Aller au contenu principal
Patrouilles, missiles : les robots chinois montrent leurs missions à haut risque au salon de Pékin
Chine/AsieInteresting Engineering 

Patrouilles, missiles : les robots chinois montrent leurs missions à haut risque au salon de Pékin

1 source couvre ce sujet·Source originale ↗·
Résumé IASource uniqueImpact UE
Patrouilles, missiles : les robots chinois montrent leurs missions à haut risque au salon de Pékin
▶ Voir sur YouTube

L'Aviation Industry Corporation of China (AVIC) a présenté au World Robot Conference (WRC) de Pékin, ouvert mercredi pour cinq jours et réunissant plus de 300 exposants, son humanoïde Fengxing-001, conçu pour la maintenance aéronautique, le chargement de missiles et le pilotage d'aéronefs. Haut de 1,8 mètre pour 80 kg et en développement depuis 2024, il combine des moteurs compacts dérivés des réacteurs d'avion, un actionnement hybride électro-hydraulique et une technologie de commande électrique de type power-by-wire pour ses articulations. Selon AVIC, cité par le Global Times, deux à trois unités suffisent pour une tâche de chargement de missiles normalement assurée par quatre à six opérateurs humains ; le robot saute 30 cm, marche jusqu'à 3 km/h en portant 20 kg et manipule des charges allant jusqu'à 15 kg. Des essais simulés de pilotage d'aéronef sur instruction ont également été menés, une piste envisagée pour convertir de vieux avions en plateformes sans pilote à moindre coût grâce à une version allégée du robot. Côté sécurité, China North Industries Group, NEXWISE et le 21e institut de recherche de la China Electronics Technology Group (CETC) ont exposé des robots-chiens de patrouille pour sites industriels sensibles, dont un modèle NEXWISE équipé d'un lance-filet électromagnétique capable de neutraliser une cible à 5-10 mètres, présenté comme plus silencieux que les lanceurs à poudre classiques. En parallèle, les deuxièmes World Humanoid Robot Games réunissent 2 056 robots venus de 16 pays, avec de nouvelles épreuves de saut en longueur, haltérophilie et tennis de table.

Ces démonstrations marquent un déplacement du discours sur les humanoïdes chinois, jusqu'ici centré sur la logistique et l'industrie civile, vers des usages militaires et sécuritaires assumés publiquement. Pour les intégrateurs et décideurs occidentaux, le signal est net : la Chine positionne ses robots comme substituts crédibles à la main d'œuvre sur des tâches dangereuses en contexte aéronautique et militaire, à un stade où les chiffres avancés, ratios de main d'œuvre, essais de pilotage simulés, restent des annonces internes non vérifiées de façon indépendante, et où aucune production en série ni déploiement opérationnel confirmé n'a été communiqué. L'ampleur de l'événement, plus de 300 exposants et plus de 2 000 robots en compétition, illustre néanmoins l'accélération de la commercialisation du secteur robotique chinois sur un spectre large, de l'usine à la sécurité périmétrique, un mouvement que les acteurs occidentaux et européens surveillent de près.

Le WRC s'inscrit dans la stratégie chinoise de développement accéléré de la robotique humanoïde, portée par des groupes publics comme AVIC aux côtés d'acteurs privés en forte croissance. Fengxing-001 illustre la volonté d'AVIC de transposer son savoir-faire aérospatial à la robotique mobile, un positionnement distinct des humanoïdes généralistes davantage tournés vers la logistique. Sur le segment sécurité, NEXWISE, CETC et China North Industries Group se disputent l'équipement de la surveillance de sites sensibles, un marché où les acteurs européens restent en retrait. Aucune des deux entreprises n'a communiqué de calendrier de déploiement commercial : la conversion d'aéronefs anciens via Fengxing-001 comme les systèmes de patrouille et de neutralisation présentés demeurent, à ce stade, au niveau de la démonstration et de l'essai.

Impact France/UE

Aucun acteur francais ou europeen n'est implique dans ces demonstrations, mais l'article souligne que les industriels europeens de la securite periphérique restent en retrait face a cette offre chinoise en plein essor.

