Des experts du secteur commentent le blocage par la Chine du rachat d'ABB Robotics par SoftBank
Le Bureau du mécanisme de travail pour l'examen de la sécurité des investissements étrangers, en Chine, a bloqué le rachat d'ABB Robotics par SoftBank Group, a confirmé la division zurichoise à The Robot Report. Les régulateurs chinois craignent un transfert à l'étranger de données servant à entraîner des modèles d'IA. ABB Robotics et SoftBank indiquent rester « en dialogue étroit » et travailler « de façon constructive » sur la transaction, sans préciser de piste de contournement. L'accord, annoncé en octobre 2025, valorisait l'activité 5,3 milliards de dollars. La division revendique plus de 500 000 robots installés dans le monde et environ 7 000 employés. Son portefeuille couvre la robotique industrielle, les logiciels, les cobots et les AMR, et la Chine est l'un de ses marchés significatifs.
Ce blocage montre que les données de robotique sont désormais traitées comme un actif stratégique, au même titre que les semi-conducteurs. Pour les intégrateurs et les directions industrielles, le risque est double. Une opération de consolidation peut échouer sur des critères de souveraineté des données et non de concurrence, ce qui rallonge l'incertitude pour les clients d'ABB. Les flux de données collectés par les robots déployés en usine deviennent en outre un sujet de conformité. Samantha Mou, d'Interact Analysis, relève qu'ABB était, parmi les quatre grands (FANUC, KUKA, Yaskawa), déjà en avance sur l'intégration de l'IA, ce qui nourrissait la synergie avec SoftBank. Robert Little, ancien responsable de la stratégie robotique chez Novanta, estime que la logique industrielle tenait : ABB apportait fabrication, expertise applicative et base clients, SoftBank des capitaux et un cap IA, alors que la robotique peinait à rivaliser en interne avec des activités plus rentables.
Le contexte est celui d'un durcissement général. Aux États-Unis, la FCC a récemment interdit de nouveaux modèles de certains appareils connectés avancés, dont les robots à pattes et les AMR, avec des approbations conditionnelles déjà accordées à des groupes comme Intel et Husqvarna. Le département du Commerce a par ailleurs jugé la semaine dernière que les importations de robots, de machines industrielles et de composants menaçaient la sécurité nationale, ce qui pourrait déboucher sur des droits de douane. Le précédent d'Amazon et iRobot rappelle que ces examens peuvent tuer un deal : l'opération a été abandonnée sous la pression des autorités européennes, iRobot est entré en faillite puis a été repris par le chinois Picea Robotics, basé à Shenzhen. Le journaliste du Financial Times Zijing Wu souligne qu'après Astra, les données de robotique sont devenues plus stratégiques, en lien avec GPT-6, publié par OpenAI en septembre. Aucun calendrier de résolution n'est annoncé, et l'issue (renégociation, cession partielle ou abandon) reste ouverte.
ABB Robotics, division d'un groupe suisse majeur du marché européen, voit son rachat bloqué, ce qui prolonge l'incertitude pour les intégrateurs et clients industriels européens et pose la question de la conformité des flux de données robotiques.
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