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FR/EU ecosystemeIEEE Spectrum Robotics 

Robot recycleur récupère des pièces sur des machines cassées

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Résumé IASource uniqueImpact UE

L'Institut de technologie de Karlsruhe (KIT), en Allemagne, a développé un système robotique capable de désassembler automatiquement des machines industrielles cassées tout en préservant les pièces réutilisables. Conçu par une équipe menée par le chercheur Jan Baumgärtner, le système combine un algorithme prédictif et des manipulateurs robotiques : il s'appuie sur un modèle CAD du dispositif défectueux et de chacune de ses pièces, ainsi que sur un modèle mathématique permettant d'anticiper la nature du dommage. Concrètement, le robot manipule légèrement chaque composant pour observer ses degrés de liberté réels (rotation, translation) et les compare à ceux attendus : une pièce corrodée bougera moins que prévu, une vis desserrée bougera davantage, une pièce déformée présentera des degrés de liberté inattendus. Le système ajuste ensuite sa stratégie de démontage en temps réel. Dans une démonstration vidéo, lorsqu'une vis est volontairement bloquée par un chercheur pour simuler une panne, le système détecte que la vis reste immobile et bascule automatiquement vers un fraisage pour retirer la pièce plutôt que de continuer à tenter de dévisser. L'opérateur peut aussi indiquer au préalable quelles pièces doivent être sauvegardées intactes en priorité.

Cette avancée répond à un problème structurel de l'industrie robotique : selon la Fédération internationale de robotique, plus de 4 millions de robots industriels sont actuellement en service dans le monde, un chiffre que les chercheurs projettent à plus de 16 millions d'ici 2030. Aucune filière équivalente n'existe pourtant pour leur fin de vie. Le désassemblage manuel de robots cassés est coûteux et imprévisible, contrairement à l'assemblage qui suit des étapes standardisées sans déviation. Baumgärtner souligne que la difficulté tient à l'incertitude du mode de défaillance: retirer 100 vis avant de découvrir que la dernière est grippée fait perdre un temps considérable si la bonne méthode n'a pas été anticipée dès le départ. Pour les intégrateurs et décideurs industriels, ce système ouvre la voie à une automatisation du recyclage et de la remise en état des robots, un maillon jusqu'ici absent de la chaîne de production automatisée, et pourrait réduire les coûts de maintenance et de récupération de composants à mesure que le parc mondial de robots vieillit.

Le projet s'inscrit dans une logique d'économie circulaire, où les anciens équipements sont démontés pour réutiliser leurs pièces plutôt que d'être mis au rebut, un objectif que Baumgärtner formule directement comme une contribution à la préservation des ressources planétaires. Il ne s'agit pas d'un produit commercial déployé mais d'un prototype de recherche, illustré par des démonstrations vidéo en conditions simulées de panne. L'article ne précise ni de partenariat industriel, ni de calendrier de commercialisation, ni de comparaison chiffrée avec des méthodes de démontage manuel existantes. Ce travail se positionne néanmoins dans un champ de recherche émergent sur le désassemblage robotique adaptatif, distinct des efforts plus médiatisés sur les robots humanoïdes ou les bras manipulateurs pour la production, en ciblant spécifiquement l'aval du cycle de vie industriel plutôt que l'amont.

Impact France/UE

Le KIT, institut de recherche allemand, illustre la capacité de l'écosystème universitaire européen à innover sur le désassemblage robotique, un enjeu clé pour l'économie circulaire promue par l'UE.

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Combinaison robotique simule l'apesanteur sur Terre pour améliorer les capacités motrices des astronautes
1Interesting Engineering 

Combinaison robotique simule l'apesanteur sur Terre pour améliorer les capacités motrices des astronautes

