
Une cellule céramique double le rendement en hydrogène propre pendant 500 heures, sans énergie supplémentaire
Des chimistes de l'université de Groningue (Pays-Bas) ont mis au point une cellule d'électrolyse céramique qui double le taux de production d'hydrogène par rapport aux conceptions antérieures, sans apport d'électricité supplémentaire. Les travaux, dirigés par le Dr Vassilis Kyriakou et publiés dans la revue Energy and Environmental Science, portent sur une cellule d'électrolyse à céramique protonique (PCEC). Celle-ci fonctionne entre 400 et 650 °C et décompose de la vapeur d'eau au lieu d'eau liquide. Au cours des essais, la cellule a tourné plus de 500 heures en continu sans perte de stabilité, avec un rendement faradique supérieur à 95 %, c'est-à-dire que plus de 95 % du courant électrique est converti en hydrogène. Le point clé est l'électrode: une matrice d'oxyde de type pérovskite sur laquelle des nanoparticules d'oxyde de praséodyme se forment spontanément lorsque le matériau est chauffé à l'air, grâce à la migration d'ions à l'interface entre l'électrode et la membrane. Un traitement acide de la surface multiplie ensuite le nombre de sites catalytiques actifs. Ces résultats viennent d'un essai de laboratoire sur une cellule, sans démonstration à l'échelle d'un module ou d'une installation.
L'intérêt tient à l'économie de la décarbonation industrielle. Aujourd'hui, l'essentiel de l'hydrogène est extrait du gaz naturel, avec de fortes émissions de CO2, alors que les secteurs des engrais, du raffinage et des plastiques en consomment d'énormes volumes. Les électrolyseurs à eau liquide supposent de chauffer l'eau puis d'alimenter la réaction avec beaucoup d'électricité, ce qui pèse sur le coût de l'hydrogène vert. Une PCEC réduit la part d'électricité nécessaire en exploitant de la chaleur déjà disponible dans les usines. Comme seuls les protons traversent la membrane céramique, l'hydrogène sort séparé du reste et évite des étapes de purification coûteuses. Il faut toutefois lire ces chiffres avec prudence: 500 heures sont loin des dizaines de milliers d'heures qu'exige un industriel, le doublement est mesuré par rapport à des conceptions de laboratoire antérieures et non à des électrolyseurs commerciaux, et rien n'est dit sur le coût des matériaux ni sur la tenue du procédé à grande échelle.
Ce travail s'inscrit dans une recherche de plusieurs années sur les électrolyseurs à haute température. Les cellules à oxyde solide, déjà proches du marché, fonctionnent à des températures plus élevées, ce qui accélère le vieillissement des matériaux, tandis que les PCEC visent une plage intermédiaire plus douce. Leur principal verrou était de trouver une électrode capable de résister à ces conditions corrosives tout en catalysant rapidement la réaction. L'équipe indique que sa piste est née d'une direction de recherche différente, après la découverte d'une synergie jusque-là négligée entre membrane et électrode. Les auteurs présentent la cellule comme une voie réaliste pour les procédés « Power-to-X » valorisant la chaleur fatale des usines chimiques, mais aucun partenaire industriel ni calendrier de démonstration pilote n'est annoncé. Les prochaines étapes à surveiller sont des essais de durabilité de plusieurs milliers d'heures, le passage à des empilements de cellules de plus grande surface et une évaluation des coûts face aux électrolyseurs alcalins, PEM et à oxyde solide.
Des chimistes de l'université de Groningue (Pays-Bas) portent ces travaux de laboratoire sur l'hydrogène propre, utiles à la décarbonation de l'industrie européenne, mais sans lien direct avec la robotique ni calendrier industriel.




