
La BBC explore la révolution robotique chinoise : « Je me suis endormi, et le monde a changé
La BBC a visité l'industrie robotique chinoise, notamment le Hangzhou Technical College, où l'enseignant Chen Tianyu, 28 ans, forme dès 15 ans des étudiants à la robotique industrielle, aux moteurs aéronautiques, à la fabrication intelligente et au traitement des terres rares, en s'appuyant sur ses propres visites d'usines automatisées ; nombre de diplômés sont recrutés avant la fin de leur cursus. La Chine exploite plus de deux millions de robots industriels, davantage que tout autre pays, et produit plus de la moitié du parc mondial. Selon l'IFR (International Federation of Robotics), sa densité robotique dépasse 500 unités pour 10 000 salariés, devançant l'Allemagne et le Japon ; 773 000 robots industriels ont été produits en 2025, et 538 000 sur le seul premier semestre 2026, en hausse de 28% sur un an. Le pays reste le premier marché mondial du secteur depuis treize ans consécutifs. La BBC a aussi visité CRP Technology à Chengdu, où de jeunes ingénieurs prototypent une machine capable de fabriquer d'autres robots, et l'usine Leapmotor de Hangzhou, où emboutissage, soudure et peinture sont déjà presque entièrement automatisés, comme chez BYD, Geely et Seres.
Ce niveau d'automatisation, combiné à une chaîne d'approvisionnement locale très rapide, le secrétaire général de l'IFR cite un sourcing de composants à Shenzhen bouclé en moins d'une heure contre près d'une semaine en Europe, donne à la Chine un avantage structurel que les intégrateurs occidentaux ne peuvent ignorer. Contrairement à nombre de démonstrations de robots humanoïdes encore cantonnées à la vitrine, les usines automobiles visitées montrent une automatisation déjà opérationnelle à grande échelle sur des tâches de production réelles, un écart net entre annonces marketing et déploiement effectif observé ailleurs dans le monde. Washington a d'ailleurs interdit en juillet l'importation de nouveaux robots humanoïdes chinois, une mesure que des analystes lisent comme un aveu implicite de l'avance prise par Pékin. Pour les décideurs industriels, la compétition se joue désormais autant sur la capacité à industrialiser et former une main-d'œuvre en volume que sur la performance des modèles d'IA embarqués.
Cette accélération s'appuie sur un maillage d'écoles professionnelles ouvertes ces dernières années dans tout le pays, dont le Hangzhou Technical College n'est qu'un exemple, conçues pour alimenter en techniciens qualifiés une demande qui dépasse déjà l'offre de diplômés. Elle prolonge une trajectoire de plus d'une décennie, la Chine étant le premier marché mondial de la robotique industrielle depuis treize ans, avec une densité de robots ayant dépassé successivement celle de l'Allemagne et du Japon. Face à cette avance, les Etats-Unis ont privilégié une réponse réglementaire, via leur interdiction d'importation de robots humanoïdes, une mesure défensive qui pourrait en annoncer d'autres du même ordre. Chen Tianyu résume l'urgence ressentie sur le terrain en avertissant ses étudiants : si l'IA et les robots n'ont pas besoin d'eux, ils seront certainement éliminés.
L'IFR souligne un écart d'approvisionnement structurel (moins d'une heure a Shenzhen contre près d'une semaine en Europe) qui fragilise la compétitivité de l'industrie robotique européenne, dont la France.




