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Video Friday : deux birotors forment un quadrirotor
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Video Friday : deux birotors forment un quadrirotor

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Résumé IASource uniqueImpact UE

IEEE Spectrum a publié le 18 septembre 2026 sa sélection hebdomadaire Video Friday, qui compile des vidéos de recherche et d'industrie en robotique sans lien thématique unique. Parmi les clips retenus: un quadrirotor construit à partir de deux birotors assemblés par le CLIMB Lab; une vidéo du Robotic Systems Lab de l'ETH Zurich; une démonstration de manipulation par Figure, jugée impressionnante mais pas encore convaincante sur la sécurité domestique ni sur la capacité à remplacer un humain; le humanoïde Digit 5 d'Agility Robotics, présenté comme une référence de sécurité malgré une esthétique jugée peu soignée. Des chercheurs de NYU Tandon ont dévoilé WorMa, un robot ondulant qui pompe de l'eau entre sa tête et sa queue pour grimper des pentes, franchir des marches et nager sans changer de démarche: le déplacement d'eau vers l'avant a permis de gravir une pente de 19,5 degrés, la seule configuration à y parvenir, en réduisant le coût de transport d'au moins 33% par rapport aux autres réglages, et de franchir des marches allant jusqu'à 15 centimètres via une séquence de transfert d'eau tête-queue. Kubi 2.0, robot de téléprésence de bureau utilisé depuis plus de dix ans au Japon pour des élèves hospitalisés ou confinés chez eux, se lance à l'international via une campagne Kickstarter. DEEP Robotics a montré un nouveau cas d'usage pour son quadrupède à roues, tandis que le laboratoire de robotique autonome de la NTNU (Norvège) a présenté un quadrupède sous-marin doté de boîtiers moteurs étanches en polyoxyméthylène et d'un contrôleur d'attitude en boucle fermée basé sur SO(3), validé en bassin. Le japonais Ugo a présenté Ugo Nova, un robot semi-humanoïde destiné à l'industrie, et Daimon Robotics a montré une manipulation fine réalisée avec une simple pince à deux doigts.

Cette accumulation hétéroclite illustre où se situe réellement l'effort de R&D en robotique en 2026: loin de se limiter à la course aux humanoïdes générauistes, une bonne partie de l'innovation porte sur la locomotion spécialisée (amphibie, sous-marine), la téléprésence comme vecteur d'IA physique, et des architectures de préhension simples mais efficaces. La tonalité éditoriale reste prudente face aux annonces spectaculaires: la démonstration de Figure est explicitement mise en doute quant à son passage à l'échelle réelle en environnement domestique, un rappel que l'écart entre démonstration filmée et déploiement effectif demeure la question centrale pour les décideurs B2B évaluant ces technologies.

Ce numéro s'inscrit dans le format récurrent hebdomadaire d'IEEE Spectrum, qui documente depuis plusieurs années l'actualité vidéo de la robotique académique et industrielle. Le positionnement concurrentiel entre Figure et Agility sur l'argument de la sécurité humanoïde illustre une bataille de discours en cours dans ce segment. IEEE Spectrum rappelle par ailleurs le calendrier des prochains rendez-vous du secteur: le Humanoids Summit à Séoul les 22 et 23 septembre 2026, la conférence IROS à Pittsburgh du 27 septembre au 1er octobre 2026, et CoRL à Austin du 9 au 12 novembre 2026.

Impact France/UE

Impact indirect et limité: seule la démonstration du quadrupède sous-marin de la NTNU (Norvège) implique un acteur européen, sans conséquence commerciale ou réglementaire pour la France ou l'UE.