Des chercheurs du Centre de recherche allemand pour l'intelligence artificielle (DFKI) et de l'Université de Duisbourg-Essen (UDE) ont participé à la 46e campagne de vols paraboliques du DLR à Bordeaux, du 11 au 22 mai 2026, dans le cadre du projet MikroBeM. L'objectif : déterminer si un entraînement sur Terre avec un exosquelette robotique adapté par IA peut préparer les astronautes aux déficiences motrices fines induites par la microgravité. À bord d'un Airbus A310 "Zero G", les participants ont effectué 180 paraboles au total, chacune offrant exactement 22 secondes d'apesanteur réelle lors du piqué contrôlé de l'appareil. Durant ces fenêtres, les sujets devaient pointer du doigt index le centre d'une cible sur écran, sans pouvoir voir leur main, couverte par un cape opaque. Des capteurs enregistraient simultanément l'activité cérébrale (EEG), les contractions musculaires (EMG) et la fréquence cardiaque. L'ensemble des données a été collecté sans aucune défaillance matérielle. La véritable contribution technique de MikroBeM réside dans la phase d'entraînement pré-vol. La moitié des participants avait passé un mois en laboratoire à s'entraîner dans l'exosquelette développé conjointement par le DFKI et l'UDE. Le système utilise l'IA pour mesurer précisément le poids du bras de l'utilisateur, puis applique des contre-forces motorisées pour neutraliser complètement l'effet de la gravité sur le membre. Le cerveau perçoit alors le bras comme en apesanteur. Comparer ce groupe entraîné à un groupe contrôle non entraîné pendant les vols permet d'évaluer si ce conditionnement au sol "tient" dans la vraie microgravité. Les premiers résultats sont qualifiés de "très prometteurs" par les chercheurs, sans que des chiffres de performance précis n'aient encore été publiés. L'enjeu pour les opérateurs de missions est réel : en microgravité, les gestes de maintenance précis sur station spatiale, tels que serrer un connecteur ou manipuler de l'électronique, deviennent instables et dangereux faute de repères gravitationnels. Le projet MikroBeM s'inscrit dans un contexte plus large de préparation aux missions longue durée vers la Lune et Mars, où les astronautes ne pourront pas bénéficier de simulations en orbite basse comme sur l'ISS. Le DFKI est un acteur reconnu en exosquelettes et robotique de service; côté concurrents, les programmes d'entraînement moteur en microgravité simulée restent un segment de niche, avec quelques initiatives universitaires américaines et japonaises mais aucun dispositif commercial comparable clairement annoncé à ce stade. Les chercheurs indiquent également une retombée médicale directe : les mécanismes d'adaptation cérébrale à un environnement physique altéré sont pertinents pour la neurotechnologie et la rééducation post-AVC, ouvrant potentiellement l'usage de cet exosquelette spatial à des patients neurologiques en réapprentissage moteur. Les prochaines étapes du projet impliquent l'analyse complète des données de vol et la publication des résultats comparatifs.

UELe projet MikroBeM, mené par des institutions européennes (DFKI, UDE, DLR) avec une campagne réalisée à Bordeaux, positionne l'Europe sur le segment émergent de l'entraînement moteur en microgravité simulée, avec des retombées potentielles en neurorééducation post-AVC.

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L'Allemagne prévoit des bras robotiques pour récupérer 126 000 fûts de déchets nucléaires dans une mine de sel
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L'Allemagne prévoit des bras robotiques pour récupérer 126 000 fûts de déchets nucléaires dans une mine de sel

