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L'open source commence à aider les robots à raisonner
FR/EU ecosystemeIEEE Spectrum Robotics 

L'open source commence à aider les robots à raisonner

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Résumé IASource uniqueImpact UE

Depuis deux ans, Hugging Face, Nvidia et Alibaba ont multiplié les publications open source dans la robotique cognitive, cherchant à résoudre ce qui était jusque-là le goulot d'étranglement du secteur : faire raisonner, décider et agir un robot. Nvidia a constitué une pile complète articulée autour de trois couches : Cosmos, des world models qui génèrent des données d'entraînement synthétiques et simulent des environnements physiques ; GR00T, des modèles permettant l'exécution de tâches complexes ; et Isaac, un ensemble de frameworks d'orchestration reliant entraînement, simulation et déploiement. Ces modèles sont hébergés sur Hugging Face. Ce mouvement s'inscrit dans une longue tradition : le Robot Operating System (ROS), lancé en 2007, a unifié le secteur en fournissant un framework standardisé au-dessus de Linux pour les fonctions fondamentales de la robotique, communication inter-composants, gestion du hardware, cartographie, planification de trajectoires. Avant ROS, chaque équipe réécrivait cette infrastructure de zéro, absorbant souvent une à deux années de travail avant de pouvoir conduire les recherches réelles.

L'enjeu est structurant : si l'open source peut faire pour la cognition robotique ce qu'il a fait pour les LLMs, la barrière à l'entrée pour construire un robot capable pourrait chuter aussi vite qu'elle l'a fait pour les applications d'IA générative. Spencer Huang, directeur produit robotique chez Nvidia, note que la vision par ordinateur, autrefois coûteuse en expertise, se code aujourd'hui en quelques lignes. "Pour entrer dans la robotique, il ne faut plus nécessairement un doctorat", dit-il. La logique économique est explicite : fournir un modèle pré-entraîné de haute qualité que chaque acteur peut fine-tuner, plutôt que de demander à chacun de reprendre le pré-entraînement from scratch. Pour les intégrateurs et les décideurs industriels, cela se traduit concrètement par des cycles de développement raccourcis et une moindre dépendance aux profils rares.

Le parallèle avec l'histoire de l'IA est tracé explicitement par Brian Gerkey, co-créateur de ROS, aujourd'hui Board Chair d'Open Robotics et CTO d'Intrinsic, l'unité robotique et IA de Google. La communauté IA a, dès ses débuts, partagé recherches, modèles et données en open source, et le domaine a progressé bien plus vite que presque tous les observateurs ne l'anticipaient. Les premières briques d'infrastructure open source pour la robotique remontent au milieu des années 1990, avec des projets comme le package Inter-Process Communication de Carnegie Mellon et le projet Player au début des années 2000, mais ces initiatives restaient fragmentées et liées à des groupes isolés. ROS a unifié la couche basse du secteur ; Nvidia, Hugging Face et Alibaba tentent aujourd'hui de reproduire cette unification pour la couche cognitive. Les outils de simulation sont désormais suffisamment précis pour être utiles à l'entraînement et accessibles hors des laboratoires spécialisés. La question qui demeure ouverte : ces modèles pré-entraînés tiendront-ils leurs promesses dans des déploiements industriels réels, au-delà des démonstrations contrôlées ?

Impact France/UE

Hugging Face, fondée à Paris et co-initiatrice de ce mouvement open source aux côtés de Nvidia et Alibaba, se positionne comme infrastructure centrale de distribution des modèles cognitifs robotiques mondiaux.

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Robot.com s'associe à Sodexo pour déployer davantage de robots de livraison sur trottoir
1Robotics Business Review 

Robot.com s'associe à Sodexo pour déployer davantage de robots de livraison sur trottoir