À lire aussi

Video Friday : quand deux robots n'en forment plus qu'un
1IEEE Spectrum Robotics 

Video Friday : quand deux robots n'en forment plus qu'un

Pour sa sélection hebdomadaire de vidéos, IEEE Spectrum met en avant plusieurs démonstrations. Dans un test interne, des chercheurs de Google DeepMind ont fait regarder à Gemini 4 Argon une vidéo d'un humain jouant au cornhole. Le modèle a construit une simulation MuJoCo, calculé la physique du lancer et la commande corps entier nécessaire, puis le humanoïde Apollo 2 d'Apptronik a enchaîné sept tirs réussis dans le monde réel. DeepMind affirme que ce pipeline « vidéo vers simulation vers réel » ramène des semaines de modélisation manuelle à quelques heures. Côté français, Pollen Robotics montre ses Microducks, qui se synchronisent entre voisins en Bluetooth et composent en direct un morceau harmonisé, sans partition ni chef d'orchestre, dès deux à quatre unités. Au rayon spatial, le rover Perseverance de la NASA totalisait 28,10 miles (45,22 km) au 11 octobre 2026, soit le record de distance parcourue sur un autre monde. Il dépasse les 28,06 miles (45,16 km) d'Opportunity, atteints en 2 006 sols pour Perseverance, soit environ cinq ans et demi, contre près de quinze ans pour son prédécesseur. L'ESA répète de son côté la sortie de la plateforme d'atterrissage du rover Rosalind Franklin, avec une maquette grandeur nature, une pente de 20 degrés, une gravité réduite et des obstacles sous les rampes. Boston Dynamics présente son atelier Atlas, où les pièces sont usinées en interne pour accélérer assemblage et réparation. DEEP Robotics a déployé son quadrupède M20S dans les monts Ailao, en Chine, pour une expédition de biodiversité. Disney Research décrit Kamino, un solveur physique accéléré par GPU pour les boucles cinématiques, et un projet nommé WildOS vise la recherche d'objets en vocabulaire ouvert en extérieur non cartographié. Le test de DeepMind est le plus significatif pour la recherche. Il illustre l'idée de modèles généralistes servant de générateurs de données de simulation, ce qui réduirait le coût de modélisation qui freine les pilotes industriels. Il faut cependant le lire avec prudence : il s'agit d'un test interne, sans taux de réussite global ni variation de conditions. Sept tirs consécutifs sur une tâche statique ne prouvent pas que le transfert fonctionne sur des tâches contraintes de production. L'atelier Atlas indique que Boston Dynamics met en avant sa capacité de fabrication, un critère de plus en plus central face aux concurrents du humanoïde. Les chiffres de Perseverance rappellent la valeur de la fiabilité sur la durée plutôt que des démos spectaculaires. Ces annonces s'inscrivent dans la course aux modèles fondation pour la robotique, où Google DeepMind s'appuie sur Apptronik, partenaire historique de ses travaux sur les humanoïdes. Pollen, qui commercialise déjà ses robots, garde une présence modeste mais visible dans cette veille. Les prochaines échéances académiques sont CoRL 2026, du 9 au 12 novembre à Austin, puis Humanoids 2026, du 6 au 9 décembre à Santa Clara, où ces approches devraient être confrontées à des évaluations plus détaillées.

UEPollen Robotics, entreprise française, présente ses Microducks synchronisés en Bluetooth, ce qui donne de la visibilité à la robotique française, sans impact réglementaire ou commercial direct.

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Ce que trois jours de construction d'un robot m'ont appris
2Robohub 

