Aller au contenu principal
L'Allemagne prévoit des bras robotiques pour récupérer 126 000 fûts de déchets nucléaires dans une mine de sel
FR/EU ecosystemeInteresting Engineering 

L'Allemagne prévoit des bras robotiques pour récupérer 126 000 fûts de déchets nucléaires dans une mine de sel

1 source couvre ce sujet·Source originale ↗·
Résumé IASource uniqueImpact UE

La société d'ingénierie allemande Bilfinger et l'institut de recherche Fraunhofer IOSB développent conjointement un système téléopéré pour extraire environ 126 000 fûts de déchets radioactifs de la mine de Asse II, dans le nord de l'Allemagne. Commandé par la BGE (Bundesgesellschaft für Endlagerung, l'entreprise fédérale chargée de la gestion des déchets radioactifs), le projet affronte des conditions extrêmes : chambres situées à plusieurs centaines de mètres de profondeur, conteneurs corrodés par des décennies d'exposition au sel et à l'humidité, fûts empilés, éparpillés ou partiellement ensevelis. Bilfinger conçoit un excavateur d'essai multifonction équipé de pinces, couteaux et godets, capable de manipuler des fûts potentiellement fuyards sans provoquer de contamination supplémentaire, dans un environnement salin à visibilité réduite. Fraunhofer IOSB, fort de son programme ROBDEKON dédié à la robotique en milieu dangereux, pilote la couche autonome : fusion de capteurs, perception 3D temps réel et cinématique inverse permettent à l'opérateur de désigner une cible pendant que le système calcule automatiquement le trajet optimal. Les tâches répétitives, comme le transfert des fûts dans des conteneurs de transport, seront également automatisées pour réduire la charge opérateur.

L'intérêt du projet dépasse la seule mine d'Asse. La combinaison de téléopération robuste, de jumeau numérique et d'un environnement de test répliquant les conditions souterraines constitue une approche méthodologique directement transposable à d'autres chantiers de remédiation nucléaire. Le digital twin permet de simuler mouvements, charges et contraintes environnementales avant tout déploiement physique, limitant les risques de défaillance en conditions réelles. Pour les intégrateurs et les décideurs industriels, la valeur réside dans l'architecture : une salle de contrôle distante couplée à des systèmes d'assistance avancés compense l'impossibilité d'intervention humaine directe dans les zones les plus irradiées. Il convient toutefois de préciser que le projet reste en phase de développement et de test, sans date de déploiement opérationnel communiquée.

La mine d'Asse II est un cas d'école du risque nucléaire à long terme : ancienne mine de sel reconvertie en site expérimental de stockage entre 1967 et 1978, elle a révélé ses fragilités structurelles lorsque des infiltrations d'eau ont commencé à menacer l'intégrité des conteneurs. La BGE, chargée de la remédiation depuis, a fait de leur extraction une priorité nationale. Le binôme Bilfinger-Fraunhofer IOSB opère sur un marché de niche où peu d'acteurs disposent de la double compétence en ingénierie lourde et robotique avancée, aucun concurrent direct n'étant identifié sur ce segment spécifique. Les technologies développées, notamment pour la téléopération en espace confiné et la validation par simulation, présentent un intérêt direct pour des sites comparables : Hanford aux États-Unis ou d'autres installations héritées de la Guerre froide posent des défis structurellement similaires en matière de remédiation nucléaire.

Impact France/UE

Projet porté par deux acteurs allemands majeurs (Bilfinger, Fraunhofer IOSB) mandatés par le gouvernement fédéral allemand pour résoudre un défi de remédiation nucléaire national, avec une méthodologie (téléopération en espace confiné, jumeau numérique) directement transposable à d'autres sites nucléaires européens hérités.

À lire aussi

L'Europe développe un bras robotique capable de voir, toucher et manipuler des échantillons pour les missions lunaires
1Interesting Engineering 

L'Europe développe un bras robotique capable de voir, toucher et manipuler des échantillons pour les missions lunaires

