Aller au contenu principal
Boucle d'apprentissage tactile : comment les données du toucher humain apprennent aux robots à manipuler des œufs
IndustrielInteresting Engineering1h

Boucle d'apprentissage tactile : comment les données du toucher humain apprennent aux robots à manipuler des œufs

1 source couvre ce sujet·Source originale ↗·
Résumé IASource uniqueImpact UE
Boucle d'apprentissage tactile : comment les données du toucher humain apprennent aux robots à manipuler des œufs
▶ Voir sur YouTube

ABB Robotics et PSYONIC, fabricant américain de la prothèse bionique Ability Hand, ont annoncé un partenariat centré sur l'exploitation de données haptiques issues d'utilisateurs humains réels pour entraîner des systèmes robotiques industriels. L'Ability Hand, portée au quotidien par plusieurs centaines de personnes amputées, embarque des capteurs de pression distribués sur chaque doigt ainsi qu'un système de retour vibratoire. Lors d'activités ordinaires comme la vaisselle, le tri de vêtements ou la manipulation d'objets fragiles, ces utilisateurs génèrent en continu des profils de contact, de variation de pression et d'ajustement de préhension. ABB a monté une Ability Hand directement sur son bras collaboratif GoFa pour des cycles de test et d'itération en conditions industrielles. Marc Segura, président d'ABB Robotics, a décrit l'acquisition de la dextérité humaine et la compréhension intrinsèque de la diversité des produits comme "l'un des défis les plus difficiles de la robotique industrielle".

Le caractère stratégique de cette initiative tient à la nature du problème qu'elle attaque : le transfert de compétences de manipulation fine vers des plateformes industrielles. Les méthodes classiques d'apprentissage par imitation, qu'il s'agisse de gants de capture, de réalité virtuelle ou de vidéos, enregistrent les positions finales des doigts mais ratent l'information critique : les profils de force en temps réel et la sensation de texture. C'est précisément cette couche sensorielle qui différencie une préhension réussie d'un oeuf (ni trop forte pour casser la coquille, ni trop légère pour le laisser glisser) d'une prise défaillante. Le fait que le hardware soit identique côté prothèse et côté robot GoFa supprime le problème classique de sim-to-real gap lors du transfert des politiques de contrôle : les données humaines s'appliquent directement à la géométrie mécanique du robot, sans recalibration. Pour les intégrateurs industriels, cela ouvre la possibilité de traiter des produits à géométrie variable ou à surface délicate, fruits, pièces organiques, conditionnement souple, sans recourir à des outillages dédiés ou à des convoyeurs d'orientation préalable.

ABB, groupe suisse pesant environ 30 milliards de dollars de chiffre d'affaires annuel, inscrit ce partenariat dans une tendance sectorielle vers des robots capables de percevoir et d'agir sans trajectoires préprogrammées rigides. PSYONIC, startup spécialisée dans les prothèses bioniques accessibles, valorise ici sa base d'utilisateurs comme corpus d'entraînement, un actif rare dans le domaine haptique. Sur le plan concurrentiel, cette approche par données haptiques humaines se distingue des stratégies adverses : Sanctuary AI mise sur la téléopération et les foundation models, Physical Intelligence (Pi-0) sur l'apprentissage par démonstration à grande échelle, Figure et Apptronik sur la capture vidéo synthétique. Aucun calendrier de déploiement industriel n'a été communiqué à ce stade ; l'initiative reste à l'étape de validation technologique, avec le GoFa comme plateforme de test principale.

Impact France/UE

ABB étant un leader européen (suisse) de la robotique industrielle, cette approche haptique pourrait ouvrir des capacités de manipulation flexible dans les chaînes de production européennes, notamment pour les secteurs agro-alimentaire et pharmaceutique.

