Aller au contenu principal
JAKA contre-attaque Teradyne Robotics dans le litige de brevets
FR/EU ecosystemeRobotics Business Review 

JAKA contre-attaque Teradyne Robotics dans le litige de brevets

1 source couvre ce sujet·Source originale ↗·
Résumé IASource uniqueImpact UE

Le fabricant chinois de bras collaboratifs JAKA Robotics a riposté le 3 septembre après avoir été poursuivi la semaine précédente par Teradyne Robotics, maison mère du danois Universal Robots, pour violation de brevets portant sur le matériel et le logiciel de ses cobots. Dans un communiqué transmis à The Robot Report, JAKA affirme avoir engagé une action en justice demandant une injonction contre ce qu'elle qualifie de déclarations publiques "fausses, trompeuses et préjudiciables" de la part de Teradyne. La société, basée à Shanghai, dit n'avoir reçu aucune communication directe de Teradyne ni de ses représentants légaux, et n'avoir vu aucun document judiciaire lié à l'affaire: elle affirme avoir appris les accusations uniquement via une annonce de Teradyne sur les réseaux sociaux. Selon JAKA, ses conseils juridiques n'avaient trouvé, au 2 septembre, aucune procédure pour contrefaçon de brevet ouverte contre elle, et The Robot Report n'avait à ce stade identifié aucun document de justice confirmant le dossier. JAKA revendique plus de 300 brevets déposés dans le monde et affirme avoir commandé deux analyses indépendantes de liberté d'exploitation avant son entrée sur le marché européen, sans qu'aucune ne signale de risque de contrefaçon. David Brandt, vice-président R&D et directeur technique d'Universal Robots, a répondu que la plainte avait bien été déposée devant les tribunaux de Copenhague et n'avait peut-être pas encore été signifiée à JAKA, ajoutant que le nombre de brevets détenus par JAKA importe peu, seule comptant leur solidité.

Cette querelle, rendue publique de façon inhabituelle pour un contentieux de brevets dans la robotique, illustre les tensions croissantes entre fabricants occidentaux établis et nouveaux entrants chinois sur le marché des cobots. JAKA accuse Teradyne d'associer ses produits à une sécurité ou une qualité moindre en raison de leur "origine chinoise", une allégation qu'elle juge infondée puisque la sécurité d'un cobot dépend de l'intégration et de l'évaluation des risques, pas du pays de fabrication. JAKA parle d'une tentative de créer une "incertitude anticoncurrentielle" sur le marché. Pour les intégrateurs et décideurs industriels, l'affaire ajoute un facteur de risque juridique à considérer lors du choix de bras collaboratifs chinois en Europe, à un moment où ces fournisseurs gagnent des parts de marché face à Universal Robots, longtemps leader incontesté du secteur.

Universal Robots, pionnier danois des cobots fondé en 2005 et racheté par l'américain Teradyne en 2015, défend ainsi une position dominante face à JAKA Robotics, fondée à Shanghai en 2014 et en pleine expansion en Europe. La plainte de Teradyne vise la filiale allemande de JAKA et a été déposée devant un tribunal de Copenhague, sur le terrain historique d'Universal Robots. JAKA affirme de son côté avoir lancé une procédure distincte en Allemagne contre les déclarations publiques de Teradyne. Aucun document judiciaire n'a encore été rendu public de part et d'autre, et le statut exact de la signification reste incertain. The Robot Report indique poursuivre son suivi de l'affaire à mesure que de nouveaux dépôts et déclarations seront disponibles.

Impact France/UE

Le litige oppose le cobotier danois Universal Robots (filiale Teradyne) au chinois JAKA devant les tribunaux de Copenhague et en Allemagne, ajoutant un risque juridique pour les intégrateurs européens qui envisagent des bras collaboratifs chinois.

À lire aussi

Teradyne Robotics intensifie sa lutte contre les copies de cobots
1Robotics Business Review 

