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Chine/AsieTechNode 

Le boom des robots humanoïdes en Chine, partie I : dépasser le stade des salons

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À Pékin, la World Robot Conference (WRC) 2026 s'est tenue du 19 au 23 août sous le thème "symbiose humain-robot, convergence production-demande", réunissant 373 entreprises et plus de 3000 produits, dont 311 présentés pour la première fois. Galaxea AI y a dévoilé plusieurs modèles, dont le Galbot ET1, le G1 et le S1 : dans un décor domestique simulé, le G1 a préparé un petit-déjeuner (pain grillé, boissons versées), et lorsque la tasse a été déplacée en cours de versement, il a redressé la carafe, repositionné la tasse et repris l'opération sans renverser de liquide. CASBOT a présenté un groupe de rock composé de quatre robots (guitare électrique, basse, clavier, batterie) interprétant des titres chinois populaires comme "Glorious Years" de Beyond, avant de jouer un morceau original intitulé "Heat Dissipation". Li-Gong a fait travailler deux robots LiDian F1 en binôme sur une chaîne industrielle complète : démontage, tri, transport, puis réassemblage. Chez Unitree, des robots G1 se sont affrontés en kickboxing ; en finale de la catégorie 40 kg, une équipe de l'Université North China Electric Power a piloté à distance un G1 pour battre celui de l'équipe Unitree elle-même. Enfin, lors des World Humanoid Robot Games organisés la même semaine, le Tiangong Omni (1,35 m) a remporté le 400 mètres de sa catégorie en 45,66 secondes, avec une foulée inhabituelle, bras repliés près du visage, une posture non prévue à l'origine mais justifiée après coup par Han Gang, expert en algorithmes de contrôle moteur au Beijing Humanoid Robot Innovation Center, comme un moyen de limiter la charge sur les épaules et l'échauffement sur la distance.

Ces démonstrations, aussi spectaculaires soient-elles, méritent d'être lues avec prudence : le combat de kickboxing était télé-opéré et non autonome, ce qui relativise ce qu'il prouve réellement sur l'intelligence embarquée des humanoïdes en situation de contact physique. La récupération du G1 de Galaxea AI face à une perturbation est en revanche un signal plus concret de robustesse en manipulation, sous réserve qu'il s'agisse d'un cas représentatif et non d'une séquence sélectionnée. Le vrai enjeu, souligné par les organisateurs eux-mêmes, est le passage des vitrines de salon et des essais à petite échelle vers un déploiement fiable et massif, ce qui reste largement à démontrer pour l'ensemble du secteur.

Cette édition de la WRC illustre l'ampleur de l'écosystème chinois de la robotique humanoïde, porté par une politique industrielle nationale et une concurrence dense entre acteurs comme UBTECH, Unitree, Galaxea AI, Noetix Robotics, AheadForm et HokMind sur le segment biomimétique. Cet article constitue la première partie d'une série de TechNode consacrée à ce boom, la suite devant se pencher sur la manière dont ces entreprises comptent effectivement industrialiser leurs machines au-delà des démonstrations scéniques.

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Unitree devient la première entreprise de robots humanoïdes à entrer en bourse en Chine
1TechNode 

Unitree devient la première entreprise de robots humanoïdes à entrer en bourse en Chine