À lire aussi

Le robot humanoïde chinois Fuxi reproduit les mouvements humains en temps réel pour des missions à haut risque
1Interesting Engineering 

Le robot humanoïde chinois Fuxi reproduit les mouvements humains en temps réel pour des missions à haut risque

NORINCO (China North Industries Group Corporation), conglomérat public chinois de l'armement, dévoile cette semaine son robot humanoïde Fuxi au World Robot Conference et World Robot Expo de Pékin, qui se tient du mercredi au dimanche. Développé par l'institut d'innovation de NORINCO avec des technologies présentées comme entièrement domestiques, Fuxi est un humanoïde grandeur nature d'environ 90 kilogrammes destiné à la reconnaissance tous temps, la patrouille intelligente et les opérations en zones dangereuses, avec des fonctions de sentinelle capables d'identifier du personnel et de déclencher des alertes. Son pilotage s'appuie sur un système de téléopération baptisé "external avatar", présenté comme la première solution chinoise de téléopération pleinement maîtrisée pour des humanoïdes de cette masse, retranscrivant en temps réel les mouvements d'un opérateur distant. Plusieurs unités doivent évoluer en formation lors d'une démonstration de patrouille urbaine nocturne. NORINCO anime aussi la zone des entreprises publiques centrales avec 68 produits issus de 18 filiales; le salon réunit plus de 2 000 exposants et plus de 150 produits en première mondiale. Cette approche tranche avec la trajectoire dominante du secteur, portée par des modèles vision-langage-action autonomes comme Figure 03, Optimus Gen 3, Pi-0 ou GR00T N2: NORINCO mise sur la téléopération assistée, qui contourne le problème encore non résolu de la généralisation autonome en gardant un humain dans la boucle, au prix d'une dépendance à la bande passante et à l'opérateur. Le positionnement révèle surtout l'entrée d'un acteur industriel militaire d'État dans la course humanoïde chinoise, aux côtés d'entreprises civiles comme Unitree ou UBTech, avec des usages orientés sécurité et missions à risque plutôt que logistique. Les chiffres avancés (temps réel, 90 kg, "première" solution du genre) proviennent exclusivement du communiqué NORINCO relayé par Global Times, sans démonstration indépendante à ce stade. Le lancement parallèle d'une "Global Robot Application Exploration Initiative", invitant à soumettre des humanoïdes produits en série à des essais réels, confirme que le secteur chinois cherche à combler l'écart entre démonstrations scéniques et déploiements effectifs. NORINCO est l'un des plus grands conglomérats publics d'armement de Chine, habituellement associé aux véhicules blindés plutôt qu'à la robotique de service, ce qui situe Fuxi dans une logique dual-use distincte de la compétition commerciale menée par Tesla, Figure AI, Boston Dynamics ou les start-up chinoises Unitree et Agibot. Son développement s'est concentré sur trois briques technologiques: la détection du mouvement humain, le transfert de mouvement entre plateformes robotiques et le contrôle coordonné du corps entier. Aucun acteur français ou européen n'apparaît dans cette annonce, circonscrite à l'écosystème public chinois autour de NORINCO et de l'institut Zhiyuan de Hangzhou. Pour l'instant, aucune date de commercialisation ni volume de déploiement n'ont été communiqués: Fuxi en est au stade de démonstration de salon, sa seule échéance confirmée étant sa présentation à Pékin cette semaine.

