
Une startup shenzhenoise de puces d'IA incarnée, Primotion, dévoile Paimon-0 et réduit l'inférence par blocs d'actions à 300 ms
Primotion, une startup de Shenzhen fondée en juillet 2026 pour concevoir des puces dédiées à l'IA embarquée, fait ses débuts publics avec un modèle plutôt qu'avec du silicium. Son modèle de fondation Paimon-0 revendique la première place sur plusieurs benchmarks robotiques publics : 0,7754 sur le classement RoboColiseum (dont les sous-classements de manipulation générale et d'adaptation aux perturbations), 58,1 au global sur RoboCasa365, 0,73 de taux de succès moyen sur VLA-Arena, et une victoire à un concours de politiques pour robots bimanuels avec 46,599 points. Ces résultats sont tous auto-déclarés. Le modèle repose sur un « world action model » : il prédit des états futurs qu'un modèle de dynamique inverse convertit en actions. Comme le rendu vidéo complet du futur est trop lent pour le temps réel, Paimon-0 utilise des query tokens pour ne distiller que les caractéristiques essentielles (pose 3D des objets, sémantique, affordances) avant de prédire les actions directement sur le robot. Selon Primotion, l'inférence d'un seul action chunk passe ainsi d'environ 3 000 ms à 300 ms. L'entreprise précise qu'il s'agit du temps d'inférence par chunk et non de la période de la boucle de contrôle bas niveau. Le préentraînement s'appuie largement sur des vidéos de manipulation humaine à la première personne fournies par son partenaire EgoScale.
Le point notable est la démarche : une entreprise de puces commence par le modèle. Son PDG, Ren Qingyuan, ancien vice-président d'un fabricant de processeurs RISC-V, soutient qu'il faut d'abord boucler la chaîne complète données, modèle, agent et évaluation sur des tâches clients réelles, puis s'en servir pour définir la puce. L'architecture combine un planificateur dans le cloud (« méta brain ») et un « cerveau local » embarqué chargé du retour haute fréquence (vision, toucher, force). Côté matériel, l'ajout d'un FPGA à côté du contrôleur principal du robot pour déporter le pré et le post-traitement aurait réduit l'erreur de temporisation dans le pire cas, sur un cycle EtherCAT à 1 kHz, de 30 microsecondes en mode logiciel à 152 nanosecondes. C'est un résultat concret pour les intégrateurs sensibles au déterminisme temps réel, même si la chiffre reste à valider hors du banc de la société. Pour les décideurs, il faut distinguer ce qui relève de l'annonce (classements non audités, aucun déploiement client cité, aucune puce livrée) de ce qui est démontré.
Ce positionnement s'inscrit dans la course chinoise aux modèles embarqués, où d'autres acteurs publient des modèles ouverts, comme Lambda-0 d'Amap ou Motubrain 2.0 de ShengShu, tandis que Nvidia domine l'inférence embarquée avec ses modules Jetson Thor et le modèle GR00T. Primotion dit ne pas vouloir construire de corps de robot, ce qui le place en fournisseur de couche logicielle et silicium pour les fabricants d'humanoïdes. Le calendrier annoncé est le suivant : un second modèle de fondation entraîné sur données égocentriques dans environ trois mois, l'ouverture en code source de son benchmark de progression Paimon-Eval en novembre ou décembre, et le début des livraisons de son système sur puce (SoC) en 2028. Ce dernier horizon laisse deux ans pendant lesquels la startup devra prouver, sur des charges réelles, que sa thèse « le modèle définit la puce » tient face à des plateformes déjà établies.
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