
Qu’est-ce qu’un AMR ?
Exotec a déployé ses robots Skypod chez Decathlon dans plusieurs centres logistiques européens, avec des résultats chiffrés notables. Au Portugal, la capacité de préparation de commandes est passée de 57 000 à 114 000 commandes traitées, tandis que le nombre de magasins approvisionnés depuis ce site a bondi de 41 à 73. Au Royaume-Uni, la distance parcourue quotidiennement par les préparateurs est tombée sous le kilomètre, contre plus de 10 kilomètres avant l'automatisation, et le taux d'erreur de préparation a été divisé par deux. En parallèle, Amazon a présenté en 2026 une nouvelle génération de son AMR Proteus, désormais capable d'interpréter des consignes en langage naturel grâce à l'IA, une évolution qui vise à faire planifier au robot lui-même ses missions et ses itinéraires plutôt que de simplement suivre des ordres de déplacement. Ces AMR (Autonomous Mobile Robots) se distinguent des AGV classiques par leur usage de lidars, caméras et algorithmes SLAM pour cartographier leur environnement en temps réel, sans infrastructure au sol. Le marché mondial est estimé à plus de 5 milliards de dollars dès 2026, avec une croissance annuelle de 14 à 20 % selon les cabinets d'études.
Ces chiffres comptent parce qu'ils déplacent le débat du concept vers l'exploitation industrielle à grande échelle. Le doublement de capacité chez Decathlon et la baisse mécanique de la pénibilité au Royaume-Uni ne sont pas des projections marketing mais des résultats opérationnels mesurés sur plusieurs sites, ce qui donne aux intégrateurs et décideurs B2B un argumentaire de ROI concret plutôt qu'une promesse de laboratoire. Pour Amazon, l'ajout du langage naturel sur Proteus marque une bascule : l'AMR ne se contente plus d'exécuter un plan de navigation figé, il devient un agent capable de recevoir des instructions de haut niveau et d'arbitrer ses priorités, ce qui rapproche la logistique mobile des architectures VLA vues côté robotique humanoïde. Cela confirme aussi que la pénurie de main-d'œuvre dans la logistique reste le moteur principal d'adoption, davantage que la seule quête de vitesse.
Cette bascule s'inscrit dans une transition plus large, celle de l'AGV vers l'AMR. Les AGV historiques suivaient des bandes magnétiques ou des QR codes au sol et s'arrêtaient net face au moindre obstacle, contraignant les entrepôts à figer leur agencement. Les AMR s'affranchissent de cette rigidité grâce à la cartographie temps réel, réduisant les coûts d'installation et permettant de reconfigurer un site sans toucher aux infrastructures. Exotec, acteur français, s'impose ainsi comme un concurrent direct des solutions américaines et asiatiques sur ce segment, aux côtés d'Amazon Robotics et d'autres fournisseurs d'AMR pour l'e-commerce, l'automobile ou le secteur hospitalier. La prochaine étape attendue est la généralisation des capacités de planification autonome façon Proteus à d'autres flottes commerciales, ainsi que l'extension de ces déploiements vers des environnements moins structurés que l'entrepôt classique.
Exotec, entreprise française, démontre des gains opérationnels mesurés (capacité doublée, pénibilité réduite) sur des sites européens chez Decathlon, renforçant sa position face aux acteurs américains et asiatiques du marché des AMR.
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