Chine/AsieOpinion
1 source
Mieux capter les données pour de meilleurs robots, selon l'entreprise chinoise 51World
2SCMP Tech 

Mieux capter les données pour de meilleurs robots, selon l'entreprise chinoise 51World

La société pékinoise 51World, spécialiste des jumeaux numériques et de la simulation, a dévoilé mardi une nouvelle gamme d'outils de capture de données pour entraîner l'IA incarnée, ces modèles qui aident les robots à percevoir, raisonner et agir dans le monde physique. L'annonce vise la pénurie de données de qualité, identifiée comme le principal frein au développement des robots humanoïdes. Le communiqué reste vague sur les spécifications : ni charge utile, ni temps de cycle, ni volume de déploiement chiffrés, signe d'un positionnement stratégique plus que d'un lancement produit documenté. Cette annonce illustre un constat partagé par l'industrie : la course aux humanoïdes se joue désormais autant sur les données que sur le matériel, les modèles vision-langage-action ayant besoin de jeux de données massifs pour généraliser hors laboratoire. Ce goulot d'étranglement touche des acteurs comme Figure AI, Physical Intelligence ou NVIDIA, dont les modèles Helix, Pi-0 ou GR00T dépendent de données coûteuses à collecter. Pour les intégrateurs, une capture de données industrialisée et bon marché pourrait accélérer le passage des démonstrations scénarisées à des déploiements robustes en usine. 51World s'est bâti une expertise dans la simulation 3D et les jumeaux numériques appliqués aux villes intelligentes et à l'industrie, avant d'orienter cette technologie vers l'IA incarnée, un pivot cohérent avec l'essor des humanoïdes chinois porté par Unitree, UBTech ou AgiBot. Elle se positionne ainsi face à des acteurs occidentaux comme Tesla avec Optimus, Figure AI ou NVIDIA, qui investissent aussi dans les pipelines de données synthétiques et réelles. Aucun calendrier de déploiement pilote ni partenariat client n'a été précisé, l'annonce relevant pour l'instant d'un positionnement sur le marché naissant des infrastructures de données pour l'IA physique.

Chine/AsieActu
1 source
Les fabricants chinois de robots s'attaquent à la pénurie de main-d'œuvre au Japon
3Pandaily 

Les fabricants chinois de robots s'attaquent à la pénurie de main-d'œuvre au Japon

Lors de la fête d'anniversaire d'un octogénaire au Japon, deux robots humanoïdes chinois ont dansé sur scène avant que l'un d'eux ne tende un bras pour remettre un cadeau à l'invité, une scène devenue emblématique de l'offensive des fabricants chinois sur l'un des marchés robotiques les plus matures au monde. Unitree compte désormais parmi les marques humanoïdes chinoises les plus reconnues au Japon, selon un ingénieur d'une société japonaise de logiciels pour humanoïdes, les clients locaux venant de plus en plus spontanément vers l'entreprise. D'après Smart Analytics Global, les fabricants chinois ont représenté 97 % des livraisons mondiales d'humanoïdes au premier semestre 2026, soit environ 18 500 unités, avec le Japon vieillissant comme destination clé pour l'entreposage, la restauration, le domicile, l'automobile et les aéroports. Le Japon reste pourtant une puissance industrielle: ses fabricants dominaient le classique "big four" et fournissaient environ 45 % des exportations mondiales de robots industriels en 2020. McKinsey prévoit une baisse de 1,5 million de personnes de la main-d'œuvre disponible d'ici vingt ans, et une enquête Reuters-Nikkei montre que 34 % de 220 entreprises interrogées utilisent, prévoient ou envisagent des robots dotés d'IA. Ce mouvement teste une hypothèse centrale du secteur: la percée chinoise sur les prix et les volumes suffit-elle à s'imposer face à des clients industriels exigeants. Au Japon, les acheteurs récompensent l'automatisation qui s'intègre aux process existants, bénéficie d'une maintenance locale et démontre un retour sur investissement clair, pas seulement une démonstration spectaculaire d'humanoïde. Pour les intégrateurs et décideurs B2B, le signal est que la robotique de service chinoise progresse moins par la performance brute que par la capacité à construire une distribution locale crédible, un enjeu direct pour les acteurs occidentaux et japonais qui misaient sur leur avance technologique comme rempart. Cette avancée s'appuie sur des précédents: Geek+, spécialiste de l'entreposage, a lancé son premier projet à l'étranger au Japon dès 2017; le robot de livraison BellaBot de Pudu a été adopté par des chaînes de restaurants; SwitchBot, marque domotique, équipe plus de deux millions de foyers japonais. Les partenariats s'accélèrent: Hitachi s'est associé à UBTECH en mai 2026, et Unitree a signé un accord de distribution avec GMO AIR en juin 2026. Keenon a ouvert une filiale japonaise en 2022 avec plus de 200 points de support, Dobot un bureau à Tokyo en 2023. Les ventes passent par des maisons de commerce et intégrateurs, avec des cycles souvent longs de plusieurs années. Le secteur robotique japonais a enregistré 1,0456 trillion de yens de commandes en 2025, en hausse de 25,7 %, confirmant que la patience reste la condition d'entrée sur ce marché.