Robot.com, entreprise basée à San Francisco fondée en 2017 sous le nom Kiwibot, a annoncé un accord commercial de sept ans avec le groupe français de restauration collective Sodexo, qui prolonge un partenariat entamé en 2021 sur plusieurs campus universitaires nord-américains gérés par Sodexo. Selon Felipe Chavez Cortes, cofondateur et PDG de Robot.com, cité par The Robot Report, Sodexo emploie environ 400 000 personnes dans le monde dont 120 000 à temps plein aux États-Unis, et fait face à des pénuries de main-d'œuvre sur certains postes. Ce contrat de sept ans constitue, selon Cortes, le plus grand déploiement d'entreprise unique jamais signé par Robot.com. La flotte de robots de livraison R-Kiwi de la société a réalisé 2,4 millions de tâches sur des campus et des trottoirs urbains, avec plus de 500 unités actuellement en service à travers le pays, chiffres communiqués par l'entreprise elle-même et non vérifiés de façon indépendante. Robot.com prévoit d'ajouter à sa gamme le R-Dog, un robot quadrupède à roues et pattes capable, selon Cortes, de déposer directement les colis, de monter des escaliers, et de s'installer dans un véhicule autonome sans modification de celui-ci. Pour la fiabilité opérationnelle de ses flottes, l'entreprise s'appuie sur sa plateforme logicielle interne baptisée Remi et sur des partenariats avec Field AI et Physical Intelligence. Ce contrat intervient alors que plusieurs acteurs du secteur reculent sur la livraison en campus universitaire: Starship Technologies, l'un des pionniers du secteur, a récemment annoncé l'arrêt progressif de ses opérations sur les campus pour se recentrer sur la livraison de courses alimentaires. Robot.com fait donc un pari inverse, misant sur le campus comme environnement de test intermédiaire entre l'intérieur contrôlé et la rue urbaine dense. L'argument économique avancé par Cortes, une plateforme logicielle mêlant robotique classique et briques d'IA tierces, en partie financée par de la publicité embarquée sur les robots, illustre une recherche plus large de modèles de revenus hybrides pour rentabiliser des flottes dont le coût d'exploitation reste élevé. L'arrivée annoncée du R-Dog, capable de livrer sans intervention manuelle du destinataire, répond à une limite structurelle des robots à roues actuels, qui nécessitent que le client ouvre lui-même le compartiment. Mais à ce stade, le R-Dog demeure une annonce de produit à venir et non un système effectivement déployé, contrairement au R-Kiwi. Robot.com a été fondée en 2017 à San Francisco sous le nom Kiwibot avant de se rebaptiser. La relation avec Sodexo remonte à 2021, lorsque le groupe est devenu, selon Cortes, la première entreprise à déployer des robots de livraison alimentaire sur des campus universitaires américains, avant d'étendre ce type de déploiement plus largement dans le secteur de la restauration collective. Le marché de la livraison autonome sur trottoir reste dominé par un petit nombre d'acteurs, dont Starship Technologies, dont le repositionnement récent vers les courses alimentaires souligne les difficultés de rentabilité du modèle campus. Robot.com mise désormais sur la diversification de sa flotte, avec le R-Dog en complément du R-Kiwi, ainsi que sur ses partenariats technologiques avec Field AI et Physical Intelligence pour sécuriser le déploiement de nouvelles formes de robots. Aucune date précise n'a été communiquée pour le lancement opérationnel du R-Dog. L'entreprise doit par ailleurs être présente à l'événement RoboBusiness 2026, où ces développements devraient être détaillés.

UESodexo, groupe français, est partie prenante centrale de cet accord mais le déploiement des robots reste limite aux campus nord-américains, sans impact direct sur le marche français ou européen de la robotique.

FR/EU ecosystemeActu
1 source
Souveraineté robotique : l’Europe doit-elle avoir son propre « Airbus des robots » ?
2Robot Magazine FR 

Souveraineté robotique : l’Europe doit-elle avoir son propre « Airbus des robots » ?

