Xiaomi : un robot humanoïde réussit son premier poste de 8 heures en usine automobile, et Xiaomi-Robotics-1 entre en test en appartement
Xiaomi affirme que son robot humanoïde a effectué pour la première fois une affectation de huit heures dans son usine automobile, couvrant la totalité de la demande de production quotidienne du poste de tri des caches latéraux de console centrale. Le groupe a révélé ce jalon, ainsi qu'un essai domestique de son modèle de fondation embarqué, lors du Sommet de Wuzhen de la World Internet Conference 2026, où son équipe robotique a reçu un Leading Technology Award pour une technologie de modèle de fondation destinée à la manipulation robotique à grande échelle. Selon Xiaomi, le robot a corrigé seul ses anomalies et s'est coordonné avec les systèmes de la ligne, ce que l'entreprise décrit comme une validation préliminaire de capacité au niveau de la ligne. Ce passage s'inscrit dans un stage en usine commencé en mars, où le robot avait travaillé trois heures en autonomie sur un poste de chargement d'écrous autotaraudeurs, avec 90,2 % de réussite d'installation des deux côtés pour un temps de cycle de 76 secondes. En juillet, ce taux atteignait 98 % et deux postes s'y étaient ajoutés, le tri de caches latéraux et le pliage de bacs, avec des taux de réussite de 94 % à 98 % selon Xiaomi. À domicile, l'entreprise a lancé ce qu'elle appelle une exploitation d'essai dans un Xiaomi Youth Apartment, son logement locatif pour employés. Les ingénieurs ont bâti un système d'agent sur le modèle préentraîné Xiaomi-Robotics-1, couvrant collecte de données, inférence et exécution, affiné par plusieurs cycles de post-entraînement. Lors d'une validation, le système a fonctionné plus de 30 minutes dans trois pièces et accompli plus de 50 tâches : préparer des outils, ranger un canapé et des tables, jeter des déchets, remettre des objets en place, inspecter les pièces, revérifier le logement puis sortir. La vidéo diffusée est présentée comme un plan unique de 32 minutes.
L'intérêt tient moins à la démonstration domestique qu'à la durée en usine. Passer de trois heures sur un seul poste à un poste complet de huit heures, avec correction autonome des anomalies et coordination avec les systèmes de ligne, répond à l'une des critiques récurrentes du secteur : l'écart entre démonstration et exploitation continue. Ce n'est toutefois pas encore une preuve de déploiement : Xiaomi ne publie ni le nombre de robots, ni le taux d'intervention humaine, ni le débit comparé à un opérateur, et parle elle-même de validation préliminaire. Un poste de tri est aussi nettement moins contraignant qu'un assemblage de précision. Côté domicile, une vidéo en plan unique reste un échantillon choisi par l'entreprise, dans un appartement connu du fabricant. Xiaomi ne précise ni le nombre de robots, ni le logement hôte, ni la durée de l'essai. L'argument stratégique est celui d'une pile de modèles unique pour l'industriel et le domestique, une hypothèse que peu d'acteurs ont démontrée à l'échelle.
Xiaomi-Robotics-1, dévoilé le 16 juillet et publié en open source en août, a été préentraîné sur plus de 100 000 heures de trajectoires de manipulation réelles couvrant plus de 1 700 scènes et 260 types de tâches, puis post-entraîné sur plus de 10 000 heures de données multi-embodiments pour s'adapter aux manipulateurs mobiles et aux robots bimanuels. L'entreprise annonce la première place générale aux classements RoboCasa 365 et RoboDojo en juillet. Son modèle VLA distinct, Xiaomi-Robotics-0, adopte une architecture hybride qui atteindrait 80 millisecondes de latence d'inférence sur une carte graphique grand public. Xiaomi rejoint ainsi la course où se disputent Tesla avec Optimus, Figure, Physical Intelligence avec Pi-0 ou Nvidia avec GR00T, avec un avantage : une usine automobile intégrée comme terrain d'essai. La suite dépendra de la publication de chiffres de disponibilité et d'intervention, et d'une extension à des postes plus exigeants que le tri.
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