Des robots-chiens dans l'espace ? La Chine veut bâtir sa station lunaire de 2035 avec des robots quadrupèdes

La Chine prévoit d'intégrer des robots quadrupèdes à sa future Station de recherche lunaire internationale (ILRS), dont l'achèvement est prévu pour 2035, avant l'extension vers un complexe orbital plus vaste à l'horizon 2045. L'idée est détaillée dans une étude publiée dans la revue Chinese Space Science and Technology et relayée par le South China Morning Post : des robots en forme de chien patrouilleraient les installations, assisteraient les astronautes dans leurs travaux scientifiques et joueraient un rôle de soutien psychologique face à l'isolement de la vie lunaire. Le scénario évoqué par les auteurs prévoit trois machines épaulant trois astronautes sur des tâches distinctes, l'exploration du terrain, la collecte d'échantillons de roches et des opérations de précision, en plus de tâches de maintenance comme l'extraction de glace d'eau, l'exploitation de minerais, la construction à partir de matériaux locaux, la régulation de l'air et de la température ou l'entretien de cultures. Dès août 2026, la Chine doit lancer une mission dédiée à l'extraction de glace d'eau au pôle sud lunaire, étape jugée nécessaire pour soutenir une présence humaine durable sur place.
Ce projet reste à ce stade une proposition de recherche et non un produit déployé : aucun prototype de robot quadrupède spatial n'a été présenté, et les auteurs eux-mêmes soulignent qu'il faudra bâtir de nouveaux systèmes de communication et de navigation avant toute mise en œuvre réelle. L'intérêt pour l'industrie robotique tient surtout au défi technique évoqué en creux, celui de faire fonctionner des systèmes d'IA embarqués dans un environnement où les données d'entraînement terrestres n'ont aucune valeur, un problème d'apprentissage inédit pour des machines autonomes. Cette ambition s'inscrit dans une tendance plus large où les robots à pattes, déjà utilisés dans des contextes sensibles comme la base spatiale de Cape Cod où des unités semi-autonomes assurent des rondes depuis 2023, gagnent du terrain face aux rovers à roues pour les terrains accidentés et les environnements extrêmes.
Le programme lunaire chinois s'appuie sur les acquis des missions Chang'e et sur le partenariat ILRS noué avec la Russie et d'autres pays partenaires, dans une course où les Etats-Unis avancent de leur côté avec le programme Artemis. L'annonce d'un rôle central pour des robots quadrupèdes dans l'établissement d'une présence humaine durable sur la Lune ne constitue pour l'instant qu'une orientation de recherche, dont la matérialisation dépendra des essais technologiques menés d'ici 2035, à commencer par la mission d'extraction de glace prévue ce mois d'août 2026.




