Aller au contenu principal
30 ans de micro-moteurs aux mains dextériques de robots : MINDSYNC TECH et Jiangsu Leili résolvent le problème de rigidité mécanique des humanoïdes
Chine/AsiePandaily 

30 ans de micro-moteurs aux mains dextériques de robots : MINDSYNC TECH et Jiangsu Leili résolvent le problème de rigidité mécanique des humanoïdes

1 source couvre ce sujet·Source originale ↗·
Résumé IASource uniqueImpact UE

Jiangsu Leili Motor, entreprise de fabrication de précision cotée à Changzhou et forte de plus de 30 ans d'expertise en micromoteurs, s'impose comme fournisseur critique de composants pour l'industrie des robots humanoïdes via ses filiales Dingzhi Technology et MINDSYNC TECH. Sur son site de Changzhou, l'entreprise a fait la démonstration d'une main robotique dextre exécutant de la calligraphie, manipulant de la verrerie de laboratoire et maniant des instruments de précision, illustrant les progrès réalisés pour résoudre le problème de rigidité mécanique qui limitait jusqu'ici les mains robotiques à de simples opérations de préhension. La technologie centrale est le moteur à cage creuse (hollow-cup), unité de puissance dominante pour les mains dextres haut de gamme : contrairement aux moteurs conventionnels à noyau de fer, il offre une densité de puissance et une efficacité supérieures pour un poids réduit, indispensables au format compact des mains robotiques, qui peuvent nécessiter plus d'une dizaine de micromoteurs pour reproduire une articulation proche de la main humaine. Dingzhi Technology a développé une gamme complète de moteurs à cage creuse allant de 6 à 42 mm de diamètre et a surmonté la difficulté du bobinage automatisé pour cette structure sans fer, atteignant une capacité de production de masse totalement autonome. Les réducteurs et trains d'engrenages de précision ont été renforcés par le rachat de Sailente, société forte de près de 20 ans d'expérience dans la fabrication d'engrenages. Les systèmes de main dextre intègrent moteurs, réducteurs, vis à billes, encodeurs et variateurs en solutions de contrôle de mouvement unifiées.

Cette annonce reflète un basculement de fond dans l'industrie robotique. Les déploiements actuels d'humanoïdes basiques en usine utilisent des pinces à deux doigts capables uniquement d'opérations standard de transfert sur convoyeur. Comme l'a souligné Wang Wenwei, directeur général de MINDSYNC TECH, ces pinces à deux doigts ne peuvent ni ajuster de manière autonome l'angle de préhension, ni retourner une pièce pour inspection, ni gérer des objets positionnés de façon irrégulière sur une chaîne de production : ces opérations fines exigent des mains dextres multi-degrés de liberté. MINDSYNC TECH a déjà déployé trois architectures technologiques parallèles (câble, biellette, entraînement direct) sur des applications concrètes : inspection de bandes transporteuses en mine, détection de défauts sur tubes ondulés en usine, et application de pâte thermique sur puces électroniques. Le déploiement pour l'inspection d'écrans dans l'électronique grand public haut de gamme est prévu fin 2026. Le secteur estime qu'il faudra encore 1 à 2 ans avant un déploiement industriel de masse des mains dextres, en cohérence avec la maturation attendue des humanoïdes et de leurs courbes de coûts. À noter : le coût unitaire actuel d'une main dextre (10 000 à 60 000 yuans) reste élevé, reflet de l'investissement en fabrication de précision requis, un signal à surveiller avant de parler de déploiement massif.

Cette montée en gamme s'inscrit dans la trajectoire d'une entreprise qui a fait le choix stratégique d'éviter la fabrication de corps de robots pour se concentrer sur les composants critiques, là où ses décennies d'expertise en micromoteurs constituent un avantage différenciant. Cette stratégie de spécialisation est validée par un marché des moteurs visé à 91,7 milliards de yuans d'ici 2030. La transition des mains préhensiles vers des mains manipulatrices dextres sera déterminante pour savoir si les robots humanoïdes peuvent devenir des travailleurs véritablement polyvalents, une question qui oppose directement les fournisseurs de composants chinois comme Jiangsu Leili aux acteurs occidentaux du secteur, qu'il s'agisse des mains dextres développées par des laboratoires américains ou des approches françaises et européennes en matière de manipulation robotique.

