
Patrouilles, missiles : les robots chinois montrent leurs missions à haut risque au salon de Pékin

L'Aviation Industry Corporation of China (AVIC) a présenté au World Robot Conference (WRC) de Pékin, ouvert mercredi pour cinq jours et réunissant plus de 300 exposants, son humanoïde Fengxing-001, conçu pour la maintenance aéronautique, le chargement de missiles et le pilotage d'aéronefs. Haut de 1,8 mètre pour 80 kg et en développement depuis 2024, il combine des moteurs compacts dérivés des réacteurs d'avion, un actionnement hybride électro-hydraulique et une technologie de commande électrique de type power-by-wire pour ses articulations. Selon AVIC, cité par le Global Times, deux à trois unités suffisent pour une tâche de chargement de missiles normalement assurée par quatre à six opérateurs humains ; le robot saute 30 cm, marche jusqu'à 3 km/h en portant 20 kg et manipule des charges allant jusqu'à 15 kg. Des essais simulés de pilotage d'aéronef sur instruction ont également été menés, une piste envisagée pour convertir de vieux avions en plateformes sans pilote à moindre coût grâce à une version allégée du robot. Côté sécurité, China North Industries Group, NEXWISE et le 21e institut de recherche de la China Electronics Technology Group (CETC) ont exposé des robots-chiens de patrouille pour sites industriels sensibles, dont un modèle NEXWISE équipé d'un lance-filet électromagnétique capable de neutraliser une cible à 5-10 mètres, présenté comme plus silencieux que les lanceurs à poudre classiques. En parallèle, les deuxièmes World Humanoid Robot Games réunissent 2 056 robots venus de 16 pays, avec de nouvelles épreuves de saut en longueur, haltérophilie et tennis de table.
Ces démonstrations marquent un déplacement du discours sur les humanoïdes chinois, jusqu'ici centré sur la logistique et l'industrie civile, vers des usages militaires et sécuritaires assumés publiquement. Pour les intégrateurs et décideurs occidentaux, le signal est net : la Chine positionne ses robots comme substituts crédibles à la main d'œuvre sur des tâches dangereuses en contexte aéronautique et militaire, à un stade où les chiffres avancés, ratios de main d'œuvre, essais de pilotage simulés, restent des annonces internes non vérifiées de façon indépendante, et où aucune production en série ni déploiement opérationnel confirmé n'a été communiqué. L'ampleur de l'événement, plus de 300 exposants et plus de 2 000 robots en compétition, illustre néanmoins l'accélération de la commercialisation du secteur robotique chinois sur un spectre large, de l'usine à la sécurité périmétrique, un mouvement que les acteurs occidentaux et européens surveillent de près.
Le WRC s'inscrit dans la stratégie chinoise de développement accéléré de la robotique humanoïde, portée par des groupes publics comme AVIC aux côtés d'acteurs privés en forte croissance. Fengxing-001 illustre la volonté d'AVIC de transposer son savoir-faire aérospatial à la robotique mobile, un positionnement distinct des humanoïdes généralistes davantage tournés vers la logistique. Sur le segment sécurité, NEXWISE, CETC et China North Industries Group se disputent l'équipement de la surveillance de sites sensibles, un marché où les acteurs européens restent en retrait. Aucune des deux entreprises n'a communiqué de calendrier de déploiement commercial : la conversion d'aéronefs anciens via Fengxing-001 comme les systèmes de patrouille et de neutralisation présentés demeurent, à ce stade, au niveau de la démonstration et de l'essai.
Aucun acteur francais ou europeen n'est implique dans ces demonstrations, mais l'article souligne que les industriels europeens de la securite periphérique restent en retrait face a cette offre chinoise en plein essor.




