
La Maison-Blanche rend sa décision au titre de la Section 232 sur les robots fabriqués à l'étranger
Le président américain Donald Trump a signé une proclamation indiquant que le secrétaire au Commerce a remis un rapport au titre de la Section 232 concluant que les importations de robots, de machines industrielles et de leurs composants menacent la sécurité nationale des États-Unis. Le texte estime que ces équipements sont importés en quantités et dans des conditions susceptibles de compromettre cette sécurité. Il rappelle leur rôle dans la fabrication moderne, à usage de défense, commercial et dual, avec environ 7,1 trillions de dollars de produits manufacturés expédiés en 2024 et environ 86 milliards de dollars d'équipements produits la même année. Le rapport cite l'agriculture, l'automobile et l'électronique comme secteurs dépendants, ainsi que les missions militaires et de maintien de l'ordre. Il mentionne explicitement les « robots avancés », c'est-à-dire autonomes, humanoïdes, quadrupèdes et véhicules terrestres autonomes, comme un soutien direct à l'armée américaine. Le président juge les investissements américains dans la capacité de production insuffisants face à la demande, et charge le secrétaire au Commerce et le représentant au Commerce (USTR) de négocier avec les partenaires commerciaux un ajustement des importations.
Le texte ne crée pas de droits de douane à ce stade : il ouvre une phase de négociation. Brendan Schulman, vice-président politique et affaires gouvernementales de Boston Dynamics, y voit un signal fort de soutien aux chaînes d'approvisionnement nationales, avec six mois de discussions avant d'éventuelles mesures commerciales supplémentaires. Cette lecture est celle d'un acteur qui a intérêt à la production locale, et il faut la tempérer. Pour les intégrateurs et les directions industrielles, l'enjeu est concret : la majorité des grands fournisseurs d'automatisation sont basés à l'étranger, et le périmètre inclut les composants, ce qui touche réducteurs, moteurs et capteurs, pas seulement les robots finis. Le rapport ne chiffre pas encore de taux ni de liste de produits, ce qui laisse les budgets d'investissement et les contrats d'approvisionnement dans l'incertitude. L'inclusion explicite des humanoïdes et des quadrupèdes montre aussi que ces plateformes, encore peu déployées, sont désormais traitées comme des actifs stratégiques et non comme de simples démonstrateurs.
Cette décision s'inscrit dans une série de mesures visant la Chine, notamment les restrictions récentes de la FCC, que Schulman a commentées la semaine précédente lors de la conférence RoboBusiness à Santa Clara. Il note que la Robotics Commission du Special Competitive Studies Project (SCSP) est parvenue à des conclusions comparables. Les sections 232 précédentes sur l'acier, l'aluminium ou l'automobile ont servi de levier de négociation avant ou en parallèle de droits effectifs, ce qui rend la suite incertaine. Les fabricants européens et japonais, qui dominent le marché du robot industriel, seront en première ligne des discussions, de même que les acteurs européens de l'humanoïde et de la logistique qui visent le marché américain. Les prochaines étapes sont la négociation sur environ six mois, puis l'éventuelle adoption d'autres instruments de politique commerciale, dont des droits de douane si les accords échouent.
Les fabricants européens de robots industriels, de composants et d'humanoïdes visant le marché américain seront en première ligne des négociations de six mois avant d'éventuels droits de douane.
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