Dans nos dossiers

À lire aussi

Près de 20 constructeurs de moteurs chinois en lice pour prendre l'avantage sur le marché des robots humanoïdes
1Pandaily 

Près de 20 constructeurs de moteurs chinois en lice pour prendre l'avantage sur le marché des robots humanoïdes

Près de vingt fabricants chinois de moteurs cotés en bourse se sont positionnés sur le marché des robots humanoïdes, révèlent leurs rapports annuels 2025. Parmi eux : Step Electronics, Haozhi Electromechanical, Leadshine Technology, Hechuan Technology, Jiangsu Leili et Weichuang Electric. Deux technologies ont émergé comme voies de référence dans le secteur : les moteurs couple sans cadre (frameless torque motors) pour l'actionnement des articulations majeures, couplés à des réducteurs harmoniques et encodeurs haute précision, et les moteurs à coupelle creuse (hollow cup motors) pour les mains dextres. Les volumes livrés témoignent d'une croissance très rapide : Leadshine Technology a expédié plus de 120 000 moteurs couple sans cadre en 2025, soit une multiplication par plus de 20 en un an. Step Electronics a vendu environ 83 000 unités sur l'année, en hausse de 247 % par rapport à 2024, puis 35 000 unités supplémentaires au premier trimestre 2026, soit encore +246 % sur un an. Step a développé une quatrième génération de moteurs sans cadre couvrant des diamètres extérieurs de 25 à 160 mm, spécifiquement optimisés pour les 26 articulations d'un humanoïde complet. Haozhi Electromechanical revendique une capacité de surcharge de 3,5x et une réduction de masse de 15 % par rapport aux produits concurrents. Du côté des moteurs à coupelle creuse, Mingzhi Electric se place parmi les leaders mondiaux en moteurs sans balais sans encoches (brushless slotless), avec une croissance des revenus robotique supérieure à 40 % deux années consécutives ; Zhaowei Electromechanical pousse la miniaturisation jusqu'à 4 mm de diamètre pour les actionneurs de doigts. Ces volumes industriels signalent un passage de seuil pour la chaîne d'approvisionnement humanoïde : on sort des petites séries de prototypes pour entrer dans une logique de production de masse naissante. Pour les intégrateurs et les décideurs industriels, cela signifie que les composants critiques d'actionnement, longtemps considérés comme un goulot d'étranglement, commencent à se standardiser autour de deux architectures consensus. La convergence vers les moteurs sans cadre et à coupelle creuse facilite la qualification des fournisseurs, réduit les délais d'approvisionnement et permet des comparaisons tarifaires directes. En revanche, la disparité visible entre les acteurs révèle un marché encore fragmenté : une poignée d'entreprises livre à grande échelle, un second groupe est en petite série, et d'autres restent au stade d'échantillons clients, ce qui anticipe une consolidation à mesure que les volumes passeront de milliers à millions d'unités. La course actuelle s'inscrit dans le contexte de l'industrialisation accélérée des humanoïdes en Chine, portée par des plateformes comme l'Unitree H1, le Fourier GR-1 et plusieurs projets étatiques liés au plan "Made in China 2025". Face à ces acteurs chinois, les concurrents occidentaux positionnés sur les mêmes composants, notamment des fournisseurs allemands et japonais de motoréducteurs pour la robotique collaborative, se retrouvent sous pression tarifaire. Aucun acteur européen ou français n'est directement mentionné dans ce segment de composants d'actionnement. Les prochaines étapes déterminantes seront la capacité des fournisseurs de premier rang à tenir leurs cadences de livraison lorsque les fabricants d'humanoïdes comme Figure, Agility ou leurs équivalents chinois passeront à des volumes annuels à cinq ou six chiffres, un test grandeur nature que les chiffres de 2026 commenceront à révéler.

UELes fournisseurs européens de motoréducteurs pour la robotique collaborative (notamment allemands et japonais) se retrouvent sous pression tarifaire face à la montée en puissance et à la standardisation rapide des composants d'actionnement chinois pour humanoïdes.

Chine/AsieActu
1 source
Le robot humanoïde chinois Fuxi reproduit les mouvements humains en temps réel pour des missions à haut risque
2Interesting Engineering 

Le robot humanoïde chinois Fuxi reproduit les mouvements humains en temps réel pour des missions à haut risque

