Aller au contenu principal
Des robots gravissent le mont Tai, premier grand défi de montagne en Chine
Chine/AsieTechNode 

Des robots gravissent le mont Tai, premier grand défi de montagne en Chine

1 source couvre ce sujet·Source originale ↗·
Résumé IASource uniqueImpact UE

Le premier concours « World Robot Climbing Mount Tai » du China Media Group s'est achevé lundi à Tai'an, dans la province du Shandong. Des robots issus de plus de 50 entreprises d'IA embarquée, universités et équipes de recherche chinoises se sont mesurés sur un parcours de 3,9 km entre Hongmen et Zhongtianmen, sur un site classé à l'UNESCO. Le tracé comptait plus de 3 100 marches de pierre, de hauteur et de largeur variables, pour un dénivelé cumulé proche de 600 mètres. Quatre épreuves étaient au programme: course de robots humanoïdes, course de robots quadrupèdes, portage de charge par quadrupèdes et assistance par exosquelette motorisé, plus un défi séparé de mobilité tout-terrain et de recherche de chemin. En course quadrupède, un robot de Beijing Lingyi Technology, filiale d'Unitree Robotics, l'a emporté en 43 min 41 s, devant Shanghai Gaoyi Technology (également sur robots Unitree) et l'équipe Lingju de Linxai Intelligent. L'épreuve de portage est revenue à l'équipe Lingshi de Linxai Intelligence en 1 h 51 min 29 s. Pour les humanoïdes, le parcours a été raccourci à la portion Hongmen Square, Doumu Palace, et l'équipe Zhishen Lingyue a gagné en 27 min 26 s.

L'intérêt tient moins au classement qu'aux défaillances observées. Des surchauffes de moteurs, des réductions de puissance automatiques, des dérives latérales de posture et des démarches instables après changement de charge aux points de ravitaillement ont été signalés. Ces défauts touchent la perception du terrain, la planification de la marche, le refroidissement des actionneurs, l'autonomie des batteries et la récupération autonome après une chute, soit les critères qui déterminent si un robot à pattes peut travailler en extérieur: inspection, logistique de dernier kilomètre, secours. Pour un intégrateur, c'est un banc d'essai plus parlant qu'une vidéo de laboratoire, qui rappelle que marcher sur sol plat ne vaut pas aptitude au terrain réel. Les résultats appellent toutefois des réserves: les temps humanoïdes et quadrupèdes ne sont pas comparables puisque les distances diffèrent, et l'organisateur ne précise ni le nombre d'arrivants, ni la part de téléopération ou d'autonomie, ni le nombre d'interventions humaines. Les épreuves étaient de plus diffusées sur les plateformes du China Media Group, ce qui laisse penser à un événement aussi médiatique que technique.

Ce concours prolonge la série d'événements sportifs robotiques organisés en Chine, comme le semi-marathon humanoïde de Pékin ou les Jeux mondiaux des robots humanoïdes, qui servent à la fois de vitrine et de terrain d'essai pour l'écosystème local. La domination d'Unitree, directement ou via des équipes utilisant ses plateformes, sur le podium des quadrupèdes confirme la position de l'entreprise comme fournisseur de référence du matériel de recherche et de compétition. Les humanoïdes restent en retrait sur ce type de terrain, avec un parcours déjà amputé. Aucune suite ni calendrier d'une prochaine édition n'est mentionné dans les éléments disponibles, mais le format, centré sur l'endurance, la charge utile et la gestion thermique, devrait pousser les constructeurs à communiquer sur des métriques plus proches des conditions d'exploitation réelles.

Dans nos dossiers

À lire aussi

La Chine ouvre en 2027 le premier hôtel au monde entièrement géré par des robots
1Interesting Engineering 