Unitree Robotics a fait ses débuts mercredi sur le STAR Market de la Bourse de Shanghai sous le ticker 688836.SH, le même jour que l'ouverture de la World Robot Conference 2026 à Pékin. L'entreprise, fondée en 2016 par Wang Xingxing, a fixé le prix de son introduction en bourse à 150,80 yuans (22,41 dollars) par action, émettant 40 446 434 actions A nouvelles pour lever environ 6,099 milliards de yuans (910 millions de dollars). Unitree n'a pas commencé avec les humanoïdes : ses premiers produits commerciaux ont été des robots quadrupèdes, les séries Go, A et B, déployés dans la recherche, l'éducation et l'inspection industrielle. Ce segment a généré 92,82 millions de yuans (13,79 millions de dollars) de revenus en 2022, montant à 698 millions de yuans (103,72 millions de dollars) en 2025. La bascule est venue des humanoïdes : leurs revenus n'étaient que de 2,96 millions de yuans (440 000 dollars) en 2023, moins de 2 % du chiffre d'affaires total, avant de bondir à 868 millions de yuans (128,98 millions de dollars) en 2025, soit plus de 51 % des revenus, portés par les modèles H1 et G1. Au total, Unitree a affiché 1,699 milliard de yuans (250 millions de dollars) de chiffre d'affaires et 278 millions de yuans (41,31 millions de dollars) de bénéfice net en 2025. Cette entrée en bourse fait d'Unitree la première entreprise de robots humanoïdes cotée en Chine, un jalon symbolique alors que le secteur cherche à passer des démonstrations en laboratoire ou en salon à une phase de production et de vente réelles. Au moment où la plupart des acteurs du humanoïde opèrent encore à perte, la rentabilité affichée par Unitree offre aux investisseurs un point de référence concret pour évaluer un marché encore largement spéculatif. Mais cette réussite commerciale ne garantit pas un avantage durable : la force de l'entreprise reste concentrée sur la conception mécanique, les moteurs et le contrôle de mouvement, des domaines qu'elle maîtrise depuis dix ans. La bataille se déplace désormais vers l'intelligence embarquée, soit la capacité des robots à percevoir leur environnement, prendre des décisions et exécuter des tâches non programmées à l'avance, un terrain où le matériel seul ne suffit plus. L'histoire d'Unitree explique cette position hybride : en quittant un laboratoire universitaire en 2016, Wang Xingxing a misé sur les quadrupèdes, plus simples à industrialiser que les humanoïdes à l'époque, pour construire une base de revenus avant l'explosion de la tendance humanoïde. Cette stratégie progressive contraste avec des concurrents qui ont visé directement l'humanoïde sans revenus récurrents établis en amont. L'IPO coïncide avec l'ouverture de la World Robot Conference 2026 à Pékin, où constructeurs automobiles, entreprises de robotique et acteurs de l'IA présentent leurs efforts vers la production de masse et le déploiement réel. Pour Unitree, l'étape suivante consistera à transformer son avance matérielle en capacités logicielles et cognitives comparables à celles des modèles développés par ses concurrents, une compétition qui ne fait que commencer.

Chine/AsieOpinion
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La Chine et les robots humanoïdes en 2026 : le boom de la production face à la réalité du déploiement, AgiBot et Unitree en tête
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La Chine et les robots humanoïdes en 2026 : le boom de la production face à la réalité du déploiement, AgiBot et Unitree en tête

Lors de la conférence de presse du World Artificial Intelligence Conference (WAIC), en juillet 2026, Gan Xiaobin, directeur adjoint du département Science et Technologie du ministère chinois de l'Industrie (MIIT), a annoncé que la production chinoise de robots humanoïdes devrait dépasser 100 000 unités sur l'année, contre environ 20 000 en 2025, un bond par cinq que le vice-ministre Ke Jixin présente comme le passage d'une phase exploratoire à un développement standardisé et à grande échelle. Selon MIR Databank, AgiBot et Unitree forment un duopole net : AgiBot a annoncé 15 000 unités sorties d'usine début juin, Unitree environ 11 000 fin mars, avec des déploiements couvrant sept usages, du chargement en ligne de production au nettoyage commercial, en passant par la manutention, le tri logistique, l'accueil, le commerce et la surveillance. Unitree vise un doublement des livraisons par rapport aux 6 500 unités de 2025 et porte sa capacité à 30 000 unités par an, mais plus de 70% de son chiffre d'affaires humanoïde provenait, à fin septembre 2025, de clients recherche et éducation, contre seulement 9% pour l'industriel. UBTech, troisième en production mais quatrième en livraisons, signe typique d'un stock qui s'accumule, a lancé le 30 juin son U1 (169 800 yuans en version Pro, plus de 13 361 commandes), un produit grand public non comptabilisé dans les statistiques industrielles. Cet écart entre production et livraisons révèle la tension centrale du secteur : la capacité de fabrication est là, mais la demande réelle et des boucles commerciales durables restent à construire. Pour les intégrateurs et décideurs industriels, le chiffre brut de 100 000 unités ne dit rien du taux d'usage réel en usine, comme le montre le cas Unitree où l'essentiel des ventes va encore à la recherche et à l'éducation plutôt qu'à la production. Cela confirme un scepticisme déjà présent dans le secteur sur l'écart entre démonstration et réalité opérationnelle : produire en série ne signifie pas que l'autonomie des robots tient la cadence d'une chaîne industrielle. Le recul relatif d'UBTech en livraisons, malgré une production élevée, illustre que la course chinoise aux humanoïdes se joue désormais autant sur l'écoulement commercial que sur la capacité industrielle brute. Au-delà du duopole AgiBot-Unitree, cinq autres exposants du WAIC 2026 illustrent des trajectoires bien différentes. Le Centre national-local d'innovation en robots humanoïdes mise sur des usages pragmatiques : guidage touristique, patrouille de sécurité, tri industriel. Matrix Intelligence positionne son MATRIX-3 en haut de gamme bipède, à 580 000 yuans, avec 1 000 commandes cumulées. Banxing Embodied suit une logique de sous-traitance ODM personnalisée à 208 000 yuans l'unité. La filiale Huajian de Zhongjian Technology n'a présenté que le concept ZERO, encore au stade de prototype. MagicLab, enfin, a choisi une entrée verticale par cas d'usage avec son robot de régulation du trafic Xiaomai, déployé lors du marathon de Wuxi. Ensemble, ces cinq acteurs dessinent un écosystème plus fragmenté et plus incertain que le seul récit d'un boom industriel des humanoïdes chinois.