L'Agence spatiale européenne (ESA) et l'entreprise aérospatiale italienne Leonardo finalisent l'intégration du Sample Transfer Arm (STA), un bras robotique de 2,4 mètres d'extension doté de sept degrés de liberté, actuellement assemblé dans les installations de Leonardo à Nerviano, près de Milan. Conçu à l'origine pour le programme Mars Sample Return conjoint NASA-ESA, le STA devait transférer les échantillons martiens collectés par le rover Perseverance en vue de leur retour sur Terre. L'avenir incertain de cette mission a conduit l'ESA à repositionner la technologie vers des applications lunaires et d'exploration plus larges. Le bras embarque des caméras, des capteurs de force et de couple en trois dimensions, des codeurs de position dans chaque articulation, et une unité électronique autonome faisant office de centre de contrôle. Sa pince en bout de bras offre une précision au millimètre. Les équipes entrent maintenant dans la phase de tests en environnement spatial simulé, prévue dans les prochaines semaines. Ce bras illustre concrètement la montée en maturité des systèmes robotiques à perception multimodale pour l'espace : la combinaison vision embarquée, retour haptique (capteur force-couple 6 axes) et contrôle de position en boucle fermée permet une manipulation semi-autonome sans intervention humaine en temps réel, ce qui est critique pour des missions où la latence de communication rend le télé-opérage direct impraticable. Pour les décideurs du secteur spatial institutionnel, le STA représente un démonstrateur crédible d'un bras polyvalent qui pourrait supporter aussi bien la collecte d'échantillons géologiques que l'assistance aux astronautes lors de séjours prolongés sur la Lune. La question du passage du laboratoire à un déploiement opérationnel reste ouverte : aucune mission concrète avec timeline précise n'est annoncée à ce stade, et les tests en cours à Nerviano devront valider les performances avant toute intégration sur un engin spatial réel. Le STA s'inscrit dans une dynamique européenne de consolidation des compétences robotiques spatiales face à une concurrence américaine (NASA, JPL) et émergente (Chine, CNSA). Le consortium industriel qui porte le projet reflète la géographie habituelle de l'industrie spatiale européenne : Leonardo en chef de file, GMV et AVS (Espagne) pour les logiciels et systèmes, Maxon (Suisse) pour les actionneurs de précision, 3DPlus (France) pour l'électronique résistante aux radiations, et COMOTI (Roumanie), avec des fournisseurs danois, grecs et allemands. La présence de 3DPlus, spécialiste français des composants électroniques durcis pour l'espace, mérite d'être notée dans ce contexte de souveraineté technologique. La prochaine étape critique sera la validation en conditions simulées de lancement et d'atterrissage, les mécanismes structurels du bras devant absorber les charges dynamiques sans dégrader la précision de positionnement acquise au sol.

UELa participation de 3DPlus (France) pour l'électronique durcie et le leadership ESA/Leonardo sur le STA renforcent la souveraineté technologique européenne en robotique spatiale à perception multimodale, segment stratégique face aux programmes NASA et CNSA.

FR/EU ecosystemeOpinion
1 source
Les robots de Sereact automatisent le traitement des retours Zalando dans des centres logistiques en Allemagne et en Pologne
2Robotics & Automation News 

Les robots de Sereact automatisent le traitement des retours Zalando dans des centres logistiques en Allemagne et en Pologne

Sereact, le détaillant en ligne Zalando et CEVA Logistics ont lancé le traitement automatisé des retours de mode sur deux sites logistiques : Greven en Allemagne et Świebodzin en Pologne. Les systèmes robotiques à deux bras, pilotés par Cortex, la plateforme de physical AI de Sereact, sont entrés en exploitation réelle. Ils prennent en charge de façon autonome des articles retournés par des clients. Les partenaires présentent ce déploiement comme la phase initiale d'un programme plus large. Le communiqué ne précise ni cadence, ni taux de réussite, ni nombre de cellules, ni périmètre exact des références traitées. L'enjeu est considérable. Les retours de vêtements sont un cas d'usage difficile pour la manipulation robotique : textiles déformables, emballages variables, états hétérogènes, tâches de tri et de contrôle. Un déploiement en production chez un grand e-commerçant européen, sur deux pays, suggère que les modèles de manipulation guidés par l'IA quittent le stade du pilote pour s'intégrer à des flux logistiques réels. Il faudra toutefois attendre des chiffres de débit, de disponibilité et de coût par pièce pour juger de la rentabilité face au travail manuel. À ce stade, il s'agit d'un lancement en conditions réelles, sans données de performance publiées. Sereact, start-up allemande de Stuttgart, mise sur un modèle fondation généraliste pour la manipulation, là où des concurrents comme Dexterity, Mujin ou Pickle misent sur des solutions plus spécialisées. CEVA Logistics, filiale de CMA CGM basée à Marseille, apporte une visibilité française dans ce projet et un accès à de nombreux sites. Zalando, de son côté, traite de gros volumes de retours. L'extension à d'autres sites des trois partenaires sera le vrai test de la généralisation.

UEDéploiement en production d'une start-up allemande avec Zalando et CEVA Logistics (filiale de CMA CGM, Marseille) sur deux sites européens, illustrant l'arrivée de la manipulation robotique par IA dans la logistique de l'UE.

FR/EU ecosystemeActu
1 source
Un bras robotique façon pieuvre pense avec ses ventouses pour explorer les fonds marins
3New Atlas Robotics 

Un bras robotique façon pieuvre pense avec ses ventouses pour explorer les fonds marins