À lire aussi

Les données de prothèses de mains améliorent le contrôle fin des robots pour la manipulation précise
1Interesting Engineering 

Les données de prothèses de mains améliorent le contrôle fin des robots pour la manipulation précise

ABB Robotics, division robotique du groupe suisse ABB, a annoncé un partenariat avec PSYONIC, une entreprise californienne spécialisée dans les prothèses bioniques, pour exploiter les données issues de prothèses de main réelles afin d'améliorer la dextérité des robots industriels. Le projet associe le bras collaboratif GoFa d'ABB, avec une charge utile de 12 kilogrammes, une portée de 1,62 mètre et une répétabilité de 0,02 mm, à la main prothétique Ability Hand de PSYONIC. Cet équipement bionique ferme sa prise en 200 millisecondes, gère 32 types de préhension dont 19 pré-programmés, dispose d'un retour tactile multi-points et d'une certification IP64. L'objectif déclaré : capturer les données de toucher et de mouvement générées par les utilisateurs humains de la prothèse pour entraîner des modèles robotiques capables de manipuler des objets fragiles, irréguliers ou variables. ABB avance que cette approche pourrait réduire jusqu'à 30 % le temps d'ingénierie consacré aux applications de manipulation, sans toutefois préciser dans quel contexte ni sur quelle base de mesure ce chiffre a été calculé. Ce partenariat s'attaque à un verrou technique reconnu dans l'automatisation industrielle : la dextérité fine. Contrairement aux méthodes d'entraînement classiques qui reposent sur la simulation, le projet utilise des données du monde réel issues d'un usage humain, ce qui présente un avantage théorique en termes de couverture des cas limites et de diversité des interactions physiques. Si l'approche se confirme à l'échelle, elle pourrait accélérer le déploiement de robots dans des lignes où la manipulation manuelle reste irremplaçable, notamment en assemblage électronique, en gestion de composants aérospatiaux ou en conditionnement pharmaceutique. ABB parle de son programme "Autonomous Versatile Robotics" (AVR), qui vise à doter les robots d'une capacité de raisonnement et d'adaptation sans reprogrammation manuelle constante. C'est là que la valeur réelle se situera, mais aucune démonstration industrielle concrète n'a encore été annoncée à ce stade. ABB Robotics est l'un des quatre grands intégrateurs robotiques mondiaux, aux côtés de KUKA, Fanuc et Yaskawa. Le GoFa a été lancé en 2021 pour concurrencer les cobots d'Universal Robots et de FANUC sur les tâches de collaboration humain-robot. PSYONIC, fondée en 2016 à Champaign (Illinois), s'est distinguée avec l'Ability Hand, une prothèse conçue pour être abordable et fonctionnelle, avec financement de la DARPA. Le transfert de savoir-faire prosthétique vers la robotique industrielle n'est pas sans précédent, mais reste rare à ce niveau de formalisation. Les secteurs ciblés incluent l'automobile, l'aérospatial, la logistique et les sciences du vivant. Le partenariat en est à la phase de recherche et développement conjointe, sans calendrier de productisation ni client pilote annoncé publiquement à ce jour.

UEABB étant l'un des principaux fournisseurs de robots industriels en Europe, cette approche data-driven pour la dextérité fine pourrait à terme accélérer l'automatisation des lignes d'assemblage européennes (automobile, aérospatial), mais reste à ce stade un projet R&D sans déploiement ni client pilote annoncé.

IndustrielOpinion
1 source
PSYONIC s'associe à ABB Robotics pour introduire le toucher humain dans la dextérité des robots
2Robotics Business Review 

PSYONIC s'associe à ABB Robotics pour introduire le toucher humain dans la dextérité des robots

