
Gong Hongjia, Lu Qi et des investisseurs internationaux misent sur le bracelet EMG d'une équipe de l'Université de Pékin
La startup chinoise SnowOrigin (雪梦未来) annonce un tour de financement impliquant trois investisseurs de premier plan : Gong Hongjia, co-fondateur du géant de la vidéosurveillance Hikvision, Lu Qi, ancien vice-président de Microsoft Chine et ex-directeur technique de Baidu, désormais à la tête du fonds Miracle Plus, et des institutions étrangères non nommées. L'entreprise, fondée par Qin Xu, diplômé du Laboratoire national d'ingénierie en encodage vidéo de l'Université de Pékin sous la direction des académiciens Gao Wen et Huang Tiejun, développe une nouvelle génération de terminaux d'acquisition de données pour l'IA incarnée (Physical AI). Sa solution combine un bracelet à sEMG (électromyographie de surface), un casque panoramique de capture en première personne et le modèle d'IA propriétaire NMH (Neural Math Hybrid), capable de décoder des signaux neuromusculaires en temps réel. Sur le plan technique, les bracelets SnowOrigin dépassent les appareils domestiques concurrents, généralement limités à 8 canaux, 200-250 Hz d'échantillonnage et un rapport signal/bruit de 20 à 25 dB, en atteignant un SNR supérieur à 43 dB, avec davantage de canaux et une fréquence d'échantillonnage plus élevée. Les données produites sont structurées en trois composantes : posture (Pose), effort musculaire (Force) et micro-ajustements fins (Micro-control).
L'enjeu central que cible SnowOrigin est le fossé entre les méthodes d'acquisition de données existantes et les besoins réels de l'entraînement des robots humanoïdes. Les systèmes actuels, que ce soit la capture de mouvement, la téléopération ou la vidéo à la première personne, enregistrent ce qu'un humain fait, mais pas pourquoi ni comment : l'intention derrière un geste, la modulation de la force et les corrections imperceptibles en cours de manipulation restent invisibles. La startup s'appuie sur une analogie directe avec les LLM : de même qu'Internet a fourni la masse textuelle nécessaire à l'émergence de modèles de langage, l'ère du Physical AI requiert des données d'interaction humaine complètes en modalités multiples. Portable en conditions réelles, le bracelet sEMG ouvre la voie à une collecte à grande échelle impossible avec les gants de capture en laboratoire ou les exosquelettes, et c'est précisément ce que recherchent les équipes d'entraînement de robots dans leur pipeline de données de manipulation.
Le contexte de la course aux interfaces neurales non invasives s'est considérablement accéléré depuis le rachat de CTRL-Labs par Meta en 2019 pour environ 500 millions de dollars, une opération qui a légitimé le sEMG comme vecteur d'interaction avec les systèmes AR/VR. SnowOrigin revendique avoir été, dès 2023, la première entreprise chinoise à décoder en temps réel les signaux sEMG en données complètes de posture de main, et la première à lancer en production de masse un bracelet multi-canaux au-delà des 8 canaux standards. Sur le plan concurrentiel, Meta avance avec son bracelet neural pour les lunettes Ray-Ban Meta et le casque Quest, tandis que plusieurs acteurs chinois commencent à entrer sur ce segment. SnowOrigin mise sur deux débouchés commerciaux : les fabricants de lunettes IA, dont plusieurs acteurs majeurs auraient déjà signalé leur intérêt pour une intégration comme interface d'interaction, et les équipes robotiques cherchant des données d'entraînement à l'échelle pour robots humanoïdes et modèles du monde.
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