Ce que trois jours de construction d'un robot m'ont appris

Du 25 au 27 août, l'Institute for Safe Autonomy de l'université de York (Royaume-Uni) a accueilli le MicroMaze Robot Hackathon, organisé dans le cadre du programme UK RAS STEPS. Ce programme s'adresse aux Research Technical Professionals, les ingénieurs et techniciens qui font tourner les infrastructures et les logiciels de la recherche académique. Le défi consistait à construire un petit robot autonome, puis à lui faire franchir des labyrinthes de difficulté croissante. Une participante, qui en fait le récit dans un billet de blog, formait une équipe avec deux collègues, Emily et Joolz. En trois jours, le trio est parti d'une boîte de composants et d'un châssis découpé au laser pour arriver à un robot capable de traverser un labyrinthe. La plateforme associait capteurs, moteurs et carte Raspberry Pi Pico W programmée en MicroPython. L'événement était organisé par Rob Woolley. Le texte ne donne ni classement, ni temps de parcours, ni nombre d'équipes, ni budget matériel. C'est un témoignage personnel, pas un compte rendu de compétition. Il n'y a ici aucune avancée technologique, et il serait trompeur d'en présenter une. L'intérêt est ailleurs. L'autrice décrit la boucle classique du développement robotique : intégrer capteurs et actionneurs, déboguer, essuyer des essais ratés, puis se demander pourquoi le robot fait autre chose que ce qui était prévu. À l'échelle d'un micro-robot, on retrouve l'écart entre le comportement attendu et le comportement réel qui pèse sur toute la robotique, des humanoïdes aux AMR d'entrepôt. Pour un décideur ou un intégrateur, le signal concerne surtout les compétences. Les Research Technical Professionals sont ceux qui déploient et maintiennent les robots dans les laboratoires. Un format court, sur matériel grand public et en langage accessible, leur permet de gagner en pratique matérielle et de se constituer un réseau. L'autrice dit d'ailleurs en retenir avant tout les amitiés nouées, ce qui rappelle que ces événements servent d'abord à créer des communautés. Le contexte est celui d'un écosystème académique britannique qui structure le métier de technicien de recherche en robotique et systèmes autonomes. Le choix du lieu est cohérent : l'Institute for Safe Autonomy de York travaille sur la sûreté des systèmes autonomes, une question centrale pour tout déploiement industriel à grande échelle. Le labyrinthe est un exercice ancien de la robotique, popularisé par les concours de type micromouse. C'est un banc d'essai pédagogique commode, car il impose de percevoir, de décider et d'agir sans intervention humaine. Aucun acteur français ou européen n'est cité, et aucune suite formelle n'est annoncée. Les participants évoquent seulement l'envie de se revoir. Reste à voir si le programme UK RAS STEPS reconduira ce format, mais rien dans le récit ne permet de l'affirmer.

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Le F-47, chasseur de sixième génération, vise un rayon d'action de 1 000 milles marins, soit 70 % de plus que le F-22
3Interesting Engineering 

Le F-47, chasseur de sixième génération, vise un rayon d'action de 1 000 milles marins, soit 70 % de plus que le F-22

L'US Air Force conçoit son chasseur de sixième génération F-47 pour qu'il puisse parcourir plus de 1 000 milles nautiques (environ 1 850 km) depuis sa base, accomplir sa mission et revenir. C'est un rayon de combat supérieur à celui du F-22 Raptor, crédité de 590 milles nautiques (environ 1 090 km), et du F-35A, à 670 milles nautiques (environ 1 240 km). Le général de brigade Timothy Helfrich, responsable de l'acquisition pour les chasseurs et avions avancés à l'Air Force Life Cycle Management Center, a détaillé ces objectifs lors d'un entretien avec le Mitchell Institute. Il vise un premier vol en 2028, la mise en service dépendant ensuite du développement et des essais. Sur la base des chiffres publics, le gain serait d'environ 70 % face au F-22 et de près de 50 % face au F-35A. Le rayon de combat se distingue de la portée de convoyage : il mesure la distance à laquelle l'appareil peut opérer, remplir sa mission et rentrer, selon les conditions et les besoins en carburant. Cet écart pèserait surtout dans le Pacifique, où les distances et les missiles chinois à longue portée menacent bases aériennes, hubs logistiques et appareils de soutien. Un chasseur capable d'opérer plus loin de ses bases laisse aux commandants davantage de choix de déploiement et peut réduire le nombre de ravitaillements pour certaines missions, même si les ravitailleurs resteront nécessaires pour les patrouilles prolongées ou la pénétration profonde de zones défendues. Il faut toutefois lire ces chiffres avec prudence : il s'agit d'objectifs de conception, pas de performances démontrées, et les comparaisons reposent sur des valeurs publiques de référence dont les hypothèses de mission ne sont pas précisées. Helfrich affirme aussi que le F-47 sera nettement plus survivable que les chasseurs de cinquième génération, mais ni la surface équivalente radar ni les performances de guerre électronique n'ont été publiées. Cet avantage ne peut donc pas être évalué de façon indépendante. L'architecture entièrement ouverte promise, qui doit faciliter l'ajout de logiciels, de capteurs et de fonctions de guerre électronique, n'est pas propre à la sixième génération, puisque le F-15EX l'utilise déjà. L'enjeu est de l'associer à la furtivité. Boeing a remporté le contrat de développement d'ingénierie et de fabrication en mars 2025, pour l'avion central habité du programme Next Generation Air Dominance. Les objectifs annoncés précédemment comprennent une vitesse supérieure à Mach 2 et au moins 185 appareils. Le F-47 doit opérer avec des drones de combat collaboratifs (CCA), qui étendraient la couverture des capteurs, emporteraient des armes supplémentaires et compliqueraient le ciblage ennemi. Contrairement au F-35A multirôle, il est pensé pour la supériorité aérienne de haut niveau, avec une furtivité que n'offrent ni le F-15EX (environ 13,4 tonnes d'emports externes) ni le F-16. Le coût final, le calendrier et les cadences dépendront des essais, de la capacité industrielle et des budgets futurs. Face à l'expansion chinoise des flottes de chasseurs, des arsenaux de missiles et des défenses aériennes intégrées, l'Air Force parie sur le F-47 pour garder la supériorité aérienne contestable, ce qui suppose de transformer des exigences ambitieuses en un avion abordable.