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BYD dévoile Xiao Di, un robot humanoïde de 1,58 m présenté en showroom en Chine
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BYD dévoile Xiao Di, un robot humanoïde de 1,58 m présenté en showroom en Chine

Xiao Di, le robot humanoïde du constructeur chinois de véhicules électriques BYD, fait son entrée dans les showrooms du groupe en Chine, en commençant par Zhengzhou avant Shenzhen et Shanghai, au sein des centres d'expérience Di Space. Selon des informations rapportées par Sina et relayées par Startup Fortune, Xiao Di mesure 1,61 mètre pour 58 kilogrammes et dispose de 31 degrés de liberté, dont sept par main. Le robot est conçu pour des tâches d'accueil client : saluer les visiteurs, présenter les modèles de véhicules et répondre aux questions. Il reconnaît six dialectes chinois et six langues étrangères, et embarque des fonctions de reconnaissance faciale, de reconnaissance gestuelle et de lecture labiale. BYD prévoit de déployer deux à trois unités par magasin, avec un déploiement à grande échelle envisagé sous un à deux ans. Le concurrent chinois Xpeng suit une trajectoire similaire avec son robot Iron, visant plus de 1 000 unités produites par mois d'ici fin 2026 et un déploiement comme assistant de vente dans les showrooms chinois au premier trimestre 2027, avant une extension internationale. Ce déploiement, circonscrit au retail et non à l'industriel ou au domestique, illustre une stratégie où le réseau de concessions existant sert de terrain de test grandeur nature pour la robotique humanoïde, plutôt qu'un déploiement usine classique. Pour les acteurs du secteur, ce choix confirme que le B2C en showroom devient un cas d'usage privilégié pour prouver la viabilité commerciale des humanoïdes avant l'industriel, où les exigences de fiabilité et de sécurité sont plus strictes. Le timing n'est pas neutre : l'annonce intervient quelques jours après que la Federal Communications Commission américaine a ajouté les robots avancés fabriqués à l'étranger, humanoïdes et quadrupèdes inclus, à sa liste des équipements couverts le 28 juillet, bloquant l'importation de nouveaux modèles nécessitant une autorisation FCC pour des raisons de sécurité nationale liées aux capteurs et caméras connectés. Pékin a dénoncé une politisation du commerce technologique. Ce contraste souligne une divergence stratégique croissante entre la Chine, qui accélère le déploiement commercial de ses humanoïdes sur son propre marché, et les États-Unis, qui restreignent l'accès à leur marché aux modèles étrangers. Le lancement de Xiao Di s'inscrit aussi dans un contexte de difficultés commerciales pour BYD, qui enregistre un quatrième mois consécutif de baisse de ses ventes automobiles domestiques. Reuters rapportait des ventes mondiales en hausse de 5,5% en juin en glissement annuel, à 403 472 véhicules, mais un recul de 22% sur le marché intérieur ; sur le premier semestre, les ventes de véhicules à énergies nouvelles ont chuté de 15,72% par rapport à l'année précédente, partiellement compensées par une hausse de 70,65% des ventes à l'international. Le groupe a par ailleurs récemment communiqué sur les avancées de sa plateforme de conduite intelligente God's Eye, combinant IA, caméras, radars et capteurs pour réduire les erreurs de conduite humaine. Xiao Di apparaît ainsi comme un double pari pour BYD : une expérimentation robotique et une tentative de redonner du dynamisme à son vaste réseau de concessions, dans un marché domestique qui se contracte.