La Chine ouvre en 2027 le premier hôtel au monde entièrement géré par des robots

Pudu Robotics a annoncé en juin 2026 l'ouverture, prévue pour 2027, d'un hôtel entièrement opéré par des robots sur l'île artificielle Ouest (West Artificial Island), le long du corridor Shenzhen-Zhongshan (ShenZhong) dans la province du Guangdong, en Chine. L'île elle-même n'a ouvert qu'en décembre 2025. Le projet, développé en partenariat avec Shenzhen Culture & Tourism Industry Development, présentera des essais publics en phase limitée dès fin 2026, avant le déploiement complet. La cérémonie de signature a tenu lieu de démonstration live : le robot PUDU T300 a transporté des bagages lourds et commandé des ascenseurs de façon autonome (capacité de charge : 300 kg), les robots de nettoyage PUDU CC1 Pro et PUDU MT1 ont maintenu les espaces via détection IA des déchets, tandis que BellaBot Pro servait du café avec interaction vocale et que KettyBot Pro distribuait collations et boissons avec affichage d'informations sur écran embarqué. Le robot PUDU D5 a assuré des performances interactives à destination des visiteurs. Ce qui distingue ce projet des "smart hotels" conventionnels -- qui automatisent des tâches isolées -- c'est l'ambition d'un écosystème robotique intégré de bout en bout. Les robots partagent une plateforme d'intelligence commune (PuduAgent) et un modèle fondationnel propriétaire, PuduFM 1.0, basé sur des architectures VLA (Vision-Language-Action) et une navigation par world model. Concrètement, les robots de réception comprennent la parole et les gestes sociaux, ceux de livraison optimisent leurs trajets en temps réel, et les robots de nettoyage s'adaptent aux changements d'environnement dynamiques. Ce partage de capacités apprises entre des morphologies différentes est exactement le pari que font les chercheurs en robotique généraliste depuis plusieurs années : réduire le sim-to-real gap et permettre un déploiement multi-tâches sans re-entraîner chaque plateforme. Si la démonstration confirme les performances annoncées en conditions opérationnelles réelles, et non en scénarios contrôlés, ce serait une validation significative de l'approche VLA à l'échelle d'un site commercial complexe. Il faut cependant noter que les vidéos présentées à ce stade proviennent d'une cérémonie marketing, pas d'une exploitation continue. Pudu Robotics est un acteur de Shenzhen fondé en 2016, surtout connu pour ses robots de service en restauration et commerce de détail (BellaBot, KettyBot), avec des déploiements dans plus de 60 pays. L'entreprise se positionne ici sur un segment plus ambitieux, face à des concurrents comme Bear Robotics (restauration, États-Unis), Keenon Robotics (Chine), ou encore Aethon dans la logistique hospitalière. Dans l'hôtellerie, des expériences comme le Henn-na Hotel japonais (Huis Ten Bosch, 2015) avaient montré les limites opérationnelles de robots peu adaptables. La question centrale reste celle de la fiabilité en conditions dégradées et de la gestion des cas limites par des équipes réduites. Les prochaines étapes annoncées -- essais publics fin 2026 sur un nombre limité de chambres -- constitueront le premier test réel, et vraisemblablement le plus scruté, du concept.

Chine/AsieOpinion
1 source
Premier enchères mondial pour robots humanoïdes, présenté lors du plus grand événement commercial de Chine
2Interesting Engineering 

Premier enchères mondial pour robots humanoïdes, présenté lors du plus grand événement commercial de Chine