L'argument central de ce texte d'analyse est que l'Europe, qui a construit Airbus dans l'aéronautique ainsi que des filières spatiale, nucléaire et automobile de premier plan, n'a pas d'équivalent industriel pour la nouvelle génération de robots. La robotique, longtemps cantonnée à des bras industriels programmés pour des tâches répétitives en environnement contrôlé, évolue vers des machines mobiles polyvalentes (cobots, robots mobiles, humanoïdes) grâce aux progrès de l'intelligence artificielle, de la vision par ordinateur et des systèmes de préhension. Aux États-Unis, les investissements massifs en IA se prolongent désormais dans l'humanoïde et la « Physical AI ». La Chine, elle, mise sur son avantage industriel : une chaîne d'approvisionnement déjà capable de produire à grande échelle moteurs, batteries, capteurs, électronique et pièces mécaniques. Le texte ne cite aucun chiffre d'investissement précis ni date d'échéance : il s'agit d'un plaidoyer stratégique et non d'une annonce de programme concret, et cette absence de données chiffrées mérite d'être notée. L'enjeu dépassé la course à la démonstration la plus spectaculaire en vidéo. Ce qui déterminera les rapports de force, selon l'auteur, c'est la maîtrise de toute la chaîne de valeur : composants, fabrication, logiciels, modèles d'IA, données d'entraînement, maintenance, et surtout la capacité à produire des milliers puis des millions d'unités. Si les robots deviennent assez polyvalents pour exécuter une large gamme de tâches, ils cesseront d'être un simple investissement industriel pour devenir une nouvelle forme de force de travail, ce qui déplace la question vers un enjeu de souveraineté comparable à l'aéronautique ou aux semi-conducteurs. Pour les intégrateurs et décideurs industriels européens, le message est clair : l'Europe dispose déjà d'industriels reconnus, de laboratoires solides et d'un tissu manufacturier étendu (automobile, aéronautique, logistique, énergie, santé, agroalimentaire) pouvant servir de terrain d'expérimentation, mais elle bute historiquement sur le passage à l'échelle, faute de capital, à cause de la fragmentation du marché et du manque de coordination entre États. C'est ce constat qui motive la comparaison avec Airbus, né du regroupement des compétences, financements et ambitions de plusieurs pays européens face à une industrie capitalistique dominée par les Américains. L'auteur ne propose pas de fusionner les fabricants européens ni de créer un humanoïde unique, mais de mutualiser les technologies critiques que toute l'industrie devra maîtriser : actionneurs, moteurs, capteurs, systèmes de vision, électronique embarquée, modèles d'IA dédiés au monde physique et logiciels de contrôle. Aucun pilote, financement ou calendrier n'est annoncé à ce stade ; le texte reste une réflexion prospective, qui se termine d'ailleurs sur une phrase inachevée évoquant les « futurs champions européens », sans nommer d'acteurs précis ni de feuille de route.

UECe texte plaide directement pour une stratégie industrielle robotique européenne mutualisée, sur le modèle d'Airbus, présentée comme un enjeu de souveraineté pour l'UE face aux Etats-Unis et a la Chine.

FR/EU ecosystemeOpinion
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Comment l'intégration de cobots compacts améliore les applications de robots mobiles autonomes (AMR)
3Robotics Business Review 

Comment l'intégration de cobots compacts améliore les applications de robots mobiles autonomes (AMR)

L'usage des cobots dans les entrepôts et les ateliers de production a été multiplié par dix entre 2018 et 2025, selon les données du secteur, porté par les pénuries de main-d'oeuvre et la pression sur la productivité. Kassow Robots, fabricant danois de bras collaboratifs, met en avant l'intégration de ses modèles à 7 axes sur des AMR (robots mobiles autonomes) pour créer des manipulateurs mobiles capables de pick-and-place, palettisation, machine-tending, vissage, étiquetage et soudage à l'échelle d'une installation entière. L'innovation technique centrale revendiquée par l'entreprise : le contrôleur du cobot, jusqu'ici imposé en armoire externe à proximité du poste fixe, est désormais intégré dans la base compacte du bras lui-même. Ces manipulateurs mobiles fonctionnent en outre sur la batterie embarquée de l'AMR, supprimant toute dépendance à une infrastructure d'alimentation fixe. L'article ne communique pas de métriques précises (temps de cycle, payload, volumes de déploiement, tarifs) au-delà des affirmations générales d'efficacité. L'intégration du contrôleur dans le bras est le verrou technique qui bloquait depuis des années la mobilisation des cobots : une solution sur AMR nécessitait auparavant de tracter l'armoire de commande ou de gérer un câblage complexe, rendant l'ensemble peu praticable. Pour les intégrateurs industriels, supprimer ce cabinet simplifie l'installation et réduit l'empreinte au sol. Les bras à 7 axes offrent par ailleurs un avantage fonctionnel sur les 6 axes classiques : ils accèdent à des zones difficiles autour de leur propre base, angle mort structurel des architectures à 6 degrés de liberté, et multiplient les orientations de travail possibles. Côté sécurité, les cobots à limitation de force et de puissance (power- and force-limited) autorisent une collaboration directe avec les opérateurs sans les procédures lourdes imposées par les robots industriels haute vitesse, ce qui réduit les frictions opérationnelles au sol. Ces gains restent à relativiser : l'article s'appuie essentiellement sur les argumentaires de Kassow, sans données comparatives tierces ni retours de déploiements à grande échelle. Kassow Robots est un acteur européen positionné sur le segment niche des cobots 7 axes, face à Universal Robots (UR, groupe Teradyne) qui domine le marché des cobots standards. Dans les solutions de manipulateurs mobiles, les configurations concurrentes les plus répandues couplent des bras UR avec des AMR de MiR (également Teradyne), ou des plateformes d'Omron et de Fetch Robotics (Zebra Technologies). En Europe, des acteurs comme Exotec opèrent sur des architectures différentes -- AMR de stockage sans cobot monté -- ciblant des segments adjacents. Les AMR actuels s'appuient sur le lidar embarqué pour naviguer sans guidage physique, en rupture avec les AGV de première génération qui requéraient bandes magnétiques et capteurs additionnels. Le marché des manipulateurs mobiles reste en phase d'émergence commerciale : les premières installations pilotes se multiplient, mais les déploiements à grande échelle dans la logistique et l'industrie n'en sont qu'à leurs débuts.