Teradyne Robotics intensifie sa lutte contre les copies de cobots

Teradyne Robotics, maison mère du fabricant de cobots Universal Robots, a déposé une plainte pour contrefaçon de brevets contre la filiale allemande de l'entreprise chinoise JAKA Robotics. La plainte, déposée devant la division locale de Copenhague de la Juridiction unifiée du brevet (UPC), vise plusieurs brevets couvrant à la fois le matériel et le logiciel des bras collaboratifs d'Universal Robots. Selon David Brandt, vice-président R&D et directeur technique d'Universal Robots, l'entreprise a acheté un robot JAKA après avoir constaté des ressemblances frappantes avec ses propres bras à limitation de force et de puissance, et l'examen du produit a révélé une possible contrefaçon. Le choix de Copenhague s'explique par des actes d'infraction allégués survenus au Danemark et dans d'autres États membres de l'UE. Il s'agit du second contentieux majeur de Teradyne Robotics contre un acteur chinois en Europe cette année : en février 2026, l'entreprise avait déjà attaqué la filiale allemande d'Elite Robots pour contrefaçon de droits d'auteur, obtenant en avril une injonction préliminaire du tribunal régional de Hambourg interdisant à Elite Robots Allemagne de commercialiser les logiciels et produits litigieux, procédure toujours en cours. JAKA n'a pas répondu aux sollicitations du Robot Report. Une décision de l'UPC aurait une portée géographique large : elle pourrait s'appliquer dans 17 des 18 États membres de l'UE participant à l'UPC, ainsi que dans des pays tiers comme le Royaume-Uni et l'Espagne. Pour les intégrateurs et acheteurs de cobots, cette affaire illustre un durcissement net de la défense de propriété intellectuelle face à la montée de fabricants chinois proposant des bras collaboratifs aux caractéristiques très proches des standards occidentaux. Une victoire de Teradyne pourrait forcer des ajustements de gamme, des retraits de marché ou des accords de licence pour plusieurs fournisseurs chinois actifs en Europe, et pèsera sur les décisions d'achat des industriels, qui évaluent désormais la solidité juridique de leurs fournisseurs autant que le prix. Jean-Pierre Hathout, président du groupe Teradyne Robotics, a affirmé que l'entreprise n'accepterait pas la copie illégale de technologies protégées, un discours qui traduit une stratégie assumée de contentieux répétés plutôt qu'un cas isolé. Universal Robots structure aujourd'hui son offre en deux gammes : la UR Series (UR8 Long, UR15, UR18, UR20, UR30), avec des charges utiles de 10 à 35 kg et une portée allant jusqu'à 1750 mm, et l'e-Series, plus compacte (UR3e, UR7e, UR12e, UR16e), avec des charges de 3 à 16 kg et des portées de 500 à 1300 mm. JAKA aligne un catalogue tout aussi étendu, articulé autour des séries Zu, Pro, S, AL, A et Mini, plus le MiniCobo. La famille Zu s'étend du Zu3 au Zu30, avec par exemple le Zu5 (5 kg, 954 mm) et le Zu18 (18 kg, 1073 mm), tandis que la série Pro (Pro5, Pro12, Pro16) cible des usages plus exigeants. Cette comparaison de portefeuilles, mise en avant par Teradyne lui-même à l'appui de sa plainte, devrait occuper une place centrale dans l'instruction du dossier devant l'UPC.

UEUne décision de l'UPC siégeant a Copenhague pourrait s'appliquer dans 17 des 18 Etats membres de l'UE, affectant directement l'accès au marche européen des fabricants chinois de cobots comme JAKA et pesant sur les choix d'approvisionnement des industriels français et européens.

FR/EU ecosystemeReglementation
1 source
Un tribunal allemand statue en faveur de Teradyne Robotics et émet une injonction contre Elite Robots
2Robotics Business Review 

Un tribunal allemand statue en faveur de Teradyne Robotics et émet une injonction contre Elite Robots