JD.com, géant chinois du e-commerce, a annoncé le lancement de la première vente aux enchères mondiale de robots humanoïdes, prévue dans le cadre de son festival annuel "618" prévu en juin 2026. L'initiative a été dévoilée lors de la conférence de lancement de l'édition 2026 du festival, sans que la liste des modèles disponibles à l'enchère ne soit encore communiquée. L'annonce s'inscrit dans un plan de déploiement robotique plus large sur cinq ans : JD.com vise l'intégration de 3 millions de robots, 1 million de véhicules autonomes et 100 000 drônes dans ses opérations. Pour 2026 seul, JD Retail cible un chiffre d'affaires robotique supérieur à 1,47 milliard de dollars, avec un objectif de réduction des cycles de lancement produit de 30 %. La plateforme robotique maison JoyInside, dirigée par Dai Wenjun, vise une connexion à plus de 10 millions de terminaux cette année, avec Unitree Robotics et Noetix Robotics déjà intégrés. En parallèle, Shanghai a annoncé son intention de déployer 100 000 robots humanoïdes dans les usines d'ici la fin du 15e Plan quinquennal (2026-2030), avec un objectif d'adoption des agents IA supérieur à 80 % dans les grandes entreprises industrielles. Ces annonces illustrent un pivot majeur dans la trajectoire commerciale des humanoïdes en Chine : la vente aux enchères publique est un signal de repositionnement, cherchant à normaliser ces machines aux yeux des acheteurs professionnels et grand public, plutôt qu'à les cantonner aux salons et démonstrations. Pour les intégrateurs et les décideurs industriels, l'intégration de fabricants comme Unitree dans une plateforme e-commerce à grande échelle crée un canal de distribution inédit, potentiellement capable d'accélérer les cycles d'adoption en entreprise. Il reste cependant à noter que les chiffres avancés (3 millions de robots, 100 000 humanoïdes en usine) sont des objectifs déclaratifs, sans métriques de déploiement réel à date, et que les modèles concrets mis aux enchères n'ont pas été précisés, limitant la portée opérationnelle immédiate de l'annonce. La Chine consolide ainsi sa stratégie d'intégration de l'IA incarnée à l'échelle industrielle, dans un contexte de compétition internationale intense. Unitree Robotics, dont les robots G1 et H1 ont acquis une visibilité mondiale, et Noetix représentent la vague actuelle des fabricants chinois d'humanoïdes qui cherchent à passer du stade de la démonstration à celui du produit commercialisable. Face à eux, Figure (avec le 03), Boston Dynamics, Agility Robotics et Tesla (Optimus Gen 3) structurent le paysage occidental. L'enchère JD.com pourrait servir de test de marché grandeur nature avant des déploiements industriels planifiés dès 2026, avec Shanghai comme vitrine nationale des ambitions chinoises en robotique humanoïde.

UELa montée en puissance commerciale de l'écosystème humanoïde chinois (JD.com, Unitree) intensifie la pression concurrentielle sur les fabricants et intégrateurs européens, sans impact direct immédiat sur la France ou l'UE.

Chine/AsieOpinion
1 source
Chine : le premier centre d'entraînement de robots humanoïdes hétérogènes ouvre à Shanghai
3Interesting Engineering 

Chine : le premier centre d'entraînement de robots humanoïdes hétérogènes ouvre à Shanghai

La Chine ouvrira en juillet 2026 à Shanghai son premier centre de formation hétérogène pour robots humanoïdes, dans le quartier de Zhangjiang. Développé par le National and Local Co-Built Humanoid Robotics Innovation Center, le site couvre plus de 5 000 m² et accueille plus de 100 types de robots issus d'une dizaine d'entreprises, ce qui en fait le centre de formation le plus diversifié du pays selon le Global Times. Les robots y sont entraînés sur des tâches réelles dans des environnements simulant à la fois le foyer domestique et l'atelier industriel. Les données générées alimentent des bases de données à grande échelle destinées à soutenir les modèles d'IA utilisés dans la fabrication, les services, la santé et l'agriculture. Ce projet s'inscrit dans la continuité d'un premier centre ouvert à Pékin en décembre 2025, où des humanoïdes pratiquaient des tâches d'usine, des corvées ménagères, la cuisine et la gestion de colis. L'enjeu central de ce centre shanghaïen n'est pas simplement le volume d'entraînement, mais l'interopérabilité des données. Selon Xu Bin, directeur général du centre, les humanoïdes de différents fabricants varient en structure squelettique, en nombre de degrés de liberté et en systèmes moteurs, rendant leurs données d'entraînement mutuellement incompatibles. La plateforme vise à combler ces gaps et à standardiser la collecte de données entre systèmes hétérogènes, un problème structurel qui freine la montée en puissance de l'IA incarnée (embodied AI). Contrairement aux modèles de langage qui s'appuient sur des corpus internet massifs, les robots physiques dépendent de données d'interaction réelles, coûteuses à produire. Résoudre ce bottleneck à l'échelle industrielle représenterait un levier majeur pour l'ensemble de la filière, en accélérant la commercialisation des humanoïdes dans des secteurs à forte valeur comme la logistique et l'assemblage manufacturier. Cette initiative s'inscrit dans une course internationale aux infrastructures de formation robotique. En parallèle, l'Allemagne prépare le TUM RoboGym, développé en collaboration entre la Technische Universität München et NEURA Robotics, basée à Metzingen. Situé à proximité de l'aéroport de Munich, ce centre couvrira environ 2 322 m² et sera dédié à l'entraînement supervisé de robots humanoïdes sur des tâches de manipulation d'objets, d'assemblage de composants et de pliage. L'investissement est décrit comme "multi-millions de dollars", sans montant précis communiqué. Si la Chine mise sur la diversité des plateformes et le partage de données à grande échelle, avec une ambition clairement industrielle, l'approche allemande privilégie l'articulation recherche-industrie via un acteur académique de premier plan. Les deux modèles convergent néanmoins vers le même constat : la pénurie de données physiques de qualité est aujourd'hui le principal obstacle à la généralisation des humanoïdes en environnement réel.

