
Xiaomi dévoile une main bionique à 21 degrés de liberté (DOF), conçue à partir de 1 827 procédures réelles d'usine automobile
Xiaomi a détaillé le 27 octobre, via son canal technologique officiel, l'avancement de ses recherches sur une main bionique à haut nombre de degrés de liberté destinée au travail en usine. Il s'agit d'un point d'étape de R&D, pas d'un lancement : aucun prix, aucune disponibilité ni partenaire commercial n'ont été annoncés. L'équipe robotique est partie du travail réel de sa filiale automobile : 2 579 modes opératoires standard issus de 16 types de postes, relevés au centre de production pilote du département de fabrication intelligente de son unité VE. Elle en a retenu 1 827 pour un enregistrement vidéo et motion capture, un jeu de données qui couvrirait plus de 70,8 % des opérations manuelles de ces postes. À partir de ces données, de la fréquence d'usage de chaque degré de liberté, des mouvements articulaires couplés et d'ablations en simulation de préhension, Xiaomi conclut que 21 DOF constituent aujourd'hui le meilleur compromis. Face à des versions de 6 à 15 DOF, le taux moyen de prise stable serait supérieur de 15 à 38 %, avec des rendements décroissants au-delà de 23 DOF. Ces chiffres proviennent de l'évaluation interne de l'entreprise, sans validation indépendante.
Côté matériel, l'entraînement est hybride : principalement par tendons, avec cinq DOF en entraînement direct, soit 26 moteurs au total. Les moteurs à tendons sont déportés dans l'avant-bras, ce qui ramène la paume à 324 grammes et réduit l'inertie en bout de bras, avec un contrôle de la force de serrage par la tension des tendons. La main embarque 1 500 points de détection tactile sur toute la paume, avec une résolution spatiale de 1 mm entre et sous les doigts et de 2 mm dans la paume, en modules remplaçables. Cette disposition reprend celle du gant utilisé plus tôt par l'équipe, ce qui permet de collecter aussi des données tactiles de main humaine. Pour gérer l'échauffement de 26 moteurs, Xiaomi a développé un modèle de prédiction thermique, annoncé précis à mieux que 3 °C à un horizon de 5 à 10 minutes, associé à un tissu dissipateur de chaleur, afin de planifier le refroidissement à l'avance.
L'intérêt tient à la méthode plus qu'à la fiche technique. Le nombre de DOF d'une main humanoïde est souvent choisi par imitation de l'anatomie ou par contrainte de coût ; Xiaomi tente ici de le justifier par un catalogue de tâches industrielles mesurées. Pour un intégrateur, cette approche, partir des postes et non de la démonstration, correspond au vrai critère d'achat. Les réserves sont claires : la couverture de 70,8 % concerne des procédures observées, pas des tâches exécutées par le robot, et les gains de préhension sont issus de simulation. La complexité (26 moteurs, tendons, gestion thermique) soulève aussi les questions de fiabilité, de maintenance et de coût qui décident du passage à l'échelle, et rien n'est publié sur la durabilité des tendons ni sur des cycles en conditions réelles.
Xiaomi alimente depuis plus d'un an sa robotique avec sa propre usine automobile, la main prolongeant cette boucle : procédures d'atelier en entrée, spécifications en sortie. Le segment des mains dextres à 21 DOF se densifie, comme le montre la NOVA21 de WanNa Robotics, à entraînement direct, là où Xiaomi mise sur les tendons déportés pour alléger la paume. Les suites probables sont des essais sur ligne de production, après les premiers travaux de robots Xiaomi sur chaîne de montage, mais aucun calendrier n'est communiqué.