Le tribunal régional de Hambourg a émis une injonction préliminaire contre Elite Robots Deutschland GmbH le 22 avril 2026, au moment même où s'ouvrait la Hannover Messe, la plus grande foire industrielle mondiale. L'action est portée par Teradyne Robotics A/S, filiale de Teradyne Inc. et maison mère de Universal Robots A/S, leader du marché des cobots. Teradyne reproche à la filiale allemande du fabricant chinois Elite Robots une contrefaçon de logiciels propriétaires : selon David Brandt, CTO de Universal Robots basé à Odense (Danemark), l'examen du code embarqué dans les cobots Elite a révélé une proximité très forte avec les logiciels UR. L'injonction interdit immédiatement à Elite Robots Germany de proposer ou distribuer le logiciel incriminé et tout produit l'intégrant en Allemagne. Le tribunal a également ordonné à la société de communiquer la liste complète de ses clients approvisionnés. Teradyne aurait par ailleurs demandé à Elite de fermer son stand à Hannover Messe. Fondée en 2016 à Shanghai, Elite Robots revendique plus de 10 000 déploiements dans 35 pays et un portefeuille de plus de 200 brevets, chiffres qui n'ont pas été vérifiés par le tribunal à ce stade. Un problème de sécurité s'ajoute au litige : Brandt a signalé aux autorités de sécurité danoise, allemande et américaine qu'un paramètre dans le logiciel Elite permettrait de désactiver les fonctions de sécurité des robots. Cette décision intervient dans un contexte de pression croissante sur les marges des fabricants de cobots occidentaux, confrontés à une vague de variantes chinoises low-cost. Que la contrefaçon alléguée soit confirmée en procédure au fond ou non, l'injonction préliminaire signale que les tribunaux européens sont prêts à agir rapidement sur des dossiers d'IP robotique. Pour les intégrateurs et distributeurs, le risque légal est immédiat : Teradyne a explicitement averti qu'il poursuivra les partenaires d'Elite qui continueraient à commercialiser le logiciel en cause. La question de la sécurité est potentiellement plus grave encore, car un cobot homologué avec des fonctions de sécurité désactivables expose les opérateurs à des risques non couverts par les certifications CE. Universal Robots a construit sa domination du marché des cobots depuis 2005, avec une base installée de plusieurs centaines de milliers d'unités. Elite Robots, acteur bien plus récent, s'est développé en Europe et aux États-Unis en proposant des bras collaboratifs à des prix sensiblement inférieurs, ce qui lui a valu une expansion rapide mais aussi une surveillance accrue de la part des leaders du secteur. Parmi les autres concurrents directs figurent Doosan, Fanuc et Techman Robot en haut de gamme, et une multitude de fabricants chinois dans le segment économique. Aucune date d'audience au fond n'a encore été fixée, et Elite Robots n'a pas répondu aux demandes de commentaires. Si la procédure se poursuit, elle pourrait établir un précédent structurant pour l'ensemble du marché des cobots en Europe.

UEL'injonction du tribunal de Hambourg expose immédiatement les intégrateurs et distributeurs européens d'Elite Robots à un risque juridique direct, et le signalement d'un défaut permettant de désactiver les fonctions de sécurité aux autorités allemandes et danoises pourrait déclencher une suspension des certifications CE des cobots Elite sur le marché européen.

FR/EU ecosystemeReglementation
1 source
Teradyne Robotics affiche une hausse de ses revenus au début de 2026
3The Robot Report 

Teradyne Robotics affiche une hausse de ses revenus au début de 2026

Teradyne Robotics, la division robotique du fabricant américain d'équipements de test Teradyne, a enregistré 91 millions de dollars de chiffre d'affaires au premier trimestre 2026, contre 69 millions au T1 2025 et 89 millions au T4 2025. Il s'agit du quatrième trimestre consécutif de croissance séquentielle, fait notable car le Q1 est historiquement le trimestre le plus faible du cycle annuel. La division regroupe Universal Robots (cobots à bras articulé) et Mobile Industrial Robots (robots mobiles autonomes AMR). Greg Smith, PDG de Teradyne, a précisé lors de la présentation des résultats que les ventes sont tirées par trois segments : l'e-commerce, la fabrication électronique et les semi-conducteurs, y compris les data centers IA. Les revenus liés à l'IA représentent désormais environ 15 % des ventes trimestrielles. Teradyne a par ailleurs annoncé un partenariat avec la startup Generalist pour une démonstration de cellule d'assemblage physico-IA lors du NVIDIA GTC, et évoque sans les nommer des expéditions croissantes vers un "grand client e-commerce" qui pourrait correspondre au déploiement du robot Vulcan d'Amazon, lequel intègre un cobot UR. Cette reprise est significative dans un contexte où Teradyne avait connu deux vagues de licenciements en 2025 : 10 % des effectifs en janvier, puis 14 % supplémentaires en novembre, après un déclin de revenus de 326 millions de dollars en 2022 à 293 millions en 2024. Le retour à la croissance, particulièrement marqué sur l'IA industrielle, suggère que le pari sur l'intégration cobots-IA dans les environnements de production haute densité commence à se traduire en commandes fermes plutôt qu'en démonstrations. Pour les intégrateurs et décideurs industriels, le signal le plus concret est la progression des ventes dans les data centers : Universal Robots se positionne explicitement dans la chaîne "wafer-to-AI", du test de puces à l'assemblage physique des infrastructures IA, un débouché nouveau et potentiellement structurant pour les cobots légers. Universal Robots, créé au Danemark en 2005 et racheté par Teradyne en 2015 pour 285 millions de dollars, s'est imposé comme la référence des cobots collaboratifs avec plus de 100 000 unités déployées. Mais la pression concurrentielle s'intensifie, notamment de la part de fabricants chinois à bas coût. En Q1 2026, Teradyne a engagé une procédure judiciaire contre Elite Robots, acteur chinois de robots à limitation de force, accusé de copier le logiciel propriétaire d'Universal Robots. Au salon Hannover Messe en avril 2026, le tribunal régional de Hambourg a prononcé une injonction préliminaire interdisant à la filiale allemande d'Elite Robots de commercialiser les produits litigieux en Allemagne. Teradyne a prévenu qu'elle poursuivrait également les distributeurs et partenaires d'Elite Robots qui continueraient à proposer le logiciel incriminé, signalant une stratégie de protection IP agressive sur le marché européen.

