RoboParty publie en open source son humanoïde RP1, de la conception mécanique aux articulations et au logiciel de contrôle
RoboParty a publié RP1, un humanoïde de 135 cm qu'elle présente comme une plateforme open source « full-stack ». Au lieu d'un simple SDK ou de quelques API, l'entreprise ouvre l'ensemble de la chaîne de développement : conception mécanique et électrique, modules d'articulation maison, firmware, modèles du robot, outils de déploiement et d'apprentissage. Un livre blanc est paru le 25 octobre. La version open source compte 24 degrés de liberté actifs, la version Pro 30, dont deux pour la tête et sept par bras, ce qui cible la recherche en manipulation complexe. Les modules de tête et de main sont interchangeables (éducation et recherche, collecte de données, visites guidées, divertissement). Le cœur matériel est ROMOMO, un module rotatif intégré dont le couple crête nominal va de 25 à 160 N·m, en 48 V avec bus CAN-FD. Il associe moteurs à rotor interne et réducteurs planétaires, un compromis qui sacrifie un peu de transparence mécanique au profit de la rigidité, de la tolérance aux surcharges et du coût. La hanche est non coaxiale, la cheville parallèle (deux moteurs pilotent conjointement tangage et roulis), et la fixation par bride avec câblage creux facilite le démontage. Côté logiciel, la pile embarquée relie moteurs, centrales inertielles et gestion de batterie via une interface unifiée, avec une boucle de contrôle à 500 Hz et des mises à jour de politique à 50 Hz. L'outil hhtools retarget les mouvements humains vers le robot en respectant limites articulaires et contacts au sol.
L'intérêt tient à l'étendue de ce qui est ouvert. La plupart des humanoïdes dits ouverts publient un SDK, des modèles de simulation ou une partie des plans. Ici, le dépôt GitHub liste CAO mécanique, schémas, PCB, fichiers Gerber, nomenclature et documentation d'assemblage, ainsi que des modèles URDF et MJCF pour la simulation, et une main dextre (RP Hand) avec SDK C++, Python et ROS 2. Pour un laboratoire, un intégrateur ou une équipe de R&D, cela permet de reproduire, modifier ou réparer le matériel sans dépendre d'un fournisseur, ce qui change l'économie de l'expérimentation, notamment sur le couple actionneur-contrôle, souvent le goulot d'étranglement. Il faut toutefois rester prudent : l'étendue exacte de chaque dépôt doit être vérifiée au cas par cas, et la démonstration reste limitée à la marche continue, au suivi de mouvement, à la récupération après poussée et au relevé après chute. Aucun chiffre sur l'autonomie, la charge utile, le prix, la fiabilité ou le volume de production n'est fourni, et rien n'indique un déploiement industriel. Les 135 cm et le couple maximal de 160 N·m orientent plutôt vers la recherche et l'éducation que vers la logistique ou l'usine.
RoboParty s'inscrit dans une tendance où des acteurs chinois, comme AgiBot (dont la locomotion Agile 2.0 vise les environnements ouverts), multiplient les plateformes accessibles, face à des concurrents occidentaux plus fermés tels que Figure, Tesla (Optimus) ou Agility. Sur la partie logicielle, les briques de mouvement de base de sa couche PartyOS sont ouvertes (hhtools, MimicLite, et UFO pour la récupération de perturbations et de chutes), tandis que les couches supérieures de représentation d'intention et d'orchestration de compétences d'agent restent à l'état de recherche. L'ouverture est donc réelle sur le matériel et le contrôle bas niveau, pas sur l'intelligence de haut niveau. L'entreprise a lancé un programme bêta pour développeurs et équipes porteuses de vrais projets, prêts à remonter des tickets et des retours. La suite dépendra de la capacité de la communauté à reproduire le robot, de la qualité de la documentation et de la tenue des modules ROMOMO hors des vidéos de démonstration.
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