
Chery soutient Mojia : 2 000 unités vendues dans 60 pays, vitrine de la stratégie mondiale de Chery
Mojia, la marque de robots humanoïdes et quadrupèdes incubée par le constructeur automobile chinois Chery, a livré plus de 2 000 unités dans plus de 60 pays. Le directeur général de Mojia, Zhang Guibing, a présenté ce bilan lors de la cérémonie de livraison mondiale « 2000 à l'international, 60 pays » de l'entreprise. En Malaisie, la première expédition remontait à février 2025 avec une seule unité ; la commande la plus récente porte sur 120 unités, illustration de la courbe de montée en charge plus que du chiffre brut. Au premier semestre de cette année, 110 robots de police de la circulation Mojia Zhiqing sont entrés en service dans plusieurs villes chinoises, assurant régulation du trafic, gestion des files d'attente et communication de sécurité. Le robot d'accueil Moyin équipe des concessions automobiles pour l'accueil, l'interaction, l'ouverture autonome des portières et le suivi client. Les robots médicaux Zhihu prennent en charge le triage et la collecte d'antécédents dans des hôpitaux, tandis que le quadrupède Argos assure patrouille tout-terrain, contrôle en essaim, suivi de charge et interaction multimodale. L'ensemble de la gamme est certifié CE en Europe et FCC aux Etats-Unis.
Le vrai signal de cette annonce n'est pas le hardware mais l'infrastructure industrielle sous-jacente. Selon Zhang Guibing, les questions des acheteurs sont passées de « est-ce qu'il marche, est-ce qu'il parle, est-ce qu'il danse » à « quand peut-il commencer le travail, quand peut-il résoudre un problème client », signe d'un basculement de la démonstration vers l'usage commercial réel. Pour Xia Peng, vice-président exécutif de Mojia, la compétition future dans la robotique ne se jouera pas sur un produit isolé mais sur un système industriel complet : fabrication, chaîne d'approvisionnement, distribution, canaux commerciaux et service après-vente à l'échelle mondiale. C'est précisément ce que les startups humanoïdes chinoises et américaines s'efforcent de construire à partir de zéro, alors que Chery met à disposition de Mojia trente ans d'infrastructure déjà opérationnelle. Le jalon des 2 000 unités dans 60 pays constitue la preuve la plus concrète à ce jour que l'industrialisation et la mondialisation, plutôt que la sophistication de la démo, détermineront les gagnants du marché de la robotique humanoïde.
La stratégie de Mojia repose sur une co-source voiture-machine : la même pile de perception, de navigation et de contrôle équipe à la fois les véhicules Chery et les robots Mojia. Cela permet à la marque de réutiliser le réseau de distribution international, le hub de pièces détachées, le service après-vente localisé, les équipes de conformité réglementaire et les filiales régionales déjà en place chez Chery. Quand un robot part pour la Malaisie, il hérite d'un réseau après-vente construit depuis trois décennies plutôt que d'en créer un nouveau, un avantage structurel que n'ont pas les acteurs purement spécialisés en robotique humanoïde. Contrairement à une simple annonce ou une démonstration isolée, Mojia revendique un déploiement commercial effectif, documenté secteur par secteur (concessions automobiles, espaces publics, police, guidage médical) et appuyé par des certifications réglementaires en Europe et aux Etats-Unis. Les chiffres de déploiement et la définition exacte du « service commercial » proviennent toutefois de la communication de Mojia elle-même et méritent d'être lus avec la prudence habituelle réservée aux bilans internes non audités.
Les robots Mojia sont certifies CE, ouvrant une voie potentielle vers le marche europeen et une pression concurrentielle accrue sur les acteurs europeens de la robotique humanoide, sans deploiement confirme en Europe a ce stade.




