Ant Group dévoile sa stratégie duale VLA et modèles d'action du monde pour l'IA physique, écosystème open source et défi des données
Ant Group a fondé en décembre 2024 Ant LingBot, filiale à 100 % basée à Shanghai et bras armé du groupe dans l'IA physique, où plus de 90 % des effectifs sont titulaires d'un master ou d'un doctorat. Dirigée par le PDG Zhu Xing et le scientifique en chef Shen Yujun, l'entreprise a présenté six modèles d'IA incarnée en open source lors du WAIC 2026, couvrant vision, vidéo, perception spatiale, manipulation, modèles du monde et modèles d'action du monde. Sa stratégie technologique repose sur deux voies parallèles. La première, VLA (vision language action), incarnée par LingBot-VLA 2.0, suit l'architecture dominante du secteur, celle qu'utilisent aussi Figure ou la série RT de Google DeepMind. La seconde, portée par LingBot-VA 2.0, prédit l'évolution du monde avant de générer une action ; présenté comme le premier modèle d'action du monde nativement incarné du secteur, il est entraîné from scratch sur une architecture autorégressive atteignant 150 Hz d'inférence temps réel sur un seul GPU, avec tokenisation sémantique visuelle-action, pré-entraînement causal strict, architecture MoE et inférence asynchrone permettant au robot de prédire ses états futurs tout en exécutant l'action en cours, avec un temps de réponse de 6,7 millisecondes, contre 300 à 400 millisecondes pour un clignement d'œil humain. Plus d'une dizaine de fabricants ont noué des partenariats, dont Unitree Robotics, Xinghaitu et Leju Robotics, dont le KUAVO 4 Pro a été adapté à LingBot-VLA sur 95 scénarios de manipulation réels. LingBot commercialise aussi son propre robot de service, le Robbyant R1, destiné aux usages domestiques, à la santé et aux personnes âgées, mais dont les volumes livrés restent limités.
Ce choix d'ouvrir intégralement poids, code, outils de post-entraînement et benchmarks d'évaluation, à un moment où les standards techniques de l'IA incarnée restent instables, vise à faire de LingBot une base logicielle partagée entre plateformes matérielles hétérogènes. Mais la principale contrainte du secteur demeure la donnée : contrairement aux LLM entraînés sur des billions de tokens textuels, les données d'interaction physique ne s'accumulent que par l'exploitation réelle de robots. LingBot compense en s'appuyant sur les données de ses partenaires (Unitree, Leju, Xinghaitu) plutôt qu'en opérant sa propre flotte, une dépendance qui fragilise sa position à mesure que ces mêmes partenaires développent leurs propres capacités IA.
Cette approche intégrale, du modèle cerveau au modèle du monde jusqu'au déploiement matériel, distingue LingBot des autres géants technologiques chinois. Alibaba, Tencent, Huawei, JD.com et Meituan privilégient tous des stratégies plus ciblées, et Ant Group entre en outre en concurrence avec d'autres initiatives affiliées à Alibaba. LingBot constitue ainsi un test grandeur nature : une entreprise de la fintech peut-elle incuber une activité robotique viable, et l'open source combiné à l'emprunt de données suffira-t-il à surmonter les limites structurelles de l'IA incarnée ?
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