UEL'initiative allemande TUM RoboGym (TU München + NEURA Robotics, Metzingen) positionne directement l'Europe dans la course aux infrastructures d'entraînement pour humanoïdes, avec un modèle recherche-industrie concurrent de l'approche chinoise.

Chine/AsieOpinion
1 source
Le boom des robots humanoïdes en Chine, partie I : dépasser le stade des salons
4TechNode 

Le boom des robots humanoïdes en Chine, partie I : dépasser le stade des salons

À Pékin, la World Robot Conference (WRC) 2026 s'est tenue du 19 au 23 août sous le thème "symbiose humain-robot, convergence production-demande", réunissant 373 entreprises et plus de 3000 produits, dont 311 présentés pour la première fois. Galaxea AI y a dévoilé plusieurs modèles, dont le Galbot ET1, le G1 et le S1 : dans un décor domestique simulé, le G1 a préparé un petit-déjeuner (pain grillé, boissons versées), et lorsque la tasse a été déplacée en cours de versement, il a redressé la carafe, repositionné la tasse et repris l'opération sans renverser de liquide. CASBOT a présenté un groupe de rock composé de quatre robots (guitare électrique, basse, clavier, batterie) interprétant des titres chinois populaires comme "Glorious Years" de Beyond, avant de jouer un morceau original intitulé "Heat Dissipation". Li-Gong a fait travailler deux robots LiDian F1 en binôme sur une chaîne industrielle complète : démontage, tri, transport, puis réassemblage. Chez Unitree, des robots G1 se sont affrontés en kickboxing ; en finale de la catégorie 40 kg, une équipe de l'Université North China Electric Power a piloté à distance un G1 pour battre celui de l'équipe Unitree elle-même. Enfin, lors des World Humanoid Robot Games organisés la même semaine, le Tiangong Omni (1,35 m) a remporté le 400 mètres de sa catégorie en 45,66 secondes, avec une foulée inhabituelle, bras repliés près du visage, une posture non prévue à l'origine mais justifiée après coup par Han Gang, expert en algorithmes de contrôle moteur au Beijing Humanoid Robot Innovation Center, comme un moyen de limiter la charge sur les épaules et l'échauffement sur la distance. Ces démonstrations, aussi spectaculaires soient-elles, méritent d'être lues avec prudence : le combat de kickboxing était télé-opéré et non autonome, ce qui relativise ce qu'il prouve réellement sur l'intelligence embarquée des humanoïdes en situation de contact physique. La récupération du G1 de Galaxea AI face à une perturbation est en revanche un signal plus concret de robustesse en manipulation, sous réserve qu'il s'agisse d'un cas représentatif et non d'une séquence sélectionnée. Le vrai enjeu, souligné par les organisateurs eux-mêmes, est le passage des vitrines de salon et des essais à petite échelle vers un déploiement fiable et massif, ce qui reste largement à démontrer pour l'ensemble du secteur. Cette édition de la WRC illustre l'ampleur de l'écosystème chinois de la robotique humanoïde, porté par une politique industrielle nationale et une concurrence dense entre acteurs comme UBTECH, Unitree, Galaxea AI, Noetix Robotics, AheadForm et HokMind sur le segment biomimétique. Cet article constitue la première partie d'une série de TechNode consacrée à ce boom, la suite devant se pencher sur la manière dont ces entreprises comptent effectivement industrialiser leurs machines au-delà des démonstrations scéniques.

Chine/AsieOpinion
1 source