NORINCO (China North Industries Group Corporation), conglomérat public chinois de l'armement, dévoile cette semaine son robot humanoïde Fuxi au World Robot Conference et World Robot Expo de Pékin, qui se tient du mercredi au dimanche. Développé par l'institut d'innovation de NORINCO avec des technologies présentées comme entièrement domestiques, Fuxi est un humanoïde grandeur nature d'environ 90 kilogrammes destiné à la reconnaissance tous temps, la patrouille intelligente et les opérations en zones dangereuses, avec des fonctions de sentinelle capables d'identifier du personnel et de déclencher des alertes. Son pilotage s'appuie sur un système de téléopération baptisé "external avatar", présenté comme la première solution chinoise de téléopération pleinement maîtrisée pour des humanoïdes de cette masse, retranscrivant en temps réel les mouvements d'un opérateur distant. Plusieurs unités doivent évoluer en formation lors d'une démonstration de patrouille urbaine nocturne. NORINCO anime aussi la zone des entreprises publiques centrales avec 68 produits issus de 18 filiales; le salon réunit plus de 2 000 exposants et plus de 150 produits en première mondiale. Cette approche tranche avec la trajectoire dominante du secteur, portée par des modèles vision-langage-action autonomes comme Figure 03, Optimus Gen 3, Pi-0 ou GR00T N2: NORINCO mise sur la téléopération assistée, qui contourne le problème encore non résolu de la généralisation autonome en gardant un humain dans la boucle, au prix d'une dépendance à la bande passante et à l'opérateur. Le positionnement révèle surtout l'entrée d'un acteur industriel militaire d'État dans la course humanoïde chinoise, aux côtés d'entreprises civiles comme Unitree ou UBTech, avec des usages orientés sécurité et missions à risque plutôt que logistique. Les chiffres avancés (temps réel, 90 kg, "première" solution du genre) proviennent exclusivement du communiqué NORINCO relayé par Global Times, sans démonstration indépendante à ce stade. Le lancement parallèle d'une "Global Robot Application Exploration Initiative", invitant à soumettre des humanoïdes produits en série à des essais réels, confirme que le secteur chinois cherche à combler l'écart entre démonstrations scéniques et déploiements effectifs. NORINCO est l'un des plus grands conglomérats publics d'armement de Chine, habituellement associé aux véhicules blindés plutôt qu'à la robotique de service, ce qui situe Fuxi dans une logique dual-use distincte de la compétition commerciale menée par Tesla, Figure AI, Boston Dynamics ou les start-up chinoises Unitree et Agibot. Son développement s'est concentré sur trois briques technologiques: la détection du mouvement humain, le transfert de mouvement entre plateformes robotiques et le contrôle coordonné du corps entier. Aucun acteur français ou européen n'apparaît dans cette annonce, circonscrite à l'écosystème public chinois autour de NORINCO et de l'institut Zhiyuan de Hangzhou. Pour l'instant, aucune date de commercialisation ni volume de déploiement n'ont été communiqués: Fuxi en est au stade de démonstration de salon, sa seule échéance confirmée étant sa présentation à Pékin cette semaine.

Chine/AsieOpinion
1 source
La Chine teste des robots humanoïdes dans des plantations de thé avant les Jeux mondiaux de robotique 2026
3Interesting Engineering 

La Chine teste des robots humanoïdes dans des plantations de thé avant les Jeux mondiaux de robotique 2026

Le 10 mai 2026, les premières équipes engagées dans les World Humanoid Robot Games 2026 ont déployé leurs robots humanoïdes non pas dans une salle de compétition, mais dans les plantations de thé blanc de Fuding, province du Fujian, l'une des régions productrices les plus importantes de Chine. Ce premier tronçon du relais dit "Energy Transfer" constitue une épreuve de terrain réelle : les robots devaient identifier et cueillir des feuilles de thé, transporter des charges sur des pentes irrégulières, étaler les feuilles pour séchage au soleil, puis participer aux étapes de torréfaction et de pressage en galettes. Selon CGTN, l'exercice est explicitement conçu comme un banc de collecte de données pour les systèmes d'IA généraliste et d'IA incarnée (embodied AI), dans des conditions impossibles à reproduire fidèlement en laboratoire. L'intérêt technique de ce choix d'environnement est réel, et va au-delà de l'opération de communication. Les plantations de thé cumulent précisément les variables qui mettent en défaut les robots humanoïdes actuels : terrain pentu et non structuré, variation naturelle des objets à manipuler (taille, maturité et position des feuilles changent en continu), lumière fluctuante, et nécessité de combiner locomotion en terrain difficile et manipulation fine. Ce profil de tâche est fondamentalement différent des environnements entrepôt ou atelier où opèrent la plupart des démos publiques d'acteurs comme Figure, Agility Robotics ou Tesla Optimus. Le déploiement en champ de thé signale une volonté de tester le "sim-to-real gap" sur des tâches non structurées, là où les architectures VLA (Vision-Language-Action) actuelles montrent encore des limites documentées à l'échelle industrielle. Les World Humanoid Robot Games ont tenu leur première édition en 2025, rassemblant 280 équipes et plus de 500 robots humanoïdes issus de 16 pays. L'édition 2026 monte en ambition : 32 épreuves réparties en deux catégories, compétitive (26 épreuves sur 9 disciplines : athlétisme, football, gymnastique, haltérophilie, arts martiaux, danse, tir à la corde, et pitch-pot, jeu de précision traditionnel chinois) et scénarisée (6 environnements opérationnels réels : domicile, hôtel, usine, urgence médicale, hôpital, commerce de détail). L'organisation annonce un glissement délibéré des épreuves vers des sites opérationnels réels plutôt que des arènes simulées. Dans le contexte de la course mondiale à la commercialisation des humanoïdes, où Unitree, Zhiyuan et d'autres acteurs chinois accélèrent leurs cycles de déploiement face aux plateformes américaines et européennes, ce type d'exercice collectif à grande échelle représente un vecteur d'entraînement et d'itération difficile à répliquer en dehors d'un programme national coordonné.

