
Des robots humanoïdes de compagnie associent une peau en silicone réaliste à 39 degrés de liberté (DOF)
Realbotix, société canadienne de robotique de compagnie, a lancé sa gamme Echo, des humanoïdes dotés d'une peau en silicone réaliste et d'un visage articulé. Deux configurations existent. L'Echo Tabletop, à 11 950 dollars, mesure 81 cm (32 pouces), pèse environ 11 kg (25 livres) et compte 17 degrés de liberté (DOF). L'Echo Full Body, à 59 950 dollars, mesure 183 cm en version féminine et 196 cm en version masculine, pèse environ 40 kg (88 livres) et offre 39 DOF, limités au haut du corps. Les deux modèles ont des expressions faciales avancées et des haut-parleurs dans le torse. Ils s'interfacent avec ChatGPT, Claude et Gemini, selon le palier d'abonnement. Quatre personnages (Aria, Mila, Dave, Amar) proposent des voix et personnalités distinctes, dans plus de 100 langues. Une option, Vinci, ajoute vision par ordinateur et traitement embarqué : reconnaissance faciale, suivi du regard, détection d'indices émotionnels. Realbotix annonce une latence inférieure à la seconde, sans méthodologie de mesure publiée. La production initiale se limite à 250 unités (225 Tabletop, 25 Full Body), livrables au second semestre 2027, avec une réservation à 199 dollars. Un abonnement obligatoire à l'application de configuration démarre à 19,99 dollars par mois, et les commandes d'au moins 10 unités ouvrent droit à une tarification négociée.
Ces robots ne relèvent pas de la robotique humanoïde industrielle. Il n'y a ni charge utile, ni locomotion, ni manipulation évoquée, et le Full Body n'est pas un corps entièrement articulé : ses 39 DOF se concentrent sur le haut du buste. Le produit relève de l'interaction homme-machine et de la compagnie, avec des cas d'usage annoncés en éducation, thérapie et bien-être. Pour un décideur B2B, l'intérêt est ailleurs : Echo illustre une architecture où le corps sert d'interface physique à des LLM tiers, ce qui sépare la valeur matérielle du modèle de langage. Le volume de 250 unités, avec livraison dans près d'un an, relève d'une précommande, pas d'un produit expédié. Aucune donnée de fiabilité ni de démonstration indépendante n'est fournie. Le dossier de la vie privée est nuancé : historiques, souvenirs et données faciales resteraient sur le robot ou un appareil appairé, mais les services vocaux, d'avatar ou d'IA externes peuvent transmettre des données à des tiers, que Realbotix dit ne pas pouvoir consulter.
Dans la course humanoïde, Realbotix occupe un segment distinct de celui de Figure, Tesla (Optimus) ou Agility, centrés sur le travail en entrepôt ou en usine. Sa concurrence se situe plutôt du côté des robots de compagnie et des poupées animées, un marché de niche à fort prix unitaire. La société prévoit pour 2027 des jumeaux numériques IA, accessibles sur ordinateur, tablette ou téléphone, avec mémoire chiffrée partagée entre version physique et numérique. Le vrai test viendra des livraisons de 2027 : la tenue mécanique de la peau et des actionneurs faciaux, le coût réel de l'abonnement sur la durée et la solidité des engagements de confidentialité décideront si Echo dépasse le stade de la démonstration.




