
Premier robot à pattes conçu pour les atmosphères explosives, entré en phase de livraison
ANYbotics a annoncé l'entrée en phase de livraison d'ANYmal X, présenté comme le premier robot d'inspection à pattes conçu pour les atmosphères explosives. Le robot quadrupède, équipé de douze actionneurs de jambes, est expédié à plusieurs grands acteurs du pétrole, du gaz et de la chimie, dont Equinor et DSM-Firmenich. Il automatise les rondes d'inspection à risque sans modification des installations, en franchissant escaliers raides et passerelles étroites. Ses capteurs thermiques, visuels, acoustiques et de gaz détectent surchauffes, fuites, bruits anormaux et usure, chaque mesure étant rattachée à l'équipement concerné. Côté sécurité, l'IA embarquée et l'instrumentation sont placées dans des enceintes étanches remplies d'azote, les parties métalliques sont isolées par des coques non métalliques, les pieds conducteurs assurent la mise à la terre, des coupures automatiques surveillent la température, et les actionneurs ainsi que la batterie sont logés dans des boîtiers antidéflagrants. Le développement a duré quatre ans et donné lieu à plus de dix brevets, selon l'entreprise. Le logiciel Shift planifie les missions et s'intègre à SAP, Yokogawa et SLB. L'ensemble est développé et exploité selon la norme ISO 27001. ANYbotics indique que plus de 50 clients des secteurs de l'énergie, des métaux et des matériaux utilisent son système pour plus de 120 000 inspections autonomes par mois, un chiffre qui concerne toutefois la plateforme et non ANYmal X lui-même, tout juste livré.
L'enjeu est considérable pour la robotique industrielle. Les zones classées ATEX, où une simple étincelle peut déclencher une explosion, sont précisément celles où l'inspection humaine est la plus coûteuse et la plus dangereuse, et où les robots mobiles restaient jusqu'ici cantonnés aux abords. Faire certifier un système à pattes, avec ses nombreux moteurs, sa batterie et ses chocs répétés au sol, est nettement plus difficile que pour une plateforme à roues ou fixe. L'approche par analyse des sources d'ignition sur toute la durée de vie, élaborée avec les organismes de certification, pourrait servir de modèle à d'autres robots mobiles autonomes. Pour les exploitants, la valeur ne tient pas à la démonstration de marche mais à la donnée : des relevés standardisés par actif, convertis en ordres de travail de maintenance, permettent de passer à une maintenance prédictive et d'éviter des arrêts de site coûteux. Cela confirme que le marché des robots à pattes se joue désormais sur la certification, l'intégration aux systèmes d'entreprise et la cybersécurité, bien plus que sur l'agilité en vidéo. Les formulations du communiqué, notamment le « premier » et la promesse d'une exploration de « zones jusqu'ici interdites », restent à valider sur le terrain, aucune donnée de disponibilité ni de retour sur investissement n'ayant été publiée.
ANYbotics, issue de l'ETH Zurich et dirigée par son cofondateur Péter Fankhauser, est l'un des rares acteurs du quadrupède industriel à avoir atteint un déploiement commercial, avec une gamme ANYmal déjà utilisée sur des sites énergétiques. L'entreprise s'oppose à Boston Dynamics et son Spot, très répandu en inspection mais jusqu'ici limité hors des zones à risque d'explosion, ainsi qu'à Unitree et Ghost Robotics sur d'autres segments. La phase de livraison à Equinor et DSM-Firmenich marque le passage de la certification à la preuve d'usage. Les prochains indicateurs à suivre seront le nombre d'unités déployées, la fiabilité en exploitation continue, les coûts de maintenance du robot lui-même et l'extension à d'autres exploitants de raffineries et de sites chimiques, où la pression réglementaire et assurantielle pourrait accélérer l'adoption.
ANYbotics, issue de l'ETH Zurich, est un acteur européen, et les livraisons à Equinor (Norvège) et DSM-Firmenich (Suisse/Pays-Bas) pour les zones ATEX, norme européenne, renforcent l'offre de robotique d'inspection en Europe.
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