
Le robot humanoïde de Samsung se développe discrètement avec des coûts d'actionneurs réduits, selon des rapports

Samsung Electronics développerait depuis plusieurs années un robot humanoïde en interne, tenu confidentiel et distinct de sa division Robotics eXperience (RX, lancée en juillet 2026) et de sa filiale Rainbow Robotics, selon des médias coréens. Le projet aurait atteint un stade avancé et surpasserait déjà plusieurs concurrents sud-coréens. Samsung adapterait la technologie de ses moteurs à courant continu sans balais (BLDC), produits en masse pour ses lave-linge, climatiseurs et réfrigérateurs, pour fabriquer les actionneurs du robot, poste qui peut représenter jusqu'à 60% du coût de production d'un humanoïde. Ces moteurs domestiques partagent avec les actionneurs robotiques bobinages, aimants permanents, équilibrage du rotor et contrôle électronique. Côté logiciel, Samsung Research a développé Shallow-π, un modèle vision-langage-action (VLA) qui réduirait les besoins de calcul au tiers des VLA classiques et permettrait 17 décisions par seconde ; en test d'usine, il a atteint 95% de réussite sur une tâche d'insertion précise de tuyau d'eau, coordonnant 22 degrés de liberté sur les deux bras et les mains. Ce modèle s'appuie sur le LLM maison Gauss, et un Robot Data Factory est prévu sur le campus de Gumi.
Si ces informations se confirment, elles marqueraient un basculement dans la course aux humanoïdes : plutôt que de bâtir une chaîne de production dédiée comme Figure AI ou Agility Robotics, Samsung s'appuierait sur une base industrielle déjà amortie, la fabrication de moteurs BLDC à très grande échelle, pour comprimer le poste de coût le plus lourd du secteur. Pour les intégrateurs et décideurs industriels, cela suggère qu'un géant de l'électronique grand public doté d'une chaîne d'approvisionnement verticale pourrait entrer sur le marché avec une structure de coûts difficile à égaler pour des startups pures. Les chiffres avancés pour Shallow-π, calcul réduit au tiers, 17 décisions par seconde, 95% de réussite, vont dans le sens des progrès revendiqués par des concurrents comme Pi-0 de Physical Intelligence ou GR00T N2 de Nvidia sur l'efficacité des VLA à l'échelle industrielle. Ces performances restent toutefois issues de communications relayées par la presse coréenne, non de données publiées par Samsung : le taux de 95% porte sur une tâche isolée en test d'usine, pas sur un déploiement en production.
Ce projet s'inscrit dans une stratégie robotique construite par étapes : Samsung est devenu actionnaire majoritaire de Rainbow Robotics avec une participation de 35%, et le robot à roues bi-bras RB-Y1 de cette filiale est actuellement testé dans des opérations logistiques. L'humanoïde interne resterait un projet distinct, décrit comme plus avancé que le RB-Y1. La division RX, lancée en juillet 2026, chapeaute désormais l'ensemble de la stratégie robotique du groupe, du développement technologique à l'exécution commerciale et aux pôles de recherche internationaux. Sur le marché des humanoïdes, Samsung se positionnerait ainsi face à des acteurs déjà engagés dans des déploiements annoncés, comme Figure AI avec Figure 03 ou Tesla avec Optimus Gen 3, en misant sur son avantage manufacturier hérité de l'électroménager. Aucune date de lancement commercial ni de pilote industriel n'a été communiquée pour ce robot maison.
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