Aller au contenu principal
Table ronde : la vraie stratégie du capital-risque IA, un pas devant le consensus | 2026WAVES
Chine/Asie36Kr 

Table ronde : la vraie stratégie du capital-risque IA, un pas devant le consensus | 2026WAVES

1 source couvre ce sujet·Source originale ↗·
Résumé IASource uniqueImpact UE

Lors de la conférence 2026 WAVES, un roundtable intitulé "Investir avant le consensus" a réuni Zhu Tianyu, managing partner de BlueRun Ventures, et Qin Shentao, fondateur et CEO d'OriginFlow, startup créée en 2025 alors qu'il était doctorant à l'université Tsinghua, à 24 ans. En moins de cinq mois, OriginFlow a levé plus de 500 millions de yuans (environ 63 millions d'euros), de la ronde angel jusqu'au Pre-A1. BlueRun a co-mené le tour angel et réinvesti à trois reprises ; Zhu Tianyu avait pris sa décision d'investir en trente minutes de discussion. La société développe une interface motrice non invasive pour l'embodied AI : des capteurs électromécaniques portables décodent les signaux moteurs descendants du cerveau humain afin de capturer, en temps réel, les données de mouvement physique dans des environnements industriels, sans implant chirurgical ni interruption des processus de production.

L'argument fondateur d'OriginFlow tient à ce que Qin Shentao identifie comme le troisième grand chantier de la donnée pour l'IA. Le texte, trente ans de tokenisation des savoirs humains sur Internet, a permis l'émergence des LLM d'OpenAI et Anthropic. La vidéo, accumulée par au moins 300 000 véhicules en circulation dans le cas de la conduite autonome, a alimenté les Robotaxi. L'interaction physique avec contact reste quasi-inexploitée : les 8 milliards d'humains génèrent, selon les estimations de la startup, près de 100 milliards d'heures de données d'interaction physique réelle chaque jour, contre quelques centaines de milliers d'heures seulement effectivement utilisées dans les modèles génératifs actuels, soit un écart de plusieurs ordres de grandeur. OriginFlow mise sur une collecte in the wild, pendant les processus de production normaux, sans perturber les cadences industrielles. BlueRun résume ce modèle économique par la formule "earn money while earning data" : les industriels paient pour le service et constituent simultanément un corpus de données propriétaires pour la startup.

BlueRun Ventures est l'un des rares fonds early-stage chinois à avoir co-investi dans un LLM de base (Moonshot AI, éditeur du chatbot Kimi), une application IA (Genspark), un constructeur automobile (Li Auto) et un roboticien (Agibot). Son cadre d'analyse dit "trois vagues cumulatives" (AGI, robotique physique, interaction 3D), formalisé vers 2021-2022 avant le lancement de ChatGPT, place OriginFlow à l'intersection des trois vecteurs. Zhu Tianyu souligne l'avantage comparatif chinois : densité de talents en IA couplée à une chaîne industrielle manufacturière profonde, propice aux approches combinant software et hardware pour la collecte de données physiques. Sur ce segment précis de l'interface neuromécanique non invasive pour l'embodied AI, aucun concurrent direct n'est cité dans les échanges ; des acteurs comme Physical Intelligence (Pi-0) ou les fournisseurs de modèles VLA opèrent sur des couches différentes de la pile robotique. Les prochaines étapes d'OriginFlow ne sont pas détaillées dans la discussion, mais la rapidité et le volume de la levée suggèrent des déploiements pilotes en environnement industriel à court terme.

À lire aussi

Chery soutient Mojia : 2 000 unités vendues dans 60 pays, vitrine de la stratégie mondiale de Chery
1Pandaily 

Chery soutient Mojia : 2 000 unités vendues dans 60 pays, vitrine de la stratégie mondiale de Chery