La société d'ingénierie allemande Bilfinger et l'institut de recherche Fraunhofer IOSB développent conjointement un système téléopéré pour extraire environ 126 000 fûts de déchets radioactifs de la mine de Asse II, dans le nord de l'Allemagne. Commandé par la BGE (Bundesgesellschaft für Endlagerung, l'entreprise fédérale chargée de la gestion des déchets radioactifs), le projet affronte des conditions extrêmes : chambres situées à plusieurs centaines de mètres de profondeur, conteneurs corrodés par des décennies d'exposition au sel et à l'humidité, fûts empilés, éparpillés ou partiellement ensevelis. Bilfinger conçoit un excavateur d'essai multifonction équipé de pinces, couteaux et godets, capable de manipuler des fûts potentiellement fuyards sans provoquer de contamination supplémentaire, dans un environnement salin à visibilité réduite. Fraunhofer IOSB, fort de son programme ROBDEKON dédié à la robotique en milieu dangereux, pilote la couche autonome : fusion de capteurs, perception 3D temps réel et cinématique inverse permettent à l'opérateur de désigner une cible pendant que le système calcule automatiquement le trajet optimal. Les tâches répétitives, comme le transfert des fûts dans des conteneurs de transport, seront également automatisées pour réduire la charge opérateur. L'intérêt du projet dépasse la seule mine d'Asse. La combinaison de téléopération robuste, de jumeau numérique et d'un environnement de test répliquant les conditions souterraines constitue une approche méthodologique directement transposable à d'autres chantiers de remédiation nucléaire. Le digital twin permet de simuler mouvements, charges et contraintes environnementales avant tout déploiement physique, limitant les risques de défaillance en conditions réelles. Pour les intégrateurs et les décideurs industriels, la valeur réside dans l'architecture : une salle de contrôle distante couplée à des systèmes d'assistance avancés compense l'impossibilité d'intervention humaine directe dans les zones les plus irradiées. Il convient toutefois de préciser que le projet reste en phase de développement et de test, sans date de déploiement opérationnel communiquée. La mine d'Asse II est un cas d'école du risque nucléaire à long terme : ancienne mine de sel reconvertie en site expérimental de stockage entre 1967 et 1978, elle a révélé ses fragilités structurelles lorsque des infiltrations d'eau ont commencé à menacer l'intégrité des conteneurs. La BGE, chargée de la remédiation depuis, a fait de leur extraction une priorité nationale. Le binôme Bilfinger-Fraunhofer IOSB opère sur un marché de niche où peu d'acteurs disposent de la double compétence en ingénierie lourde et robotique avancée, aucun concurrent direct n'étant identifié sur ce segment spécifique. Les technologies développées, notamment pour la téléopération en espace confiné et la validation par simulation, présentent un intérêt direct pour des sites comparables : Hanford aux États-Unis ou d'autres installations héritées de la Guerre froide posent des défis structurellement similaires en matière de remédiation nucléaire.

UEProjet porté par deux acteurs allemands majeurs (Bilfinger, Fraunhofer IOSB) mandatés par le gouvernement fédéral allemand pour résoudre un défi de remédiation nucléaire national, avec une méthodologie (téléopération en espace confiné, jumeau numérique) directement transposable à d'autres sites nucléaires européens hérités.

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IA incarnée : cartographie des stratégies de toucher affectif sur un robot humanoïde
3arXiv cs.RO 

IA incarnée : cartographie des stratégies de toucher affectif sur un robot humanoïde

Une équipe de chercheurs a publié en mai 2026 une étude (arXiv:2605.11825) examinant comment les humains expriment des émotions par le toucher physique sur un robot humanoïde. L'expérience impliquait 32 participants interagissant avec le robot iCub, développé par l'Istituto Italiano di Tecnologia (IIT) et équipé de capteurs tactiles distribués sur l'ensemble du corps. Les participants devaient exprimer huit émotions distinctes dans trois conditions : toucher libre (sans restriction de zone), toucher limité au bras, et toucher limité au torse. L'étude mesurait simultanément les zones de contact choisies et les dynamiques gestuelles, soit la pression, l'amplitude et la vitesse de mouvement. Les résultats contredisent une hypothèse courante en HRI (Human-Robot Interaction) : celle selon laquelle les stratégies de toucher affectif seraient stables et transposables d'une région corporelle à l'autre. En toucher libre, les participants privilégient nettement le haut du corps, socialement accessible (épaules, bras), tandis que les zones moins sollicitées présentent une sélectivité émotionnelle plus marquée. En condition bras-seulement, la variation émotionnelle se traduit principalement par des caractéristiques de mouvement ; en condition torse-seulement, c'est la pression qui porte l'information affective. Les stratégies ne se transfèrent pas entre conditions contraintes, même pour une région corporelle grossièrement similaire. Ce résultat a une implication directe pour la conception : un système de reconnaissance du toucher émotionnel entraîné sur une seule zone corporelle ne généralisera pas à l'ensemble du robot. Environ 30 % des participants ont signalé une modification de leur perception de la relation sociale avec iCub, et l'ensemble du groupe a rapporté une augmentation du sentiment de proximité après l'interaction. L'iCub est l'une des rares plateformes humanoïdes académiques disposant d'une surface tactile distribuée complète, ce qui en fait un outil expérimental difficile à reproduire en dehors de l'IIT, acteur européen de référence en robotique de recherche. Cette publication s'inscrit dans un champ actif autour de la robotique sociale affective, où des acteurs comme SoftBank Robotics (Pepper), Enchanted Tools (France, avec Miroki) ou 1X Technologies tentent de rendre les interactions physiques homme-robot plus naturelles. Les prochains verrous techniques concernent la reconnaissance automatique des émotions exprimées par le toucher et l'adaptation comportementale du robot en temps réel : deux composants encore absents des systèmes commerciaux actuels, ce qui maintient ces résultats dans le registre de la recherche fondamentale plutôt que du déploiement industriel à court terme.