UEKassow Robots (fabricant danois) représente un acteur européen positionné sur le segment des cobots 7 axes pour manipulateurs mobiles, offrant une alternative européenne aux configurations américaines dominantes (UR/MiR/Teradyne) pour les intégrateurs industriels de l'UE.

FR/EU ecosystemeActu
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Contrôle des robots humanoïdes avec conscience de la force pour les mains multidoigts
4arXiv cs.RO 

Contrôle des robots humanoïdes avec conscience de la force pour les mains multidoigts

Des chercheurs de l'Istituto Italiano di Tecnologia (IIT, Gênes) ont publié sur arXiv (2603.08142v2) un framework de contrôle force-aware pour mains multi-doigts sur robots humanoïdes. Le système exploite cinq capteurs magnétiques Xela pour estimer les forces de contact en temps réel, sans recourir aux signaux tactiles bruts. Un dataset de signaux tactiles couplés à des mesures de force ground-truth a été constitué via des interactions avec des indenters calibrés, puis utilisé pour entraîner des estimateurs de force. Le contrôleur résultant coordonne simultanément le torse, le bras, le poignet et les doigts pour redistribuer les forces de contact et maintenir une prise stable sur des objets à distribution de masse variable. Sur une tâche d'équilibrage impliquant cinq objets distincts, le framework atteint 82,7 % de taux de succès, et 80 % de précision dans des scénarios multi-objets. L'approche est notable car elle s'appuie sur des forces estimées plutôt que sur des signaux capteurs spécifiques, ce qui la rend théoriquement transférable à tout capteur capable de produire une estimation de force, sans recalibration du contrôleur. Le noeud technique central est la minimisation de la distance entre le Centre de Pression (CoP) et le centroïde du polygone de contact des doigts, un critère classique de stabilité de prise en mécanique du contact. Ce choix de critère explicite, couplé à un schéma de contrôle model-based, contraste avec les approches purement apprentissage (VLA, imitation learning) dominantes dans les humanoïdes commerciaux actuels, où l'interprétabilité de la commande reste limitée. Pour les intégrateurs industriels, c'est un signal que le sim-to-real pour la manipulation dextre peut passer par des architectures hybrides capteur-modèle plutôt que par du bout-en-bout. L'IIT est l'un des laboratoires européens les plus actifs en robotique humanoïde, connu notamment pour le robot iCub et ses travaux fondateurs sur la manipulation dextre et la peau artificielle. Ce travail s'inscrit dans la lignée de recherches sur le contrôle de contact multi-doigts, un domaine où des acteurs comme Shadow Robot (UK), Sanctuary AI (Canada) ou Agility Robotics (USA) progressent également, mais via des stacks propriétaires moins publiés. Le code et les données sont disponibles en open source sur GitHub (hsp-iit/multifingered-force-aware-control), ce qui facilite la reproduction et l'adaptation. Les prochaines étapes naturelles seraient une validation sur des scénarios d'assemblage réels et une intégration avec des politiques de plus haut niveau pour la planification de saisie.

UEL'IIT (Gênes) publie en open source un framework de contrôle dextre pour humanoïdes avec métriques concrètes, offrant aux laboratoires et industriels européens un outil directement reproductible pour la manipulation multi-doigts sans dépendance à des capteurs propriétaires.

FR/EU ecosystemePaper
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