Mojia, la marque de robots humanoïdes et quadrupèdes incubée par le constructeur automobile chinois Chery, a livré plus de 2 000 unités dans plus de 60 pays. Le directeur général de Mojia, Zhang Guibing, a présenté ce bilan lors de la cérémonie de livraison mondiale « 2000 à l'international, 60 pays » de l'entreprise. En Malaisie, la première expédition remontait à février 2025 avec une seule unité ; la commande la plus récente porte sur 120 unités, illustration de la courbe de montée en charge plus que du chiffre brut. Au premier semestre de cette année, 110 robots de police de la circulation Mojia Zhiqing sont entrés en service dans plusieurs villes chinoises, assurant régulation du trafic, gestion des files d'attente et communication de sécurité. Le robot d'accueil Moyin équipe des concessions automobiles pour l'accueil, l'interaction, l'ouverture autonome des portières et le suivi client. Les robots médicaux Zhihu prennent en charge le triage et la collecte d'antécédents dans des hôpitaux, tandis que le quadrupède Argos assure patrouille tout-terrain, contrôle en essaim, suivi de charge et interaction multimodale. L'ensemble de la gamme est certifié CE en Europe et FCC aux Etats-Unis. Le vrai signal de cette annonce n'est pas le hardware mais l'infrastructure industrielle sous-jacente. Selon Zhang Guibing, les questions des acheteurs sont passées de « est-ce qu'il marche, est-ce qu'il parle, est-ce qu'il danse » à « quand peut-il commencer le travail, quand peut-il résoudre un problème client », signe d'un basculement de la démonstration vers l'usage commercial réel. Pour Xia Peng, vice-président exécutif de Mojia, la compétition future dans la robotique ne se jouera pas sur un produit isolé mais sur un système industriel complet : fabrication, chaîne d'approvisionnement, distribution, canaux commerciaux et service après-vente à l'échelle mondiale. C'est précisément ce que les startups humanoïdes chinoises et américaines s'efforcent de construire à partir de zéro, alors que Chery met à disposition de Mojia trente ans d'infrastructure déjà opérationnelle. Le jalon des 2 000 unités dans 60 pays constitue la preuve la plus concrète à ce jour que l'industrialisation et la mondialisation, plutôt que la sophistication de la démo, détermineront les gagnants du marché de la robotique humanoïde. La stratégie de Mojia repose sur une co-source voiture-machine : la même pile de perception, de navigation et de contrôle équipe à la fois les véhicules Chery et les robots Mojia. Cela permet à la marque de réutiliser le réseau de distribution international, le hub de pièces détachées, le service après-vente localisé, les équipes de conformité réglementaire et les filiales régionales déjà en place chez Chery. Quand un robot part pour la Malaisie, il hérite d'un réseau après-vente construit depuis trois décennies plutôt que d'en créer un nouveau, un avantage structurel que n'ont pas les acteurs purement spécialisés en robotique humanoïde. Contrairement à une simple annonce ou une démonstration isolée, Mojia revendique un déploiement commercial effectif, documenté secteur par secteur (concessions automobiles, espaces publics, police, guidage médical) et appuyé par des certifications réglementaires en Europe et aux Etats-Unis. Les chiffres de déploiement et la définition exacte du « service commercial » proviennent toutefois de la communication de Mojia elle-même et méritent d'être lus avec la prudence habituelle réservée aux bilans internes non audités.

UELes robots Mojia sont certifies CE, ouvrant une voie potentielle vers le marche europeen et une pression concurrentielle accrue sur les acteurs europeens de la robotique humanoide, sans deploiement confirme en Europe a ce stade.

Chine/AsieActu
1 source
Ant Group dévoile sa stratégie duale VLA et modèles d'action du monde pour l'IA physique, écosystème open source et défi des données
2Pandaily 

Ant Group dévoile sa stratégie duale VLA et modèles d'action du monde pour l'IA physique, écosystème open source et défi des données