ABB Robotics LLC et la startup californienne PSYONIC ont annoncé un partenariat visant à accélérer la manipulation dextère en robotique industrielle. Les deux entreprises combinent le bras collaboratif GoFa d'ABB, un robot force- et power-limited conçu pour travailler aux côtés des humains, avec l'Ability Hand de PSYONIC, une main prothétique à cinq doigts équipée de capteurs de pression, de retour vibrotactile et de mécaniques souples. Le principe central du projet: utiliser les données de mouvement, de contact et de force de préhension collectées sur les 300 patients prothétiques déjà équipés de l'Ability Hand pour entraîner des systèmes robotiques. La main est approuvée par la FDA, remboursée par Medicare aux États-Unis, et Meta en a été un acheteur précoce lors du lancement grand public. PSYONIC, fondée en 2015 à San Diego par le Dr Adeel Akhtar, vend désormais davantage côté robotique que côté médical, une inversion survenue en moins d'un an sous l'effet de l'essor du physical AI. L'enjeu n'est pas anodin: la manipulation manuelle reste l'un des verrous les plus résistants de l'automatisation industrielle. Les préhenseurs à ventouse ou à mâchoires parallèles imposent des changeurs d'outils, sources de délais, de pannes et de maintenance chronophage, notamment sur les lignes à fort mix et faible volume. Une main à cinq doigts avec retour tactile permet de saisir des objets déformables (textiles, emballages souples) et de travailler dans des cellules conçues autour du format humain, sans reconfiguration mécanique. La valeur ajoutée de PSYONIC réside dans la continuité matérielle: le même Ability Hand porté par un patient génère des données d'apprentissage directement transférables à un robot équipé du même effecteur, supprimant une partie du gap sim-to-real qui plombe encore beaucoup de pipelines d'entraînement VLA (vision-language-action). Selon la Fédération Internationale de Robotique, une meilleure intégration de la préhension et du numérique pourrait réduire le temps d'ingénierie de mise en oeuvre jusqu'à 30 %. ABB Robotics s'inscrit dans une trajectoire de transformation profonde: le groupe ABB a cédé sa division robotique à SoftBank pour 5,3 milliards de dollars en octobre 2025, avec pour feuille de route l'"Autonomous Versatile Robotics" (AVR), une vision de robots capables de percevoir, raisonner, se déplacer et manipuler avec précision dans des environnements dynamiques. Le partenariat avec PSYONIC s'intègre dans cette ambition de physical AI, en parallèle d'une course aux effecteurs dextres que se livrent aussi des acteurs comme Sanctuary AI, Dexterous et les équipes internes de Tesla (Optimus) ou Figure. Aucune date de commercialisation ni de déploiement pilote industriel n'a été communiquée: il s'agit pour l'instant d'une collaboration R&D entre les équipes techniques des deux entreprises, pas d'un produit expédié ni d'un déploiement terrain confirmé.

UEImpact indirect sur l'UE via ABB (groupe suisse, désormais filiale SoftBank), dont les industriels européens pourraient bénéficier si la manipulation dextre atteint la maturité commerciale, mais aucun déploiement ou pilote européen n'est annoncé à ce stade.

IndustrielOpinion
1 source
Les commandes de robots en Amérique du Nord stagnent en début d'année 2026
3Robotics Business Review 

Les commandes de robots en Amérique du Nord stagnent en début d'année 2026

Au premier trimestre 2026, les entreprises nord-américaines ont commandé 9 055 robots pour une valeur totale de 543 millions de dollars, selon les données publiées par l'Association for Advancing Automation (A3). En comparaison avec le premier trimestre 2025, le volume d'unités commandées reste quasi stable (-0,1 %), mais le chiffre d'affaires associé recule de 6,4 %. Le principal facteur explicatif est la chute brutale des commandes des constructeurs automobiles (OEM) : -35,1 % en unités et -48,2 % en revenus sur un an. Ce secteur, par son poids structurel dans le marché robotique nord-américain, a tiré l'ensemble des indicateurs agrégés vers le bas malgré une dynamique globalement positive dans le reste de l'industrie. La lecture sectorielle révèle en effet une réalité bien plus nuancée que les chiffres globaux ne le laissent paraître. Hors constructeurs automobiles, la demande progresse sur presque tous les segments : les équipementiers automobiles (tier 1 et 2) ont augmenté leurs commandes de 28,1 % en unités, avec un décalage cyclique habituel par rapport aux OEM. Les sciences de la vie, pharmaceutique et biomédical affichent la plus forte croissance en valeur (+70,2 % en revenus, +54,1 % en unités), suivis par les semi-conducteurs et l'électronique (+79,2 % revenus, +31,7 % unités), le plastique et le caoutchouc (+32,6 % revenus, +25,2 % unités) et l'agroalimentaire (+16,3 % revenus, +16,0 % unités). Ces chiffres signalent une diversification structurelle de la demande en automatisation, portée par des pressions convergentes : pénuries de main-d'oeuvre, exigences qualité, résilience des chaînes d'approvisionnement et compétitivité internationale. Pour les intégrateurs et les décideurs industriels, ce rééquilibrage sectoriel représente une opportunité commerciale concrète au-delà du seul marché automobile. Le segment des cobots (robots collaboratifs à force et puissance limitées) constitue le fait marquant de ce trimestre. Avec 1 637 unités commandées pour 69,8 millions de dollars, soit +55,6 % en unités et +78,2 % en revenus sur un an, les cobots représentent désormais 18,1 % de l'ensemble des robots commandés et 12,9 % des revenus totaux. Leur adoption est particulièrement forte en sciences de la vie (60,7 % des commandes robotiques du secteur) et en semi-conducteurs/électronique (45,9 %). Ce dynamisme s'inscrit dans une tendance de fond observée depuis plusieurs trimestres : le marché robotique nord-américain sort progressivement de sa dépendance historique à l'automobile pour s'orienter vers des déploiements plus flexibles, adaptés à des environnements moins standardisés. Les principaux fournisseurs de cobots actifs sur ce marché incluent Universal Robots (filiale de Teradyne), FANUC, KUKA et ABB, avec une concurrence croissante de fabricants asiatiques. L'A3 anticipe que cette diversification continuera de soutenir la santé long terme du marché, même si les prochains trimestres resteront sous l'influence des cycles d'investissement automobile, traditionnellement longs et concentrés.

