Les commandes de robots en Amérique du Nord progressent de 24,8 % au troisième trimestre 2026, selon l'A3
Les entreprises nord-américaines ont commandé 10 989 robots d'une valeur de 723,5 millions de dollars au troisième trimestre 2026, selon l'Association for Advancing Automation (A3, basée à Ann Arbor, Michigan). Cela représente une hausse de 24,8 % en unités et de 26,1 % en valeur par rapport au T3 2025, soit le meilleur trimestre de l'année. Sur neuf mois, le cumul atteint 28 984 robots pour environ 1,89 milliard de dollars (+9,6 % en unités, +13,3 % en valeur sur un an). Par secteur, les commandes de l'automobile (constructeurs) repassent en croissance (+7,5 %) après un premier semestre en recul, tandis que les équipementiers automobiles bondissent de 90,4 %. Semi-conducteurs, électronique et photonique progressent de 97,6 % en unités, plastiques et caoutchouc de 67,7 %, sciences de la vie et pharmacie de 38,7 %, métaux de 37 %. L'agroalimentaire et les biens de consommation reculent de 23,7 %, et les autres secteurs stagnent (+0,5 %). Les robots collaboratifs (cobots, limités en force et en puissance) totalisent 1 831 unités pour 63,8 millions de dollars, soit environ +56 % en unités et 16,7 % des robots commandés. Sur neuf mois, on compte 4 605 cobots pour environ 178 millions de dollars.
L'intérêt de ces chiffres tient moins au volume qu'à la répartition. Pour les intégrateurs et les directions industrielles, la demande ne dépend plus d'un seul client directeur : l'automobile pesait historiquement lourd, et son affaiblissement n'a pas empêché le marché de croître. Les constructeurs automobiles restent d'ailleurs 17 % sous leur niveau de l'an dernier sur neuf mois, ce qui montre que la reprise du T3 est un rebond partiel et non un retour à la normale. Le poids du cobot est lui aussi révélateur : il représente 15,9 % des unités mais seulement 9,4 % de la valeur, car il est bien moins cher à l'unité qu'un robot industriel classique. Il domine néanmoins certains segments, avec 43,8 % des commandes en sciences de la vie et 36,9 % en semi-conducteurs et électronique. Ces données portent sur des robots industriels et collaboratifs conventionnels. Elles ne disent rien des humanoïdes, dont les déploiements restent marginaux dans ces statistiques, et rappellent que la demande solide du moment concerne l'automatisation éprouvée.
Côté contexte, A3 relie la hausse aux investissements dans la production américaine de semi-conducteurs, à la demande en électronique tirée par l'IA et au rapatriement de la fabrication pharmaceutique. L'environnement macroéconomique est porteur : l'indice PMI manufacturier de l'ISM s'établit à 54,5 en septembre, neuvième mois consécutif d'expansion, et la production manufacturière américaine a gagné 0,3 % sur le mois selon la Réserve fédérale. A3 signale toutefois des facteurs de risque : hausse des coûts des intrants, incertitudes commerciales et calendrier des grands projets industriels, qui font fluctuer les commandes d'un trimestre à l'autre. Il convient aussi de rappeler qu'il s'agit de commandes et non de livraisons ou de déploiements, et que les chiffres d'un seul trimestre restent volatils. Alex Shikany, vice-président exécutif d'A3, y voit un marché « de plus en plus diversifié ». L'association estime que le marché aborde le dernier trimestre 2026 avec une dynamique positive. Les données détaillées du T3 sont disponibles auprès d'A3.
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