Ant Group a fondé en décembre 2024 Ant LingBot, filiale à 100 % basée à Shanghai et bras armé du groupe dans l'IA physique, où plus de 90 % des effectifs sont titulaires d'un master ou d'un doctorat. Dirigée par le PDG Zhu Xing et le scientifique en chef Shen Yujun, l'entreprise a présenté six modèles d'IA incarnée en open source lors du WAIC 2026, couvrant vision, vidéo, perception spatiale, manipulation, modèles du monde et modèles d'action du monde. Sa stratégie technologique repose sur deux voies parallèles. La première, VLA (vision language action), incarnée par LingBot-VLA 2.0, suit l'architecture dominante du secteur, celle qu'utilisent aussi Figure ou la série RT de Google DeepMind. La seconde, portée par LingBot-VA 2.0, prédit l'évolution du monde avant de générer une action ; présenté comme le premier modèle d'action du monde nativement incarné du secteur, il est entraîné from scratch sur une architecture autorégressive atteignant 150 Hz d'inférence temps réel sur un seul GPU, avec tokenisation sémantique visuelle-action, pré-entraînement causal strict, architecture MoE et inférence asynchrone permettant au robot de prédire ses états futurs tout en exécutant l'action en cours, avec un temps de réponse de 6,7 millisecondes, contre 300 à 400 millisecondes pour un clignement d'œil humain. Plus d'une dizaine de fabricants ont noué des partenariats, dont Unitree Robotics, Xinghaitu et Leju Robotics, dont le KUAVO 4 Pro a été adapté à LingBot-VLA sur 95 scénarios de manipulation réels. LingBot commercialise aussi son propre robot de service, le Robbyant R1, destiné aux usages domestiques, à la santé et aux personnes âgées, mais dont les volumes livrés restent limités. Ce choix d'ouvrir intégralement poids, code, outils de post-entraînement et benchmarks d'évaluation, à un moment où les standards techniques de l'IA incarnée restent instables, vise à faire de LingBot une base logicielle partagée entre plateformes matérielles hétérogènes. Mais la principale contrainte du secteur demeure la donnée : contrairement aux LLM entraînés sur des billions de tokens textuels, les données d'interaction physique ne s'accumulent que par l'exploitation réelle de robots. LingBot compense en s'appuyant sur les données de ses partenaires (Unitree, Leju, Xinghaitu) plutôt qu'en opérant sa propre flotte, une dépendance qui fragilise sa position à mesure que ces mêmes partenaires développent leurs propres capacités IA. Cette approche intégrale, du modèle cerveau au modèle du monde jusqu'au déploiement matériel, distingue LingBot des autres géants technologiques chinois. Alibaba, Tencent, Huawei, JD.com et Meituan privilégient tous des stratégies plus ciblées, et Ant Group entre en outre en concurrence avec d'autres initiatives affiliées à Alibaba. LingBot constitue ainsi un test grandeur nature : une entreprise de la fintech peut-elle incuber une activité robotique viable, et l'open source combiné à l'emprunt de données suffira-t-il à surmonter les limites structurelles de l'IA incarnée ?

Chine/AsieOpinion
1 source
Cinq tendances du WRC 2026 : les robots passent de la validation technique à la validation produit
3Pandaily 

Cinq tendances du WRC 2026 : les robots passent de la validation technique à la validation produit

La World Robot Conference (WRC) 2026 s'est ouverte le 19 août au Beiren Yichuang International Convention Center, dans le district de Yizhuang à Pékin, sur le thème de la symbiose homme-machine et de l'intégration offre-demande. Quatre halls d'exposition ont réuni plus de 300 entreprises chinoises et étrangères, près de 3 000 exhibits et plus de 150 produits présentés en première mondiale. Plus de 1 000 experts ont participé à sept forums principaux et plus de 70 événements parallèles, tandis que plus de 17 000 concurrents venus de plus de 20 pays s'affrontaient dans des compétitions. L'ouverture, désignée comme journée des lancements, coïncidait avec la fête chinoise des amoureux Qixi : les organisateurs ont mis en scène un mariage de robots, avec un marié bipède s'agenouillant pour offrir des fleurs et une mariée à roues et bras articulés recevant un cadeau avant de défiler en distribuant des bonbons aux visiteurs. Ce même jour, Unitree faisait ses débuts boursiers sur le STAR Market de Shanghai ; son robot G1 a joué au tennis de table en direct contre des humains, démontrant une chaîne perception, décision, contrôle corps entier et exécution bâtie sur des modèles algorithmiques maison, avec coups droits, revers et déplacements, et une latence de contrôle inférieure à cinq millisecondes. Ce salon marque un basculement clair : après une année où les humanoïdes ont surtout prouvé qu'ils pouvaient marcher, courir ou sauter, l'enjeu de 2026 devient la validation produit, c'est à dire la vitesse d'apprentissage, la fiabilité en tâche réelle, l'efficacité par scénario et le coût d'exploitation. Pour les intégrateurs et décideurs B2B, ce glissement signifie que la course humanoïde ne se juge plus sur des vidéos de démonstration mais sur des critères d'achat concrets, qui déploie, à quel prix, avec quelle disponibilité. Autre signal notable, l'engouement autour des world models, omniprésent l'an dernier, retombe nettement sur le salon, ce qui suggère que cette approche peine à convaincre au delà du discours de recherche. À l'inverse, le retour du tactile sur les mains habiles et la montée des exosquelettes portés par des utilisateurs ordinaires indiquent que l'industrie déplace son effort vers la manipulation fine et les applications grand public, pendant que les articulations deviennent un nouveau champ de bataille pour les fournisseurs de composants, signe d'une chaîne d'approvisionnement en cours de structuration. Ce tournant s'inscrit dans la suite logique des éditions précédentes du WRC, où la démonstration de capacités motrices dominait les débats. La cotation d'Unitree, acteur chinois déjà connu pour ses robots quadrupèdes et humanoïdes low cost, illustre la maturation financière du secteur, tandis que la densité de premières mondiales, plus de 150 produits, traduit une concurrence désormais mondiale entre fabricants chinois et internationaux. Les cinq tendances dégagées par le salon, validation produit, recul relatif des world models, essor du tactile, percée des exosquelettes et bataille des articulations, dessinent une industrie qui cherche à passer du statut de vitrine technologique à celui de marché opérationnel, avec des robots réellement achetés, déployés et utilisés au quotidien plutôt que simplement exhibés.

