
Des présentateurs robots humanoïdes bioniques, une première mondiale, dévoilés par les médias d'État chinois
Moins de dix ans après avoir présenté au monde ses premiers présentateurs télé pilotés par IA, l'agence d'État chinoise Xinhua a dévoilé jeudi, au World Media Summit de Pékin, deux robots humanoïdes présentés comme des « présentateurs bioniques », un homme et une femme, grandeur nature. La version féminine, baptisée Xinyan, est montée sur scène, a salué le public d'un « Hello » puis a lu le premier flash d'information lors d'un forum de l'événement, qui se poursuit jusqu'en novembre. Les deux machines ont été conçues conjointement par le fabricant UBTECH Robotics et Xinhua, qui affirme détenir l'intégralité des droits de propriété. UBTECH a pris en charge toute la fabrication : peau artificielle imitant l'aspect et la texture de la peau humaine, système d'exploitation, grand modèle de langage « émotionnel » et matériel d'intelligence incarnée permettant d'interagir avec le monde physique. Le réalisateur Zhang Yimou a servi de directeur de l'image et a piloté le design visuel et physique, afin de rapprocher l'allure des robots des codes du journalisme télévisé. Aucun chiffre sur le nombre de degrés de liberté, le coût ou la cadence de production n'a été communiqué.
Sur le plan éditorial, les robots sont reliés à la plateforme d'information dopée à l'IA de l'agence, Xinhua Yudian, lancée en juin dernier. Xinhua assure que cela rend les contenus « traçables, sûrs et contrôlables ». Le fondateur et président d'UBTECH, Zhou Jian, soutient que le système « cerveau-expression-contrôle » puise en temps réel dans des informations validées, ce qui limiterait les hallucinations des IA génératives. Il s'agit d'une affirmation de constructeur, sans test indépendant ni taux d'erreur publié. L'enjeu dépasse la scène : un humanoïde expressif, adossé à une base de contenus fermée, constitue un cas d'usage de représentation et d'accueil plus simple à contrôler qu'un robot de manutention. Pour les intégrateurs et les décideurs, il montre où se positionne une partie du marché humanoïde chinois : l'interaction avec le public, où la fiabilité de l'expression faciale et de la voix compte davantage que le payload ou l'autonomie de manipulation. Il s'agit ici d'une démonstration publique, pas d'un déploiement commercial documenté, et rien n'indique la durée de fonctionnement ni la part de scénarisation.
Xinhua précise que les robots joueront un rôle d'assistance (présenter l'information, diffuser des contenus multilingues, dialoguer avec le public) sans être auteurs des nouvelles qu'ils lisent. Qian Tong, directeur du New Media Center, insiste sur le fait que journalistes et rédacteurs restent les acteurs centraux de la rédaction, position reprise par les participants au forum, pour qui le jugement humain, le reportage de terrain et la vérification doivent rester humains. L'agence avait déjà surpris en novembre 2018 avec un présentateur « IA » conçu à partir de composites numériques de vrais présentateurs et d'une voix de synthèse, dont les défauts étaient visibles : une seule moitié de la bouche qui bougeait par moments, des expressions limitées. Huit ans plus tard, Xinhua passe de l'avatar à l'écran à un corps physique, en s'appuyant sur UBTECH, déjà connu pour ses humanoïdes. Le qualificatif de « premier au monde » relève de l'argumentaire de l'agence et reste invérifiable. Aucun calendrier de déploiement en rédaction ni objectif de volume n'a été annoncé.
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