Le LionRock AI Lab de China Merchants publie en open source Lion-ER-35B-A3B, un modèle de raisonnement incarné
China Merchants Group a publié le 4 novembre, via son laboratoire LionRock AI (rattaché à l'Advanced Technology Research Institute), les poids de Lion-ER-35B-A3B, un modèle vision-langage de raisonnement incarné destiné à aider les robots à comprendre l'espace en trois dimensions, l'état des objets et l'avancement d'une tâche. Disponible sur Hugging Face sous licence Apache 2.0, c'est un mixture-of-experts d'environ 35 milliards de paramètres au total, dont 3 milliards actifs par token, affiné à partir de Qwen3.6-35B-A3B. Le laboratoire affirme que le modèle progresse sur les dix benchmarks publics de raisonnement incarné et visuel testés, avec une moyenne pondérée à parts égales de 65,29, chaque score étant moyenné sur quatre réponses échantillonnées. Parmi les résultats détaillés, 64,28 sur Where2Place (placement spatial, soit +9,30 points), 64,38 sur ERQA (+6,19 points), 89,33 sur SAT, et 68,18 sur la sous-catégorie compréhension de trajectoires d'ERQA (+12,12 points). Des versions plus petites, en 4B et 9B, appliquent la même recette.
Le point notable tient moins au score qu'à la méthode : le laboratoire soutient que plus de données robotiques n'équivaut pas automatiquement à plus de capacité. Plutôt que de collecter en masse, l'équipe a construit un « moteur de données piloté par les capacités ». Le raisonnement incarné est découpé en huit domaines (entités, espace, temps, physique, affordances, tâches, contexte social, preuves) et 39 compétences fines, chacune traduite en questions précisant scènes, observations et preuves nécessaires à une réponse vérifiable. Les questions dont l'évidence visuelle est insuffisante sont écartées, et des relecteurs humains examinent les échantillons difficiles. Le jeu d'entraînement supervisé compte 312 380 exemples, pondérés par besoin de capacité plutôt que par volume source. Pour les intégrateurs et équipes R&D, c'est un indice que la curation ciblée peut rivaliser avec l'accumulation de données, et qu'un modèle de 3 milliards de paramètres actifs, donc relativement léger à l'inférence, peut servir de brique de perception spatiale sous licence permissive. Il faut toutefois rester prudent : les gains sont mesurés par rapport à sa propre base, sur des benchmarks publics et par le laboratoire lui-même, sans comparaison indépendante avec d'autres modèles de raisonnement incarné.
Le contexte est celui d'une course où les acteurs chinois publient de plus en plus de modèles ouverts pour la robotique, en parallèle des approches fermées ou semi-ouvertes occidentales. Une boucle d'évaluation réinjecte les échecs dans la production de données : après avoir écarté les erreurs d'annotation ou de notation, l'équipe puise de nouveaux exemples du même schéma de raisonnement dans un réservoir d'environ 4,3 millions d'enregistrements issus de 31 sources. Un exemple cité : le modèle confondait « plus haut dans l'image » et « plus haut dans l'espace 3D », ce qui a conduit à ajouter des scènes à surfaces multiples niveaux. La fiche du modèle précise qu'il est destiné à la recherche, qu'il n'a pas été validé pour des décisions critiques en sécurité ni pour le contrôle autonome de robots, et que les résultats peuvent ne pas se transférer à de nouveaux environnements. Il s'agit donc d'une brique de recherche publiée, pas d'un produit déployé : aucun pilote industriel ni calendrier de déploiement n'est annoncé, et la validité en conditions réelles reste à démontrer.
Modèle ouvert sous Apache 2.0 que les équipes R&D et intégrateurs européens peuvent tester comme brique de perception spatiale, sans déploiement ni partenariat européen annoncé.