UEL'injonction préliminaire du tribunal régional de Hambourg contre la filiale allemande d'Elite Robots protège Universal Robots (fondée au Danemark, EU) sur le marché européen des cobots et expose directement les distributeurs et intégrateurs européens utilisant des robots chinois à limitation de force à un risque juridique.

FR/EU ecosystemeOpinion
1 source
Le robot humanoïde AEON s'attaque aux opérations en usine dans une offensive d'autonomie réelle
4Interesting Engineering 

Le robot humanoïde AEON s'attaque aux opérations en usine dans une offensive d'autonomie réelle

La division Robotics d'Hexagon AB, basée à Zurich, et l'entreprise autrichienne Fill Maschinenbau ont annoncé un partenariat pour déployer le robot humanoïde AEON dans les ateliers de Fill à Gurten, en Autriche. Ce pilote cible des tâches de conduite de machines (machine tending), d'inspection et de support opérationnel dans des environnements de production à haute mixité. Point notable : AEON n'est pas un robot bipède, mais adopte une locomotion sur roues complétée par des bras de manipulation, une fusion de capteurs multimodale et une intelligence embarquée sur puce NVIDIA Jetson Orin. Présenté en juin 2025, il avait effectué son premier déploiement industriel en décembre 2025 à l'usine BMW Group de Leipzig, unique référence terrain disponible à ce jour. Ce partenariat met en avant une approche simulation-first que les intégrateurs suivent de près. Hexagon revendique une réduction des cycles d'entraînement de plusieurs mois à quelques semaines grâce à NVIDIA Isaac Sim et Isaac Lab, qui permettent d'acquérir navigation, locomotion et manipulation en environnement virtuel avant tout déploiement réel. Le robot utilise également NVIDIA Isaac GR00T et les outils Mimic pour apprendre à partir de démonstrations humaines et générer des données de mouvement synthétiques. Si ces gains se confirment en production, ils apporteraient une réponse partielle au problème du sim-to-real gap, considéré comme l'un des principaux obstacles à l'industrialisation des humanoïdes. Prudence néanmoins : les deux déploiements cités restent à des stades pilotes, sans métriques publiées sur des cycles de production continus. Hexagon AB est un groupe suédois spécialisé en métrologie et intelligence industrielle, dont la division Robotics à Zurich s'est positionnée sur le segment humanoïde après des acteurs comme Figure AI (accord BMW signé dès 2024 pour le Figure 02), Boston Dynamics ou Agility Robotics (Digit, déployé chez Amazon). Les données spatiales collectées par AEON sont remontées vers Hexagon Reality Cloud Studio via HxDR et intégrées à NVIDIA Omniverse pour générer des jumeaux numériques industriels en temps réel, un positionnement qui ancre l'offre davantage dans l'écosystème PLM et métrologie d'Hexagon que dans la robotique mobile pure. Les prochaines étapes incluent une migration vers la puce NVIDIA IGX Thor pour renforcer les garanties de sécurité collaborative. En Europe, cette initiative rejoint les travaux de Wandercraft sur l'humanoïde de réhabilitation médicale et ceux d'Enchanted Tools sur des plateformes à usage hospitalier, signe d'un écosystème continental qui monte progressivement en maturité industrielle.

UELe partenariat entre Hexagon AB (Suède/Zurich) et Fill Maschinenbau (Autriche) pour déployer AEON en usine illustre la montée en maturité industrielle de l'écosystème européen des robots humanoïdes, aux côtés de Wandercraft et Enchanted Tools.

FR/EU ecosystemeOpinion
1 source