Chine/AsieActu
1 source
La Chine présente un robot soudeur capable de découper l'acier à 70 mm, avec une capacité de 30 tonnes et 20 ans de durée de vie
4Interesting Engineering 

La Chine présente un robot soudeur capable de découper l'acier à 70 mm, avec une capacité de 30 tonnes et 20 ans de durée de vie

Offshore Oil Engineering Co. a déployé sur son site de fabrication intelligente à Tianjin le premier système de soudage marin autonome développé entièrement en Chine. Conçu pour les plateformes pétrolières et gazières offshore, le robot traite des composants spécialisés comme les nœuds de modules, les anneaux de verrouillage et les renforts de jacket en eaux profondes. Ses caractéristiques techniques sont substantielles : capacité de charge maximale de 30 tonnes, soudage et découpe d'acier jusqu'à 70 millimètres d'épaisseur, durée de vie annoncée de 20 ans et efficacité opérationnelle globale supérieure à 40 %. Le système embarque une reconnaissance visuelle des cordons de soudure, un alignement par vision laser 3D, et une planification dynamique de trajectoires multi-passes. D'une seule commande, il gère l'intégralité du cycle de soudage, passe de racine, correction automatique de trajectoire, remplissage multi-fils double face, avec un taux de qualification au premier passage supérieur à 98 %. Un robot de meulage autonome, développé en parallèle, l'accompagne sur la ligne de production : il a déjà traité plus de 500 sections d'acier avec un gain d'efficacité de 15 % par rapport aux opérations manuelles. La mise en service n'a pas été instantanée : dix mois de débogage sur site et environ 1 000 expériences de soudage ont été nécessaires avant le passage en production. Ce déploiement signale un changement de périmètre pour la robotique de soudage industriel. Longtemps cantonnée à l'automobile, où la répétabilité des pièces facilite l'automatisation, la soudure lourde marine représentait jusqu'ici une frontière difficile à franchir : géométries irrégulières, masses considérables, tolérances serrées dans des environnements hostiles. Un taux de qualification au premier passage de 98 % sur de l'acier de 70 mm en conditions réelles, et non en environnement contrôlé de laboratoire, serait, s'il est confirmé par des audits indépendants, une donnée significative pour les intégrateurs et les donneurs d'ordre du secteur naval et offshore. Pour les décideurs B2B, l'argument le plus fort n'est pas la performance brute mais la suppression du retravail structurel, coûteux en temps et en matière sur des pièces à faible volume et haute valeur. Ce développement s'inscrit dans l'initiative nationale chinoise "AI Plus", qui cible depuis 2023 l'automatisation avancée des industries lourdes considérées comme stratégiques, énergie offshore en tête. Offshore Oil Engineering Co. est un opérateur historique des infrastructures pétrolières maritimes chinoises, ce qui lui donne un terrain de validation industriel direct. Sur le plan concurrentiel, les acteurs établis du soudage robotisé lourd sont Fronius, Lincoln Electric et Yaskawa, tandis que des startups comme Path Robotics (États-Unis) ou Novarc Technologies (Canada) développent des approches similaires de soudage adaptatif par vision. Aucun acteur européen de référence n'est mentionné dans ce segment précis. Les prochaines étapes déclarées n'ont pas été communiquées publiquement, mais la logique du programme suggère une extension à d'autres chantiers navals dans le cadre de la politique industrielle nationale.

UEPression concurrentielle indirecte sur les acteurs européens du soudage lourd industriel, notamment Fronius (Autriche), sans déploiement ni contrat européen annoncé.

Chine/AsieOpinion
1 source