Un robot ramasse Othello
Un bricoleur connu sous le pseudo Jeneus vient de présenter un robot joueur d'Othello entièrement fonctionnel, né d'une tentative ratée de programmer ce jeu au lycée. La machine ressemble à première vue à une imprimante 3D : un système de déplacement XYZ en profilés d'aluminium, dont l'axe Z embarque une ventouse à vide capable de saisir des pions transparents et de les déposer sur le plateau. Les pions sont éclairés par des LED à deux couleurs, ce qui supprime le retournement mécanique : lorsqu'une pièce est « capturée », il suffit de changer la couleur de sa LED. Les mêmes LED clignotent dans une autre teinte pour signaler au joueur humain les coups légaux. La structure combine des pièces découpées au laser et des pièces imprimées en 3D en PLA et en TPU. Un Raspberry Pi, relié à une caméra, lit l'état du plateau et exécute le logiciel de jeu. Le projet est documenté dans une vidéo, sans chiffres de performance publiés tels que le temps de coup ou le niveau de jeu.
L'intérêt dépasse l'anecdote. Il s'agit d'un projet d'amateur, sans enjeu commercial, mais il illustre une approche de conception que les intégrateurs reconnaîtront : plutôt que de reproduire fidèlement le geste humain (saisir, retourner, reposer), le concepteur a contourné le problème le plus difficile en changeant l'objet manipulé. Retourner un pion exige une préhension fine et une cinématique plus complexe, alors qu'un changement de couleur par LED ne demande aucun mouvement. C'est la même logique que l'on retrouve dans l'automatisation industrielle, où repenser la pièce ou le poste coûte souvent moins cher que d'ajouter des degrés de liberté au robot. La combinaison d'une cinématique cartésienne simple, d'une vision par caméra et d'un ordinateur monocarte à bas coût montre aussi ce qu'il est possible de réaliser avec des composants accessibles, sans bras articulé ni apprentissage par imitation.
Le projet s'inscrit dans une lignée de robots joueurs de jeux de plateau, notamment d'échecs et de dames, que la communauté des makers a déjà largement explorés. Le média qui relaie la réalisation se demande d'ailleurs si certaines de ces machines pourraient aussi jouer à Othello, signe que la partie logicielle reste facilement transposable d'un jeu à l'autre. Aucune suite n'est annoncée à ce stade : il n'y a ni plan de commercialisation, ni kit, ni calendrier, et il s'agit d'un prototype personnel plutôt que d'un produit. Pour le secteur de la robotique, l'intérêt tient surtout à la démonstration pédagogique d'une conception pragmatique.
Pas d\'impact direct sur la France/UE