Des chercheurs de l'Institut italien de technologie (IIT) ont présenté un bras robotique biomimétique inspiré de la pieuvre, conçu pour l'exploration des fonds marins. Contrairement aux systèmes actuels, qui reposent sur des mouvements préprogrammés, une architecture rigide et un processeur central unique, ce dispositif délègue le traitement de l'information directement aux ventouses : chaque ventouse embarque ses propres capteurs et une capacité de calcul locale, lui permettant d'interagir avec son environnement sans attendre les instructions d'un cerveau central. L'enjeu est significatif pour la robotique sous-marine. Les environnements océaniques combinent courants variables, faible visibilité et topographies imprévisibles, trois facteurs qui mettent en échec les architectures de contrôle centralisées classiques. En distribuant l'intelligence au niveau des effecteurs, l'approche de l'IIT réduit la latence de réaction et rend le système intrinsèquement plus résilient aux perturbations locales. C'est une validation concrète de l'intelligence incarnée (embodied intelligence) à l'échelle d'un organe préhensile, un paradigme que la communauté robotique théorise depuis des années sans déploiement probant en milieu réel non contrôlé. L'IIT est l'un des laboratoires européens les plus actifs en soft robotics, avec une longue tradition de recherche sur les robots inspirés des invertébrés marins. La pieuvre sert de modèle depuis près de 500 millions d'années d'évolution : neuf cerveaux (un central, huit dans les bras), une structure entièrement déformable, et une capacité d'adaptation sensorimotrice sans équivalent. Sur le plan concurrentiel, ce travail se positionne face aux approches rigides de Woods Hole Oceanographic Institution ou aux ROV conventionnels, et ouvre une voie distincte de celle des bras industriels sous-marins d'acteurs comme Schilling Robotics.

UEL'IIT (Italie) confirme son leadership européen en soft robotics biomimétique et positionne l'UE à la frontière de l'intelligence incarnée distribuée, un paradigme directement transférable aux bras manipulateurs de robots humanoïdes et aux systèmes physiques adaptatifs.

FR/EU ecosystemePaper
1 source
Un cerveau de robot combine vue, toucher et son pour aider les humanoïdes dans les tâches ménagères
4Interesting Engineering 

Un cerveau de robot combine vue, toucher et son pour aider les humanoïdes dans les tâches ménagères

NEURA Robotics, société allemande, a présenté Neuron AI, un modèle de fondation qu'elle qualifie de Perception-Language-Action (PLA). Il fusionne vision 3D, mesures tactiles et de force, audio, langage, état du robot et mémoire pour convertir la perception en actions physiques. Il prend en charge cinq plateformes : les humanoïdes 4NE1 Gen 3 et Gen 4, une version 4NE1 sur base roulante et deux robots bimanuels. L'inférence tourne localement, sans connexion cloud. L'entraînement combine expérience réelle, variations simulées et démonstrations humaines captées par des combinaisons instrumentées, via l'infrastructure NEURA Gyms. Schaeffler et Bosch sont cités comme partenaires de données industrielles. La plateforme Neuraverse doit permettre d'affiner les compétences par client et de les distribuer sur des flottes, en privé ou partagées avec l'écosystème. Une démonstration autonome de 11 minutes est prévue sur le 4NE1 au NVIDIA GTC Berlin du 20 au 22 octobre, avec notamment du tri de linge et le chargement d'un lave-linge. Le message technique est que le retour tactile, sonore et la mémoire à court terme ne sont plus des options : vérifier qu'une vis est bien engagée via les forces de contact, ou qu'un loquet a cliqueté via le son, répond à une faiblesse connue des modèles purement visuels sur les tâches d'assemblage ou de manipulation multi-étapes. Pour un intégrateur, la promesse d'un même modèle sur cinq morphologies et d'une exécution embarquée est pertinente, car elle limite la dépendance au réseau et le coût de réécriture des compétences par machine. Mais il s'agit pour l'instant d'une annonce. NEURA n'a publié aucun benchmark comparatif montrant le gain de la mémoire ou des capteurs additionnels face à des systèmes basés sur la vision seule. Sa métrique phare, le Time-to-Skill (durée pour enseigner une tâche jusqu'à une exécution fiable), n'est accompagnée d'aucune valeur mesurée. Les exemples de la vis et du loquet illustrent des capacités visées, pas des résultats vérifiés de façon indépendante. Ce lancement place NEURA face à des acteurs qui défendent des approches voisines : Figure avec Helix, Tesla avec Optimus, Physical Intelligence avec Pi-0 et NVIDIA avec GR00T, ce dernier étant aussi l'hôte de la démonstration prévue. La différenciation revendiquée tient à la multimodalité sensorielle native, au multi-embodiment et à une logique de plateforme (Gyms, Neuraverse) plus qu'à un robot isolé. En Europe, la concurrence ou la complémentarité vient d'acteurs comme Wandercraft ou Enchanted Tools, plus spécialisés sur leurs propres machines. Le prochain test sera la démonstration de Berlin : une séquence de 11 minutes reste une vitrine, et il faudra savoir si elle est exécutée sans coupe ni intervention, avec quel taux de réussite sur des répétitions, et si des pilotes industriels, notamment chez Schaeffler et Bosch, la suivent avec des chiffres de déploiement réels.

UENEURA Robotics, entreprise allemande, propose un modèle de fondation embarqué testé avec Schaeffler et Bosch, ce qui renforce l'offre européenne d'IA physique pour l'industrie.

FR/EU ecosystemeOpinion
1 source