guidage touristique, patrouille de sécurité, tri industriel. Matrix Intelligence positionne son MATRIX-3 en haut de gamme bipède, à 580 000 yuans, avec 1 000 commandes cumulées. Banxing Embodied suit une logique de sous-traitance ODM personnalisée à 208 000 yuans l'unité. La filiale Huajian de Zhongjian Technology n'a présenté que le concept ZERO, encore au stade de prototype. MagicLab, enfin, a choisi une entrée verticale par cas d'usage avec son robot de régulation du trafic Xiaomai, déployé lors du marathon de Wuxi. Ensemble, ces cinq acteurs dessinent un écosystème plus fragmenté et plus incertain que le seul récit d'un boom industriel des humanoïdes chinois.

Chine/AsieOpinion
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Des robots humanoïdes rivalisent en Chine en faisant des lits d'hôtel et en livrant des colis en chambre
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Des robots humanoïdes rivalisent en Chine en faisant des lits d'hôtel et en livrant des colis en chambre

Des robots humanoïdes se sont mesurés dimanche à des tâches domestiques et hôtelières à Pékin, dans le cadre des épreuves à scénario des deuxièmes World Humanoid Robot Games (WHRG). Une compétition de service hôtelier s'est tenue au Beijing Continental Grand Hotel : les robots disposaient de 30 minutes pour transporter les bagages des clients jusqu'à leur chambre, réapprovisionner serviettes, chaussons et eau en bouteille, retirer le linge usagé et refaire les lits, la propreté du résultat comptant autant que le respect du délai, et le fonctionnement autonome étant mieux noté que la téléopération. Le même jour, une épreuve en bibliothèque testait la capacité des robots à collecter des livres retournés, les ranger et corriger les erreurs de classement en 30 minutes. Des épreuves domestiques notées sur 300 points couvraient le rangement d'un salon, le pliage de vêtements en chambre, et le lavage-étendage du linge en salle de bain et sur un balcon, avec une tâche surprise de livraison de colis déclenchée par commande vocale. Le barème pénalise collisions, objets lâchés et franchissements de zones interdites, et toute intervention humaine fait basculer le score en mode téléopéré, pondéré à 0,5. TianYi 2.0, du constructeur pékinois X-Humanoid, est un robot à roues dont le buste s'ajuste entre 130 et 165 cm, avec plus de deux heures d'autonomie sur batterie, fonctionnant sur la plateforme Huisi Kaiwu. AGILINK, filiale d'AgiBot détachée en janvier 2026, organise des épreuves de manipulation fine comme le tri de haricots ou le vissage. L'événement principal se déroule du 22 au 26 août à l'anneau de vitesse olympique de Pékin, avec 666 équipes et 2 056 robots venus de 16 pays. Ce basculement vers des environnements réels et non standardisés, couloirs étroits, linge déformable, chariots chargés instables, marque une inflexion pour le secteur : au lieu d'évaluer la vitesse ou la force pure, ces épreuves testent la combinaison mécanique, algorithmes et adaptation à des scénarios variables, soit précisément ce qui sépare une démonstration scénarisée d'un déploiement commercial viable. La pondération explicite en faveur de l'autonomie souligne un point sensible du secteur : la téléopération, encore largement utilisée, nécessite un opérateur humain et ne constitue pas une preuve d'utilité réelle. Il faut toutefois noter que ces épreuves restent des compétitions cadrées avec règles et temps limité, pas des déploiements commerciaux en conditions réelles ; le seuil "démonstration-grade" revendiqué par AGILINK reste une auto-évaluation à prendre avec prudence. Ces WHRG s'inscrivent dans la deuxième édition d'un format lancé par la Chine pour accélérer sa filière robotique humanoïde, et coïncident avec l'ouverture cette semaine de la World Robot Conference à Pékin, concentrant en une semaine plusieurs vitrines du secteur chinois. Le paysage concurrentiel local oppose notamment X-Humanoid, avec sa gamme TianYi, à l'écosystème AgiBot/AGILINK, sur fond de compétition internationale plus large où les modèles vision-langage-action et les plateformes humanoïdes occidentales cherchent aussi à prouver leur passage du laboratoire au terrain. Aucun acteur français ou européen n'apparaît dans ces épreuves. La suite immédiate est le déroulement des épreuves à scénario, dont six événements en environnement réel et huit concours de manipulation fine à la main, jusqu'au 26 août.

UEAucun acteur français ou européen ne participe à ces épreuves, ce qui illustre l'avance prise par la Chine sur l'évaluation de la polyvalence domestique et hôtelière des humanoïdes face à des acteurs européens comme Wandercraft ou Enchanted Tools.

Chine/AsieOpinion
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