
X-Humanoid lance Hi-WBC, un modèle de contrôle du corps entier pour les robots humanoïdes Tiangong
X-Humanoid, le Centre d'innovation des robots humanoïdes de Pékin, a publié Hi-WBC (Whole-Body Control for Humanoid Intelligence), un modèle généraliste de contrôle du corps entier pour robots humanoïdes, diffusé via sa plateforme d'intelligence incarnée. Annoncé le 2 novembre et détaillé dans un communiqué en chinois le 7 novembre, le modèle traite les mouvements humains de référence comme un guide plutôt que comme un script à reproduire à l'identique. Il les combine avec la dynamique du robot et les contraintes de l'environnement, afin que la machine conserve l'intention du geste tout en ajustant posture, mouvement des articulations et appuis selon la charge, les forces extérieures et le terrain. Trois briques sont décrites. Pour accumuler des compétences sans oublier les précédentes, une architecture de type mixture d'experts et distillation de politiques entraîne d'abord des politiques spécialisées par mouvement ou tâche de manipulation, puis fusionne leurs capacités dans une politique générale. Pour les charges lourdes et l'interaction physique, une approche sensible au contact estime les forces externes à partir des courants des articulations et de l'état du mouvement, puis les associe à une optimisation dynamique à horizon court et à de l'apprentissage par renforcement. Pour les sols irréguliers, un contrôle perceptif exploite la géométrie du terrain afin d'identifier les points d'appui viables et d'adapter placement du pied, balancement de jambe et posture sur pentes, marches et obstacles, le robot pouvant choisir comment et quand franchir un obstacle avant de reprendre sa marche.
Deux vidéos de démonstration accompagnent la publication. La première relie le modèle aux résultats des robots Tiangong à l'épreuve combinée en cinq disciplines d'un événement sportif robotique, où X-Humanoid affirme avoir remporté l'or et l'argent, et être le seul bipède humanoïde médaillé d'or dans les épreuves en scénarios. La seconde montre plusieurs robots rangeant une salle de réunion en un plan continu : ramassage d'une télécommande et de menus objets, déplacement et remise en place de chaises, déplacement d'un tableau blanc, levage d'un sac-poubelle et accroupissement pour ramasser des papiers au sol. Il s'agit de démonstrations de l'entreprise, non de preuves de déploiement commercial.
Pour les intégrateurs et les responsables d'exploitation, l'intérêt tient moins à une percée isolée qu'à la direction prise : un contrôleur unique couvrant locomotion, manipulation chargée et terrain accidenté, plutôt qu'une pile de politiques cloisonnées par tâche. La distillation d'experts vers une politique générale s'attaque à l'oubli catastrophique, un frein réel à l'enrichissement progressif d'un robot en production. L'estimation des forces à partir des courants moteurs, sans capteurs d'effort dédiés, serait par ailleurs un levier de coût et de robustesse si elle tient hors laboratoire. Mais le communiqué ne fournit ni taux de réussite, ni limites de charge utile, ni disponibilité client, et le plan unique de la vidéo ne dit rien du nombre de prises ni des conditions préparées. L'écart entre démonstration et fiabilité répétée reste donc entier.
Le modèle s'inscrit dans la stratégie plus large de X-Humanoid, centre soutenu par Pékin et fabricant de la famille Tiangong, qui a récemment exposé sa feuille de route vers un modèle incarné unifié et des politiques de robots auto-évolutives. Hi-WBC se branche sur le système de décision de tâches et d'ordonnancement multi-robots de la plateforme, et l'entreprise indique qu'il sera amélioré grâce aux retours d'exécution de robots réels. Il fait face à des approches concurrentes de contrôle du corps entier, comme celles de Unitree, UBTech, Figure ou Tesla, dont les contrôleurs restent surtout documentés par des démonstrations. Les prochains indicateurs à surveiller seront des chiffres mesurés, des pilotes industriels nommés et des données issues de flottes opérant en conditions réelles.




