
XPeng, après avoir rattrapé Tesla sur l'ADAS, veut s'imposer sur les robots humanoïdes
XPeng a bouclé le premier tour de financement de sa division robotique à plus de 900 millions de dollars, un record pour une levée en capital-investissement dans le secteur chinois de l'intelligence incarnée et l'une des plus importantes au monde. À titre de comparaison, le premier tour externe de Figure AI n'avait atteint que 70 millions de dollars, et même son tour C de 2025 plafonnait à 1 milliard de dollars, un niveau comparable. Parmi les investisseurs figurent IDG Capital, Gaorong Ventures, Tencent et Alibaba, ces deux derniers ayant nettement accru leur mise après avoir déjà soutenu Unitree. Le robot humanoïde IRON de XPeng puise plus de 85% de sa chaîne d'approvisionnement dans la base fournisseurs automobile existante du constructeur, réutilisant usinage de précision, moteurs, électronique et gestion thermique. IRON fonctionne avec trois puces maison Turing AI totalisant 2 250 TOPS de calcul effectif, intègre des modèles du monde physique issus de la conduite autonome, des articulations creuses développées en interne, un squelette à l'apparence humaine et des mains dextres à 21 degrés de liberté. XPeng vise d'abord les environnements commerciaux (ses propres magasins, parcs et bureaux) pour des tâches d'accueil et de guidage, avec Baosteel comme partenaire pour l'inspection industrielle. La production de masse doit démarrer d'ici la fin de cette année, avec des livraisons à grande échelle vers des clients du commerce et des services en Chine et à l'international prévues pour 2027.
Cette levée confirme que XPeng se positionne comme l'un des rares acteurs capables de rivaliser avec Tesla sur la production de masse de robots humanoïdes, un défi qui combine hardware, chaîne d'approvisionnement, fiabilité, IA et retour commercial, et sur lequel de nombreuses startups trébuchent. Figure AI, par exemple, n'a livré qu'environ 350 unités de son Figure 03 cette année, avec un taux de défaut d'environ 20% sur sa ligne de production, un rappel que la promesse marketing des humanoïdes reste encore loin de l'échelle industrielle réelle. L'argument de XPeng est que son expérience automobile, notamment sa maîtrise de la chaîne logistique et de la fabrication de précision, peut raccourcir ce chemin. Le modèle économique vise aussi des marges supérieures à celles des voitures: le prix de vente des robots atteint souvent 2,5 à 3 fois le coût des composants, auxquels s'ajoutent des revenus récurrents liés au logiciel et à l'IA, plutôt qu'une simple vente de matériel ponctuelle. Pour les intégrateurs et décideurs industriels, ce dossier illustre un basculement: la robotique humanoïde commerciale ne se jouera pas seulement sur la démo, mais sur la capacité à industrialiser sans exploser les taux de défaut.
Cette annonce s'inscrit dans la trajectoire de XPeng, qui a d'abord rattrapé Tesla sur la conduite assistée intelligente avant de se tourner vers l'intelligence incarnée, suivant une logique similaire à celle de Tesla avec son programme Optimus. Le paysage concurrentiel chinois et mondial des humanoïdes s'est densifié, avec Tesla Optimus, Figure AI et son Figure 03, ainsi qu'Unitree, déjà soutenu par certains des mêmes investisseurs, Tencent et Alibaba en tête. XPeng mise sur ce financement pour accélérer le passage du prototype à la production de masse d'ici fin 2026, puis sur un déploiement commercial élargi en Chine et à l'international en 2027, en s'appuyant sur les usages en boutique, en entreprise et dans l'inspection industrielle pour accumuler des données avant une diffusion plus large. L'entreprise entend ainsi transformer son avance retrouvée dans l'automobile intelligente en avantage décisif dans la course aux robots humanoïdes.
Impact indirect: cette accélération chinoise accroît la pression concurrentielle sur les acteurs industriels et robotiques européens, sans lien direct avec une entreprise ou une réglementation de l'UE.
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