UEL'accumulation de données d'entraînement à grande échelle sur des tâches non structurées en conditions réelles renforce l'avantage compétitif chinois face aux acteurs européens du marché des humanoïdes, sans mécanisme de rattrapage immédiat identifié côté UE.

Chine/AsieOpinion
1 source
Robot humanoïde chinois épate en dansant le ballet aux côtés de danseurs humains
4Interesting Engineering 

Robot humanoïde chinois épate en dansant le ballet aux côtés de danseurs humains

UBTECH, entreprise chinoise de robotique fondée à Shenzhen, a présenté son nouveau robot humanoïde Walker C1 lors d'une performance live de ballet et de valse tirée du Lac des Cygnes, aux côtés de danseurs humains. La démonstration, organisée dans le cadre de la China International Supply Chain Expo (Chain Expo) 2026, dont UBTECH vient d'être désigné partenaire humanoïde officiel exclusif, visait à illustrer les capacités de contrôle de mouvement, d'équilibre dynamique et de coordination du robot. Le Walker C1 est un humanoïde électrique pleine taille conçu pour les environnements de service public, accueil d'hôtels, aéroports, centres d'exposition et centres commerciaux. Il intègre un module de navigation autonome U-SLAM, un contrôle de mouvement corps entier, et une vitesse de marche de 6 km/h. Il supporte l'interaction multilingue et est alimenté par un grand modèle d'interaction incarnée développé en interne. UBTECH n'a pas publié de fiche technique complète du C1 au moment de l'annonce. Une unité est déjà déployée à l'Expo 2025 d'Osaka, où elle opère comme guide intelligent dans le pavillon chinois. La démonstration chorégraphique est avant tout un exercice de communication, pas une validation de performance industrielle. Aucune métrique précise sur les degrés de liberté, le couple articulaire ou la précision de répétabilité du C1 n'a été communiquée, ce qui limite l'interprétation technique. En revanche, les données commerciales d'UBTECH méritent davantage d'attention : l'entreprise a enregistré environ 800 millions de yuans (113 millions de dollars) de commandes en 2025, dont un contrat de 250 millions de yuans (35 M$) signé en septembre avec une grande entreprise chinoise non nommée, ainsi que des engagements de 159 millions de yuans en Sichuan et 126 millions de yuans au Guangxi. Ces chiffres signalent un passage concret du stade prototype à la production commerciale à grande échelle. Le secteur automobile se révèle le principal moteur de la demande, avec BYD, Geely, FAW-Volkswagen, Dongfeng Liuzhou Motor et Foxconn comme clients actifs pour des applications de manufacturing et de logistique. UBTECH a franchi en 2025 le cap des 1 000 unités Walker S2 produites dans son usine de Liuzhou, avec plus de 500 robots déjà déployés en opération réelle. L'entreprise cible une capacité de production de 10 000 unités par an d'ici fin 2026. Dans ce contexte, la Chine consolide une course humanoïde qui implique aussi LimX Dynamics, dont le robot Oli avait réalisé une performance de ballet similaire l'an dernier, ainsi que Unitree et Fourier Intelligence. À l'international, les concurrents directs incluent Figure AI, Agility Robotics (Amazon) et Boston Dynamics sur le segment industriel, et Apptronik sur le service. La stratégie d'UBTECH combine une vitrine médiatique grand public via la danse, et un ancrage commercial fort sur les sites industriels et d'exposition, une dualité qui reflète l'ambition de transformer le robot humanoïde en produit de série avant ses rivaux occidentaux.

UELa montée en puissance commerciale d'UBTECH en Chine (10 000 unités/an visées fin 2026, 800 M¥ de commandes en 2025) intensifie la pression concurrentielle sur les acteurs européens positionnés sur les humanoïdes de service et industriels.

Chine/AsieOpinion
1 source