
Des robots humanoïdes rivalisent en Chine en faisant des lits d'hôtel et en livrant des colis en chambre

Des robots humanoïdes se sont mesurés dimanche à des tâches domestiques et hôtelières à Pékin, dans le cadre des épreuves à scénario des deuxièmes World Humanoid Robot Games (WHRG). Une compétition de service hôtelier s'est tenue au Beijing Continental Grand Hotel : les robots disposaient de 30 minutes pour transporter les bagages des clients jusqu'à leur chambre, réapprovisionner serviettes, chaussons et eau en bouteille, retirer le linge usagé et refaire les lits, la propreté du résultat comptant autant que le respect du délai, et le fonctionnement autonome étant mieux noté que la téléopération. Le même jour, une épreuve en bibliothèque testait la capacité des robots à collecter des livres retournés, les ranger et corriger les erreurs de classement en 30 minutes. Des épreuves domestiques notées sur 300 points couvraient le rangement d'un salon, le pliage de vêtements en chambre, et le lavage-étendage du linge en salle de bain et sur un balcon, avec une tâche surprise de livraison de colis déclenchée par commande vocale. Le barème pénalise collisions, objets lâchés et franchissements de zones interdites, et toute intervention humaine fait basculer le score en mode téléopéré, pondéré à 0,5. TianYi 2.0, du constructeur pékinois X-Humanoid, est un robot à roues dont le buste s'ajuste entre 130 et 165 cm, avec plus de deux heures d'autonomie sur batterie, fonctionnant sur la plateforme Huisi Kaiwu. AGILINK, filiale d'AgiBot détachée en janvier 2026, organise des épreuves de manipulation fine comme le tri de haricots ou le vissage. L'événement principal se déroule du 22 au 26 août à l'anneau de vitesse olympique de Pékin, avec 666 équipes et 2 056 robots venus de 16 pays.
Ce basculement vers des environnements réels et non standardisés, couloirs étroits, linge déformable, chariots chargés instables, marque une inflexion pour le secteur : au lieu d'évaluer la vitesse ou la force pure, ces épreuves testent la combinaison mécanique, algorithmes et adaptation à des scénarios variables, soit précisément ce qui sépare une démonstration scénarisée d'un déploiement commercial viable. La pondération explicite en faveur de l'autonomie souligne un point sensible du secteur : la téléopération, encore largement utilisée, nécessite un opérateur humain et ne constitue pas une preuve d'utilité réelle. Il faut toutefois noter que ces épreuves restent des compétitions cadrées avec règles et temps limité, pas des déploiements commerciaux en conditions réelles ; le seuil "démonstration-grade" revendiqué par AGILINK reste une auto-évaluation à prendre avec prudence.
Ces WHRG s'inscrivent dans la deuxième édition d'un format lancé par la Chine pour accélérer sa filière robotique humanoïde, et coïncident avec l'ouverture cette semaine de la World Robot Conference à Pékin, concentrant en une semaine plusieurs vitrines du secteur chinois. Le paysage concurrentiel local oppose notamment X-Humanoid, avec sa gamme TianYi, à l'écosystème AgiBot/AGILINK, sur fond de compétition internationale plus large où les modèles vision-langage-action et les plateformes humanoïdes occidentales cherchent aussi à prouver leur passage du laboratoire au terrain. Aucun acteur français ou européen n'apparaît dans ces épreuves. La suite immédiate est le déroulement des épreuves à scénario, dont six événements en environnement réel et huit concours de manipulation fine à la main, jusqu'au 26 août.
Aucun acteur français ou européen ne participe à ces épreuves, ce qui illustre l'avance prise par la Chine sur l'évaluation de la polyvalence domestique et hôtelière des humanoïdes face à des acteurs européens comme Wandercraft ou Enchanted Tools.
Dans nos dossiers




