23 équipes de robots tentent d'éteindre un incendie en moins de 30 minutes aux World Humanoid Robot Games

Vingt-trois équipes de robots humanoïdes se sont affrontées dimanche à Pékin dans un exercice simulé de lutte contre l'incendie et de sauvetage, lors de la deuxième édition des World Humanoid Robot Games, organisée cette fois dans une véritable caserne de pompiers plutôt qu'en salle reconstituée. Chaque robot disposait de 30 minutes pour identifier deux matières dangereuses simulées placées aléatoirement, localiser et fermer trois vannes tirées au sort, puis trouver un extincteur et éteindre le feu, avec l'aide de pompiers professionnels chargés de mettre en scène l'exercice. Le robot d'UniX AI a terminé dans les temps mais bien plus lentement qu'un humain, avec deux tentatives nécessaires pour saisir l'extincteur ; sur les douze équipes engagées dimanche, seules trois ont complété l'épreuve entière. L'édition 2026, coorganisée par la municipalité de Pékin et China Media Group, s'étend sur cinq jours et compte 30 épreuves compétitives et 21 épreuves de mise en situation, contre 26 événements en 2025, avec au total 2 056 robots attendus, issus de 666 équipes et 16 pays, et de nouvelles disciplines comme le saut en longueur, l'haltérophilie, le tir à la corde et le tennis de table.
Ce résultat, trois succès complets sur douze participants, confirme l'écart persistant entre démonstrations en laboratoire et fiabilité en conditions réelles : pluie, variations de luminosité et environnement extérieur ont perturbé la reconnaissance visuelle et la manipulation, la moindre erreur de perception ou de planification de mouvement suffisant à faire échouer un parcours entier. L'épreuve souligne aussi la complexité matérielle requise, articulations de précision pour la dextérité des mains et actionneurs à fort couple pour l'équilibre et la locomotion, certains robots préférant des roues omnidirectionnelles à des jambes classiques. Signe notable pour les intégrateurs, la téléopération reste centrale dans la chaîne technologique : plusieurs équipes ont piloté leurs machines via casques VR avec retour caméra en première personne, ce qui nuance le discours sur l'autonomie complète des systèmes actuels. Ces échecs en conditions réelles génèrent, selon des experts, des données précieuses pour améliorer la perception, la planification de mouvement et les systèmes d'IA embarqués.
Cette deuxième édition marque une accélération nette : le nombre d'équipes participantes a bondi de 138 % et la participation en robots a quadruplé par rapport à la première édition, signe de l'engouement rapide autour de la robotique humanoïde chinoise. Plusieurs équipes utilisent des modules articulaires et actionneurs servo développés en Chine, couvrant des plages de couple allant du contrôle fin à la force brute nécessaire à la locomotion. Les organisateurs misent sur ces scénarios réalistes et sur de nouvelles disciplines sportives pour dépasser les chorégraphies scénarisées habituelles des salons robotiques, dans l'idée de constituer, épreuve après épreuve, un jeu de données d'échecs et de réussites qui alimentera les prochaines générations de systèmes de perception et de contrôle moteur.