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Le Claude d'Anthropic conçoit 35 000 anticorps en un mois pour cibler les allergies alimentaires
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Le Claude d'Anthropic conçoit 35 000 anticorps en un mois pour cibler les allergies alimentaires

Anthropic a annoncé le 27 octobre les premiers résultats de ses partenariats avec six organisations de développement de médicaments. Avec Divergence Labs, Claude a produit environ 35 000 designs d'anticorps en un mois, en grande partie de façon autonome, après avoir traduit les objectifs de recherche de la société en plan de conception. La cible est l'immunoglobuline E (IgE), impliquée dans les réactions allergiques. Là où les traitements existants neutralisent surtout l'IgE circulante, Divergence cherche à la détacher des cellules immunitaires. Les premiers tests en laboratoire ont retenu trois designs qui se lient à l'IgE et 20 capables de la décrocher des cellules. Trois de ces derniers en retireraient davantage qu'un médicament de référence. Les deux fonctions n'ont toutefois pas encore été réunies dans une même molécule. Chez Generate Biomedicines, six chercheurs ont utilisé Claude Code pour redessiner une séquence génétique de contrôle de cellules CAR-T. Un design, environ 70 % plus court que la version standard, a donné près de 10 fois plus de récepteurs anticancéreux, une destruction plus efficace des cellules tumorales et une activité plus durable. BigHat Biosciences a relié Claude à son laboratoire automatisé : environ 1 010 variants testés en 10 semaines, avec une affinité plus de 10 fois supérieure, une solubilité maintenue à une température supérieure de 18 °C et une tendance à l'agrégation divisée par plus de 100 sur un candidat. Enfin, sur 1 061 pages de dossiers de fabrication, Enveda rapporte que Claude a retrouvé les 11 anomalies déjà identifiées par des relecteurs humains et en a signalé sept de plus, ramenant la revue de plus de 25 heures à moins de trois (-89 %). L'intérêt tient moins à un médicament qu'à la boucle de conception-test raccourcie. Générer des dizaines de milliers de candidats puis les filtrer en laboratoire déplace le goulot d'étranglement vers la validation expérimentale, et le cas BigHat, où l'IA pilote un laboratoire automatisé, montre ce couplage en pratique. Le gain documentaire d'Enveda est le plus immédiatement transposable pour des industriels. Il faut cependant lire ces chiffres avec prudence : ils proviennent d'Anthropic et de ses partenaires, sans publication évaluée par les pairs, et l'essentiel reste préclinique, donc sans preuve d'efficacité ni d'innocuité chez l'humain. Les 35 000 designs ne disent rien du taux de réussite réel, ici de quelques dizaines de candidats actifs. Anthropic rejoint ainsi un terrain déjà occupé par Isomorphic Labs, issu de Google DeepMind, et par des spécialistes de la conception de protéines par IA, dont Generate Biomedicines est elle-même partenaire. Le groupe mène aussi ses propres recherches : il a racheté Mithril Medicine, qui développe des traitements pour deux formes rares de dystrophie musculaire de l'enfant, dont un programme prometteur chez la souris en 18 mois. Un candidat pourrait entrer en essais cliniques fin 2028 au plus tôt, si le développement se déroule bien. Anthropic travaille également avec Bristol Myers Squibb sur la planification d'essais cliniques. Prochaine étape visible : la molécule combinant les deux fonctions chez Divergence Labs.

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