
Le PDG d'Unitree affirme que ses robots humanoïdes peignent et jouent aux échecs sans entraînement préalable
Unitree Robotics affirme que ses robots humanoïdes savent désormais peindre et jouer aux échecs sans entraînement spécifique préalable, en s'appuyant sur des modèles d'IA de pointe. Son fondateur et PDG, Wang Xingxing, l'a déclaré jeudi à la China International Import Expo (CIIE) de Shanghai, en attribuant ces capacités à GPT-6 d'OpenAI. Selon lui, les machines exécutent des séquences délicates, comme renouveler l'eau du pinceau ou mélanger les pigments, uniquement guidées par de l'inférence en temps réel. « La précision requise pour changer de pigment sans erreur est assez élevée », a-t-il souligné. Unitree a toutefois montré des extraits vidéo sans réaliser de démonstration en direct sur scène : ces affirmations reposent donc uniquement sur des images et des déclarations de l'entreprise, sans vérification indépendante. Le robot H2 mesure environ 180 cm pour 70 kg, avec 31 degrés de liberté et un couple articulaire pouvant atteindre 360 N·m. Lors du CES en janvier, l'entreprise annonçait des livraisons clients à partir d'avril, et elle viserait environ 20 000 humanoïdes livrés en 2026.
Ces déclarations s'inscrivent dans un discours plus large sur le déplacement du goulot d'étranglement de l'IA incarnée. Wang Xingxing estime que l'obstacle principal n'est plus le raisonnement ou la planification numérique, mais un écart mécanique « du dernier millimètre », c'est-à-dire l'erreur d'alignement entre ce que le modèle commande et ce que le robot exécute physiquement. Il prévoit que cet écart sera comblé d'ici un à deux ans, et suggère que GPT-7, attendu l'an prochain, pourrait résoudre les défis centraux. Pour accélérer, Unitree développe une boucle de rétroaction « auto-évolutive » permettant aux robots d'écrire du code, de lancer des simulations et d'améliorer seuls leurs performances réelles. Pour un intégrateur ou un COO industriel, l'enjeu est de savoir si un modèle généraliste peut piloter des tâches de manipulation fine sans réglage dédié. Tant que la démonstration reste filmée, sans données de taux de réussite, de durée de cycle ni de conditions d'essai, cette hypothèse reste à confirmer, et rien ne permet de distinguer une capacité robuste d'une séquence sélectionnée.
Le secteur est partagé sur le calendrier. Wang Qian, fondateur de la start-up X Square Robot, juge un « moment GPT » de l'IA incarnée « très probable d'ici un an environ » et conteste les prévisions d'une adoption de masse dans cinq ans. À l'inverse, Wang Dong, cofondateur du concepteur de GPU chinois Moore Threads, rappelle que le développement reste en retard à cause d'une pénurie de données réelles et de coûts matériels très élevés, ce qui pousse les développeurs vers des jeux de données synthétiques. Son entreprise cherche à fournir ses propres puces aux roboticiens chinois, les puces Nvidia étant jugées extrêmement chères. Unitree a par ailleurs présenté un objectif de long terme, le « 80/80 » : des robots accomplissant 80 % des tâches dans 80 % des environnements. Une vidéo antérieure montrait déjà un G1 assemblant des composants de moteur sur un établi, mais ces capacités sont distinctes des nouvelles affirmations, uniquement étayées par quelques clips de peinture.
Pas d\'impact direct sur la France/UE
Dans nos dossiers