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Chine : le premier centre d'entraînement de robots humanoïdes hétérogènes ouvre à Shanghai
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Chine : le premier centre d'entraînement de robots humanoïdes hétérogènes ouvre à Shanghai

La Chine ouvrira en juillet 2026 à Shanghai son premier centre de formation hétérogène pour robots humanoïdes, dans le quartier de Zhangjiang. Développé par le National and Local Co-Built Humanoid Robotics Innovation Center, le site couvre plus de 5 000 m² et accueille plus de 100 types de robots issus d'une dizaine d'entreprises, ce qui en fait le centre de formation le plus diversifié du pays selon le Global Times. Les robots y sont entraînés sur des tâches réelles dans des environnements simulant à la fois le foyer domestique et l'atelier industriel. Les données générées alimentent des bases de données à grande échelle destinées à soutenir les modèles d'IA utilisés dans la fabrication, les services, la santé et l'agriculture. Ce projet s'inscrit dans la continuité d'un premier centre ouvert à Pékin en décembre 2025, où des humanoïdes pratiquaient des tâches d'usine, des corvées ménagères, la cuisine et la gestion de colis. L'enjeu central de ce centre shanghaïen n'est pas simplement le volume d'entraînement, mais l'interopérabilité des données. Selon Xu Bin, directeur général du centre, les humanoïdes de différents fabricants varient en structure squelettique, en nombre de degrés de liberté et en systèmes moteurs, rendant leurs données d'entraînement mutuellement incompatibles. La plateforme vise à combler ces gaps et à standardiser la collecte de données entre systèmes hétérogènes, un problème structurel qui freine la montée en puissance de l'IA incarnée (embodied AI). Contrairement aux modèles de langage qui s'appuient sur des corpus internet massifs, les robots physiques dépendent de données d'interaction réelles, coûteuses à produire. Résoudre ce bottleneck à l'échelle industrielle représenterait un levier majeur pour l'ensemble de la filière, en accélérant la commercialisation des humanoïdes dans des secteurs à forte valeur comme la logistique et l'assemblage manufacturier. Cette initiative s'inscrit dans une course internationale aux infrastructures de formation robotique. En parallèle, l'Allemagne prépare le TUM RoboGym, développé en collaboration entre la Technische Universität München et NEURA Robotics, basée à Metzingen. Situé à proximité de l'aéroport de Munich, ce centre couvrira environ 2 322 m² et sera dédié à l'entraînement supervisé de robots humanoïdes sur des tâches de manipulation d'objets, d'assemblage de composants et de pliage. L'investissement est décrit comme "multi-millions de dollars", sans montant précis communiqué. Si la Chine mise sur la diversité des plateformes et le partage de données à grande échelle, avec une ambition clairement industrielle, l'approche allemande privilégie l'articulation recherche-industrie via un acteur académique de premier plan. Les deux modèles convergent néanmoins vers le même constat : la pénurie de données physiques de qualité est aujourd'hui le principal obstacle à la généralisation des humanoïdes en environnement réel.

UEL'initiative allemande TUM RoboGym (TU München + NEURA Robotics, Metzingen) positionne directement l'Europe dans la course aux infrastructures d'entraînement pour humanoïdes, avec un modèle recherche-industrie concurrent de l'approche chinoise.

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