UEL'IIT (Italie), acteur européen de référence disposant de la plateforme iCub avec surface tactile distribuée complète, positionne l'UE comme leader en recherche HRI affective, avec des implications de conception pertinentes pour des acteurs français comme Enchanted Tools (Miroki).

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Chien robot quadrupède détecte les toxines dangereuses avant l'entrée des pompiers en zone à risque
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Chien robot quadrupède détecte les toxines dangereuses avant l'entrée des pompiers en zone à risque

Des chercheurs de la Graz University of Technology (TU Graz) en Autriche ont développé un chien robot quadrupède capable de détecter des substances toxiques en zones dangereuses avant l'intervention des pompiers. Le système, téléopéré et compact, intègre des instruments de mesure déjà utilisés par les services d'incendie. Il a été testé lors d'exercices grandeur nature impliquant des scénarios de pollution chimique, où il a démontré sa capacité à transmettre des données en temps réel depuis des zones contaminées. Selon Gerald Steinbauer-Wagner, chercheur et professeur associé en robotique à la TU Graz, le robot mesure les concentrations de polluants et renvoie simultanément images caméra et relevés de capteurs pendant que les équipes s'équipent de leurs tenues de protection. Gerald Czech, de l'Association fédérale autrichienne des sapeurs-pompiers, a confirmé qu'en cas d'incident réel, il enverrait le robot dans la zone contaminée avant tout déploiement humain. L'enjeu opérationnel est significatif. Lors d'accidents chimiques, les pompiers doivent revêtir des combinaisons de protection lourdes de niveau A ou B avant toute mesure sur site, une procédure qui consomme un temps précieux dans des situations où chaque minute compte. Le robot comble ce délai en fournissant une évaluation précoce de la scène, ce qui permet au commandement de baser ses décisions sur des données réelles plutôt que sur des hypothèses. Ce gain d'information réduit l'exposition directe des équipes aux substances toxiques et améliore la conduite opérationnelle. Un point important : les concepteurs ont délibérément évité de créer un nouveau protocole de zéro, en intégrant le robot dans les procédures opérationnelles standard existantes des services Hazmat. Cela réduit la friction d'adoption, souvent sous-estimée dans les projets de robotisation des services d'urgence. Le projet bénéficie du soutien de l'Agence autrichienne de promotion de la recherche (FFG), ainsi que des associations de pompiers styriennes et de Haute-Autriche, et du Disaster Competence Network Austria. Le robot s'appuie exclusivement sur des composants commerciaux standard pour la mobilité, le traitement des données, la communication et la visualisation, ce qui favorise la reproductibilité et limite les coûts de maintenance. Les experts impliqués recommandent d'en faire un équipement permanent des unités Hazmat. Dans le paysage plus large des robots d'inspection et de sécurité, ce système s'inscrit dans une tendance croissante d'utilisation de plateformes quadrupèdes dérivées du Boston Dynamics Spot ou d'équivalents pour des missions de reconnaissance industrielle, une tendance que des acteurs comme ANYbotics ou Ghost Robotics ont déjà commercialisée dans le secteur de l'inspection d'infrastructures. La prochaine étape pour l'équipe de TU Graz serait d'étendre les tests à des scénarios d'incidents réels et de formaliser l'intégration dans les doctrines nationales de réponse aux matières dangereuses.

UELa TU Graz (Autriche) livre aux services Hazmat européens un système quadrupède validé en exercices grandeur nature, ouvrant la voie à une intégration dans les doctrines nationales de réponse aux matières dangereuses.

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