UEAucun acteur ni déploiement européen n'est mentionné, mais la percée chinoise au Japon par les prix et la distribution illustre une pression concurrentielle que les fabricants européens d'humanoïdes pourraient aussi affronter.

Chine/AsieOpinion
1 source
Les fabricants chinois de robots répondent à la pénurie de main-d'œuvre au Japon
4Pandaily 

Les fabricants chinois de robots répondent à la pénurie de main-d'œuvre au Japon

Lors de l'anniversaire d'un homme de 80 ans au Japon, deux robots humanoïdes chinois ont dansé sur scène avant que l'un d'eux ne tende un cadeau à l'invité, une image devenue emblématique de l'entrée massive des fabricants chinois sur le marché robotique japonais. Unitree compte désormais parmi les marques d'humanoïdes chinoises les plus connues au Japon, selon un ingénieur d'une société japonaise de logiciels pour humanoïdes, les clients trouvant de plus en plus l'entreprise plutôt que l'inverse. Selon Smart Analytics Global, les fabricants chinois ont représenté 97% des livraisons mondiales d'humanoïdes, soit environ 18 500 unités, au premier semestre 2026. Geek+ a lancé son premier projet à l'étranger au Japon dès 2017, le robot livreur BellaBot de Pudu a intégré des chaînes de restaurants, et la marque domotique SwitchBot équipe désormais plus de deux millions de foyers japonais. Hitachi s'est associé à UBTECH en mai 2026, et Unitree a signé un accord d'agence avec GMO AIR en juin 2026. Keenon a ouvert une filiale japonaise en 2022, avec plus de 200 points de support, et Dobot un bureau à Tokyo en 2023. Cette expansion survient alors que le Japon, confronté à un vieillissement démographique marqué, cherche des solutions d'automatisation en entrepôt, restauration, domicile, automobile et aéroports. McKinsey projette une baisse d'environ 1,5 million de travailleurs disponibles sur les vingt prochaines années, et une enquête Reuters-Nikkei menée auprès de 220 entreprises montre que 34% d'entre elles utilisent déjà des robots dotés d'IA, prévoient de le faire, ou l'envisagent. Pour les fournisseurs chinois, réussir au Japon vaudrait démonstration que leurs plateformes de robots humanoïdes et de service passent de la vitrine médiatique au déploiement industriel réel, dans une économie réputée exigeante en intégration. Mais le marché n'est pas un raccourci facile: les clients japonais privilégient une automatisation compatible avec leurs processus existants, maintenue par des équipes locales et au retour sur investissement démontré, plutôt qu'un humanoïde spectaculaire mais isolé. Le Japon reste une puissance industrielle de la robotique: ses fabricants ont dominé le groupe historique des "quatre grands" et fourni environ 45% des exportations mondiales de robots industriels en 2020. Les commandes de l'industrie robotique japonaise ont atteint 1,0456 trillion de yens en 2025, en hausse de 25,7%. Mais les usages récents en logistique et services exigent des équipements plus simples à déployer et adapter que les robots industriels classiques, une brèche que les acteurs chinois exploitent. Leur distribution passe par des maisons de commerce et des intégrateurs système, avec des cycles de vente souvent longs de plusieurs années. Pour les fabricants chinois, s'implanter durablement au Japon reste avant tout un test de patience et d'engagement à long terme, plus qu'une conquête de marché rapide.

Chine/AsieActu
1 source