36Kr : un ex-associé de Flexiv lève des dizaines de millions de yuans pour des agents IA industriels
Shanghai Zhuizhi Engineering Technology (追知工科), fondée en février 2024, vient de lever plusieurs dizaines de millions de yuans en amorçage auprès de L2F Guangyuan Ventures, Shangrong Capital et Yicun Capital. L'entreprise, issue de la valorisation de recherche de l'université Jiao Tong de Shanghai et incubée par l'Institut d'intelligence artificielle de Shanghai, développe des "agents industriels verticaux" pour des procédés de fabrication comme le meulage et le soudage, plutôt qu'un robot humanoïde généraliste. Sa fondatrice, Yuan Lin, a été partenaire commercial chez Flexiv (非夕科技), contribuant à sa croissance jusqu'au statut de licorne, après des postes de directrice des ventes groupe chez l'équipementier coté Huachangda et de responsable de projets ABB en Chine sur les lignes Changan Ford et Geely, des contrats de plusieurs centaines de millions de yuans. L'équipe technique s'appuie sur le professeur Li Zhuguo, spécialiste des matériaux à Jiao Tong classé parmi les 2% de scientifiques les plus cités au monde, et sur Cao Guangzhi, ancien scientifique en chef de la vision par ordinateur pour Autopilot chez Tesla. Le produit phare, baptisé WOLIF, repose sur une architecture de contrôle en boucle fermée dite "cerveau industriel plus cervelet de procédé", censée ajuster en continu les paramètres d'usinage selon l'état perçu de la pièce, au lieu d'exécuter un programme figé préréglé par des ingénieurs.
Cette approche cible un angle mort réel de l'automatisation industrielle : les tâches non standardisées à forte variabilité, où les robots à règles fixes échouent et où la main d'œuvre qualifiée se raréfie. Si la promesse de "boucle fermée totalement autonome" reste à vérifier à grande échelle au-delà des cas cités, la traction commerciale déjà annoncée, un premier contrat livré avec un groupe coté en Chine continentale et une commande de plusieurs dizaines de millions de yuans dans l'aéronautique, distingue ce dossier des simples démonstrations technologiques.
La première génération de robot de traitement de surface, FAST, a été validée sur des pièces aéronautiques de haute précision. Zhuizhi vise ensuite l'énergie nouvelle, puis l'automobile, l'électronique grand public, la robotique et les drones, en misant sur la portabilité de son savoir-faire par matériau et procédé plutôt que par secteur, une capacité de traitement du carbone par exemple devant se transférer de l'aéronautique au sport ou à l'électronique.