UELa dynamique de diversification sectorielle observée en Amérique du Nord (cobots, sciences de la vie, semi-conducteurs) reflète des tendances structurelles similaires en Europe, où KUKA et ABB, acteurs européens majeurs cités, sont directement positionnés sur ces segments en croissance.

IndustrielActu
1 source
Décision séquentielle par apprentissage multi-échelle pour la préparation de commandes en robotique de manutention
4arXiv cs.RO 

Décision séquentielle par apprentissage multi-échelle pour la préparation de commandes en robotique de manutention

Des chercheurs ont publié en mai 2026 sur arXiv (référence 2605.08758) un framework de décision séquentielle baptisé OLSF-TRS, pour Omni-scale Learning-based Sequential Decision Framework for Tote-handling Robotic Systems. Ce système combine optimisation combinatoire structurée et apprentissage par renforcement multi-agent (MARL) pour coordonner simultanément les décisions liées aux commandes, aux bacs de manutention (totes) et aux robots dans les centres de préparation automatisés. En configuration petite échelle, OLSF-TRS affiche un écart d'optimalité moyen inférieur à 3,5% sur deux architectures système distinctes. En configuration grande échelle, il réduit les mouvements de bacs de 8 à 12% par rapport aux baselines heuristiques classiques, et de plus de 30% par rapport aux approches règle-based de l'état de l'art, tout en maintenant une réactivité en temps réel. L'enjeu concret pour les intégrateurs intralogistiques est significatif : la quasi-totalité des frameworks existants sont conçus sur mesure pour un type de système spécifique, tri-sorter, mini-load AS/RS ou AMR grid-based, ce qui rend tout transfert à un autre contexte laborieux. OLSF-TRS propose une couche de pilotage unifiée et scalable, potentiellement applicable à des architectures hétérogènes. La réduction de plus de 30% des mouvements de bacs se traduit directement en gains énergétiques, réduction de l'usure mécanique et meilleure stabilité du throughput, des KPIs centraux pour les COOs industriels. À noter cependant que les résultats reposent sur des simulations et benchmarks comparatifs sans déploiement terrain documenté, ce qui laisse entière la question du sim-to-real gap en production réelle. Ce travail s'inscrit dans une tendance structurelle de fond : la substitution des palettes par les bacs comme unité logistique primaire, portée par l'explosion du e-commerce et la fragmentation des commandes en petites séries. Des acteurs comme Exotec (France, système Skypod), AutoStore (Norvège) ou Geek+ (Chine) opèrent des déploiements massifs en grid-based robotics confrontés exactement à ces problèmes de coordination ordres-bacs-robots à grande échelle. La convergence entre optimisation combinatoire de type VRP et MARL est un champ de recherche en pleine effervescence, porté par des laboratoires industriels en Europe et en Asie. L'article ne mentionne ni partenariat industriel ni timeline de commercialisation, le positionnant comme une contribution académique précompétitive.

UEExotec (France, Skypod) et AutoStore (Norvège) opèrent des déploiements massifs confrontés exactement aux problèmes de coordination ordres-bacs-robots adressés par ce framework, en faisant une piste de R&D directement pertinente pour l'intralogistique européenne.

IndustrielPaper
1 source